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Indonésie - Océanie
Hindouisme
Les védas déclinent sur plusieurs modes l’origine possible du monde; contées de manière souvent abstraite, elle ne prend vraiment chair qu’avec le mythe du Purusha, l’homme cosmique.
Doté de mille têtes, de mille yeux, de mille pieds, il est l’univers en devenir, l’ici et l’ailleurs, le maintenant et le toujours. Il fut sacrifié et dépecé par les divinités: les trois quarts de son corps servirent à façonner la sphère immobile, le quart restant revenant à la création vivante et matérielle.
De ce sacrifice naquirent les animaux. Vinrent ensuite la mélodie, la poésie, les formules religieuses. De sa bouche sortit le Brahmane, la caste supérieure de la société indienne; ses bras donnèrent la guerre, ses cuisses l’artisan, ses pieds le serviteur. De sa conscience naquit la lune, de son regard le soleil, de sa bouche Indra, la principale divinité et guerrier puissant et Agni, la divinité du feu et son souffle fit le vent. L’atmosphère sortit de son nombril, ses pieds engendrèrent la terre et enfin son oreille enfanta les quatre points cardinaux.
Selon les Brâhmanas, au commencement il n’y avait que de l’eau. Elle désirait engendrer et se demanda comment faire. Elle réfléchit et pria, accroissant sa chaleur interne qui se métamorphosa en oeuf d’or. Il flotta ça et là pendant une année, puis un homme, Prajâpati, maître des créatures, en sortit. Il brisa l’oeuf mais, comme il n’avait aucun endroit où il pouvait prendre appui, il dut rester dans sa coquille pendant encore un an. Puis il commença à parler, et émit un premier son qui fit paraître la terre. Un second son suivit, et le ciel fut. Un troisième son et l’éther naquit. Les trois mots prononcés par Prajâpati comptaient cinq syllabes, qui devinrent autant de saisons.
Le démiurge se leva enfin et s’en alla en chantant. De sa bouche sortirent les Dévas, les bons dieux qui prirent possession du ciel. Avec eux vint aussi la lumière. Puis il émit les Asuras, les esprits mauvais, qui prirent possession de la terre. Avec eux vint la nuit. Prajâpati pratiqua un ascétisme intense, qui généra une grande chaleur. Elle donna naissance à cinq enfants, le feu, le soleil, la lune, le vent et l’aurore. Cette dernière se transforma en une superbe nymphe. Les quatre autres entités conçurent un tel désir pour leur soeur que leur semence s’échappa de leur corps et Prajâpati la recueilli dans un récipient d’or.
Doté de mille têtes, de mille yeux, de mille pieds, il est l’univers en devenir, l’ici et l’ailleurs, le maintenant et le toujours. Il fut sacrifié et dépecé par les divinités: les trois quarts de son corps servirent à façonner la sphère immobile, le quart restant revenant à la création vivante et matérielle.
De ce sacrifice naquirent les animaux. Vinrent ensuite la mélodie, la poésie, les formules religieuses. De sa bouche sortit le Brahmane, la caste supérieure de la société indienne; ses bras donnèrent la guerre, ses cuisses l’artisan, ses pieds le serviteur. De sa conscience naquit la lune, de son regard le soleil, de sa bouche Indra, la principale divinité et guerrier puissant et Agni, la divinité du feu et son souffle fit le vent. L’atmosphère sortit de son nombril, ses pieds engendrèrent la terre et enfin son oreille enfanta les quatre points cardinaux.
Selon les Brâhmanas, au commencement il n’y avait que de l’eau. Elle désirait engendrer et se demanda comment faire. Elle réfléchit et pria, accroissant sa chaleur interne qui se métamorphosa en oeuf d’or. Il flotta ça et là pendant une année, puis un homme, Prajâpati, maître des créatures, en sortit. Il brisa l’oeuf mais, comme il n’avait aucun endroit où il pouvait prendre appui, il dut rester dans sa coquille pendant encore un an. Puis il commença à parler, et émit un premier son qui fit paraître la terre. Un second son suivit, et le ciel fut. Un troisième son et l’éther naquit. Les trois mots prononcés par Prajâpati comptaient cinq syllabes, qui devinrent autant de saisons.
Le démiurge se leva enfin et s’en alla en chantant. De sa bouche sortirent les Dévas, les bons dieux qui prirent possession du ciel. Avec eux vint aussi la lumière. Puis il émit les Asuras, les esprits mauvais, qui prirent possession de la terre. Avec eux vint la nuit. Prajâpati pratiqua un ascétisme intense, qui généra une grande chaleur. Elle donna naissance à cinq enfants, le feu, le soleil, la lune, le vent et l’aurore. Cette dernière se transforma en une superbe nymphe. Les quatre autres entités conçurent un tel désir pour leur soeur que leur semence s’échappa de leur corps et Prajâpati la recueilli dans un récipient d’or.
Elle devint le terrible Rudra, divinité à mille yeux et mille pieds, porteur de mille flèches représentant tout ce qu’il y a de plus terrible, cruel et violent dans le monde. Elle devint le terrible Rudra, divinité à mille yeux et mille pieds, porteur de mille flèches représentant tout ce qu’il y a de plus terrible, cruel et violent dans le monde.
Selon une autre version, Prajâpati tenta de s’unir avec sa fille mais cette dernière se transforma en antilope. Son père devint alors une antilope à son tour et s’unit à elle. Elle se métamorphosa encore et encore, en vache, en chèvre… mais à chaque fois Prajâpati endossa la forme mâle de chacune de ces créatures et la féconda. Ainsi sont nés les animaux.
Dans le Purânas, c’est le dieu Brahmâ qui est le créateur du monde. Chaque journée du dieu correspond à une période très longue à l’échelle humaine. Le monde est créé chaque matin et détruit chaque soir. La nuit est consacrée au repos du dieu, qui médite alors la création suivante.
Brahmâ et Vishnou, le dieu suprême sont interchangeables, et il n’est pas rare que la création soit attribuée au second. Chaque nuit le dieu serait couché dans les eaux, au-dessus du serpent Ananta. A l’aube, un lotus sort de son nombril et s’ouvre sur le dieu Brahmâ, qui amène de nouveaux mondes à l’existence. Fruit de sa méditation, la création s’est opérée en plusieurs étapes. Le premier produit de sa réflexion fut le règne végétal. Faite de ténèbres, confuse et immobile, cette création ne lui convient pas et il en médite alors une seconde. Apparurent alors les animaux, stupides, égoïstes, ignorants et Vishnou se remit à méditer.
Une troisième création vit le jour, absolument superbe: lumineuse, heureuse, ce fut celle des dieux. Mais ils étaient tellement satisfaits de leur sort qu’ils en devenaient inutiles et Vishnou replongea dans sa méditation.
La quatrième création fut un heureux mélange des précédents, à la fois lumineuse et sombre: ce fut celle des hommes. Entre sa naissance matinale et sa destruction crépusculaire, le monde mène une existence qui décline.
Selon une autre version, Prajâpati tenta de s’unir avec sa fille mais cette dernière se transforma en antilope. Son père devint alors une antilope à son tour et s’unit à elle. Elle se métamorphosa encore et encore, en vache, en chèvre… mais à chaque fois Prajâpati endossa la forme mâle de chacune de ces créatures et la féconda. Ainsi sont nés les animaux.
Dans le Purânas, c’est le dieu Brahmâ qui est le créateur du monde. Chaque journée du dieu correspond à une période très longue à l’échelle humaine. Le monde est créé chaque matin et détruit chaque soir. La nuit est consacrée au repos du dieu, qui médite alors la création suivante.
Brahmâ et Vishnou, le dieu suprême sont interchangeables, et il n’est pas rare que la création soit attribuée au second. Chaque nuit le dieu serait couché dans les eaux, au-dessus du serpent Ananta. A l’aube, un lotus sort de son nombril et s’ouvre sur le dieu Brahmâ, qui amène de nouveaux mondes à l’existence. Fruit de sa méditation, la création s’est opérée en plusieurs étapes. Le premier produit de sa réflexion fut le règne végétal. Faite de ténèbres, confuse et immobile, cette création ne lui convient pas et il en médite alors une seconde. Apparurent alors les animaux, stupides, égoïstes, ignorants et Vishnou se remit à méditer.
Une troisième création vit le jour, absolument superbe: lumineuse, heureuse, ce fut celle des dieux. Mais ils étaient tellement satisfaits de leur sort qu’ils en devenaient inutiles et Vishnou replongea dans sa méditation.
La quatrième création fut un heureux mélange des précédents, à la fois lumineuse et sombre: ce fut celle des hommes. Entre sa naissance matinale et sa destruction crépusculaire, le monde mène une existence qui décline.
L’âge d’or, une ère de justice, de prospérité, de bonheur laisse petit à petit place à l’âge où les hommes commencent à souffrir, à travailler, où ils deviennent mortels puis suit une ère de vices, du mal et de la corruption. Le quatrième termine le cycle sur un ensemble de catastrophes: maladies, inondations, renversement de saisons puis un nouveau cycle lui succède.
Nous sommes sous le règne du septième Manu, père de l’humanité actuelle. Il faillit périr dans un déluge provoqué par un démon qui précipita la terre dans l’eau et fut sauvé par un petit poisson. Il n’était autre que Vishnou lui-même, qui révéla à Manu la date du déluge et qui le poussa à construire un bateau grâce auquel il eut la vie sauve. Le dieu, sous la forme d’un sanglier, plongea dans les eaux et en sortit la terre. Lorsqu’elle flotta de nouveau, le dieu l’aplanit, l’orna de montagnes et la divisa en sept continents concentriques, séparés par des mers de différentes natures: mer de sel, de canne à sucre, de vin, de beurre, de lait caillé, de lait, d’eau douce… le tout est enfermé dans l’oeuf cosmique, celui d’où brahmâ lui-même est issu. Selon certains le nombre d’oeuf serait infini.
