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Définitions
Les grands récits mythologiques sont à la base de toutes les cultures du monde. Ainsi, chaque culture a sa propre version de la création du monde, de l’origine de l’humanité, du sens de l’existence, et l’a exprimée à travers les mythes. La mythologie est une explication métaphorique du monde; elle peut être extrêmement complexe. En effet, les mythes explorent davantage qu’ils n’expliquent car ils expriment la quête par l’esprit humain d’un équilibre entre les forces de création et de destruction, entre la vie et la mort. Les mythes de diverses cultures sont souvent liés par des thèmes similaires (l’œuf cosmique, l’océan primordial, la terre mère, etc.).
Les mythes racontent souvent comment quelque chose est venu à l’existence. Or, la création du monde précède toutes les autres. Les mythes qui expliquent la formation de l’univers sont les plus universellement répandus. Ils contiennent de nombreux thèmes et variantes, mais au-delà de leur singularité, ils se rejoignent par des motifs très proches et des constantes.
Il existe quatre grandes catégories permettant de classer les mythes cosmogoniques :
1. création du monde par la pensée, la parole d'un dieu.
2. « plongeon » : un dieu, un animal ou un personnage mythique plonge au fond d'un océan primodial et en rapporte un peu de glaise à partir de laquelle est formée la Terre (ou l'homme dans les récits proposés plus loin)
3. division de la matière primordiale : couple Ciel-Terre devant être séparés (voir Les fils du Ciel et de la Terre); une masse indistincte le Chaos; un oeuf, parfois flottant sur l'océan primordial, la création commençant avec la division de l'œuf.
4. résultat du démembrement d'un géant.
5. arbre Monde ou colonne du ciel.
Il existe quatre grandes catégories permettant de classer les mythes cosmogoniques :
1. création du monde par la pensée, la parole d'un dieu.
2. « plongeon » : un dieu, un animal ou un personnage mythique plonge au fond d'un océan primodial et en rapporte un peu de glaise à partir de laquelle est formée la Terre (ou l'homme dans les récits proposés plus loin)
3. division de la matière primordiale : couple Ciel-Terre devant être séparés (voir Les fils du Ciel et de la Terre); une masse indistincte le Chaos; un oeuf, parfois flottant sur l'océan primordial, la création commençant avec la division de l'œuf.
4. résultat du démembrement d'un géant.
5. arbre Monde ou colonne du ciel.
Maîtrisant parfaitement la technique du feu, Héphaïstos aurait excellé dans l’art de créer des liens ou filets réputés indestructibles. Un jour, le dieu aurait eu recours à une ruse en façonnant un filet magique pour piéger son épouse infidèle Aphrodite en compagnie de son amant Arès.
En effet, prévenu par le dieu du soleil Hélios, qui un matin surprit de ses rayons les amants enlacés, Héphaïstos réagit aussitôt en forgeant ce filet d’or magique. Héphaïstos devint la risée des dieux en exposant les amants ainsi piégés.
Géant-Démiurge-Arbre-Œuf
Le Géant
La création du monde peut résulter du démembrement d’un géant ou d’un monstre. (voir Ymir, le géant des glaces). En Inde, c’est le sacrifice de Purusha, être primordial dont le nom signifie “homme”, qui est à l’origine du monde. Le thème de l’oeuf y est aussi évoqué. Il est intéressant de noter que des différentes parties du corps de Purusha sortent les diverses castes. Non seulement la mythologie élucide le mystère de la Création, mais en outre elle relate l’origine de l’organisation de la société hindoue. (voir Au commencement était Purusha)
Les tremblements de la Terre
La Terre est souvent conçue, à l’origine, comme une surface plane : les montagnes naissent plus tard, dans la violence des tremblements du sol provoqués par des dieux mécontents ou des géants puissants. (voir Le défi des géants)
Les habitants de Madagascar racontent que le Ciel et la Terre (mari et femme) se disputent souvent. Au cours de violentes “scènes de ménage”, le Ciel déverse sur la Terre des trombes d’eau ou des avalanches de pierres, tandis que sa compagne envoie ses troupes à l’assaut, sous la forme de laves incandescentes projetées par les volcans. La paix ne revient que lorsque les dieux parviennent à calmer les combattants, mais il subsiste des blessures à la surface de la Terre : les bosses des collines et les creux des lacs.
La Terre est souvent conçue, à l’origine, comme une surface plane : les montagnes naissent plus tard, dans la violence des tremblements du sol provoqués par des dieux mécontents ou des géants puissants. (voir Le défi des géants)
Les habitants de Madagascar racontent que le Ciel et la Terre (mari et femme) se disputent souvent. Au cours de violentes “scènes de ménage”, le Ciel déverse sur la Terre des trombes d’eau ou des avalanches de pierres, tandis que sa compagne envoie ses troupes à l’assaut, sous la forme de laves incandescentes projetées par les volcans. La paix ne revient que lorsque les dieux parviennent à calmer les combattants, mais il subsiste des blessures à la surface de la Terre : les bosses des collines et les creux des lacs.
Selon un mythe sibérien, un vieillard qui habite les enfers tient la Terre dans sa main. Pourtant, il se fatigue et tremble, provoquant ainsi des secousses terribles.
Pour éviter de tels cataclysmes, Dieu, d’après une tradition islamique, ferait surveiller l’immense baleine qui supporte la Terre par une petite bête qui menace d’entrer dans sa narine au moindre de ses mouvements.Selon un mythe sibérien, un vieillard qui habite les enfers tient la Terre dans sa main. Pourtant, il se fatigue et tremble, provoquant ainsi des secousses terribles.
Pour éviter de tels cataclysmes, Dieu, d’après une tradition islamique, ferait surveiller l’immense baleine qui supporte la Terre par une petite bête qui menace d’entrer dans sa narine au moindre de ses mouvements.
Pour éviter de tels cataclysmes, Dieu, d’après une tradition islamique, ferait surveiller l’immense baleine qui supporte la Terre par une petite bête qui menace d’entrer dans sa narine au moindre de ses mouvements.Selon un mythe sibérien, un vieillard qui habite les enfers tient la Terre dans sa main. Pourtant, il se fatigue et tremble, provoquant ainsi des secousses terribles.
Pour éviter de tels cataclysmes, Dieu, d’après une tradition islamique, ferait surveiller l’immense baleine qui supporte la Terre par une petite bête qui menace d’entrer dans sa narine au moindre de ses mouvements.
Le Démiurge
Dans la plupart des mythologies, la Création initiale est attribuée à un seul dieu, le dieu suprême, que l’on appelle aussi le démiurge.
