
Polydectes, le roi de l’île de Seriphus, jusqu'où vogue le coffre, désire épouser Danae. Pour se débarrasser de Persée, qui peut s’y opposer, il le charge de ramener la tête de la Méduse, l’une des gorgones redoutée. C’est une tâche impossible qui le fera certainement périr. Persée ne veut pas quitter sa mère, mais il doit tenir sa parole.
Athéna et Hermès guident Persée à la maison des Grées et le conseillent en chemin.
Persée s’empare du seul oeil des 3 grées (soeurs des 3 gorgones) pour trouver le chemin des Hespérides et connaître le repère de Méduse. Là-bas Athéna et Hermès lui donnent un sac magique qui peut contenir la tête de Méduse en toute sécurité, les sandales ailées d’Hermès, le casque d’invisibilité d’Hadès et un bouclier réfléchissant.
Après avoir été guidé de la main d’Athéna pour trancher la tête de Méduse, d'un seul coup de serpe, Persée donna ainsi naissance à Pégase et au guerrier Chrysaor brandissant un sabre d'or, jaillissant de son sang.
Quand Persée arrive, il confronte le roi Polydectes, qui a essayé de forcer Danaé à l’épouser. Il le tue en utilisant la tête de Méduse pour le transformer en pierre. Persée sauve ainsi sa mère. Il renvoie les objets magiques et donne la tête de Méduse à Athéna qui la place ainsi sur son bouclier. Tout est rétabli à son état légitime.
En participant au lancé de disque aux jeux funèbres, Persée tua Acrisios par accident. Gêné de régner sur Argos, il échangea ce royaume avec celui de Tirynthe.

Quand il se présente au palais d'Egée, Médée, alors épouse du roi, voulut le faire empoisonner. Mais Thésée la démasque, et se fait reconnaître d'Egée. Il apprend qu’après une guerre avec la Crète, Athènes doit rendre hommage au roi de cette île, Minos, en envoyant de jeunes athéniens pour être dévorés par le Minotaure dans le labyrinthe. Thésée est volontaire pour rejoindre les jeunes athéniens qui seront prochainement sacrifiés afin de les sauver. Avant cela Médée persuade Egée d'envoyer Thésée combattre le féroce taureau blanc. Ayant vaincu ce monstre à l'haleine de feu, Thésée se concilie les Athéniens par cet exploit.
Son père joue le rôle d’un mentor qui s’inquiète. Egée fait promettre à Thésée de l’avertir que sa mission a été réussie en hissant les voiles blanches sur son navire lors de son retour.
Thésée quitte Athènes et traverse la mer jusqu’à l’île de Crète.
Thésée abandonne toutefois Ariane sur l’île de Naxos.
Ce n’est pas l’expiation mais son contraire. Thésée oublie de changer les voiles noires en blanches pour montrer qu’il a survécu. Dans la douleur, son père se suicide.
Thésée retourne à Athènes pour constater que son père est mort. Il est maintenant le nouveau roi d’Athènes.

Pélée amène son fils à Chiron pour recevoir ses enseignements. Remarquable par son courage, le "bouillant Achille" a toutefois un caractère ombrageux, rancunier et méprisant envers ses adversaires. Cela ne l'empêche pas d'être le préféré des déesses Héra et Athéna qui veillent sur lui. Il se lie d'amitié avec Patrocle qui devint son ami inséparable (et peut être un peu plus) jusqu'à la mort. Alors qu'Achille avait 9 ans, un devin prédit que Troie ne saurait être prise sans sa présence. Thétis l'envoie, déguisé en jeune femme, à la cour de Lycomède, pour essayer de le soustraire à son funeste destin. De son union avec la fille du roi naquit un fils, Néoptolème. Lorsque la guerre devient inévitable, Ulysse vient le chercher.

Au cours d'un de ces voyages, Sigurd rencontre un vieil homme borgne (Odin) qui lui demande de choisir au sein de son troupeau, le cheval qui lui plait. Il choisit Grani, rapide comme le vif-argent et dont le père est Sleipnir, étalon à six pattes d’Asgard. Un jour, Regin raconte à Sigurd la mort accidentelle d’un de ses frères, qui s’était transformé en loutre, pêché par les dieux Odin, Honi et Loki. Leur père, Hreidmar les obligea à lui remettre le trésor du nain Andvari en dédommagement. Fafnir, son autre frère vola ce trésor ainsi qu’un anneau capable d’engendrer l’or et se métamorphosa en dragon afin de le garder à jamais. Regin demande alors à Sigurd de l’aider à le récupérer.
Sigurd pénètre dans les pays rhénans gouvernés par le roi des Nibelungs et obtient l'amitié du monarque. Les trois fils du roi - Gunnar, Hogni et Guttorm - lui font serments de loyauté et d’amitié. Grimhild, reine mais aussi sorcière, offre la main de sa fille, après lui avoir fait boire un breuvage d’oubli. Le héros oublie donc Brynehild et tourne son amour vers Gudrun. Dans le même temps, une rumeur ne cesse de s'accroître à la cour: une vierge serait retenue captive sur une montagne par un cercle de feu. Gunnar éprouve le désir d'en faire sa reine. Sur la demande de Grimhild, Sigurd l’accompagne. Grâce au philtre, qu’elle lui avait remis, il prend l'apparence de Gunnar, sauve Brynehild une seconde fois et passe 3 nuits en sa compagnie. De retour au palais c’est le vrai Gunnar qui honore Brynehild lors du mariage et dans le lit nuptiale.
Mais la malédiction d'Andvari n'est pas terminée car l’anneau est toujours au doigt de Gudrun. Gunnar et Hogni ont caché le trésor, dont ils se sont emparés, dans le Rhin, à l'intérieur d'une caverne. Gudrun, remplie d'horreur par la mort de Sigurd et le rôle de ses frères dans son assassinat entreprend elle aussi de se venger. Mais sa sorcière de mère, Grimhild, veille et une fois encore, administre un philtre à Gudrun qui eut pour effet de l'emplir d'amour et de fidélité à l'égard de ses frères. On la marrie à Atli, roi des Huns. Atli, plein de cupidité, a entendu parler du trésor de Sigurd... Lors d’un banquet, il fait assassiner tous les Nibelungs y compris Gunnar et Hogni, qui lui avaient pourtant révélé le lieu où il se trouvait. Gudrun servit leurs enfants à table, tua Atli et mit feu au palais pour se venger. Elle se noya, l’anneau au doigt.