Au milieu de la terre, juste sous l’étoile polaire, se dresse le mont Meru, demeure des divinités. Ces derniers avaient perdu beaucoup de biens dans le déluge, dont leur précieuse ambroisie, le nectar qui leur conférait l’immortalité. Les démons acceptèrent d’aider leurs éternels ennemis à la récupérer. Une tortue plongea au fond de la mer de lait et sa carapace servit de socle à la montagne Mandara. Le serpent Vâsuki s’enroula autour d’elle et les dieux et démons, tirant les uns sur la tête, les autres sur la queue se mirent à battre le lait. Il en sortit une multitudes d’êtres et de choses: le médecin des dieux Dhanvantari tenant dans ses mains l’ambroisie, la belle déesse Lakshmi, que Vishnou épousa, la lune, un cheval divin, la vache d’abondance Surhabi, un éléphant royal, un arc, une conque. Les démons voulurent à leur tour goûter à l’ambroisie et une gigantesque bataille s'ensuivit… l’un des démons Râhu, voulut voler le nectar mais le soleil et la lune qui s’en aperçurent le dénoncèrent à Vshnou. Il lui trancha la tête qui vola dans le ciel, tandis que son corps se tortillant sur terre, provoqua ainsi des tremblements de terre. Depuis, la tête de Râhu essaie de dévorer le soleil ou la lune, qui ont été les auteurs de sa perte, comme en témoignent les éclipses.
Nous sommes sous le règne du septième Manu, père de l’humanité actuelle. Il faillit périr dans un déluge provoqué par un démon qui précipita la terre dans l’eau et fut sauvé par un petit poisson. Il n’était autre que Vishnou lui-même, qui révéla à Manu la date du déluge et qui le poussa à construire un bateau grâce auquel il eut la vie sauve. Le dieu, sous la forme d’un sanglier, plongea dans les eaux et en sortit la terre. Lorsqu’elle flotta de nouveau, le dieu l’aplanit, l’orna de montagnes et la divisa en sept continents concentriques, séparés par des mers de différentes natures: mer de sel, de canne à sucre, de vin, de beurre, de lait caillé, de lait, d’eau douce… le tout est enfermé dans l’oeuf cosmique, celui d’où brahmâ lui-même est issu. Selon certains le nombre d’oeuf serait infini.
Au milieu de la terre, juste sous l’étoile polaire, se dresse le mont Meru, demeure des divinités. Ces derniers avaient perdu beaucoup de biens dans le déluge, dont leur précieuse ambroisie, le nectar qui leur conférait l’immortalité. Les démons acceptèrent d’aider leurs éternels ennemis à la récupérer. Une tortue plongea au fond de la mer de lait et sa carapace servit de socle à la montagne Mandara. Le serpent Vâsuki s’enroula autour d’elle et les dieux et démons, tirant les uns sur la tête, les autres sur la queue se mirent à battre le lait. Il en sortit une multitudes d’êtres et de choses: le médecin des dieux Dhanvantari tenant dans ses mains l’ambroisie, la belle déesse Lakshmi, que Vishnou épousa, la lune, un cheval divin, la vache d’abondance Surhabi, un éléphant royal, un arc, une conque. Les démons voulurent à leur tour goûter à l’ambroisie et une gigantesque bataille s'ensuivit… l’un des démons Râhu, voulut voler le nectar mais le soleil et la lune qui s’en aperçurent le dénoncèrent à Vshnou. Il lui trancha la tête qui vola dans le ciel, tandis que son corps se tortillant sur terre, provoqua ainsi des tremblements de terre. Depuis, la tête de Râhu essaie de dévorer le soleil ou la lune, qui ont été les auteurs de sa perte, comme en témoignent les éclipses.
Tibet
L’univers, le grand véhicule décrit dans le livre des morts tibétain, est fortement influencé par l’hindouisme. Il existe une infinité de mondes qui ressemblent à des disques enfilés sur une montagne axiale, le mont Meru. L’organisation de la terre s’inspire du modèle indien, avec sept chaînes annulaires de montagnes séparées par des mers. l’ensemble est entouré d’un vaste océan, d’où émergent quatre continents situés aux quatre coins cardinaux. Le monde souterrain des morts est lui, placé sous le mont Meru.
Tout à commencé par la réunion des cinq éléments constitutifs de l’univers au sein d’un oeuf. Un lac se forma à l’intérieur et se transforma en tourbillon d’où jaillirent les six espèces d’être vivants. Le jaune de l’oeuf primordial se divisa en dix-huit autres oeufs dont un, d’un blanc parfait, se sépara et se distingua des autres. Des bras et des jambes lui poussèrent, des organes des sens apparurent et il se transforma en un jeune homme d’une beauté extraordinaire, le roi Ye-smon, l’ancêtre des Rlang.
Dans un autre récit tibétain, de l’incréé originel, jaillit une lumière blanche. Ce cette lumière sortit un oeuf parfait, lumineux. Dépourvu de bras, de jambes, d’ailes ou de bouches, il pouvait cependant parler, se déplacer et voler.
Cinq mois plus tard, l’oeuf se brisa et il en sortit un homme, le démiurge primordial qui ordonna l’univers. Selon une version, le monde serait issu des parties de l’oeuf lui-même: sa peau donna les montagnes, la partie crémeuse l’espace, la chaleur contenue en lui devint le feu…
Un autre thème cosmogonique tibétain est celui du démembrement d’un être cosmique. A l’origine était une klu femelle, appelé « la reine élu qui a mis le monde visible en ordre », née elle-même du vide. Le ciel sortit de sa tête, la lune de son oeil droit et le soleil du gauche, les planètes de ses dents.
Tout à commencé par la réunion des cinq éléments constitutifs de l’univers au sein d’un oeuf. Un lac se forma à l’intérieur et se transforma en tourbillon d’où jaillirent les six espèces d’être vivants. Le jaune de l’oeuf primordial se divisa en dix-huit autres oeufs dont un, d’un blanc parfait, se sépara et se distingua des autres. Des bras et des jambes lui poussèrent, des organes des sens apparurent et il se transforma en un jeune homme d’une beauté extraordinaire, le roi Ye-smon, l’ancêtre des Rlang.
Dans un autre récit tibétain, de l’incréé originel, jaillit une lumière blanche. Ce cette lumière sortit un oeuf parfait, lumineux. Dépourvu de bras, de jambes, d’ailes ou de bouches, il pouvait cependant parler, se déplacer et voler.
Cinq mois plus tard, l’oeuf se brisa et il en sortit un homme, le démiurge primordial qui ordonna l’univers. Selon une version, le monde serait issu des parties de l’oeuf lui-même: sa peau donna les montagnes, la partie crémeuse l’espace, la chaleur contenue en lui devint le feu…
Un autre thème cosmogonique tibétain est celui du démembrement d’un être cosmique. A l’origine était une klu femelle, appelé « la reine élu qui a mis le monde visible en ordre », née elle-même du vide. Le ciel sortit de sa tête, la lune de son oeil droit et le soleil du gauche, les planètes de ses dents.
Quand elle fermait les yeux, c’était la nuit et quand elle les ouvrait, c’était le jour. Sa voix devint le tonnerre, sa langue l’éclair, son souffle les nuages, ses larmes la pluie. Les orages de grêle sortirent du gras de sa langue, le vent jaillit de ses trous de nez, les océans de son sang. La terre fut formée à partir de sa chair, ses os donnèrent les montagnes.
Un autre récit attribue la mise en ordre de l’univers à deux principes antagonistes. A l’origine était une sorte de chaos, contenant toute la création, tout ce qui allait venir à l’existence. Les quatre saisons étaient là , mais ne se distinguaient pas les unes des autres. Les fleuves ne s’écoulaient pas, les astres ne bougeaient pas, les démons et les divinités étaient inactifs. Il n’y avait pas de séparation entre le jour et le nuit. Cette création amorphe, inutile, n’avait pas encore de sens parce que personne n’était là pour lui en fournir. Deux lumière jaillirent, une noire et une blanche. Elles donnèrent naissance à un homme noir et un à un homme blanc.
Le premier était le maitre du néant, de la mort, du nuisible sous toutes ses formes et de la destruction. Il fit mourir le soleil et la lune, assigna leurs postes aux démons. Il lança le tonnerre, la foudre, la grêle, les cycles du feu, de l’eau et du vent. Il lâcha les maladies et enclencha les calamités. Il créa les animaux cruels et prédateurs et désigna à chacun sa proie. Il associa à chaque élément de la création un objet ou un être chargé de porter le mal en lui: la hache à l’arbre, la faucille et le vent glacé aux plantes, les démons aux hommes, les insectes et la vermine au riz…
Puis l’homme blanc, « le maitre du monde qui aime l’existence » fit le soleil doux et chaud, la lune brillante et claire. Il sépara le jour de la nuit, régla la marche des astres, fit en sorte que la pluie tombe au bon moment. Il créa des forêts luxuriantes et sauvage et offrit bonheur, santé, paix aux hommes et au monde.
Un autre récit attribue la mise en ordre de l’univers à deux principes antagonistes. A l’origine était une sorte de chaos, contenant toute la création, tout ce qui allait venir à l’existence. Les quatre saisons étaient là , mais ne se distinguaient pas les unes des autres. Les fleuves ne s’écoulaient pas, les astres ne bougeaient pas, les démons et les divinités étaient inactifs. Il n’y avait pas de séparation entre le jour et le nuit. Cette création amorphe, inutile, n’avait pas encore de sens parce que personne n’était là pour lui en fournir. Deux lumière jaillirent, une noire et une blanche. Elles donnèrent naissance à un homme noir et un à un homme blanc.
Le premier était le maitre du néant, de la mort, du nuisible sous toutes ses formes et de la destruction. Il fit mourir le soleil et la lune, assigna leurs postes aux démons. Il lança le tonnerre, la foudre, la grêle, les cycles du feu, de l’eau et du vent. Il lâcha les maladies et enclencha les calamités. Il créa les animaux cruels et prédateurs et désigna à chacun sa proie. Il associa à chaque élément de la création un objet ou un être chargé de porter le mal en lui: la hache à l’arbre, la faucille et le vent glacé aux plantes, les démons aux hommes, les insectes et la vermine au riz…
Puis l’homme blanc, « le maitre du monde qui aime l’existence » fit le soleil doux et chaud, la lune brillante et claire. Il sépara le jour de la nuit, régla la marche des astres, fit en sorte que la pluie tombe au bon moment. Il créa des forêts luxuriantes et sauvage et offrit bonheur, santé, paix aux hommes et au monde.
Avalokiteshvara, dont le dalaï-lama serait la réincarnation se rendit un jour au sommet de la montagne de Potala et, de là , contempla ce qui allait devenir le Tibet, le pays qu’il était chargé de convertir. De la paume de sa main gauche, il fit jaillir un rayon de lumière qui se transforma en singe.