Dans les religions monothéistes (qui admettent un dieu unique, comme les religions juive, chrétienne ou islamique), ce dieu est seul responsable de l’ensemble de l’Univers, qu’il a créé selon sa volonté. (voir Récit de la Genèse)
Dans d’autres religions (polythéistes), il se contente de créer “l’essentiel”, en général la Terre, la voûte céleste, les hommes et parfois quelques animaux. Puis, d’autres dieux ou héros “fignolent” le travail: ils créent les plantes, règlent le cours des saisons, règnent sur les vents, les pluies, inventent la musique, la danse... ou la guerre. (voir Ena et l'Ile mystérieuse ou L'écume de la mer )
Dans les religions monothéistes (qui admettent un dieu unique, comme les religions juive, chrétienne ou islamique), ce dieu est seul responsable de l’ensemble de l’Univers, qu’il a créé selon sa volonté. (voir Récit de la Genèse)
Dans d’autres religions (polythéistes), il se contente de créer “l’essentiel”, en général la Terre, la voûte céleste, les hommes et parfois quelques animaux. Puis, d’autres dieux ou héros “fignolent” le travail: ils créent les plantes, règlent le cours des saisons, règnent sur les vents, les pluies, inventent la musique, la danse... ou la guerre. (voir Ena et l'Ile mystérieuse ou L'écume de la mer )
Ils peuvent aussi rectifier des erreurs commises par le démiurge : ainsi le héros polynésien Maui fut-il obligé d’attraper le Soleil au lasso pour ralentir sa course durant le jour, car les hommes n’avaient pas le temps de travailler! Ils peuvent au contraire détériorer l’harmonie de la création initiale, comme cet officier céleste de l’Empereur de Jade qui fut responsable de l’invasion de la Terre par la mauvaise herbe! (voir L'Empereur de Jade)
Si l’on en croit de nombreuses mythologies, il a souvent fallu que les dieux s’y reprennent à plusieurs fois pour créer les hommes que nous sommes aujourd’hui. Ainsi, l’humanité aurait connu quatre âges successifs, le premier étant finalement le plus paisible et le plus serein, le fameux âge d’or, paradis perdu auquel tout homme aspire et dont le souvenir serait une forme de l’espérance. (voir L'or, l'argent, le bronze et le fer)
Si l’on en croit de nombreuses mythologies, il a souvent fallu que les dieux s’y reprennent à plusieurs fois pour créer les hommes que nous sommes aujourd’hui. Ainsi, l’humanité aurait connu quatre âges successifs, le premier étant finalement le plus paisible et le plus serein, le fameux âge d’or, paradis perdu auquel tout homme aspire et dont le souvenir serait une forme de l’espérance. (voir L'or, l'argent, le bronze et le fer)
Le « plongeon », ou la boue
Dans beaucoup de mythologies, au commencement il n’y a que de l’eau. Un être primordial, dieu, esprit ou animal, y plonge pour créer le monde. En Inde, c’est l’Esprit suprême Singbonga qui est à l’origine du monde. Il envoie successivement divers animaux au fond de l’océan pour qu’ils lui rapportent la boue nécessaire à la création de la Terre. (voir p.20, Comment Singbonga créa le monde et pp.10-11, textes 1-3-5 et 6 de la situation problème)
Dans beaucoup de mythologies, au commencement il n’y a que de l’eau. Un être primordial, dieu, esprit ou animal, y plonge pour créer le monde. En Inde, c’est l’Esprit suprême Singbonga qui est à l’origine du monde. Il envoie successivement divers animaux au fond de l’océan pour qu’ils lui rapportent la boue nécessaire à la création de la Terre. (voir p.20, Comment Singbonga créa le monde et pp.10-11, textes 1-3-5 et 6 de la situation problème)
L'arbre monde
Comment le Ciel peut-il bien tenir au-dessus de la Terre ? Tout simplement parce qu’il repose sur des colonnes, répond un mythe chinois. Les anciens Chinois se représentaient en effet la Terre comme un carré aux angles duquel se dressent les quatre colonnes qui soutiennent le Ciel : celui- ci, de forme circulaire, tourne sur lui-même autour de l’Etoile polaire, entraînant dans ce mouvement tous les astres fixés à sa surface.
Pourtant cet équilibre a failli être rompu brutalement par un monstre coléreux, Kong-Kong: furieux de ne pouvoir être le maître de l’Univers, il se précipita violemment contre la colonne du nord- ouest, qui fut dangereusement ébranlée. En conséquence, le Ciel est affaissé de ce côté, si bien que le Soleil et les étoiles se déplacent vers le nord-ouest tandis que la Terre penche au contraire vers le nord-est: depuis, les grands fleuves de Chine coulent dans cette direction.
Pourtant cet équilibre a failli être rompu brutalement par un monstre coléreux, Kong-Kong: furieux de ne pouvoir être le maître de l’Univers, il se précipita violemment contre la colonne du nord- ouest, qui fut dangereusement ébranlée. En conséquence, le Ciel est affaissé de ce côté, si bien que le Soleil et les étoiles se déplacent vers le nord-ouest tandis que la Terre penche au contraire vers le nord-est: depuis, les grands fleuves de Chine coulent dans cette direction.
Ils peuvent aussi rectifier des erreurs commises par le démiurge : ainsi le héros polynésien Maui fut-il obligé d’attraper le Soleil au lasso pour ralentir sa course durant le jour, car les hommes n’avaient pas le temps de travailler! Ils peuvent au contraire détériorer l’harmonie de la création initiale, comme cet officier céleste de l’Empereur de Jade qui fut responsable de l’invasion de la Terre par la mauvaise herbe! (voir L'Empereur de Jade)
Si l’on en croit de nombreuses mythologies, il a souvent fallu que les dieux s’y reprennent à plusieurs fois pour créer les hommes que nous sommes aujourd’hui. Ainsi, l’humanité aurait connu quatre âges successifs, le premier étant finalement le plus paisible et le plus serein, le fameux âge d’or, paradis perdu auquel tout homme aspire et dont le souvenir serait une forme de l’espérance. (voir L'or, l'argent, le bronze et le fer)
Si l’on en croit de nombreuses mythologies, il a souvent fallu que les dieux s’y reprennent à plusieurs fois pour créer les hommes que nous sommes aujourd’hui. Ainsi, l’humanité aurait connu quatre âges successifs, le premier étant finalement le plus paisible et le plus serein, le fameux âge d’or, paradis perdu auquel tout homme aspire et dont le souvenir serait une forme de l’espérance. (voir L'or, l'argent, le bronze et le fer)
Le « plongeon », ou la boue
Dans beaucoup de mythologies, au commencement il n’y a que de l’eau. Un être primordial, dieu, esprit ou animal, y plonge pour créer le monde. En Inde, c’est l’Esprit suprême Singbonga qui est à l’origine du monde. Il envoie successivement divers animaux au fond de l’océan pour qu’ils lui rapportent la boue nécessaire à la création de la Terre. (voir p.20, Comment Singbonga créa le monde et pp.10-11, textes 1-3-5 et 6 de la situation problème)
Dans beaucoup de mythologies, au commencement il n’y a que de l’eau. Un être primordial, dieu, esprit ou animal, y plonge pour créer le monde. En Inde, c’est l’Esprit suprême Singbonga qui est à l’origine du monde. Il envoie successivement divers animaux au fond de l’océan pour qu’ils lui rapportent la boue nécessaire à la création de la Terre. (voir p.20, Comment Singbonga créa le monde et pp.10-11, textes 1-3-5 et 6 de la situation problème)
L’oeuf cosmique
Le thème de l’œuf qui donne naissance au monde est une image très fréquente dans les mythologies. On trouve également des constantes d’un mythe à l’autre quant à la façon dont le monde se crée à partir de l’oeuf. Il est par exemple courant que l’oeuf se divise en fragments dont l’un devient le Ciel, un autre la Terre, et les autres les divers astres et éléments qui forment l’Univers. Ce qui différencie les mythes, ce sont surtout les circonstances dans lesquelles l’œuf apparaît et fait naître le monde.