Les noces de Brunhild et Gunther et de Kriemhild et Siegfried se terminent (à l'insu des invités de la fête) par une dissonance. Brunhild, à laquelle le comportement de Siegfried a donné à penser qu'il était un vassal de Gunther, est déconcertée par les grands honneurs qu'on lui rend à Worms. Elle soupçonne une tromperie et se refuse à Gunther pendant la nuit de noces, si bien que le roi doit demander une seconde fois à Siegfried de lui prêter assistance. Rendu invisible par la cape magique, Siegfried lutte avec Brunhild, la vainc, lui dérobe, sans qu'elle s'en aperçoive, un anneau et une ceinture d'orfroi, et la remet ensuite - sans partager sa couche - à Gunther qui lui enlève sa force surnaturelle en même temps que sa virginité. Après la fête, Siegfried retourne avec Kriemhild à Xanten, où tous deux passent dix années de bonheur, mais il commet l'imprudence de remettre à sa femme l'anneau et la ceinture dérobés à Brunhild. C'est alors que l'action rebondit.
Hagen se fait là-dessus l'avocat de la reine mortellement offensée et obtient du faible Gunther son accord pour le meurtre de Siegfried. Tout d'abord, Hagen, par ruse, amène Kriemhild à lui révéler le secret de la vulnérabilité de Siegfried; Kriemhild, trop crédule, lui raconte qu'après avoir tué le dragon Siegfried s’était baigné dans son sang, ce qui avait rendu sa peau dure comme de la corne; mais une feuille de tilleul, tombée entre les deux omoplates, avait empêché à cet endroit l'action du sang du dragon : Hagen simule une expédition guerrière et se déclare prêt à protéger avant tout l'endroit où Siegfried est vulnérable, Kriemhild marque sottement cet endroit en cousant une croix sur le vêtement de Siegfried.
La campagne militaire est alors décommandée et remplacée par une chasse, au cours de laquelle Hagen enfonce son épieu dans le dos de Siegfried au moment où, ne se doutant de rien, celui-ci boit à une source. Bien que les meurtriers affirment que Siegfried a été tué par des brigands, Kriemhild soupçonne la vérité. Quand la blessure de Siegfried, dont le corps est exposé dans la cathédrale, se remet à saigner à l'instant où paraît Hagen, Kriemhild accuse publiquement Gunther et Hagen du meurtre.
Outré, Hildebrand se précipite sur Kriemhild et lui fait payer le crime qu'elle a commis, en la mettant en, pièces de son épée.

Æson et son épouse craignaient particulièrement pour leur fils, héritier légitime. Aussi font-ils croire à sa mort en feignant de célébrer ses funérailles. Sa mère envoie secrètement Jason s'instruire au côté du centaure Chiron. Quand il arrive à l'âge d'homme, Jason, instruit de son ascendance royale, part pour lolcos.
Comme Pélias négligeait les cultes qui devaient être rendus à Héra, un oracle l'avait averti de se méfier d’un étranger ne portant qu’une sandale. Jason en perd une en chemin en aidant une vieille femme à traverser la rivière et qui n’était autre qu’Héra déguisée. Inquiet, à la vue de Jason, Pélias l'envoie alors chercher la Toison d’or en Colchide, au bout du monde. Le voyage sera long et ardu. Heureusement, Jason est soutenu par les dieux (Athéna, Héra et le centaure Chiron). Il fait construire l’Argo avec du bois prophétique de l’arbre sacré de Zeus. Parmi son équipage (les Argonautes) se trouvent de nombreux héros : Héraclès, Orphée, Thésée, les jumeaux Boréades, Calaïs et Zétès, et les Dioscures, les jumeaux Castor et Pollux. Sur la route pour la Colchide, l’Argo fait plusieurs arrêts. En chemin, les Boréades chassent les harpies qui affligent le voyant aveugle Phineus. Ce dernier, à son tour, aide les Argonautes à franchir des rochers mortels qui s’entrechoquent...
Médée donne aussi à Jason un moyen d’endormir le serpent gardien de l’arbre où se trouve la Toison d’or.
La lignée dont est issue Jason descendait jadis d’Éole mais aussi de cet antique dragon. Symboliquement Jason gagna ainsi sa place dans cette lignée royale à qui il offre une renaissance.
Jason revendique la Toison d’or. Il réclame aussi Médée comme épouse.
L’Argo voyage loin. Il finit par être transporté jusque dans un désert. L’Argo lui-même suggère que ce voyage cherche la purification de l’équipage par Circé. La magicienne les nettoie du meurtre du frère de Médée. L’Argo est capable de retourner en toute sécurité à lolkos.
De retour à Iolcos, Jason constate que Pélias a profité de son absence pour tuer son père et se débarrasser de sa famille. Médée met alors au point une ruse pour le venger: elle rajeunit un bélier en le faisant bouillir dans un chaudron avec des herbes magiques. Elle convainc ainsi les filles de Pélias d'en faire de même avec leur père. Mais elle leur donne des herbes sans aucun pouvoir, et les filles de Pélias causent malgré elles la mort de leur père. Pris de remords d’avoir laissé un enfant orphelin, Jason et Médée partent pour commencer leur vie à Corinthe.