Aussitôt né celui-ci s’installa dans une épaisse forêt et se mit à méditer. Il n’y avait pas d’hommes à l’époque, seulement des fauves, des animaux sauvages, des éléphants, des poissons, des oiseaux et des créatures surnaturelles de toutes sortes. Une démone des rochers vit le singe pieux et sage et en tomba amoureuse. Elle prit l’apparence d’une guenon et tenta de le séduire. Mais elle eut beau faire, le singe ne ressentit aucun désir et poursuivit tranquillement sa méditation. Au bout de sept jours, la démone se mit en colère: s’il la rejetait alors elle se donnerait aux démons et engendrerait quantité de démons qui dévoreraient chaque jours des milliers de créatures innocentes et finiraient par contrôler la région. Perplexe le singe demanda conseil au sage Avalokiteshvara qui le pria d’aller vivre avec la démone. Le singe obéit et ensemble ils eurent six fils.
Leur père les conduisit dans une forêt et les abandonna. Ils se mêlèrent aux singes qui y vivaient et, quand leur géniteur revint les voir, ils n’étaient ni humains, ni singes. Deux groupes se distinguaient: ceux qui étaient pieux, courageux et sages comme leur père, qui devinrent plus tard des bodhisattvas, et ceux qui ressemblaient à leur mère, avides de sang, vigoureux et courageux, qui devinrent cannibales et malfaisants. Avalokiteshvara donna des graine au père singe, en demandant de faire manger leurs fruits à ses enfants qui s’unirent ainsi pour la première fois avant un repas commun. Ensuite, il fit jaillir un rayon de lumière qui se transforma en un petit garçon d’une grande beauté. Subjuguées, les créatures ni-hommes, ni singes l’écoutèrent leur enseigner la loi bouddhique. Convertis, ils s’y conformèrent et se transformèrent petit à petit en hommes tibétains.
Aussitôt né celui-ci s’installa dans une épaisse forêt et se mit à méditer. Il n’y avait pas d’hommes à l’époque, seulement des fauves, des animaux sauvages, des éléphants, des poissons, des oiseaux et des créatures surnaturelles de toutes sortes. Une démone des rochers vit le singe pieux et sage et en tomba amoureuse. Elle prit l’apparence d’une guenon et tenta de le séduire. Mais elle eut beau faire, le singe ne ressentit aucun désir et poursuivit tranquillement sa méditation. Au bout de sept jours, la démone se mit en colère: s’il la rejetait alors elle se donnerait aux démons et engendrerait quantité de démons qui dévoreraient chaque jours des milliers de créatures innocentes et finiraient par contrôler la région. Perplexe le singe demanda conseil au sage Avalokiteshvara qui le pria d’aller vivre avec la démone. Le singe obéit et ensemble ils eurent six fils.
Leur père les conduisit dans une forêt et les abandonna. Ils se mêlèrent aux singes qui y vivaient et, quand leur géniteur revint les voir, ils n’étaient ni humains, ni singes. Deux groupes se distinguaient: ceux qui étaient pieux, courageux et sages comme leur père, qui devinrent plus tard des bodhisattvas, et ceux qui ressemblaient à leur mère, avides de sang, vigoureux et courageux, qui devinrent cannibales et malfaisants. Avalokiteshvara donna des graine au père singe, en demandant de faire manger leurs fruits à ses enfants qui s’unirent ainsi pour la première fois avant un repas commun. Ensuite, il fit jaillir un rayon de lumière qui se transforma en un petit garçon d’une grande beauté. Subjuguées, les créatures ni-hommes, ni singes l’écoutèrent leur enseigner la loi bouddhique. Convertis, ils s’y conformèrent et se transformèrent petit à petit en hommes tibétains.
Japon
Au japon, le bouddhisme a dû cohabiter avec le shintô, « la voie des dieux » fondée su le culte des kamis. Les kamis sont des sortes de puissances naturelles incarnées dans une multitude d’objets- montagnes, rivières, arbres- de phénomènes naturels- pluie, vent, orage, éclairs…- et d’êtres -animaux, humains, esprit… il se produisit un curieux mélange entre croyances bouddhistes et locales au japon, et plusieurs amis, comme Hachiman, le dieu de la guerre, furent élevés au rang de saints qui ont renoncé au nirvana pour aider le commun des mortels à échapper au cycle des réincarnations.
Un mythe shintô raconte qu’un oeuf, renfermant en lui le germe du monde, un jour se brisa. La partie lumineuse s’évapora pour former le ciel et ses éléments lourds se ramassèrent et se coagulèrent en une terre primordiale qui ressemblait à une sorte de gelée. Apparurent ensuite toute une série de divinités, dont le couple primordial Izanagi et Izanami.
Priés par leurs prédécesseurs de compléter et de solidifier la terre, tous deux prirent place dans le radeau céleste- peut être un arc-en-ciel- et plongèrent une lance empierres précieuses dans le magma initial. Lorsqu’ils la retirèrent, l’eau qui dégoutta de sa pointe se solidifia et devint le premier sol ferme, l’île d’Onogoro. Le couple y érigea un pilier cosmique et y construisit le palais où ils désiraient vivre. Tous deux entamèrent ensuite une danse matrimoniale, tournant autour du pilier central, pour se retrouver l’un en face de l’autre.
Un mythe shintô raconte qu’un oeuf, renfermant en lui le germe du monde, un jour se brisa. La partie lumineuse s’évapora pour former le ciel et ses éléments lourds se ramassèrent et se coagulèrent en une terre primordiale qui ressemblait à une sorte de gelée. Apparurent ensuite toute une série de divinités, dont le couple primordial Izanagi et Izanami.
Priés par leurs prédécesseurs de compléter et de solidifier la terre, tous deux prirent place dans le radeau céleste- peut être un arc-en-ciel- et plongèrent une lance empierres précieuses dans le magma initial. Lorsqu’ils la retirèrent, l’eau qui dégoutta de sa pointe se solidifia et devint le premier sol ferme, l’île d’Onogoro. Le couple y érigea un pilier cosmique et y construisit le palais où ils désiraient vivre. Tous deux entamèrent ensuite une danse matrimoniale, tournant autour du pilier central, pour se retrouver l’un en face de l’autre.
Izanami se présenta à Izanagi comme si elle ne le connaissait pas et lui fit des avances, ce que son compagnon n’apprécia pas. Chacun demanda à l’autre comment il était fait, s’il n’y avait pas quelque chose de particulier dans son anatomie. Izanami reconnut posséder un manque, une insuffisance à un certain endroit de son corps, alors qu’Izanagi avouait un excès. Ces deux parties devaient être féminine et masculine, et il serait sans doute judicieux de les unir. Ce qui fut fait.
Leur premier-né, Hiruko, les déçut terriblement: difforme, il ressemblait à une sangsue. Ils le mirent dans un berceau et l’abandonnèrent sur l’eau. Consultés, les dieux décrétèrent que c’était la faute d’Izanami: elle n’aurait jamais dû adresser la première la parole à son époux lors de leur danse. Le couple recommença le rituel en respectant cette fois les règles de préséances masculines. Izanami engendra alors les îles qui allaient constituer l’archipel nippon et mit au monde une multitude d’entités, amis du vent, des montagnes, des arbres… hélas, elle ne survécu pas à la naissance du dieu du feu et périt brûlée lors de l’accouchement.
Resté seul, inconsolable Izanagi décapita le coupable avant de décider d’aller chercher son épouse dans le yomi, le monde des morts. Izanami, invisible parmi les ombres accueillit son mari à l’entrée des enfers et l’écouta tristement lui demander de revenir auprès de lui. Izanagi était arrivé bien trop tard, elle avait déjà partagé le repas des morts, ce qui lui interdisait tout retour en arrière.
Leur premier-né, Hiruko, les déçut terriblement: difforme, il ressemblait à une sangsue. Ils le mirent dans un berceau et l’abandonnèrent sur l’eau. Consultés, les dieux décrétèrent que c’était la faute d’Izanami: elle n’aurait jamais dû adresser la première la parole à son époux lors de leur danse. Le couple recommença le rituel en respectant cette fois les règles de préséances masculines. Izanami engendra alors les îles qui allaient constituer l’archipel nippon et mit au monde une multitude d’entités, amis du vent, des montagnes, des arbres… hélas, elle ne survécu pas à la naissance du dieu du feu et périt brûlée lors de l’accouchement.
Resté seul, inconsolable Izanagi décapita le coupable avant de décider d’aller chercher son épouse dans le yomi, le monde des morts. Izanami, invisible parmi les ombres accueillit son mari à l’entrée des enfers et l’écouta tristement lui demander de revenir auprès de lui. Izanagi était arrivé bien trop tard, elle avait déjà partagé le repas des morts, ce qui lui interdisait tout retour en arrière.
Elle pria son époux de ne surtout pas essayer de la regarder, mais Izanagi avait trop envie de revoir le visage de sa femme. Il brisa les dents d’un peigne, y mit le feu et pénétra dans le monde des morts avec sa torche improvisée. Il vit alors ce qu’était devenu Izanami, un corps décomposé, rongé par les vers. Terrifié il fit demi-tour et s’enfuit.
Rendue furieuse par sa trahison, Izanami se transforma en un fantôme redoutable et lança à ses trousse une orde de démons. Izanagi réussit à s’en débarrasser et avait atteint la sortie des enfers quand son épouse le rattrapa. Il eut juste le temps de passer de l’autre côté et de faire rouler un rocher pour empêcher sa femme d’en sortir. Tous deux se firent face de part et d’autre de l’infranchissable obstacle et rompirent leur serment de mariage.
Après cette terrible aventure Izanagi voulut se purifier et prit un long bain. Trois nouvelles entités naquirent de ses ablutions: Amaterasu, la déesse du soleil, vint au monde alors qu’il lavait son oeil gauche; Tsukiyomi, le dieu lune, apparut alors qu’il nettoyait son oeil droit et Susano, dieu des tempêtes, émergea de son nez. Considérant ses enfants, Izanagi décida qu’il serait plus sage de leur confier le monde et de se retirer. Amaterasu fut chargée de veiller sur le ciel, Tsukiyomi reçut le royaume de la nuit et Susano eut en charge les océans.