(voir L'aigle aux œufs d'or)
(voir L'aigle aux œufs d'or)
Une tradition chinoise décrit l’Univers comme un œuf qui serait posé à la verticale: le Ciel, en forme de bol renversé, est la surface intérieure de la coquille, la Terre, comme le jaune de l’oeuf, flotte au milieu de l’Océan primordial qui emplit le fond de cette coquille. Au coeur de cet oeuf vivait un géant, Pan-Kou, qui, pendant dix-huit mille ans grandit chaque jour de l’équivalent de plusieurs mètres : la coquille de l’oeuf se brisa, et le Ciel s’éloigna de la Terre régulièrement, jusqu’à la mort de Pan-Kou. Alors la tête du géant devint une montagne sacrée, ses yeux le Soleil et la Lune, ses cheveux les arbres.
Selon un mythe hindou, un œuf d’or et d’argent est à l’origine de l’Univers: le Ciel est issu d’un fragment de coquille d’or, la Terre d’un fragment d’argent.
Selon un mythe hindou, un œuf d’or et d’argent est à l’origine de l’Univers: le Ciel est issu d’un fragment de coquille d’or, la Terre d’un fragment d’argent.
Le « plongeon », ou la boue
Dans beaucoup de mythologies, au commencement il n’y a que de l’eau. Un être primordial, dieu, esprit ou animal, y plonge pour créer le monde. En Inde, c’est l’Esprit suprême Singbonga qui est à l’origine du monde. Il envoie successivement divers animaux au fond de l’océan pour qu’ils lui rapportent la boue nécessaire à la création de la Terre. (voir p.20, Comment Singbonga créa le monde et pp.10-11, textes 1-3-5 et 6 de la situation problème)
Dans beaucoup de mythologies, au commencement il n’y a que de l’eau. Un être primordial, dieu, esprit ou animal, y plonge pour créer le monde. En Inde, c’est l’Esprit suprême Singbonga qui est à l’origine du monde. Il envoie successivement divers animaux au fond de l’océan pour qu’ils lui rapportent la boue nécessaire à la création de la Terre. (voir p.20, Comment Singbonga créa le monde et pp.10-11, textes 1-3-5 et 6 de la situation problème)
La voûte céleste
Le cosmos
Dans les cosmogonies antiques, l'ordre du monde est conquis à travers la lutte cruelle entre divinités cosmiques opposées. La création commence par la séparation des éléments primordiaux : la lumière et les ténèbres, le soleil et la lune, les eaux et la terre. Dans certaines traditions, cette séparation est opérée par un principe ordonnateur extérieur (le Démiurge); dans d'autres traditions, le cosmos se dégage du néant de manière autonome.
Le Ciel
Il représente l'ordre universel et le principe supérieur et actif opposé à la terre. Dans presque toutes les langues, il est de genre masculin, bien qu'en Égypte il ait été identifié à la déesse Nous. Symbole d'une dimension lointaine et inaccessible à l'homme, le ciel correspond à la demeure des dieux ou il coïncide avec la divinité elle-même. Dans la mythologie, il est peuplé d'une multitude de divinités qui communiquent avec la terre au moyen de signes annonciateurs: par exemple les phénomènes météorologiques sont tenus pour dépendre entièrement de la volonté ou du caprice divin.
Dans les cosmogonies antiques, l'ordre du monde est conquis à travers la lutte cruelle entre divinités cosmiques opposées. La création commence par la séparation des éléments primordiaux : la lumière et les ténèbres, le soleil et la lune, les eaux et la terre. Dans certaines traditions, cette séparation est opérée par un principe ordonnateur extérieur (le Démiurge); dans d'autres traditions, le cosmos se dégage du néant de manière autonome.
Le Ciel
Il représente l'ordre universel et le principe supérieur et actif opposé à la terre. Dans presque toutes les langues, il est de genre masculin, bien qu'en Égypte il ait été identifié à la déesse Nous. Symbole d'une dimension lointaine et inaccessible à l'homme, le ciel correspond à la demeure des dieux ou il coïncide avec la divinité elle-même. Dans la mythologie, il est peuplé d'une multitude de divinités qui communiquent avec la terre au moyen de signes annonciateurs: par exemple les phénomènes météorologiques sont tenus pour dépendre entièrement de la volonté ou du caprice divin.
La montagne
Elle est bien souvent le lieu de la manifestation du sacré et du divin: le mont Thabor, lieu de sépulture d'Adam et marque du centre du monde, Moïse reçoit les tables de la Loi sur le mont Sinaï, et Jésus-Christ est crucifié sur la colline du Golgotha. C'est aussi sur les pentes d'une montagne que sont situés les portes du royaume des morts, dans la tradition chrétienne.
Le monde grec, fait de ses montagnes (l'Olympe, le Parnasse, l'Hélicon) les demeures des dieux. La montagne sacrée se dresse au centre du monde, et - comme la croix, l'échelle et l'arbre - elle en représente l'axe et la racine.
L'arbre
Cosmos vivant, en croissance continuelle, l'arbre est l'image de la vie dans sa totalité. C 'est pour cette raison qu'il est vénéré chez presque t tous les peuples du monde: chêne, frêne et tilleuls étaient l'objet d'un culte dans le Nord de l'Europe, et figuiers, grenadiers, sycomores et oliviers, dans le bassin méditerranéen.
L'arbre cosmique plonge ses racines dans le ciel et déploie sa ramure dans les entrailles de la terre. Ses branches correspondent au cinq éléments: l'éther, l'air, le feu, l'eau et la terre.
Elle est bien souvent le lieu de la manifestation du sacré et du divin: le mont Thabor, lieu de sépulture d'Adam et marque du centre du monde, Moïse reçoit les tables de la Loi sur le mont Sinaï, et Jésus-Christ est crucifié sur la colline du Golgotha. C'est aussi sur les pentes d'une montagne que sont situés les portes du royaume des morts, dans la tradition chrétienne.
Le monde grec, fait de ses montagnes (l'Olympe, le Parnasse, l'Hélicon) les demeures des dieux. La montagne sacrée se dresse au centre du monde, et - comme la croix, l'échelle et l'arbre - elle en représente l'axe et la racine.