Philippe confie l’éducation d’Alexandre à Aristote.
Le mangeur d’hommes Bucéphale devient la fidèle monture d’Alexandre. Lors d’une leçon d’astrologie, Alexandre jette Nectanébo dans un ravin pour le punir d’accorder plus d’attention au ciel que la terre sur laquelle ils se trouvaient. Avant de mourir, Nectanébo révèle le secret de sa naissance à Alexandre en déclarant que son fils venait de le tuer. En entendant le récit de ce drame, Olympias comprend avec stupeur qu’elle s’est laissée égarer par des pratiques magiques. Après une violente dispute avec Alexandre, Philippe abandonne ses projets de répudier Olympias puis projette d’entrer en guerre en Asie où des cités grecques sont soumises au roi perse Darius. Après l’assassinat de Philippe des mains de Pausanias, Alexandre le venge, hérite du trône et part conduire l’expédition tant souhaitée.
Aux Indes, Alexandre fait passer au feu toutes les statues de bronze dont il dispose afin que chaque éléphant de combat du roi Poros se brûle en les mordant. Bucéphale est tué par Poros qu’Alexandre tue lors d’un duel. Il rencontre les sages brahmanes. L’armée, assoiffée, arrive enfin à un point d’eau douce. Dans la nuit, des vagues successives d’animaux féroces, qui venaient pour boire, l’attaquent.
Puis, Olympias exprime ses rancœurs envers Antipater. Pour l’écarter de sa mère, Alexandre lui ordonne de venir. Craignant de tomber en disgrâce, Antipater projette d’assassiner Alexandre, avec ses 2 fils. Alexandre boit le vin empoisonné. On lui tend une plume enduite d’un poison encore plus toxique pour régurgiter. Lors d’une soudaine éclipse, Alexandre meurt.

Philippe donne à Alexandre pour maître Aristote. Lors d’une leçon d’observation astronomique et ignorant encore que Nectanebus est son vrai père, le jeune Alexandre interroge ce dernier pour savoir s'il peut lire son destin dans les astres. Il découvre qu’il sera assassiné par son fils. Avec cynisme, Alexandre le précipite brutalement dans un fossé et le tue. Le cheval mangeur d’hommes, Bucéphale devient la monture d’Alexandre. À la mort de Philippe, Alexandre tue le roi de Betine, Pausanias, son meurtrier.
Commence ensuite une série d’aventures extraordinaires: Alexandre emmure vivant des prétendus mangeurs d’hommes, met en déroute l’armée d’éléphants de combat de Porus et conclut un accord de paix avec la reine des Amazones. Lorsque l’eau vint à manquer, l’armée affronte de nombreuses créatures dangereuses qui vivaient près d’une source d’eau douce, que l’armée a délogé. Alexandre tue Poros lors d’un duel. Au delà des colonnes d’Hercule, l’armée se confronte à des dragons, des poissons prédateurs, des créatures mythiques menaçantes, 4 colonies de femmes étranges et velues.
Alexandre entreprend un voyage aérien dans une nacelle tirée par des griffons. Il explore les fonds marins dans un tonneau de verre. Puis, il affronte des unicornes, dragons, géants à tête de cheval, cracheurs de feu, cyclopes et hommes d’or, dont le visage se trouve sur la poitrine. Bucéphale tombe soudain malade et meurt. Au palais du roi Xerxès, des oiseaux fabuleux, capables de savoir si un malade allait ou non guérir, détournent le regard devant Alexandre, lui confirmant sa destiné. Rentré à Babylone, Alexandre est reconnu comme conquérant du monde. Une femme accouche d’un nourrisson mal formé, ce qui préfigure la mort d’Alexandre et les luttes qui s’enflammeront autour de sa succession.
Antipater, dont Olympias se méfiait, pousse ses fils à empoisonner Alexandre. L’un d’eux lui tend une plume pour régurgiter, enduite de poison encore plus toxique. Roxane, enceinte, prie Alexandre de ne pas se jeter par la fenêtre et d'écrire son testament. Une éclipse surgit et Alexandre meurt.

Jadis, Dârâb avait, lui aussi, été abandonné dans une caisse, sur les eaux de l’Euphrate, un magnifique bracelet au bras. Homây, sa mère ne pouvait garder l’enfant qu’elle avait eu de son père Bahman Ardachir. Des années plus tard, lorsque Homây reconnu Dârâb, enrôlé dans l’armée perse, grâce au bijou qu’il portait, elle le plaça sur le trône.
Après le retour de Nâhid chez son père, Dârâb n’était pas resté célibataire. De sa nouvelle femme, un enfant était né, qu’on appela Dârâ, demi-frères donc d’Eskandar. Peu de temps après Dârâb meurt et met Dârâ sur le trône.
A la mort de Faylaqous (Philippe), Eskandar devient roi. Il va au secours des Egyptiens qui ont été attaqués. Lorsque Eskandar revient vainqueur, il décide de ne plus rendre hommage à Dārā.
S'ensuivent plusieurs aventures fantastiques à la fois en Orient et en Occident. Eskandar se rend dans le pays des Brahmanes puis à la mer occidentale. La montagne sortie de l’eau, sur laquelle il se rend, n’est autre que le dos d’un poisson jaune géant. Il affronte une série de bêtes féroces, combat une bête à corne énorme en Abyssinie (corne d’Afrique), empoisonne un dragon dans la ville de Narmpây puis découvre un peuple d’amazones dans la cité d’Haroum.
Dans un palais de Topaze, un mort assis sur son trône, qui avait une tête de sanglier, lui rappelle que sa vie est sur le point de s’achever. Eskandar part épouvanté. L’arbre parlant, dont un tronc était mâle et l’autre femelle, entouré de peaux de bêtes, lui confirme la même prophétie. Peu de gens comprenaient son langage. Eskandar va chez le Faghfour de Chine puis livre bataille dans le pays de Sind. En chemin pour Babylone, Eskandar arrive en vue d’un gigantesque mont escarpé et un lac auquel s’abreuvaient quantité de bêtes sauvages. Un être hors norme aux oreilles énormes, appelé couche-oreille lui révèle l’existence d’une ville, qui se trouve dans l’eau d’où jaillit le soleil et qui ressemble au paradis, construite à partir d’arrêtes de poissons.
Eskandar tombe soudainement malade et meurt.