Rendue furieuse par sa trahison, Izanami se transforma en un fantôme redoutable et lança à ses trousse une orde de démons. Izanagi réussit à s’en débarrasser et avait atteint la sortie des enfers quand son épouse le rattrapa. Il eut juste le temps de passer de l’autre côté et de faire rouler un rocher pour empêcher sa femme d’en sortir. Tous deux se firent face de part et d’autre de l’infranchissable obstacle et rompirent leur serment de mariage.
Après cette terrible aventure Izanagi voulut se purifier et prit un long bain. Trois nouvelles entités naquirent de ses ablutions: Amaterasu, la déesse du soleil, vint au monde alors qu’il lavait son oeil gauche; Tsukiyomi, le dieu lune, apparut alors qu’il nettoyait son oeil droit et Susano, dieu des tempêtes, émergea de son nez. Considérant ses enfants, Izanagi décida qu’il serait plus sage de leur confier le monde et de se retirer. Amaterasu fut chargée de veiller sur le ciel, Tsukiyomi reçut le royaume de la nuit et Susano eut en charge les océans.
Chine
L’univers primordial chinois était alors un chaos indifférencié en forme d’oeuf, dans lequel Pan Gu vint au monde. Il grandit et se fortifia à l’abri de sa coquille pendant dix-huit mille ans, puis l’oeuf finit par éclore. Les éléments légers et lumineux qu’il contenait s’élevèrent pour former le ciel, tandis que les lourds et les obscurs se rassemblaient pour donner la terre. Pan Gu se mit alors debout et s’intercala entre eux. Il continua à grandir, à raison d’environ trois mètres par jour, augmentant d’autant la distance entre le ciel et la terre. Au fil de sa croissance, ces derniers s’épaississaient et durcissaient, et, au bout de dix-huit mille autres années, ils atteignirent chacun leur position définitive.
Une fois sa mission accomplie, Pan Gu mourut. Sa tête devint la montagne de l’est, son ventre le pic du centre, son bras gauche le pic du sud, le droit le pic du nord et ses pieds le pic de l’ouest. Ses yeux donnèrent la lune et le soleil, sa graisse fournit l’eau des mers et des fleuves, ses cheveux et ses poils engendrèrent arbres et végétaux. De ses larmes jaillit le fleuve bleu et le fleuve jaune, de son souffle naquit le vent et sa voix se transforma en tonnerre. Bien que trépassé et démembré, Pan Gu continua à avoir des états d’âmes et, suivant que son humeur était au beau fixe ou orageuse, le soleil brillait ou la tempête hurlait. De même l’alternance du jour et de la nuit dépendait de ses clignements d’yeux.
L’humanité est l’oeuvre de la déesse au corps de serpent ou de dragon Nü Gua, épouse de Fu Xi. Elle vivait alors sur terre à peu près complète, avec arbres, rivières, forêts et animaux, mais où elle n’avait personne avec qui parler. Un jour qu’elle se mirait dans une flaque d’eau, elle eut une idée. Elle prit de la glaise jaune et façonna une petite copie d’elle-même. Celle-ci s’anima aussitôt autour de sa créatrice: le premier humain était né.
Une fois sa mission accomplie, Pan Gu mourut. Sa tête devint la montagne de l’est, son ventre le pic du centre, son bras gauche le pic du sud, le droit le pic du nord et ses pieds le pic de l’ouest. Ses yeux donnèrent la lune et le soleil, sa graisse fournit l’eau des mers et des fleuves, ses cheveux et ses poils engendrèrent arbres et végétaux. De ses larmes jaillit le fleuve bleu et le fleuve jaune, de son souffle naquit le vent et sa voix se transforma en tonnerre. Bien que trépassé et démembré, Pan Gu continua à avoir des états d’âmes et, suivant que son humeur était au beau fixe ou orageuse, le soleil brillait ou la tempête hurlait. De même l’alternance du jour et de la nuit dépendait de ses clignements d’yeux.
L’humanité est l’oeuvre de la déesse au corps de serpent ou de dragon Nü Gua, épouse de Fu Xi. Elle vivait alors sur terre à peu près complète, avec arbres, rivières, forêts et animaux, mais où elle n’avait personne avec qui parler. Un jour qu’elle se mirait dans une flaque d’eau, elle eut une idée. Elle prit de la glaise jaune et façonna une petite copie d’elle-même. Celle-ci s’anima aussitôt autour de sa créatrice: le premier humain était né.
Ravie, Nü Gua fabriqua toute une série de petits hommes, jusqu’à ce que le travail de modelage finisse par la fatiguer. Elle trempa alors une ficelle dans de la boue et l’agita, projetant autour d’elle des tas de petites gouttes qui devinrent autant d’humains. De basse extraction, ces derniers formèrent le peuple chinois, dominé et commandé par ses nobles prédécesseurs pétris dans de la belle terre jaune… l’aménagement de la terre était cependant loin d’être terminé, et une succession de catastrophes plus ou moins naturelles mirent à rude épreuve des empereurs qui se succédèrent à la tête de ce nouveau monde.
Du temps de Nü Gua, déjà , un désastre planétaire faillit anéantir l’humanité. Une querelle éclata entre l’empereur céleste Zhuan Xu et le dieu de l’eau Gong Gong, horrible créature au corps recouvert d’écailles et à l’épaisse chevelure rouge. Une guerre terrible s’ensuivit. Gong Gong lança contre son adversaire tout ce que les mers pouvaient produire d’horribles monstres, que l’autre fit cuire comme de vulgaires crustacés en ordonnant au soleil de faire bouillir les eaux. De rage Gong Gong donna un violent coup de tête à la montagne qui soutenait le coin nord-ouest du ciel. Elle s’effondra, un gros trou s’ouvrit dans le ciel et toute la terre bascula vers le sud-est. Nü Gua se précipita au secours des hommes, répara le trou céleste en utilisant des pierres de cinq couleurs, coupa les pattes d’une tortue géante et s’en servit pour soutenir les quatre coins du ciel. Elle arrêta l’inondation provoquée par la catastrophe, éteignit les incendies et tua Gong Gong. Le déséquilibre a cependant persisté et l’axe du ciel demeura incliné. C’est aussi suite au coup de tête de Gong Gong que les fleuves de la Chine coulent vers le sud-est.
La séparation définitive du ciel et de la terre serait l’oeuvre de Huang Di, le mythique empereur jaune, patron des taoïstes et des alchimistes. Il existait alors une voie de communication entre ciel et terre, empruntée régulièrement par les divinités et surtout par les Miao, êtres ailés et cruels qui opprimaient les humains. Leurs plaintes parvinrent jusqu’à Huang Di, qui en eut pitié et ordonna que le lien entre ciel et terre fut définitivement coupé.
Du temps de Nü Gua, déjà , un désastre planétaire faillit anéantir l’humanité. Une querelle éclata entre l’empereur céleste Zhuan Xu et le dieu de l’eau Gong Gong, horrible créature au corps recouvert d’écailles et à l’épaisse chevelure rouge. Une guerre terrible s’ensuivit. Gong Gong lança contre son adversaire tout ce que les mers pouvaient produire d’horribles monstres, que l’autre fit cuire comme de vulgaires crustacés en ordonnant au soleil de faire bouillir les eaux. De rage Gong Gong donna un violent coup de tête à la montagne qui soutenait le coin nord-ouest du ciel. Elle s’effondra, un gros trou s’ouvrit dans le ciel et toute la terre bascula vers le sud-est. Nü Gua se précipita au secours des hommes, répara le trou céleste en utilisant des pierres de cinq couleurs, coupa les pattes d’une tortue géante et s’en servit pour soutenir les quatre coins du ciel. Elle arrêta l’inondation provoquée par la catastrophe, éteignit les incendies et tua Gong Gong. Le déséquilibre a cependant persisté et l’axe du ciel demeura incliné. C’est aussi suite au coup de tête de Gong Gong que les fleuves de la Chine coulent vers le sud-est.
La séparation définitive du ciel et de la terre serait l’oeuvre de Huang Di, le mythique empereur jaune, patron des taoïstes et des alchimistes. Il existait alors une voie de communication entre ciel et terre, empruntée régulièrement par les divinités et surtout par les Miao, êtres ailés et cruels qui opprimaient les humains. Leurs plaintes parvinrent jusqu’à Huang Di, qui en eut pitié et ordonna que le lien entre ciel et terre fut définitivement coupé.
Le désordre reprit une nouvelle fois le dessus aux temps de l’empereur Yao. Il y avait alors dix soleils, qui vivaient dans le mûrier fabuleux, l’arbre Fu Sang. Chaque jour, après avoir été baigné par sa mère, un seul d’entre eux était autorisé à se lever et à grimper jusqu’au sommet de l’arbre. Il sautait ensuite dans le char tiré par six dragons et partait pour une promenade dans le ciel. Il revenait ensuite à son arbre, rejoignait ses frères au pieds de Fu Sang, et l’obscurité retombait sur terre. Le lendemain, c’était au tour d’un autre soleil de le remplacer. Les astres se levaient à tour de rôle, et il n’y en avait jamais plus d’un par jour dans le ciel. Jusqu’au funeste matin où toute la fratrie décida en même temps de prendre son envol. La terre fut brûlée, des monstres sortirent de nulle part, et les hommes faillirent tous mourir de faim et de soif. Horrifié, Yao leur expédia son meilleur archer, Yi, qui décocha une flèche et tua aux frères rebelles. Un seul soleil survécu au massacre.
Yao dut aussi faire face à de gigantesques inondations, provoquées par l’écoulement désordonné des eaux. Yu le Grand, en parfait ingénieur, creusa les lits des fleuves et domestiqua les eaux sauvages.
Selon une version taoïste, courant philosophico-religieux dont le but est d’atteindre la voie de l’ordre dans la nature, au commencement, lorsque les éléments clairs et purs s’élevèrent pour former le ciel et les éléments lourds se coagulaient formèrent la terre, les essences complémentaires du ciel et de la terre devinrent le Ying et le Yang, qui se mêlèrent pour donner les saisons. Lorsque les essences des saisons se diversifièrent, elles formèrent les dix mille êtres. Le souffle chaud du Yang qui s’accumulait finit par produire le feu dont les éléments les plus subtils devinrent le soleil. Le souffle froid du Ying créa l’eau, dont les éléments les plus légers devinrent la lune. Les émanation surabondantes du soleil et de la lune devinrent les étoiles. Le ciel reçu le soleil, la lune et les étoiles, la terre reçut, l’eau, les rivières, le sol et la poussière. Puis vint Gong Gong et le monde connu son célèbre basculement cosmique.