L'arbre
Cosmos vivant, en croissance continuelle, l'arbre est l'image de la vie dans sa totalité. C 'est pour cette raison qu'il est vénéré chez presque t tous les peuples du monde: chêne, frêne et tilleuls étaient l'objet d'un culte dans le Nord de l'Europe, et figuiers, grenadiers, sycomores et oliviers, dans le bassin méditerranéen.
L'arbre cosmique plonge ses racines dans le ciel et déploie sa ramure dans les entrailles de la terre. Ses branches correspondent au cinq éléments: l'éther, l'air, le feu, l'eau et la terre.
L'échelle
L'image de l'échelle indique le désir de rétablir le contact perdu entre l'homme et la divinité, entre les ciel et la terre. Dans les représentations chrétiennes, elles peut compter sept ou douze échelons; tout comme le ciel contiendrait sept strates, symbole d'élévation spirituelle. D'ailleurs, lors de son voyage nocturne jusqu'à la Mecque, le prophète Muhammad traversera les sept cieux.
Le motif biblique de l' "échelle de Jacob" (la porte du ciel) symbolise la rencontre avec Dieu ou un ange messager, teinté d'un certain mystère où rêve et réalité ne sont pas toujours faciles à distinguer, tant les manifestations divines n'apparaissent qu'à de rares privilégiés (le plus souvent sous la forme de visions).
La tour
Elle revêt des significations multiples et opposées. Dans la civilisation babylonienne, elle a pour fonction de permettre l'observation du ciel et de canaliser sur la terre les énergies célestes. Dans la religion juive, elle est symbole de la révolte de l'homme contre Dieu. La tour de Babel reflète la fonction originelle de la tour en tant qu'instrument de la communication entre l'homme et la divinité. Toutefois, condamnée par le monothéisme juif, sa signification est radicalement inversée. À l'instar de l'échelle, la tour devient symbole d'ascension spirituelle dans la tradition chrétienne.
L'image de l'échelle indique le désir de rétablir le contact perdu entre l'homme et la divinité, entre les ciel et la terre. Dans les représentations chrétiennes, elles peut compter sept ou douze échelons; tout comme le ciel contiendrait sept strates, symbole d'élévation spirituelle. D'ailleurs, lors de son voyage nocturne jusqu'à la Mecque, le prophète Muhammad traversera les sept cieux.
Le motif biblique de l' "échelle de Jacob" (la porte du ciel) symbolise la rencontre avec Dieu ou un ange messager, teinté d'un certain mystère où rêve et réalité ne sont pas toujours faciles à distinguer, tant les manifestations divines n'apparaissent qu'à de rares privilégiés (le plus souvent sous la forme de visions).
La tour
Elle revêt des significations multiples et opposées. Dans la civilisation babylonienne, elle a pour fonction de permettre l'observation du ciel et de canaliser sur la terre les énergies célestes. Dans la religion juive, elle est symbole de la révolte de l'homme contre Dieu. La tour de Babel reflète la fonction originelle de la tour en tant qu'instrument de la communication entre l'homme et la divinité. Toutefois, condamnée par le monothéisme juif, sa signification est radicalement inversée. À l'instar de l'échelle, la tour devient symbole d'ascension spirituelle dans la tradition chrétienne.
La voûte céleste vidéo Cosmologie
La cosmogonie (« formation du cosmos » en grec) est le récit symbolique de la création du monde. Chaque religion ou courant spirituel développe sa propre cosmogonie, basée sur des mythes, des traditions ou des allégories.
La cosmologie (« connaissance du cosmos » en grec) est la science qui étudie l’origine, la formation, la structure et l’évolution de l’univers. La cosmologie s’appuie sur la physique et les mathématiques, le but étant d’identifier les lois physiques qui gouvernent l’univers.
La cosmogonie est donc avant toute chose un récit sur les origines du monde; la cosmologie, elle, est de nature scientifique.
La notion d'univers a évolué au cours de l'Histoire. Alors que la Terre était généralement considérée comme un point fixe (théorie géocentrique, défendue entre autres par Aristote et Ptolémée), la Renaissance a vu émerger l'idée que notre planète n'occupait pas de position privilégiée dans l'univers (principe copernicien), et n'en était certainement pas au centre. C'est à partir du XVIIe siècle que les premiers instruments d'observation astronomiques ont fait leur apparition (lunette astronomique de Galilée, puis télescope d'Isaac Newton), permettant d'arpenter le cosmos, et de réfléchir à sa structure, puis, à partir du XXe siècle, à son histoire et son évolution.
La cosmologie (« connaissance du cosmos » en grec) est la science qui étudie l’origine, la formation, la structure et l’évolution de l’univers. La cosmologie s’appuie sur la physique et les mathématiques, le but étant d’identifier les lois physiques qui gouvernent l’univers.
La cosmogonie est donc avant toute chose un récit sur les origines du monde; la cosmologie, elle, est de nature scientifique.
La notion d'univers a évolué au cours de l'Histoire. Alors que la Terre était généralement considérée comme un point fixe (théorie géocentrique, défendue entre autres par Aristote et Ptolémée), la Renaissance a vu émerger l'idée que notre planète n'occupait pas de position privilégiée dans l'univers (principe copernicien), et n'en était certainement pas au centre. C'est à partir du XVIIe siècle que les premiers instruments d'observation astronomiques ont fait leur apparition (lunette astronomique de Galilée, puis télescope d'Isaac Newton), permettant d'arpenter le cosmos, et de réfléchir à sa structure, puis, à partir du XXe siècle, à son histoire et son évolution.
Le Sud
Europe
Est - Asie
Indonésie - Océanie
Ouest - Nord des Amériques
Ouest - sud des Amériques
Récit de la Genèse (tradition chrétienne)
Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme, et l'esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux.
Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne ; et Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres. Dieu appela la lumière jour, et il appela les ténèbres nuit. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le premier jour.
Dieu dit : Qu'il y ait une étendue entre les eaux, et qu'elle sépare les eaux d'avec les eaux. Et Dieu fit l'étendue, et il sépara les eaux qui sont au-dessous de l'étendue d'avec les eaux qui sont au- dessus de l'étendue. Et cela fut ainsi. Dieu appela l'étendue ciel. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le second jour.
Dieu dit : Que les eaux qui sont au-dessous du ciel se rassemblent en un seul lieu, et que le sec paraisse. Et cela fut ainsi. Dieu appela le sec terre, et il appela l'amas des eaux mers. Dieu vit que cela était bon. Puis Dieu dit : Que la terre produise de la verdure, de l'herbe portant de la semence, des arbres fruitiers donnant du fruit selon leur espèce et ayant en eux leur semence sur la terre. Et cela fut ainsi. La terre produisit de la verdure, de l'herbe portant de la semence selon son espèce, et des arbres donnant du fruit et ayant en eux leur semence selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le troisième jour.
Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne ; et Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres. Dieu appela la lumière jour, et il appela les ténèbres nuit. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le premier jour.
Dieu dit : Qu'il y ait une étendue entre les eaux, et qu'elle sépare les eaux d'avec les eaux. Et Dieu fit l'étendue, et il sépara les eaux qui sont au-dessous de l'étendue d'avec les eaux qui sont au- dessus de l'étendue. Et cela fut ainsi. Dieu appela l'étendue ciel. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le second jour.
Dieu dit : Que les eaux qui sont au-dessous du ciel se rassemblent en un seul lieu, et que le sec paraisse. Et cela fut ainsi. Dieu appela le sec terre, et il appela l'amas des eaux mers. Dieu vit que cela était bon. Puis Dieu dit : Que la terre produise de la verdure, de l'herbe portant de la semence, des arbres fruitiers donnant du fruit selon leur espèce et ayant en eux leur semence sur la terre. Et cela fut ainsi. La terre produisit de la verdure, de l'herbe portant de la semence selon son espèce, et des arbres donnant du fruit et ayant en eux leur semence selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le troisième jour.
Dieu dit : Qu'il y ait des luminaires dans l'étendue du ciel, pour séparer le jour d'avec la nuit ; que ce soient des signes pour marquer les époques, les jours et les années ; et qu'ils servent de luminaires dans l'étendue du ciel, pour éclairer la terre. Et cela fut ainsi. Dieu fit les deux grands luminaires, le plus grand luminaire pour présider au jour, et le plus petit luminaire pour présider à la nuit ; il fit aussi les étoiles. Dieu les plaça dans l'étendue du ciel, pour éclairer la terre, pour présider au jour et à la nuit, et pour séparer la lumière d'avec les ténèbres. Dieu vit que cela était bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le quatrième jour.
Dieu dit : Que les eaux produisent en abondance des animaux vivants, et que des oiseaux volent sur la terre vers l'étendue du ciel. Dieu créa les grands poissons et tous les animaux vivants qui se meuvent, et que les eaux produisirent en abondance selon leur espèce ; il créa aussi tout oiseau ailé selon son espèce. Dieu vit que cela était bon. Dieu les bénit, en disant : Soyez féconds, multipliez, et remplissez les eaux des mers ; et que les oiseaux multiplient sur la terre. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le cinquième jour.
Dieu dit : Que la terre produise des animaux vivants selon leur espèce, du bétail, des reptiles et des animaux terrestres, selon leur espèce. Et cela fut ainsi.
Dieu dit : Que les eaux produisent en abondance des animaux vivants, et que des oiseaux volent sur la terre vers l'étendue du ciel. Dieu créa les grands poissons et tous les animaux vivants qui se meuvent, et que les eaux produisirent en abondance selon leur espèce ; il créa aussi tout oiseau ailé selon son espèce. Dieu vit que cela était bon. Dieu les bénit, en disant : Soyez féconds, multipliez, et remplissez les eaux des mers ; et que les oiseaux multiplient sur la terre. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le cinquième jour.
Dieu dit : Que la terre produise des animaux vivants selon leur espèce, du bétail, des reptiles et des animaux terrestres, selon leur espèce. Et cela fut ainsi.
Dieu fit les animaux de la terre selon leur espèce, le bétail selon son espèce, et tous les reptiles de la terre selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon. Puis Dieu dit : Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme. Dieu les bénit, et Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujettissez ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre. Et Dieu dit : Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d'arbre et portant de la semence : ce sera votre nourriture. Et à tout animal de la terre, à tout oiseau du ciel, et à tout ce qui se meut sur la terre, ayant en soi un souffle de vie, je donne toute herbe verte pour nourriture. Et cela fut ainsi.
Dieu vit tout ce qu'il avait fait et voici, cela était très bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le sixième jour. Ainsi furent achevés les cieux et la terre, et toute leur armée.
Dieu acheva au septième jour son oeuvre, qu'il avait faite : et il se reposa au septième jour de toute son oeuvre, qu'il avait faite. Dieu bénit le septième jour, et il le sanctifia, parce qu'en ce jour il se reposa de toute son oeuvre qu'il avait créée en la faisant.
Voici les origines des cieux et de la terre, quand ils furent créés.
Dieu vit tout ce qu'il avait fait et voici, cela était très bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le sixième jour. Ainsi furent achevés les cieux et la terre, et toute leur armée.
Dieu acheva au septième jour son oeuvre, qu'il avait faite : et il se reposa au septième jour de toute son oeuvre, qu'il avait faite. Dieu bénit le septième jour, et il le sanctifia, parce qu'en ce jour il se reposa de toute son oeuvre qu'il avait créée en la faisant.
Voici les origines des cieux et de la terre, quand ils furent créés.
Ena Polynésie
Le monde n’était encore qu’un vaste océan et trois dieux régnaient déjà au Ciel : Tagaola le Noble, Tagaola l’Ouvrier, qui plus tard inventerait la hache pour construire les pirogues, et Tagaola le Silencieux des Grands Espaces, qui voyait les choses avant même qu’elles existent.
Tous trois étaient curieux de savoir s’il y avait des terres sur cet océan et Tagaola le Silencieux fut chargé par ses compagnons de descendre du Ciel à leur recherche : “ Toi qui vois ce qui n’est encore visible pour personne, tu es
certainement le meilleur explorateur de nous trois ! ”
Tous trois étaient curieux de savoir s’il y avait des terres sur cet océan et Tagaola le Silencieux fut chargé par ses compagnons de descendre du Ciel à leur recherche : “ Toi qui vois ce qui n’est encore visible pour personne, tu es
certainement le meilleur explorateur de nous trois ! ”
Tagaola le Silencieux prit la forme d’un martin-pêcheur et vola longtemps au ras des flots sans découvrir la moindre surface solide. Il finit cependant par apercevoir une tache blanchâtre sous la surface de l’eau. Cette tache, encore invisible pour tout autre que lui, annonçait-elle une prochaine terre ? Il était trop tôt pour le savoir.
“ Attendons sept jours et nous retournerons examiner cette tache ”, décidèrent les dieux.
Les sept jours écoulés, le martin-pêcheur partit pour un second voyage : cette fois la mer s’était retirée, laissant apparaître une terre à fleur d’eau, mais celle-ci était encore trop immergée pour que l’oiseau pût s’y poser. Aussi Tagaola l’Ouvrier lança-t-il depuis le Ciel une avalanche de pierres spongieuses qui tombèrent à proximité et formèrent Ena, la première île du monde.
“ Attendons sept jours et nous retournerons examiner cette tache ”, décidèrent les dieux.
Les sept jours écoulés, le martin-pêcheur partit pour un second voyage : cette fois la mer s’était retirée, laissant apparaître une terre à fleur d’eau, mais celle-ci était encore trop immergée pour que l’oiseau pût s’y poser. Aussi Tagaola l’Ouvrier lança-t-il depuis le Ciel une avalanche de pierres spongieuses qui tombèrent à proximité et formèrent Ena, la première île du monde.