Il affronte une cohorte de divs géants pour qu’une famille d’oiseaux renonce à tuer un jeune homme, responsable du meurtre de leur enfant à la chasse. Il affronte aussi des animaux fabuleux, dont des araignées géantes, des sables mouvants d’où s’élevaient des cris, ceux d'une tribu arabe réduite en sable et portée par le vent en guise de châtiment. Il découvre d’étranges arbres. À l’intérieur de l’un d’eux se trouvaient 200 boutiques, un autre restait vert en toute saison, apporté du paradis par Gabriel et planté par Adam, un autre s’élevait la nuit et s’enfonçait le jour dans la terre. Il voit un ange auquel dieu donna l’apparence du futur Mohammad, d’autres invisibles ou de tailles spectaculaires. Quand il se rend à la Mecque, il brise ses idoles puis s’aperçoit que 2 villes, disparaissant à tour de rôle sous l’eau, avaient été construites sur la tête de deux dragons qui bougeaient alternativement.

Le père d'Esfandiyār, Goshtasp, avait promis de lui donner le trône s'il parvenait à repousser une invasion dans des provinces lointaines. Esfandiyār exécute avec succès la commande. À son retour, le père d'Esfandiyār l'informe que pendant son absence, le roi de Turan Arjaasb s'était rebellé et avait attaqué la capitale iranienne et enlevé les deux sœurs d'Esfandiyār. Il envoie donc son fils dans une autre mission pour réprimer la rébellion et récupérer les princesses enlevées.
Esfandiyār s'infiltre ensuite avec succès dans la forteresse d’Arjaasb. Esfandiyār tue alors Arjaasb, sauve ses sœurs et conquiert la forteresse. Au retour d'Esfandiyār en Iran, Goshtasp, qui ne voulait pas se séparer de son trône, se couvre à nouveau.
Bien que Goshtasp soit au courant d'une prédiction de la mort d'Esfandiyār aux mains de Rostam, il oblige le jeune héros à aller enchaîner Rostam vieillissant pour son arrogance et son manque de respect envers le roi, promettant qu'à l'issue de cette mission, il donnera le trône à Esfandiyār et se retirera. Esfandiyār proteste d'abord, rappelant à son père la renommée, le grand âge et les services rendus à la dynastie de Rostam, mais finit par se conformer aux souhaits de son père et se dirige vers la maison de Rostam. Ce dernier lui fait bon accueil mais refuse de se faire enchaîné, acceptant seulement d'accompagner le jeune prince au palais de son père. Esfandiyār insiste, mais Rostam, faisant de nombreuses autres concessions, reste ferme et les deux finissent par se rencontrer en combat singulier. Dans la bataille qui a suivi, l'invincible Esfandiyār n'est pas affecté par les coups de Rostam tandis que Rostam est gravement blessé par les flèches d'Esfandiyār, qui avaient des pointes en diamant et pouvaient facilement percer l'armure de Rostam. Demandant un répit pour panser ses blessures, Rostam se retire.
Simurgh avertit également Rostam du sort qui attend le tueur d'Esfandiyār et lui demande d'envisager de se rendre au prince mais Rostam refuse d'accepter la honte d'être enchaîné par qui que ce soit. Après avoir pris cette décision, Simurgh porte Rostam au tamaris, où il façonne la flèche à double tête avec une plume de Simurgh. Lorsque la bataille reprend, Esfandiyār est aveuglé par cette flèche dans l’œil. Avant de mourir, il dit à Rostam de ne pas culpabiliser car c'est la fausse promesse de son père et la flèche de Simurgh qui l'ont tué. Esfandiyār meurt en déclarant que Goshtasp, son père, était le véritable meurtrier.

Pour mettre un frein à sa fougue tyrannique, les dieux qui reçoivent les doléances de son peuple, demandent à la déesse Aruru de faire naître dans le désert un homme fort et sauvage, Enkidu, qui saura s'opposer à lui. Aruru fabrique avec de l'argile un être à l'image et à l'essence d'Anu, dieu du ciel, et de Ninurta, dieu de la guerre. Dans un premier temps Enkidu va vivre totalement à l'écart de la civilisation. Il broute l’herbe en compagnie des gazelles et partage la vie des bêtes sauvages. Le roi décide de le faire venir à sa cour en lui envoyant une femme.
Au cours des six jours et sept nuit qu'il passera avec Shamhat, il va découvrir son humanité, l’amour mais ses anciens compagnons s'écartent de lui. Par l'intermédiaire de rêves qui vont l'informer de son destin, il sait que le roi lui-même, va être son rival. Il va s'opposer à lui, que sa tyrannie révolte. Un jour, alors qu'il assiste à un mariage, il interdit l'entrée au roi, venu exercer son droit de premier mâle. Les deux hommes se livrent un dur et long combat. Comme ils sont de force égale, ils deviennent amis. Le roi brûle d’accomplir un exploit qui laisserait à jamais son nom gravé sur les tablettes d’argile et dans la mémoire des hommes.
Après douze jours où il va lutter contre son mal, il expire dans les bras de son ami. Gilgamesh, désespéré, le pleure. Il sait que, lui aussi, devra mourir et une peur panique le fait s'enfuir. Toutefois il espère mériter la vie éternelle, à l'instar des dieux et du héros du Déluge, Outnapishtim. A cet effet, le roi abandonne tout et décide d'aller demander à ce bienheureux personnage le secret de l’immortalité. Gilgamesh entreprend un long et périlleux voyage pour se rendre à sa demeure, dans l'île des Bienheureux. En chemin il affronte des lions puis arrive aux mont Jumeaux, sur lesquels repose la voute des cieux. C’est là que chaque soir le soleil vient traverser le tunnel qui s'enfonce sous la terre et qui le conduit vers l'Est.