Yao dut aussi faire face à de gigantesques inondations, provoquées par l’écoulement désordonné des eaux. Yu le Grand, en parfait ingénieur, creusa les lits des fleuves et domestiqua les eaux sauvages.
Selon une version taoïste, courant philosophico-religieux dont le but est d’atteindre la voie de l’ordre dans la nature, au commencement, lorsque les éléments clairs et purs s’élevèrent pour former le ciel et les éléments lourds se coagulaient formèrent la terre, les essences complémentaires du ciel et de la terre devinrent le Ying et le Yang, qui se mêlèrent pour donner les saisons. Lorsque les essences des saisons se diversifièrent, elles formèrent les dix mille êtres. Le souffle chaud du Yang qui s’accumulait finit par produire le feu dont les éléments les plus subtils devinrent le soleil. Le souffle froid du Ying créa l’eau, dont les éléments les plus légers devinrent la lune. Les émanation surabondantes du soleil et de la lune devinrent les étoiles. Le ciel reçu le soleil, la lune et les étoiles, la terre reçut, l’eau, les rivières, le sol et la poussière. Puis vint Gong Gong et le monde connu son célèbre basculement cosmique.
Indonésie
En Indonésie, chez les Bataks, l’univers d’en haut, où habitent les dieux et leurs familles, et celui d’en bas, maison du grand serpent cosmique Naga Padoha, peuplé de fantômes et de démons, étaient déjà en place au moment de la création. Le monde du milieu n’existait pas encore et les eaux vides séparaient le dessus du dessous. Au septième et dernier étage de l’univers supérieur vit le grand dieu suprême, Mula Djadi. Largement indifférent à ce qui peut bien se passer sous ses pieds, il n’est pas directement accessible aux hommes qui préfèrent s’adresser à ses fils. Mule djadi possédait une fabuleuse poule bleue, manuk-manuk, qu’il traitait et considérait comme une vraie femme. Elle pondit trois gros oeufs, dont sont issues les trois principales divinités Bataks: Batara Guru, le plus puissant, celui qui enseigna les arts et règles sociales aux hommes, Soripata et Mangalabulan, à la fois protecteur des humains, de leurs biens et patron des voleurs.
Mangalabulan avait un fils, Raja Odap-Odap, qu’il rêvait de voir épouser la fille aînée de Batara Guru. Mais ce fils n’avait d’yeux que pour la cadette, Boru Deak Pordjar et le fit savoir à sa promise. Celle-ci en conçu une telle honte qu’elle préféra se suicider. Boru Deak Pordjar n’avait nulle envie de la remplacer auprès de son cousin, elle se précipita dans les eaux primordiales. Une hirondelle fut témoin de sa chute, qui vola à tire-d’ailes tout raconter à Batara Guru. Ému par le sort de sa fille, il confia à l’oiseau une poignée de terre. l’hirondelle la répandit sur l’océan et la surface qu’elle recouvrit se mit à grandir et s’épaissir pour former la terre. Elle se posa comme un couvercle sur le monde d’en bas, empêchant désormais la lumière de pénétrer l’univers souterrain où était lové le serpent Nage Padoha. Il essaya de se débarrasser de la terre.
Batara Guru lui expédia alors son meilleur combattant et au terme d’une bataille mémorable, le serpent fut fait prisonnier et renvoyé dans les obscurités du dessous.
Mangalabulan avait un fils, Raja Odap-Odap, qu’il rêvait de voir épouser la fille aînée de Batara Guru. Mais ce fils n’avait d’yeux que pour la cadette, Boru Deak Pordjar et le fit savoir à sa promise. Celle-ci en conçu une telle honte qu’elle préféra se suicider. Boru Deak Pordjar n’avait nulle envie de la remplacer auprès de son cousin, elle se précipita dans les eaux primordiales. Une hirondelle fut témoin de sa chute, qui vola à tire-d’ailes tout raconter à Batara Guru. Ému par le sort de sa fille, il confia à l’oiseau une poignée de terre. l’hirondelle la répandit sur l’océan et la surface qu’elle recouvrit se mit à grandir et s’épaissir pour former la terre. Elle se posa comme un couvercle sur le monde d’en bas, empêchant désormais la lumière de pénétrer l’univers souterrain où était lové le serpent Nage Padoha. Il essaya de se débarrasser de la terre.
Batara Guru lui expédia alors son meilleur combattant et au terme d’une bataille mémorable, le serpent fut fait prisonnier et renvoyé dans les obscurités du dessous.
Ce sont ses rageuses contorsions qui ont déformé la surface de la terre, dressant les montagnes et creusant les vallées, et ses soubresauts provoquent encore des séismes. Après cette victoire Batara Guru équipa la terre de tout le nécessaire et Boru Deak Pordjar épousa le vainqueur du serpent cosmique.les hommes sont les enfants de ce couple primordial.
Les Ibans attribuent l’origine du monde à deux esprits incarnés dans les oiseaux, Ara et Irik, qui vivaient aux deux extrémités d’une vaste étendue d’eau. Ils plongèrent dans ses profondeurs et en remontèrent chacun un oeuf. Ara forma le ciel avec le sien et Irik façonna la terre avec l’autre. Malheureusement le ciel se révéla trop étroit pour pouvoir recouvrir toute la terre et ils durent la comprimer pour la mettre à la bonne taille. Se faisant Ara et Irik l’ont considérablement déformée et ont provoqué d’innombrables infiltrations d’eaux, ce qui explique ses reliefs tourmentés et ses rivières.
Les ngajus ont imaginé une création spectaculaire. C’était en des temps où tout le monde tenait dans la mâchoire du serpent marin, où les nuages noirs étaient encore mêlés aux blancs. Il n’y avait alors que l’éblouissante montagne d’or et l’étincelante montagne de diamants, incarnant respectivement le monde supérieur et le monde inférieur, propriété du dieu tout-puissant Ranying Mahatal Langrit. Les deux montagnes s’entrechoquèrent, et les nuages apparurent dans un éclatant éclair de lumière. Elles se cognèrent une nouvelle fois et le ciel fut.
Un troisième choc, et les montagnes se formèrent… d’innombrables choses naquirent de chacun des chocs provoqués par ces deux montagnes: le soleil, la lune, la terre, des créatures fabuleuses pour finir par créer une somptueuse couronne d’or que Mahatal Langrit transforma en un bel arbre de vie.
Il se dressa de toute sa taille, avec ses feuilles en or et ses fruits brillants tels de l’ivoire poli, et unit les différents mondes.
Les Ibans attribuent l’origine du monde à deux esprits incarnés dans les oiseaux, Ara et Irik, qui vivaient aux deux extrémités d’une vaste étendue d’eau. Ils plongèrent dans ses profondeurs et en remontèrent chacun un oeuf. Ara forma le ciel avec le sien et Irik façonna la terre avec l’autre. Malheureusement le ciel se révéla trop étroit pour pouvoir recouvrir toute la terre et ils durent la comprimer pour la mettre à la bonne taille. Se faisant Ara et Irik l’ont considérablement déformée et ont provoqué d’innombrables infiltrations d’eaux, ce qui explique ses reliefs tourmentés et ses rivières.
Les ngajus ont imaginé une création spectaculaire. C’était en des temps où tout le monde tenait dans la mâchoire du serpent marin, où les nuages noirs étaient encore mêlés aux blancs. Il n’y avait alors que l’éblouissante montagne d’or et l’étincelante montagne de diamants, incarnant respectivement le monde supérieur et le monde inférieur, propriété du dieu tout-puissant Ranying Mahatal Langrit. Les deux montagnes s’entrechoquèrent, et les nuages apparurent dans un éclatant éclair de lumière. Elles se cognèrent une nouvelle fois et le ciel fut.
Un troisième choc, et les montagnes se formèrent… d’innombrables choses naquirent de chacun des chocs provoqués par ces deux montagnes: le soleil, la lune, la terre, des créatures fabuleuses pour finir par créer une somptueuse couronne d’or que Mahatal Langrit transforma en un bel arbre de vie.
Il se dressa de toute sa taille, avec ses feuilles en or et ses fruits brillants tels de l’ivoire poli, et unit les différents mondes.
Putir Selong, la soeur-épouse de Mahatala possédait un oiseau assez disgracieux affublé d’un bec crochu, un calao femelle. Elle le gardait dans une cage en or et le nourrissait de feuilles. Lassé par cette nourriture, l’oiseau affamé, se sauva un jour de sa cage. Il se réfugia dans le somptueux arbre de vie et mangea de ses fruits. C’est alors que Mahatala lâcha un calao mâle, qui ne tarda pas à voler vers l’arbre, se contentant de manger la mousse qui le recouvrait. Remarquant la présence du calao femelle, s’ensuivit un très violent combat entre les deux oiseaux qui s’acheva par la destruction de l’arbre de vie. La femelle réduisit son tronc en miettes qui se métamorphosa en femmes, et le mâle vomit toute la mousse ingurgitée, qui se transforma en hommes.
Pour les niassais, c’est Inada samadulo luwo, déesse mère primordiale qui surgit du chaos initial et qui mit le monde en forme. Sa fille inada samulo rosi, issue d’un roc, prit le relais en mettant au monde deux entités: Laturé Dano, divinité du monde inférieur symbolisée par le serpent et Lowangri, dieu du monde supérieur dont l’animal fétiche est le calao. Tous deux avaient des soeurs jumelles, qu’ils échangèrent et épousèrent. Le mariage de Lowangri produisit un curieux être rond, sans membres, qui fut coupé en deux: une moitié devint mâle et l’autre femelle. Ils s’unirent et ainsi naquit le premier humain, Hulu.
Selon les Minangkabaus, la terre est un disque plat reposant entre les cornes d’un immense buffle. Ce dernier se tient debout, en équilibre sur un oeuf, lui-même posé sur le dos d’un poisson qui nage très lentement dans une mer infinie. En dessous se trouve un espace vide et noir. Il arrive parfois qu’un insecte pique une oreille du taureau, qui se met à agiter la tête pour chasser l’importun et provoque ainsi les tremblements de terre. Loin au-dessus des montagnes s’étend la voûte céleste, surmontée par sept couches, toutes plus belles les unes que les autres, de l’univers supérieur. La dernière la plus somptueuse est la maison d’Allah, suprême créateur.