Depuis cette première terre créée par les dieux, Tagaola le Silencieux effectua plusieurs vols en direction de la tache blanchâtre où, peu à peu, une substance sablonneuse apparaissait au- dessus des flots. Elle grandit et devint ATA, la “ terre-mère ”.
“ Cette terre est grande, mais il ne s’y trouve pas un arbre ! ” fit remarquer l’explorateur aux deux autres dieux. Alors Tagaola le Noble lui donna un fruit qu’il alla planter sur Ata, et une liane recouvrit bientôt toute la surface de l’île.
“ Maintenant, il manque des habitants ! ” dit Tagaola le Silencieux. “ Va et coupe un morceau de liane ”, répondit seulement le Noble.
Tagaola obéit et, peu après, ce tronçon de liane se transforma et prit vie, donnant naissance aux deux premiers des êtres humains qui habitèrent les îles de Polynésie.
“ Cette terre est grande, mais il ne s’y trouve pas un arbre ! ” fit remarquer l’explorateur aux deux autres dieux. Alors Tagaola le Noble lui donna un fruit qu’il alla planter sur Ata, et une liane recouvrit bientôt toute la surface de l’île.
“ Maintenant, il manque des habitants ! ” dit Tagaola le Silencieux. “ Va et coupe un morceau de liane ”, répondit seulement le Noble.
Tagaola obéit et, peu après, ce tronçon de liane se transforma et prit vie, donnant naissance aux deux premiers des êtres humains qui habitèrent les îles de Polynésie.
Japon
La naissance des îles
Les génies divins Izanagi et Izanami furent chargés par les dieux célestes de créer le monde. Quelle tâche difficile ! L’Univers, qui était encore au stade du chaos primitif, ressemblait à un vaste océan épais et huileux. Au-dessus, s’étendait le Ciel, formé de particules plus légères et c’était tout !
Izanagi et Izanami étaient nés, comme avant eux les dieux célestes, de germes de vie qui flottaient çà et là au sein de l’océan primitif. Du Ciel où ils résidaient, Izanagi, le génie masculin et sa compagne Izanami se demandaient comment ils allaient accomplir leur mission. Ils parcoururent l’étendue de leur domaine sur un radeau céleste, mais n’y trouvèrent rien qui ressemblât à une terre. “ Si terre il y a, c’est en bas qu’elle se trouve, là où sont tombées les particules les plus lourdes de l’Univers ! ” se dirent-ils. Ils allèrent alors chercher la lance de jade du Ciel : elle était incrustée de mille pierreries et brillait de mille feux. Ils s’en servirent comme d’un long bâton pour sonder les profondeurs inconnues...
Les génies divins Izanagi et Izanami furent chargés par les dieux célestes de créer le monde. Quelle tâche difficile ! L’Univers, qui était encore au stade du chaos primitif, ressemblait à un vaste océan épais et huileux. Au-dessus, s’étendait le Ciel, formé de particules plus légères et c’était tout !
Izanagi et Izanami étaient nés, comme avant eux les dieux célestes, de germes de vie qui flottaient çà et là au sein de l’océan primitif. Du Ciel où ils résidaient, Izanagi, le génie masculin et sa compagne Izanami se demandaient comment ils allaient accomplir leur mission. Ils parcoururent l’étendue de leur domaine sur un radeau céleste, mais n’y trouvèrent rien qui ressemblât à une terre. “ Si terre il y a, c’est en bas qu’elle se trouve, là où sont tombées les particules les plus lourdes de l’Univers ! ” se dirent-ils. Ils allèrent alors chercher la lance de jade du Ciel : elle était incrustée de mille pierreries et brillait de mille feux. Ils s’en servirent comme d’un long bâton pour sonder les profondeurs inconnues...
Lorsque la pointe de la lance de jade rencontra la surface de l’océan, Izanagi et Izanami la firent tourner comme s’il s’agissait d’une cuillère dans une marmite. Le liquide déjà épais se coagula davantage, et les cristaux qu’ils contenait s’agglutinèrent. Les génies relevèrent la lance : des gouttes en tombèrent qui donnèrent naissance à une île, appelée Onogoro, c’est-à-dire “ l’île qui se coagule toute seule ”.
“ Descendons vivre sur cette île, proposa Izanagi. Nous y poursuivrons notre mission. ” Et les deux génies, ayant emprunté la passerelle d’un arc-en-ciel, atterrirent sur leur nouveau domaine. Là, ils décidèrent de se marier pour créer d’autres terres qu’ils amarreraient solidement sur l’océan, non loin d’Onogoro. Ainsi cette première terre devint-elle le pilier central du monde.
Avant de s’unir, Izanagi et Izanami firent le tour d’Onogoro pour en prendre symboliquement possession. Izanami partit vers la droite, Izanagi vers la gauche, et quand ils se rencontrèrent, le génie féminin s’écria : “ Quelle joie de t’épouser, Izanagi ! ”
“ Descendons vivre sur cette île, proposa Izanagi. Nous y poursuivrons notre mission. ” Et les deux génies, ayant emprunté la passerelle d’un arc-en-ciel, atterrirent sur leur nouveau domaine. Là, ils décidèrent de se marier pour créer d’autres terres qu’ils amarreraient solidement sur l’océan, non loin d’Onogoro. Ainsi cette première terre devint-elle le pilier central du monde.
Avant de s’unir, Izanagi et Izanami firent le tour d’Onogoro pour en prendre symboliquement possession. Izanami partit vers la droite, Izanagi vers la gauche, et quand ils se rencontrèrent, le génie féminin s’écria : “ Quelle joie de t’épouser, Izanagi ! ”
Leur premier-né, Hiruko, les déçut terriblement: difforme, il ressemblait à une sangsue. Ils l'abandonnèrent sur l'eau. Consultés, les dieux décrétèrent que c'était la faute d'Izanami: elle n'aurait jamais dû adresser la première la parole à son époux lors de leur petite danse matrimoniale. Le couple recommença le rituel. Izanami engendra alors les îles qui allaient constituer l'archipel nippon et mit au monde une multitude d'entités, (vent, montagnes, arbres). Hélas, elle ne survécut pas à la naissance du dieu du Feu et périt brûlée lors de l'accouchement. Inconsolable, Izanagi alla rechercher son épouse dans le Yomi, le monde des morts.
Izanagi arriva bien trop tard, elle avait déjà partagé le repas des morts, ce qui lui interdisait tout retour en arrière. Elle pria son époux de ne surtout pas essayer de la regarder, mais Izanagi avait trop envie de revoir son visage. Il vit alors ce qu'était devenue Izanami, un corps décomposé, rongé par les vers. Terrifié, il s'enfuit. Rendue furieuse par sa trahison, Izanami se lança à ses trousses avec une horde de démons. Izanagi atteignit toutefois la sortie.