Tuer le lion de Némée; Tuer l'hydre de Lerne; Vaincre à la course la biche de Cérynie; Capturer le sanglier d'Erymanthe; Nettoyer les écuries d'Augias; Abattre les oiseaux du lac Stymphale; Capturer le taureau de Crète; Dompter les juments de Diomède; Ramener la ceinture de la reine des Amazones Hippolytè; Voler les boeufs de Géryon; Voler les pommes d'or du jardin des Hespérides; en portant le ciel sur ses épaules à la place du géant Atlas et Enchaîner Cerbère aux enfers.
Mais Héraclès eut bien d’autres aventures. Un jour, bien que la reine des Amazones Hippolytè soit sur le point d’offrir au héros la ceinture d'Arès en témoignage d’amour, Héra, déguisée en Amazone pousse ces dernière à combattre Héraclès, en leur faisant croire qu’il détenait leur reine par la force. Croyant à une trahison, Héraclès tue Hippolytè et toutes les Amazone. Lorsqu’il livre bataille contre les centaures, l’un d’entre eux, le sage Pholos, qui n'avait pas prit part au combat, se blessa avec une flèche empoisonnée en l’arrachant à l’un des corps. Le Centaure Chiron, qui fut lui aussi mortellement blessé, préféra céder son immortalité à Prométhée, que de vivre avec une si cruelle blessure qui ne guérirait jamais.
Héraclès épouse ensuite Déjanire. Au cours d'un voyage, face à un fleuve en proie à une crue exceptionnelle, Héraclès voit qu’il ne peut le franchir, en portant Déjanire. Se présente alors un centaure nommé Nessos qui gagnait son salaire en faisant franchir le fleuve aux voyageurs ; il offre son aide. Lors de la traversée, il tente de violer Déjanire. Le héros prend alors une flèche enduite du poison de l’Hydre de Lerne et la décoche sur Nessos. À l’agonie, ce dernier dit à Déjanire de recueillir son sang qui servira de charme au cœur d'Héraclès afin de s’assurer de sa fidélité. Bien plus tard Déjanire, craignant de perdre son époux qui s’était épris d’une autre, fait remettre une tunique enduite de ce sang à Héraclès, qui la revêt. Déjanire, s'étant laissé prendre, se suicide; le sang était souillé par le poison de l’Hydre. Pour mettre fin à sa souffrance, Héraclès demanda à son fils de le mettre au bûcher. On accorde l’immortalité à Héraclès sur l’Olympe où il épouse la fille de Zeus et Héra, Hébé.

Dans une autre version Deichtine est la fille de Conchobar mac Nessa , roi d’Ulster. Lors d’une journée de chasse, la neige se met soudain à tomber et les nobles d'Ulster cherchent refuge dans une maison voisine. Dans la nuit, la femme de leur hôte accouche. Le lendemain, Deichtine découvre la maison totalement vide. Elle ramène l’enfant abandonné, commence à l’élever, mais le garçon tombe malade et meurt. Le dieu Lug lui apparaît et lui révèle qu’il a mis son fils dans son ventre, et qu’elle devra l’appeler Sétanta. Sa grossesse se transforme en scandale car elle est fiancée à Sualtam mac Róich, et on commence à lui soupçonner une liaison avec son père. Elle avorte et conçoit alors un fils avec son fiancé qu'elle nomme Sétanta. Il sera rebaptisé Cú Chulainn (« chien de Culann ») par le druide Cathbad, quand à l’âge de cinq ans, l’enfant tue le molosse du forgeron Culann par légitime défense. Il tombe ensuite sous le charme d’Emer, la fille de Forgall Monach. Ce dernier, opposé au mariage, l’invite à s'entraîner aux armes avec la célèbre guerrière Scáthach au pays d'Alba ( Écosse ), espérant que l'épreuve sera trop dure pour lui et qu'il sera tué.
Dans sa dernière épreuve, la Quête du Taureau, il doit affronter la mort. Celle-ci se déroule à l’issue d’une mésentente de la reine Medb avec le royaume d’Ulster. Voulant s’emparer de l’un de ses taureaux et profitant des neuf jours de malédiction que la déesse Macha avait infligé au royaume soumettant chaque homme dans l’incapacité de combattre, elle n’avait pas hésité à déclencher une guerre sans merci. Cú Chulainn, non atteint par la malédiction, se rend sur le champ de bataille. Il eut des hallucinations en croyant combattre un géant ou apercevoir un char tiré par un cheval à une patte. Elles avaient été causées par une de ses blessures.
Sa défaite vient de Medb qui voulant se venger des sa défaite, le retrouve et le capture, l’obligeant à manger de la chair de chien ce qui lui était interdit. Trois sorcières borgnes de l’œil gauche, furent chargées d’obliger Cú Chulainn à transgresser ce tabou car il ne pouvait pas non plus refuser l’invitation d’un dîner. Dans une autre version, il s’attache à un rocher pour mourir en affrontant ses ennemis debout et Lugaid, fils d’une de ses victimes, le tue.