Pour les niassais, c’est Inada samadulo luwo, déesse mère primordiale qui surgit du chaos initial et qui mit le monde en forme. Sa fille inada samulo rosi, issue d’un roc, prit le relais en mettant au monde deux entités: Laturé Dano, divinité du monde inférieur symbolisée par le serpent et Lowangri, dieu du monde supérieur dont l’animal fétiche est le calao. Tous deux avaient des soeurs jumelles, qu’ils échangèrent et épousèrent. Le mariage de Lowangri produisit un curieux être rond, sans membres, qui fut coupé en deux: une moitié devint mâle et l’autre femelle. Ils s’unirent et ainsi naquit le premier humain, Hulu.
Selon les Minangkabaus, la terre est un disque plat reposant entre les cornes d’un immense buffle. Ce dernier se tient debout, en équilibre sur un oeuf, lui-même posé sur le dos d’un poisson qui nage très lentement dans une mer infinie. En dessous se trouve un espace vide et noir. Il arrive parfois qu’un insecte pique une oreille du taureau, qui se met à agiter la tête pour chasser l’importun et provoque ainsi les tremblements de terre. Loin au-dessus des montagnes s’étend la voûte céleste, surmontée par sept couches, toutes plus belles les unes que les autres, de l’univers supérieur. La dernière la plus somptueuse est la maison d’Allah, suprême créateur.
Malaisie
Les ma’bettiseks de Malaisie voient l’univers comme un oignon à sept couches, flottant sur l’eau. La terre est la sixième strate en partant du centre, la septième étant le monde d’en haut. L’histoire commence avec le premier couple de l’humanité qui se trouvait au milieu de la mer d’huile qui jusque là constituait la sixième pelure du monde. Ils vivaient à bord d’une embarcation fabriquée à partir d’une tige de bananier offerte par leur dieu suprême Tuhan, et ils se nourrissaient de leur jus. Ce dernier vint à manquer et le couple fut tenaillé par la soif. Ils demandèrent un peu d’eau à Tuhan, qui leur enjoignit de boire celle de la mer. Les humains répliquèrent que c’était parfaitement impossible puisque c’était de l’huile. Tuhan se moqua d’eux et les poussa gentiment à essayer, ce qu’ils finirent par faire: c’était de l’eau douce. Une fois désaltéré, le couple eut froid et il réclama à Tuhan de quoi se réchauffer.
Le dieu prit une fleur api-api et la transforma en petit feu. Réchauffés, le couple attendit que le jour se lève mais rien ne vint. Ils se tournèrent encore une fois vers Tuhan et le prièrent de bien vouloir établir l’alternance jour nuit. De sa main qui était à l’est, le dieu s’empara d’une fleur api-api et de sa main à l’ouest, il prit un oeuf. Il leva les bras vers le ciel et demanda à l’homme de les coller tous deux mais l’homme n’y parvint pas. Tuhan le fit à sa place, la fleur devint le soleil, l’oeuf, la lune et le dieu les anima dans le ciel. Sans doute las de vivre à bord d’une tige de bananier, le couple demanda ensuite une terre… Tuhan envoya alors un oiseau chercher de la boue dans l’eau qui devint la terre. Mais comme la boue colle aux pieds, Tuhan se plia encore à leur caprice.
Le dieu prit une fleur api-api et la transforma en petit feu. Réchauffés, le couple attendit que le jour se lève mais rien ne vint. Ils se tournèrent encore une fois vers Tuhan et le prièrent de bien vouloir établir l’alternance jour nuit. De sa main qui était à l’est, le dieu s’empara d’une fleur api-api et de sa main à l’ouest, il prit un oeuf. Il leva les bras vers le ciel et demanda à l’homme de les coller tous deux mais l’homme n’y parvint pas. Tuhan le fit à sa place, la fleur devint le soleil, l’oeuf, la lune et le dieu les anima dans le ciel. Sans doute las de vivre à bord d’une tige de bananier, le couple demanda ensuite une terre… Tuhan envoya alors un oiseau chercher de la boue dans l’eau qui devint la terre. Mais comme la boue colle aux pieds, Tuhan se plia encore à leur caprice.
Il l’assécha en la couvrant de végétation et envoya les animaux du monde supérieur la peupler. Tout était à portée de main pour que le couple puisse se nourrir jusqu’au jour où ils souillèrent la belle création de Tuhan en faisant leurs besoins dans un endroit interdit. Ils commirent l’irréparable et Tuhan les abandonna à leur sort; depuis les humains trop gâtés sont condamnés à devoir chasser les animaux et manger les plantes pour survivre.
Les Ifugaos dans une des îles des Philippines racontent presque la même histoire. Leurs ancêtres, Bugan et Wigan furent conçus par les dieux kabigat et Bugan, habitant dans le monde supérieur, dans le but de peupler le monde intermédiaire, soit la terre. Le couple fut envoyé cueillir des tubercules dans la forêt pendant que les deux divinités provoquèrent un terrible déluge qui détruisit le monde. Bugan et Wigan s’en sortirent mais ils n’avaient plus rien. Les dieux leur fournirent tout ce dont ils avaient besoin et la vie reprit doucement.
Toujours dans les Philippines, les bilans racontent qu’au tout début un être était si grand qu’il ne pouvait se comparer à rien de connu dans le monde d’aujourd’hui. Son nom était Melu et il habitait dans les nuages. Ses dents étaient d’or pur et ne cessait de se nettoyer en se frottant le corps qui devenait dès lors tout blanc. Il prenait bien soin de mettre de coté les pellicules de peau qu’il s’arrachait et le tas qu’elle formait devenait de plus en plus gros. Songeant un jour à s’en débarrasser, il façonna le tas en terre. Il était tellement content de son oeuvre qu’il qu’il décida de créer deux être qui lui ressemble mais en bien plus petit pour le peupler.
Les Ifugaos dans une des îles des Philippines racontent presque la même histoire. Leurs ancêtres, Bugan et Wigan furent conçus par les dieux kabigat et Bugan, habitant dans le monde supérieur, dans le but de peupler le monde intermédiaire, soit la terre. Le couple fut envoyé cueillir des tubercules dans la forêt pendant que les deux divinités provoquèrent un terrible déluge qui détruisit le monde. Bugan et Wigan s’en sortirent mais ils n’avaient plus rien. Les dieux leur fournirent tout ce dont ils avaient besoin et la vie reprit doucement.
Toujours dans les Philippines, les bilans racontent qu’au tout début un être était si grand qu’il ne pouvait se comparer à rien de connu dans le monde d’aujourd’hui. Son nom était Melu et il habitait dans les nuages. Ses dents étaient d’or pur et ne cessait de se nettoyer en se frottant le corps qui devenait dès lors tout blanc. Il prenait bien soin de mettre de coté les pellicules de peau qu’il s’arrachait et le tas qu’elle formait devenait de plus en plus gros. Songeant un jour à s’en débarrasser, il façonna le tas en terre. Il était tellement content de son oeuvre qu’il qu’il décida de créer deux être qui lui ressemble mais en bien plus petit pour le peupler.
Avec quelques miettes de peau il fabriqua deux humains. Ils n’étaient pas tout à fait achevés car il leur manquait le nez. C’est alors que Tau Tant, qui vivait sous la terre leur fournit un nez mais posé à l’envers, les narines vers le ciel. Tout alla bien jusqu’au jour où il plut. l’eau entra dans les narines des humains qui auraient péri noyés de l’intérieur sans l’intervention de Mélu. Il arriva juste à tant pour remettre leur appendice nasal à l’endroit. Les hommes lui furent très reconnaissants et profitèrent de sa présence pour lui demander de la compagnie. Mélu leur conseilla de mettre de côté leurs peaux mortes et ainsi ils purent façonner une multitude de compagnons.
Selon les Tagalogs, il n’y avait à l’origine que le ciel et la mer. Entre les deux volait un oiseau, un milan. Il n’avait nulle part où se poser et il secoua l’océan à la recherche d’un bout de terre pour se reposer. Les eaux refluèrent vers le ciel qui bombarda la mer de gros cailloux pour endiguer l’inondation. Les flots réussirent à être stabilisée et le milan se posa sur une île qu’un des cailloux avait fait émergé. Il y fit son nid et laissa le monde tranquille. Entre temps une brise venue de la terre et une brise venant de la mer décidèrent de se marier et eurent un enfant: une tige de bambou. Elle flotta sur les eaux, échoua sur la plage où vivait l’oiseau et le piqua à la patte. En guise de représailles le milan la picora tant et si bien qu’elle se scinda en deux. Une moitié de bambou devint mâle et l’autre femelle. Tous les poisson et oiseaux de ce monde vinrent contempler ce prodige et il fut décidé que ces deux là devaient être mariés. Ils s’unirent et eurent un myriade d’enfants que le père tenta de calmer à coup de bâton, les dispersant ainsi dans toutes les directions et formèrent diverses peuples à cette occasion.
Selon les Tagalogs, il n’y avait à l’origine que le ciel et la mer. Entre les deux volait un oiseau, un milan. Il n’avait nulle part où se poser et il secoua l’océan à la recherche d’un bout de terre pour se reposer. Les eaux refluèrent vers le ciel qui bombarda la mer de gros cailloux pour endiguer l’inondation. Les flots réussirent à être stabilisée et le milan se posa sur une île qu’un des cailloux avait fait émergé. Il y fit son nid et laissa le monde tranquille. Entre temps une brise venue de la terre et une brise venant de la mer décidèrent de se marier et eurent un enfant: une tige de bambou. Elle flotta sur les eaux, échoua sur la plage où vivait l’oiseau et le piqua à la patte. En guise de représailles le milan la picora tant et si bien qu’elle se scinda en deux. Une moitié de bambou devint mâle et l’autre femelle. Tous les poisson et oiseaux de ce monde vinrent contempler ce prodige et il fut décidé que ces deux là devaient être mariés. Ils s’unirent et eurent un myriade d’enfants que le père tenta de calmer à coup de bâton, les dispersant ainsi dans toutes les directions et formèrent diverses peuples à cette occasion.