Izanagi voulut se purifier et prit un long bain. Trois nouvelles entités naquirent de ses ablutions: Amaterasu, la déesse du Soleil, vint au monde alors qu'il lavait son œil gauche. Tsukiyomi, le dieu Lune, apparut alors qu'il nettoyait son œil droit et Susano, dieu des Tempêtes, émergea de son nez. Izanagi leur confia le monde et se retira. Amaterasu fut chargée de veiller sur le ciel, Tsukiyomi reçut le royaume de la nuit et Susano récupéra les océans.
Izanagi arriva bien trop tard, elle avait déjà partagé le repas des morts, ce qui lui interdisait tout retour en arrière. Elle pria son époux de ne surtout pas essayer de la regarder, mais Izanagi avait trop envie de revoir son visage. Il vit alors ce qu'était devenue Izanami, un corps décomposé, rongé par les vers. Terrifié, il s'enfuit. Rendue furieuse par sa trahison, Izanami se lança à ses trousses avec une horde de démons. Izanagi atteignit toutefois la sortie.
Izanagi voulut se purifier et prit un long bain. Trois nouvelles entités naquirent de ses ablutions: Amaterasu, la déesse du Soleil, vint au monde alors qu'il lavait son œil gauche. Tsukiyomi, le dieu Lune, apparut alors qu'il nettoyait son œil droit et Susano, dieu des Tempêtes, émergea de son nez. Izanagi leur confia le monde et se retira. Amaterasu fut chargée de veiller sur le ciel, Tsukiyomi reçut le royaume de la nuit et Susano récupéra les océans.
L’Empereur de Jade (Vietnam)
Le Dieu Ngoc Hoang avait établi son royaume au Ciel. Il y vivait en compagnie de sa famille et de ses ministres dans un somptueux palais de jade défendu par neuf murailles d’or. Pour cette raison, on l’appelait aussi l’empereur de Jade. Ngoc Hoang se chargea de peupler la Terre préparée par les géants, en créant deux sortes d’êtres vivants : les hommes et les animaux.
Pour modeler les premiers, il utilisa de la terre fine et légère, demanda conseil aux sages-femmes célestes qui décidaient de la forme à donner à chaque individu. Pour fabriquer les animaux, il se contenta de terre grossière mêlée de cailloux.
L’Empereur de Jade se préoccupa ensuite du bien-être des humains et décida de créer deux plantes : l’une pour les nourrir, le riz, et l’autre pour les vêtir, le coton. Cependant, il ne savait quelle taille leur donner. Il réunit donc tous les animaux de la Terre et leur demanda leur avis.
“ Il faut se baser sur la taille de l’éléphant, dirent les plus gros animaux. Que le grain de riz soit aussi gros que le bout de sa queue, et que la fleur du coton devienne aussi volumineuse que sa tête ! ”
L’Empereur de Jade se préoccupa ensuite du bien-être des humains et décida de créer deux plantes : l’une pour les nourrir, le riz, et l’autre pour les vêtir, le coton. Cependant, il ne savait quelle taille leur donner. Il réunit donc tous les animaux de la Terre et leur demanda leur avis.
“ Il faut se baser sur la taille de l’éléphant, dirent les plus gros animaux. Que le grain de riz soit aussi gros que le bout de sa queue, et que la fleur du coton devienne aussi volumineuse que sa tête ! ”
“ Vous êtes fous !», rétorquèrent les petits animaux. «Quel gâchis ce serait ! Il suffit que le grain de riz soit petit comme la queue du lézard et la fleur du coton à peine plus grosse que sa tête ! ”
Par mesure d’économie, l’Empereur de Jade préféra se ranger à l’avis de ces derniers. Il envoya alors un de ses officiers semer sur la Terre une poignée de riz et un peu d’herbe : mais l’homme se trompa, et laissa tomber sur le sol beaucoup plus de brins d’herbe que de grains de riz. Pour le punir, Ngoc Hoang le transforma en buffle et le condamna à aider les hommes dans leurs travaux agricoles et à ne se nourrir que d’herbe. Pourtant, de nos jours, il pousse sur Terre plus d’herbe que de riz !
Par mesure d’économie, l’Empereur de Jade préféra se ranger à l’avis de ces derniers. Il envoya alors un de ses officiers semer sur la Terre une poignée de riz et un peu d’herbe : mais l’homme se trompa, et laissa tomber sur le sol beaucoup plus de brins d’herbe que de grains de riz. Pour le punir, Ngoc Hoang le transforma en buffle et le condamna à aider les hommes dans leurs travaux agricoles et à ne se nourrir que d’herbe. Pourtant, de nos jours, il pousse sur Terre plus d’herbe que de riz !
Comment Singbonga créa le monde (Inde)
C’était il y a bien, bien longtemps. Avant les hommes, avant même que la Terre existe. A cette époque, le monde n’était qu’une immense étendue d’eau. Et au milieu de cet océan sans fin, une fleur de lotus avait éclos, blanche et rosée, s’ouvrant comme une promesse de vie. Elle avait poussé depuis les régions inférieures, au fond des mers, là où régnait Singbonga, l’Esprit suprême...
Un jour, Singbonga décida de venir à la surface. Il grimpa le long de la tige creuse du lotus, et s’installa au milieu de la fleur. On raconte que c’est à partir de ce jour que le monde fut créé. Cela s’est passé ainsi :
Sur la fleur de lotus, Singbonga scrutait rêveusement l’horizon, quand il fut surpris par une tortue qui nageait à fleur d’eau. Il l’appela et lui dit : “ Tortue, va, plonge au fond de l’océan, et rapporte- moi un peu de boue, pour que je puisse créer la Terre ! ”
La tortue plongea aussitôt, nageant vigoureusement de toute la force de ses nageoires. Mais, chaque fois qu’elle tentait de s’enfoncer, sa grande carapace remontait d’elle-même à la surface. Trois fois, elle essaya, mais ne put jamais descendre plus de quelques mètres.
Sur sa fleur de lotus, Singbonga attendait, calme et serein. Voyant que la tortue avait échoué dans sa tentative, il appela un crabe qui s’approchait : “ Crabe, dit-il, va, plonge au fond de l’océan, et rapporte-moi un peu de boue, pour que je puisse créer la Terre ! ”
Comme la tortue, le crabe s’élança. Il s’accrochait aux algues, allant de plus en plus profond. Il réussit même à atteindre le fond, et essaya de prendre un peu de boue. Mais elle filait, glissait entre ses pinces sans qu’il puisse la retenir. Il remonta tout penaud, et s’éloigna tristement de la fleur de lotus.
Resté seul, Singbonga laissa errer son regard sur les flots. Qui réussirait à lui rapporter un peu de boue ? Qui pourrait l’aider à faire surgir la Terre ? Qui lui permettrait enfin de créer le monde ?