La lignée de Rostam n'est pas ordinaire. À commencer par son père, Zal. Rejeté à la naissance parce qu'il était albinos, il est déposé dans le nid du Simorgh, l'oiseau aux grandes ailes qui vit tout là-haut, au-delà du monde matériel. L'oiseau merveilleux l'élève. Et l'enfant développe une force incomparable. Comme son père, Rostam grandit vite, sa force croissait rapidement tout comme son talent à manier les armes. Après quelques exploits, son père lui offre la monture qu’il veut. Il choisit un puissant cheval que nul ne pouvait monter : Rakhch. Rostam parvient à le dompter et par la suite, chacun veilla sur l’autre.
Un jour, Rostam perd son cheval Rakhch. Il va jusqu'au royaume de Samangan. Le roi le rassure et lui offre l'hospitalité pour la nuit. Tahmineh entre dans la chambre de Rostam et lui déclare son amour. Avant de partir, Rostam offre un joyau à Tahmineh. Neuf mois après, Tahmineh met au monde un fils, Sohrab.
Au royaume de Goshtasp, bien qu’il soit au courant d'une prédiction sur la mort de son fils Esfandiyār des mains de Rostam, le roi l’oblige à aller enchaîner Rostam vieillissant pour son manque de respect envers la nouvelle religion. Chez Rostam, bien que l’entente soit cordiale, les 2 hommes se livrent bataille. Aucun coup de Rostam n’affecte l’invincible Esfandiyār. Gravement blessé par les flèches du jeune héros, Rostam se retire pour panser ses blessures. Simurgh le guérit et lui révèle le seul moyen d’atteindre Esfandiyār. Peu de temps après Rostam tire une flèche, taillée dans une branche de tamaris entre les yeux d’Esfandiyār et le tue. Mais Simurgh avait également averti Rostam du sort qui attendait le tueur d’Esfandiyār. Un jour, Chaghad, le demi-frère de Rostam finit par lui tendre un piège. Rakhch tombe dans un fossé d’épieux et meurt. Blessé à mort, Rostam devine que Chaghad était le coupable. Rostam fait traverser sa flèche dans le tronc de l’arbre derrière lequel se cachait Chaghad et le tue. Sa vengeance accomplie, Rostam meurt juste après.

Athéna, la déesse de la sagesse, de l’artisanat et de la guerre est le guide d’Odysseus, bien que Zeus lui ait donné l’ordre de ne pas l’aider. La déesse a pitié de lui, tandis que d’autres dieux abandonnent Odyssseus, elle le sauve souvent de la mort et lui donne des conseils.
Après avoir participé durant 10 ans à la guerre de Troie, Odysseus pensant pouvoir retrouver sa famille, est emporté, lui et son équipage loin de sa patrie. Les dieux voulant punir les grecs pour leur orgueil et arrogance déclenchent une grande tempête.
Odysseus réussit à échapper aux charmes des sirènes, de la magicienne Circé et de la déesse Calypso in extremis grâce à son charme, ses ruses. Il arrive presque chez lui, lorsque son équipage ouvre un sac contenant des vents contraires offert par le roi Éole. Avec l’aide de Circé, il se rend dans le monde souterrain pour que le prophète Tiresias puisse le guider chez lui. Cette quête l’amène au bord de la mort. Le roi des Phéaciens, père de Nausica écoute le récit d’Odysseus avec émotion et le fait conduire jusqu'à Ithaque.
Il découvre que sa maison a été envahi par des prétendants au trône qui souhaitaient épouser son épouse.
Au lieu de se précipiter pour tuer ces traîtres, Odysseus se fait patient en désirant savoir si Pénélope lui avait été fidèle. Il découvre qu’elle avait mis au point une ruse pour gagner du temps. Elle ne prendrait un époux qu’après avoir terminé de tisser un linceul pour son beau-père et le défaisait chaque nuit secrètement.
Odysseus, sous les traits d’un mendiant pour ne pas être reconnu, parvient à bander l’arc que seul Odysseus, roi légitime avait jusqu’ici été le seul à manipuler et parvient à dissiper les doutes de Pénélope sur sa vraie nature. Il reprend sa juste place à Ithaque, punit certains coupables et règne en paix.

A son retour, il épousa Eurydice et il s'installa en Thrace parmi les sauvages Cicones.