Aborigènes
Selon un peuple aborigène du centre de l’actuelle Australie, le monde existait déjà au temps du rêve. Mais il n’avait alors ni queue ni tête: la terre plate était dépourvue de reliefs, de col lines, de creux, de cours d’eau. Elle était aride, il y faisait noir, il n’y avait ni soleil, ni lune, ni étoiles pour animer le ciel. À y regarder de plus près, cependant, des masses informes gisaient ça et là , des êtres ni vivants ni morts, inertes et dans l’attente; à l’état embryonnaire, des pré-humains issus de la métamorphose interrompue de divers animaux- lézards, kangourous, grenouilles…- et de plantes variées. Leurs membres n’étaient encore que des ébauches, leurs yeux, leurs bouches, leurs nez étaient clos. La vie existait déjà sous terre mais à l’état latent, sous forme de milliers d’êtres surnaturels encore assoupis qui se trouvaient là de toute éternité.
Vint le temps où ces êtres, les numbakullas, s’éveillèrent, brisèrent la croûte terrestre et sortirent au grand jour. Le soleil émergea en même temps, ainsi que la lune et la voie lactée, et le ciel se sépara de la terre. Ces grands ancêtres prirent différents aspects: les uns se transformèrent en animaux, les autres en être humains, ou mi-homme mi-bête. Deux être suprêmes, les ungambikulas, qui vivaient dans le ciel de l’ouest, descendirent sur terre et, munis de couteaux de pierre, entreprirent de dégager les hommes de leur substance animale et de les séparer les uns des autres. Ils leur ouvrirent les yeux, la bouche, le nez, découpèrent les membranes qui reliaient leurs doigts et leurs membres, les distinguèrent en hommes et femmes. Les ancêtres leur apprirent tout ce dont ils avaient besoin pour mener une bonne vie et ils aménagèrent le monde. Une fois leur tâche accomplie, ils s’en allèrent. Ils retombèrent dans leur sommeil d’origine, disparurent sous terre, se métamorphosèrent en arbres, en rocher, en sources, devenus désormais des lieux sacrés.
Vint le temps où ces êtres, les numbakullas, s’éveillèrent, brisèrent la croûte terrestre et sortirent au grand jour. Le soleil émergea en même temps, ainsi que la lune et la voie lactée, et le ciel se sépara de la terre. Ces grands ancêtres prirent différents aspects: les uns se transformèrent en animaux, les autres en être humains, ou mi-homme mi-bête. Deux être suprêmes, les ungambikulas, qui vivaient dans le ciel de l’ouest, descendirent sur terre et, munis de couteaux de pierre, entreprirent de dégager les hommes de leur substance animale et de les séparer les uns des autres. Ils leur ouvrirent les yeux, la bouche, le nez, découpèrent les membranes qui reliaient leurs doigts et leurs membres, les distinguèrent en hommes et femmes. Les ancêtres leur apprirent tout ce dont ils avaient besoin pour mener une bonne vie et ils aménagèrent le monde. Une fois leur tâche accomplie, ils s’en allèrent. Ils retombèrent dans leur sommeil d’origine, disparurent sous terre, se métamorphosèrent en arbres, en rocher, en sources, devenus désormais des lieux sacrés.
Un autre mythe originel répandu au sud-est australien, est celui de Baiamé, le père de tous les esprits. Au temps du rêve, tout était tranquille, sombre et inerte. Baiamé décida alors de réveiller Yhi, la mère soleil. Elle ouvrit les yeux et une chaude lumière inonda la terre. Descendant sur terre, Yhi dut réveiller les esprits qui y étaient endormis. Partout où elle passait, fleurs, herbe et arbres se mirent à pousser. Elle ne s’arrêta que lorsque toute la terre fut recouverte de végétation et revint voir Baiamé. Il la félicita et lui demanda d’aller visiter les grottes et les cavernes et sortir de leur torpeur les germes qui s’y trouvaient. Les insectes purent ainsi à l’air libre. Mais ce n’était pas encore suffisant pour Baiamé, qui lui indiqua une caverne encore plus profonde, plus secrète et plus sombre que les précédentes. Elle pénétra ses tréfonds, entièrement recouverts de glace.
Les chauds rayons de Yhi ne tardèrent pas à la faire fondre, l’eau jaillit à l’extérieur, se fit sources, rivières, fleuves et mer; de cette eau sortirent les lézards, les poissons, les reptiles, les grenouilles qui s’y trouvaient prisonniers. Yhi amena ensuite à la conscience, les esprits des oiseaux et autres animaux et leur fit ses adieux en remontant au ciel. Restés seuls, nostalgiques de leur bonne déesse, les vivants suivaient tristement la course de l’astre, commençant à s’inquiéter lorsqu’il la virent glisser doucement vers l’ouest. Puis le soleil réapparu à l’est et ils comprirent que Yhi ne les avait pas abandonnés, elle leur avait juste donné la nuit pour dormir. Inconsolables de son départ, l’esprit de la rivière et celui du lac voulurent la rejoindre et la mère soleil fut contrainte de les dissoudre en myriades de petites gouttelettes qui retombèrent sur le sol et abreuvèrent les plantes: c’était la pluie. Puis, afin d’apporter un peu de lumière dans la nuit, la mère soleil fit apparaitre l’étoile du matin (vénus) et la lune.
Les chauds rayons de Yhi ne tardèrent pas à la faire fondre, l’eau jaillit à l’extérieur, se fit sources, rivières, fleuves et mer; de cette eau sortirent les lézards, les poissons, les reptiles, les grenouilles qui s’y trouvaient prisonniers. Yhi amena ensuite à la conscience, les esprits des oiseaux et autres animaux et leur fit ses adieux en remontant au ciel. Restés seuls, nostalgiques de leur bonne déesse, les vivants suivaient tristement la course de l’astre, commençant à s’inquiéter lorsqu’il la virent glisser doucement vers l’ouest. Puis le soleil réapparu à l’est et ils comprirent que Yhi ne les avait pas abandonnés, elle leur avait juste donné la nuit pour dormir. Inconsolables de son départ, l’esprit de la rivière et celui du lac voulurent la rejoindre et la mère soleil fut contrainte de les dissoudre en myriades de petites gouttelettes qui retombèrent sur le sol et abreuvèrent les plantes: c’était la pluie. Puis, afin d’apporter un peu de lumière dans la nuit, la mère soleil fit apparaitre l’étoile du matin (vénus) et la lune.
Les hommes furent l’oeuvre de Baiamé, qui les créa à partir de poussière de crêtes de montagnes. Il les installa en un bel endroit et les avertit qu’ils pouvaient manger de tout, sauf les animaux.
La première humanité était strictement végétarienne jusqu’au jour où une terrible sécheresse s’abattit sur leur pays. Il cessa complètement de pleuvoir et pour la première fois les hommes connurent la faim. En désespoir de cause l’un d’entre eux passa outre les recommandation de Baiamé et tua un kangourou que son épouse cuisina. Tous deux le mangèrent et partirent à le recherche de leur invité, qui après avoir refusé de partager ce repas avec eux s’était volatilisé. Ils suivirent les traces qu’il avait laissé dans la poussière qui les mena jusqu’au bord d’un fleuve monstrueux, charriant des eaux aussi coléreuses que boueuses.
Cet ami se trouvait sur la rive opposé, étendu inanimé au pied d’un arbre, un gommier. Incapables de traverser, ils virent soudain une abominable créature mi-homme mi-bête, au visage noir descendant silencieusement des branches de l’arbre. Ils hurlèrent mais ne purent le réveiller, le monstre s’empara de l’invité et disparut avec lui dans l’arbre. Une bouffée de fumée s’échappa du gommier qui s’arracha du sol et s’éleva dans les airs en direction du sud. Il passa juste au dessus du couple fautif, projetant au sol une ombre opaque où, terrifiés, ils virent clignoter deux immenses yeux blancs….
Deux cacatoès volant à tire-d’ailes rattrapèrent l’arbre et se posèrent sur ses branches. Il les emporta avec lui et monta si haut dans le ciel qu’il disparut. Il atteignit le firmament pour former une constellation d’étoile. Le monstre qui avait pris le corps de l’homme était Yowee, l’esprit de la mort, envoyé sur terre par Baiamé pour punir la transgression du couple… leur ami fut le premier mort de l’histoire de l’humanité.
La première humanité était strictement végétarienne jusqu’au jour où une terrible sécheresse s’abattit sur leur pays. Il cessa complètement de pleuvoir et pour la première fois les hommes connurent la faim. En désespoir de cause l’un d’entre eux passa outre les recommandation de Baiamé et tua un kangourou que son épouse cuisina. Tous deux le mangèrent et partirent à le recherche de leur invité, qui après avoir refusé de partager ce repas avec eux s’était volatilisé. Ils suivirent les traces qu’il avait laissé dans la poussière qui les mena jusqu’au bord d’un fleuve monstrueux, charriant des eaux aussi coléreuses que boueuses.
Cet ami se trouvait sur la rive opposé, étendu inanimé au pied d’un arbre, un gommier. Incapables de traverser, ils virent soudain une abominable créature mi-homme mi-bête, au visage noir descendant silencieusement des branches de l’arbre. Ils hurlèrent mais ne purent le réveiller, le monstre s’empara de l’invité et disparut avec lui dans l’arbre. Une bouffée de fumée s’échappa du gommier qui s’arracha du sol et s’éleva dans les airs en direction du sud. Il passa juste au dessus du couple fautif, projetant au sol une ombre opaque où, terrifiés, ils virent clignoter deux immenses yeux blancs….
Deux cacatoès volant à tire-d’ailes rattrapèrent l’arbre et se posèrent sur ses branches. Il les emporta avec lui et monta si haut dans le ciel qu’il disparut. Il atteignit le firmament pour former une constellation d’étoile. Le monstre qui avait pris le corps de l’homme était Yowee, l’esprit de la mort, envoyé sur terre par Baiamé pour punir la transgression du couple… leur ami fut le premier mort de l’histoire de l’humanité.
Polynésie
La genèse maori s’ouvre sur les cosmiques ébats de Rangi, le ciel, et de Papa, la terre, qui s’aimaient d’un amour plus que tendre: leur passion était si intense qu’ils refusaient de se séparer et copulaient frénétiquement à longueur de temps. Ils engendrèrent une myriade de divinités qui restèrent coincées entre eux. Condamnées à ne jamais voir la lumière du jour ces progénitures en eurent un jour assez et tentèrent de trouver une solution à leur problème. Fallait-il tuer Papa et Rangui pour être enfin libres ou se contenter de les séparer?