Sur les mauvais conseils de ses sœurs jalouses venues la visiter, Psyché ne tarde pourtant pas à briser son bonheur : munie d'une lampe qu'elle avait dissimulée, elle se penche sur son amant endormi. Mais, émue de le découvrir si beau, elle fait tomber sur lui une goutte d'huile brûlante. Éveillé brusquement, celui-ci disparaît dans les airs en se nommant.
Tout d'abord, elle doit trier, en une soirée, un énorme tas de grains de variétés différentes. Par bonheur, des fourmis, prises de pitié, l'aident à accomplir sa tâche, et le tas est trié à temps. Ensuite, elle est contrainte de rapporter à Aphrodite de la laine des terribles brebis à la toison d'or. Psyché, désespérée, est sur le point de se jeter dans une rivière voisine lorsqu'un roseau, ému par l'infortune de la jeune femme, lui indique la marche à suivre : « Tant que le soleil de midi darde ses rayons, ces brebis sont possédées d'une espèce de rage. Tout mortel alors doit redouter les blessures de leurs cornes acérées, le choc de leur front de pierre, et la morsure de leurs dents venimeuses ; mais une fois que le méridien aura tempéré l'ardeur de l'astre du jour, que les brises de la rivière auront rafraîchi le sang de ces furieux animaux, tu n'auras, pour te procurer de la laine d'or, qu'à secouer les branches des arbres, où elle s'attache par flocons. »
Pour la troisième épreuve, elle doit rapporter de l'eau du Styx, puisée à même la source. Cette dernière se situe au sommet d'une haute montagne gardée par des dragons. Zeus, à son tour est pris de pitié et décide d'aider Psyché en envoyant son aigle remplir une fiole avec l'eau du Styx, fiole qu'il remet ensuite à la jeune femme.
Sur le chemin du retour, Psyché débouche le précieux flacon et tombe dans un profond sommeil.
Mais Éros, qui n'avait pu l'oublier, l'éveille d'une piqûre de ses flèches et, remontant vers l'Olympe, obtient de Zeus la permission de l'épouser. C'est ainsi que Psyché devint immortelle et qu'Aphrodite, réconciliée, devint l'aïeule de Volupté.
Originellement, c’est dans le genre littéraire de l’épopée que se trouvent racontés les hauts faits des héros, dès l’Antiquité. Il s’agissait d’un long poème – en vers – racontant, dans un style noble, les exploits extraordinaires accomplis par un ou plusieurs êtres disposant de qualités physiques et morales supérieures à celles de l’humanité moyenne. Dans l’épopée, le héros est confronté à des obstacles difficilement surmontables, au sein d’un univers où s’exercent des forces surnaturelles. Ainsi, il suscite chez le lecteur ou auditeur un sentiment d’admiration et incarne pour lui une sorte d’idéal : il est une figure de l’homme accompli.
Le genre perdure pendant le Moyen Âge en se modifiant : la forme épique devient chanson de geste, c’est-à-dire poème racontant les exploits d’un héros, sa « geste » (du latin res gestæ, les « choses accomplies »). Ces œuvres sont transmises par oral, chantées par des poètes itinérants puis sont fixés par écrit.
La naissance du roman, c’est-à-dire d’une littérature en langue « romane » (sorte de latin vulgaire, employé dans la communication de tous les jours), par opposition au latin qu’utilisent les hommes d’Église (qui le maîtrisent et copient les manuscrits), tend à privilégier la forme romanesque aux dépens de l’épopée. À cela participe aussi la modification progressive des goûts du public, friand d’histoires d’amour courtois autant que de combats.
L’ épopée prend souvent la forme d’un cycle, c’est-à-dire d’un ensemble d’œuvres ou de récits fondés sur une même trame, un même thème, un même contexte, un même évènement, un même personnage ou une même famille. L’épopée peut ainsi se comprendre comme une manière de conserver la mémoire d’un peuple (le cycle homérique implique l’ensemble des Grecs, le cycle arthurien raconte l’histoire du roi Arthur et de ses chevaliers en Bretagne (la côte armoricaine et la Grande Bretagne actuelle).
Que ce soit dans l’épopée antique ou dans l’aventure médiévale, le héros entreprend souvent une quête qui suit un schéma récurrent – il peut toutefois connaître des variations à travers les époques et les cultures.
Le voyage du héros peut se résumer ainsi : « Un héros s’aventure hors du monde de la vie habituelle et pénètre dans un lieu merveilleux; il affronte des forces fabuleuses et remporte une victoire décisive; le héros revient de cette aventure mystérieuse doté du pouvoir de dispenser des bienfaits à l’homme »*.
*Joseph Campbell, Les héros sont éternels, 1987.
Naissance et enfance du héros
Le héros naît souvent de parents illustres : son père (ou sa mère) est un dieu (ou une déesse) ou un personnage important proche des dieux, un roi (ou une reine). Fréquemment, sa naissance s’inscrit dans un cadre complexe, que sa mère ait connu une longue période de stérilité, qu’il naisse pendant un conflit politique important ou provienne d’une famille elle-même en conflit. Cette naissance est parfois précédée de présages funestes. Ainsi, à cause de ces difficultés ou de ces présages, le nouveau-né est rejeté par sa famille ou abandonné. L’enfance du héros se déroule alors chez des gens modestes : ils l’ont recueilli et le dissimulent afin qu’il échappe à ceux qui lui veulent du mal. Cette vie obscure et cachée explique que, régulièrement, on le croie mort. Pendant cette période, la communauté à laquelle il n’appartient pas encore souffre d’une situation difficile qui demanderait l’intervention d’un personnage providentiel :
Le peuple est oppressé par un tyran ou une créature monstrueuse, une maladie sévit, des catastrophes naturelles ravagent la région. L’enfance du héros se termine par la reconnaissance de sa véritable identité : il peut être reconnu par des proches ou par sa famille, exhiber un signe de son origine, rencontrer ses vrais parents ou se rendre célèbre par des exploits éclatants. C’est ce que l’on nomme « l’épiphanie » héroïque (du grec epiphaneia, qui signifie « manifestation, apparition »). Le héros devient visible et il est reconnu par la communauté des hommes.
Le voyage initiatique du héros
Une fois révélé aux hommes, le héros commence son voyage, sa quête. Ce départ peut découler d’un simple désir, mais, bien souvent, c’est un évènement qui le provoque : quelque chose l’appelle à partir à l’aventure.
Étymologiquement, « aventure » signifie d’ailleurs « ce qui doit arriver »; elle est ce qui s’impose au héros, son destin. Hésitations, craintes peuvent le retarder : parfois, ce sont les proches du héros qui refusent de le laisser partir. Avant de s’en aller, le héros reçoit une aide, souvent surnaturelle, laquelle peut s’incarner dans un objet ou figure protectrice qui lui prodigue de précieux conseils.
Une fois parti, le héros parvient au premier seuil : il entre dans une région inconnue, la plupart du temps hostile et parfois protégée par un gardien qu’il devra affronter. Ce premier seuil franchi, le héros se trouve sur le chemin des épreuves de son initiation. Celle-ci se décompose en trois phases : la préparation, l’épreuve finale, la nouvelle vie.
Lorsque le héros se prépare à affronter l’épreuve finale de sa quête, il gagne en savoir et en puissance, rencontre des alliés, apprend des secrets et découvre des objets qui vont l’aider. L’épreuve finale prend la forme d’un conflit : il s’agit souvent d’un combat contre un monstre, un ennemi puissant.
Dans ce combat, le héros lutte contre la mort : parfois, il est grièvement blessé et connaît une fin tragique, à moins que l’épreuve ne se termine par une mort seulement symbolique. Celle-ci peut prendre la forme de l’enfermement, comme le ventre de la baleine ou dans un lieu souterrain qui représente une descente aux Enfers. Pourtant, le héros renaît toujours : il est sauvé, soigné, ou bien il ressuscite, même symboliquement. Dans les récits les plus pessimistes en effet, il renaît dans la mémoire de son peuple grâce à ses alliés. Cette renaissance est importante : elle lui confère une nouvelle puissance. Cette métamorphose peut être signalée par un changement de nom, de statut ou même une transformation physique. Au terme de son aventure, le héros est métamorphosé et il possède une nouvelle connaissance sur le monde.
Le retour
Une fois l’épreuve réussie, le héros revient parmi les siens. Ce retour peut être triomphal; le héros reprend sa place et vient régner, instaurant un nouvel âge d’or; ou son retour peut être douloureux et décevant; après ses exploits, le héros ne parvient pas à renouer avec son ancienne vie. Parfois, le héros repart à l’aventure pour vaincre cette mélancolie, ou décide de vivre seul, loin de tout.
Archétypes du héros
Le héros ne se caractérise pas seulement par son histoire : il possède des traits qui le rendent reconnaissable.
Il possède des objets qui lui sont caractéristiques : qu’ils proviennent de son héritage, qu’ils lui aient été donnés par un allié ou qu’ils aient été conquis de haute lutte, ils lui sont indispensables pour accomplir ses exploits.
Le héros se révèle donc au fil de l’aventure être un personnage extraordinaire, au sens propre du terme, c’est-à-dire doté de qualités hors du commun. C’est un être pourvu d’une intelligence et d’un courage sans faille… toutefois, ces qualités ne sauraient être excessives; le héros doit rester humain, pour ne pas risquer de devenir monstrueux : le monstre peut en effet se définir comme une créature surhumaine qui par sa force, sa taille et sa violence démesurée, devient effrayante et terrible. Le héros doit être capable de devenir un modèle pour sa communauté – et pour le lecteur : Diomède est ainsi un exemple de force guerrière, Ulysse un exemple de ruse.
Des héroïnes ?
À première vue, il semble que les héroïnes soient moins nombreuses que les héros dans l’histoire de la littérature : certes, la femme joue un rôle important dans le voyage du héros, mais, la plupart du temps, elle n’en est pas le personnage principal. Dans beaucoup de récits, notamment dans l’Antiquité, les personnages féminins sont même représentés comme des dangers pour la quête héroïque : belle comme la reine de Carthage Didon, retenant Énée dans l’Énéide de Virgile, parfois magicienne comme Circé dans l’Odyssée.
La littérature médiévale lui a parfois donné une place plus valorisante : dans le cadre de l’amour courtois. La femme devient la Dame qui envoie le chevalier sur le chemin de sa quête pour gagner son amour. Elle est même parfois la figure protectrice qui aide le héros dans son voyage, s’apparentant ainsi à une figure de sagesse.
Selon des modalités différentes de l’héroïsme masculin, l’héroïsme féminin est bel et bien présent dans la littérature. Il se manifeste par la fidélité à la nation, comme en témoigne la figure biblique de Judith, à la morale et certaines valeurs, comme en témoigne le personnage d’Antigone. Une héroïne peut se battre à l’épée ou à l’arc, porter une armure. Le prototype de cette guerrière est le personnage mythologique de l’Amazone Penthésilée, abondamment repris, notamment au Moyen-Âge. L’héroïne a aussi les traits d’une amante ou d’une mère. Pensons aux personnages féminins comme Andromaque, figure de la résistance troyenne dont Racine s’emparera à l’âge classique pour en faire une héroïne tragique admirable.
Héros tragiques
Dès l’Antiquité, le héros épique est aussi concurrencé par une variante tragique que le théâtre se plaît à mettre en scène. Contrairement au héros épique, le héros tragique est soumis à la fatalité. Son destin est malheureux : malgré ses immenses qualités, il ne parvient pas à triompher et meurt, brisé dans son élan par la volonté des dieux. Il incarne une vision du monde fondamentalement fataliste.
Dans le roman, la figure de l’antihéros va petit à petit émerger. L’adhésion du lecteur à l’héroïsme est remplacée par l’ironie. L’antihéros n’endosse plus les valeurs de la société, les abandonne ou les conteste. À ce titre, l’antihéros est double. Il peut abandonner ou refuser les valeurs de la société, par lâcheté ou par dégoût.
Archétypes et variations
Les héros ou héroïnes, présentant toujours certaines caractéristiques communes, constituent des archétypes. Ces « modèles primitifs » structurent certaines représentations au-delà des époques et des cultures. Les variations décelées dans chacun des récits qui les mettent en scène dressent autant de portraits de héros ou héroïnes que d’œuvres dans lesquelles nous pouvons retrouver leurs exploits. Un même personnage peut ainsi être présenté de manière positive ou négative selon l’époque ou la culture dans laquelle l’œuvre, qui le met en scène, émerge; ainsi Alexandre le Grand, appelé Iskandar dans la tradition perse, est-il présenté très différemment dans l’œuvre antique de Pseudo-Callisthène ou bien encore dans les œuvres médiévales comme le Roman d’Alexandre, le récit de Ferdowsi ou celui de Nezami.
Héros qui comme Ulysse, Fabien Clavel et Isabelle Périer, professeurs de lettres, 2016, Flammarion.