Tu, le dieu de la guerre, était favorable au meurtre de leurs géniteurs mais Tant, gardien des forêts, s’y opposa. Il suffisait de fixer le ciel à bonne distance de la terre. Rongo, gardien des terres cultivées, et Tangaroa, dieu de la mer, approuvèrent tandis que Tawhiri, dieu des vents et des tempêtes, se rangeait au parti radical de Tu.
Les dieux se mirent donc à rechercher le moyen de séparer le ciel de la terre. Rongo se redressa de toute sa taille et tenta de décoller les deux amants mais le monde restait aussi hermétiquement clos qu’une huitre. Tangaroa, Tawhiri et Tu essayèrent à leur tour et échouèrent. Tane s’intercala alors entre ses parents, poussant son père de la tête et sa mère de ses pieds, s’étira à la manière d’un arbre et réussit à les décoller et la lumière pénétra enfin le monde. Tawhiri en ressentit une immense jalousie, vite mise à profit par Rangui. Il poussa son fils à le venger et Tawhiri expédia ses pires sujets- le vent glacé, le vent poussière, le vent de pluie- balayer la terre. Il se transforma lui-même en monstrueux ouragan qui réduisit en fétus de paille les plus grands arbres de la forêt de Tane. La furie de Tawhiri s’abattit aussi sur Tangaroa, il fit se lever des vagues d’une telle hauteur, provoqua de tels raz de marées que le seigneur de la mer s’enfuit des rivages où il résidait habituellement pour se réfugier au fin fond des abysses.
Les reptiles qui vivaient alors dans l’eau, préférèrent se réfugier définitivement dans les terres de Tane. Tawhiri se retourna ensuite contre Rongo sauvé in extremis par l’intervention de Papa.
Tu, le dieu de la guerre, était favorable au meurtre de leurs géniteurs mais Tant, gardien des forêts, s’y opposa. Il suffisait de fixer le ciel à bonne distance de la terre. Rongo, gardien des terres cultivées, et Tangaroa, dieu de la mer, approuvèrent tandis que Tawhiri, dieu des vents et des tempêtes, se rangeait au parti radical de Tu.
Les dieux se mirent donc à rechercher le moyen de séparer le ciel de la terre. Rongo se redressa de toute sa taille et tenta de décoller les deux amants mais le monde restait aussi hermétiquement clos qu’une huitre. Tangaroa, Tawhiri et Tu essayèrent à leur tour et échouèrent. Tane s’intercala alors entre ses parents, poussant son père de la tête et sa mère de ses pieds, s’étira à la manière d’un arbre et réussit à les décoller et la lumière pénétra enfin le monde. Tawhiri en ressentit une immense jalousie, vite mise à profit par Rangui. Il poussa son fils à le venger et Tawhiri expédia ses pires sujets- le vent glacé, le vent poussière, le vent de pluie- balayer la terre. Il se transforma lui-même en monstrueux ouragan qui réduisit en fétus de paille les plus grands arbres de la forêt de Tane. La furie de Tawhiri s’abattit aussi sur Tangaroa, il fit se lever des vagues d’une telle hauteur, provoqua de tels raz de marées que le seigneur de la mer s’enfuit des rivages où il résidait habituellement pour se réfugier au fin fond des abysses.
Les reptiles qui vivaient alors dans l’eau, préférèrent se réfugier définitivement dans les terres de Tane. Tawhiri se retourna ensuite contre Rongo sauvé in extremis par l’intervention de Papa.
Le dieu des vents, devenu véritablement enragé, s’attaqua à Tu, mais le dieu de la guerre s’était si fermement ancré dans le sein de sa mère terre qu’il ne put le briser.
La tempête finit par se calmer et ce fut au tour de Tu, qui en voulait énormément à ses frères de l’avoir laissé affronter seul la colère du maître des vents, de saccager la création. Il inventa des pièges destinés à attraper et à tuer les enfants de Tane et de Tangaroa, déracina et dévora les plantes cultivées par Rongo et mit au point des incantations et formules magiques qui contrôlent la météo. La paix finit tout de même par revenir et vint le temps où Tant commença à désirer une compagne. Il fit des avances à Papa qui le repoussa, s’unit à des créatures avec lesquelles il eut d’étranges enfants, animaux, herbes, pierres… il désirait quelqu’un qui soit à son image, une humaine et Papa finit par avoir pitié de lui. Elle l’envoya sur une île récolter une terre rouge avec laquelle il façonna une ravissante jeune femme, Hine-hau-one. Elle lui donna une fille, Hine-titama, que Tant prit aussi pour épouse. Lorsqu’elle apprit que son mari était aussi son père, celle-ci s’enfuit dans le monde souterrain et envoya la mort la venger en décimant les enfants humains de Tane.
A Tahiti, Tangaroa, le maître de la mer, est assimilé au dieu créateur Taaroa. Il vivait dans une sorte de coquillage en forme d’oeuf et rien n’existait en dehors de lui: Taaroa était lui-même le grand-tout, l’univers en devenir. Un jour il brisa l’oeuf et en sortit. Avec une moitié de la coquille, il forma le ciel, Rumia. Il fabriqua le reste du monde avec des fragments de son propre corps: sa colonne vertébrale se transforma en une chaîne de montagne, ses ongles devinrent les coquillages et les écailles qui le recouvraient les poissons, ses plumes firent les arbres et les plantes, ses larmes donnèrent les eaux des rivières et de la mer, son sang colora l’arc-en-ciel et le couchant. Il ne garda que sa tête.
La tempête finit par se calmer et ce fut au tour de Tu, qui en voulait énormément à ses frères de l’avoir laissé affronter seul la colère du maître des vents, de saccager la création. Il inventa des pièges destinés à attraper et à tuer les enfants de Tane et de Tangaroa, déracina et dévora les plantes cultivées par Rongo et mit au point des incantations et formules magiques qui contrôlent la météo. La paix finit tout de même par revenir et vint le temps où Tant commença à désirer une compagne. Il fit des avances à Papa qui le repoussa, s’unit à des créatures avec lesquelles il eut d’étranges enfants, animaux, herbes, pierres… il désirait quelqu’un qui soit à son image, une humaine et Papa finit par avoir pitié de lui. Elle l’envoya sur une île récolter une terre rouge avec laquelle il façonna une ravissante jeune femme, Hine-hau-one. Elle lui donna une fille, Hine-titama, que Tant prit aussi pour épouse. Lorsqu’elle apprit que son mari était aussi son père, celle-ci s’enfuit dans le monde souterrain et envoya la mort la venger en décimant les enfants humains de Tane.
A Tahiti, Tangaroa, le maître de la mer, est assimilé au dieu créateur Taaroa. Il vivait dans une sorte de coquillage en forme d’oeuf et rien n’existait en dehors de lui: Taaroa était lui-même le grand-tout, l’univers en devenir. Un jour il brisa l’oeuf et en sortit. Avec une moitié de la coquille, il forma le ciel, Rumia. Il fabriqua le reste du monde avec des fragments de son propre corps: sa colonne vertébrale se transforma en une chaîne de montagne, ses ongles devinrent les coquillages et les écailles qui le recouvraient les poissons, ses plumes firent les arbres et les plantes, ses larmes donnèrent les eaux des rivières et de la mer, son sang colora l’arc-en-ciel et le couchant. Il ne garda que sa tête.
Aux îles Samoa, Tangaroa, appelé Tangaloa, est le démiurge qui vivait seul dans le vide infinies commencements. Un jour, il se leva et un rocher se mit à croître auprès de lui. Il le fendit et la terre parut, entourée par l’océan. Il en fit jaillir les eaux fraîches, le ciel, l’espace, les hauteurs… il créa l’esprit, le coeur, la pensée, la volonté, qu’il introduisit dans l’homme. Ce dernier s’accoupla avec la terre et il engendra la femme Fatu et le mâle Ele-ele, qu’il envoya peupler une partie du monde. Tangaloa créa ensuite Tangaloa le prince du ciel et Tangaloa le messager, qu’il envoya quérir la nuit, le jour. Tous deux vivaient dans le monde inférieur, où ils avaient donné naissance au soleil, la lune et aux îles Samoa. Il fut alors décidé que ces progénitures s’installeraient dans le monde du dessus afin de parfaire sa création.
Les habitants des îles Cook pensent que leurs îles sont sorties d’Avachi, le Non-Monde, l’endroit où vont les esprits et les défunts. L’univers tout entier serait contenu dans une gigantesque noix de coco. Tout en bas se trouve une tige. Elle est tellement mince à son extrémité inférieure qu’elle en est réduite à un point minuscule, le début de toute chose, un esprit appelé racine de toute l’existence. Au-dessus se trouve un démon, baptisé Vie. Enfin, à l’endroit le plus épais de la tige se tient celui qui vit le plus longtemps. Ces trois entités sont les fondations du monde. Au fin fond de la noix de coco vit le démon femelle Vari-ma-te-tekere, qui fabriqua les six premières divinités de ce monde: Vatea, mi homme mi-poisson; Tango; Tumuteanaoa; l’écho; Raka, dieu des vents et la femelle Tu-papa. Un jour, Vatea fit un songe au cours duquel lui apparut, infiniment désirable, la déesse Papa. Il la chercha partout et s’empressa de l’épouser dès qu’il réussit à la trouver. Tangaroa et Rongo sont les enfants de cette union.
Les habitants des îles Cook pensent que leurs îles sont sorties d’Avachi, le Non-Monde, l’endroit où vont les esprits et les défunts. L’univers tout entier serait contenu dans une gigantesque noix de coco. Tout en bas se trouve une tige. Elle est tellement mince à son extrémité inférieure qu’elle en est réduite à un point minuscule, le début de toute chose, un esprit appelé racine de toute l’existence. Au-dessus se trouve un démon, baptisé Vie. Enfin, à l’endroit le plus épais de la tige se tient celui qui vit le plus longtemps. Ces trois entités sont les fondations du monde. Au fin fond de la noix de coco vit le démon femelle Vari-ma-te-tekere, qui fabriqua les six premières divinités de ce monde: Vatea, mi homme mi-poisson; Tango; Tumuteanaoa; l’écho; Raka, dieu des vents et la femelle Tu-papa. Un jour, Vatea fit un songe au cours duquel lui apparut, infiniment désirable, la déesse Papa. Il la chercha partout et s’empressa de l’épouser dès qu’il réussit à la trouver. Tangaroa et Rongo sont les enfants de cette union.