Pendant qu’il réfléchissait, assis en tailleur sur la fleur de lotus, le menton entre les mains, une sangsue se glissa doucement près de lui. “ Sangsue, va, plonge au fond de l’océan, et rapporte- moi un peu de boue, pour que je puisse créer la Terre ! ”
Un jour, Singbonga décida de venir à la surface. Il grimpa le long de la tige creuse du lotus, et s’installa au milieu de la fleur. On raconte que c’est à partir de ce jour que le monde fut créé. Cela s’est passé ainsi :
Sur la fleur de lotus, Singbonga scrutait rêveusement l’horizon, quand il fut surpris par une tortue qui nageait à fleur d’eau. Il l’appela et lui dit : “ Tortue, va, plonge au fond de l’océan, et rapporte- moi un peu de boue, pour que je puisse créer la Terre ! ”
La tortue plongea aussitôt, nageant vigoureusement de toute la force de ses nageoires. Mais, chaque fois qu’elle tentait de s’enfoncer, sa grande carapace remontait d’elle-même à la surface. Trois fois, elle essaya, mais ne put jamais descendre plus de quelques mètres.
Sur sa fleur de lotus, Singbonga attendait, calme et serein. Voyant que la tortue avait échoué dans sa tentative, il appela un crabe qui s’approchait : “ Crabe, dit-il, va, plonge au fond de l’océan, et rapporte-moi un peu de boue, pour que je puisse créer la Terre ! ”
Comme la tortue, le crabe s’élança. Il s’accrochait aux algues, allant de plus en plus profond. Il réussit même à atteindre le fond, et essaya de prendre un peu de boue. Mais elle filait, glissait entre ses pinces sans qu’il puisse la retenir. Il remonta tout penaud, et s’éloigna tristement de la fleur de lotus.
Resté seul, Singbonga laissa errer son regard sur les flots. Qui réussirait à lui rapporter un peu de boue ? Qui pourrait l’aider à faire surgir la Terre ? Qui lui permettrait enfin de créer le monde ?
Pendant qu’il réfléchissait, assis en tailleur sur la fleur de lotus, le menton entre les mains, une sangsue se glissa doucement près de lui. “ Sangsue, va, plonge au fond de l’océan, et rapporte- moi un peu de boue, pour que je puisse créer la Terre ! ”
En un éclair, la sangsue disparut sous l’eau. Elle fila d’un trait jusqu’au fond, et s’enfonça dans la boue. Puis elle commença à en avaler, à en avaler encore, jusqu’à devenir aussi grosse qu’une baleine. Ensuite, elle se laissa remonter jusqu’à Singbonga, et commença à rejeter toute la boue dans sa main. La boue coulait, coulait, de la bouche de la sangsue.
Très vite, elle forma un tas qui grossit jusqu’à devenir une petite colline. Singbonga l’étala sur la mer, mais la boue coulait encore et encore... Bientôt, il se trouva devant une vraie montagne, et avec cette montagne, il fit un immense terrain plat et carré, entouré par quatre mers. Alors seulement, Singbonga quitta sa fleur de lotus.
Sur la Terre, nouvellement créée, il put enfin marcher, courir et danser. Le vent lui-même se mit à souffler sur l’immense continent nu et vide. Singbonga, intrigué par des poussières qui scintillaient dans la lumière, leva la main pour en attraper quelques-unes. C’était des graines, qu’il s’empressa d’enfouir dans le sol. Puis, il attendit un peu, jusqu’à ce que la pluie vienne mouiller la terre. Alors, surgirent des petites pousses, qui devinrent de plus en plus grandes, jusqu’à bientôt toucher le Ciel. Singbonga, ravi, continua à semer des graines à pleines poignées, faisant surgir d’innombrables arbres et arbustes. Bientôt, la Terre entière fut recouverte d’un manteau de verdure. Alors, heureux et épuisé, l’Esprit suprême s’assit au pied d’un arbre et s’endormit, enivré par le parfum délicieux des fleurs et des fruits. En se réveillant, Singbonga sourit à ce monde verdoyant. Longuement, il se promena entre les arbres, jusqu’à atteindre le bord de l’eau, où ses pieds s’enfonçaient dans la terre molle et malléable.
Alors, il se souvint d’un rêve qu’il avait fait pendant son sommeil. Il se baissa pour prendre une poignée de boue. Entre ses mains, elle était douce et tiède, et semblait prête à prendre n’importe quelle forme. Singbonga travailla tendrement la poignée de boue, formant une tête allongée, puis un corps avec une, deux, trois et bientôt quatre pattes, ainsi qu’une longue queue.
Une drôle de créature, à laquelle il ajouta deux ailes. Une fois finie, il mit la figurine au soleil. Et quand elle fut sèche, Singbonga souffla dessus. Alors la chose s’anima, poussa un long hennissement et s’envola d’un bond dans le Ciel. C’était le cheval ailé, le premier habitant de la Terre.
Très vite, elle forma un tas qui grossit jusqu’à devenir une petite colline. Singbonga l’étala sur la mer, mais la boue coulait encore et encore... Bientôt, il se trouva devant une vraie montagne, et avec cette montagne, il fit un immense terrain plat et carré, entouré par quatre mers. Alors seulement, Singbonga quitta sa fleur de lotus.
Sur la Terre, nouvellement créée, il put enfin marcher, courir et danser. Le vent lui-même se mit à souffler sur l’immense continent nu et vide. Singbonga, intrigué par des poussières qui scintillaient dans la lumière, leva la main pour en attraper quelques-unes. C’était des graines, qu’il s’empressa d’enfouir dans le sol. Puis, il attendit un peu, jusqu’à ce que la pluie vienne mouiller la terre. Alors, surgirent des petites pousses, qui devinrent de plus en plus grandes, jusqu’à bientôt toucher le Ciel. Singbonga, ravi, continua à semer des graines à pleines poignées, faisant surgir d’innombrables arbres et arbustes. Bientôt, la Terre entière fut recouverte d’un manteau de verdure. Alors, heureux et épuisé, l’Esprit suprême s’assit au pied d’un arbre et s’endormit, enivré par le parfum délicieux des fleurs et des fruits. En se réveillant, Singbonga sourit à ce monde verdoyant. Longuement, il se promena entre les arbres, jusqu’à atteindre le bord de l’eau, où ses pieds s’enfonçaient dans la terre molle et malléable.
Alors, il se souvint d’un rêve qu’il avait fait pendant son sommeil. Il se baissa pour prendre une poignée de boue. Entre ses mains, elle était douce et tiède, et semblait prête à prendre n’importe quelle forme. Singbonga travailla tendrement la poignée de boue, formant une tête allongée, puis un corps avec une, deux, trois et bientôt quatre pattes, ainsi qu’une longue queue.
Une drôle de créature, à laquelle il ajouta deux ailes. Une fois finie, il mit la figurine au soleil. Et quand elle fut sèche, Singbonga souffla dessus. Alors la chose s’anima, poussa un long hennissement et s’envola d’un bond dans le Ciel. C’était le cheval ailé, le premier habitant de la Terre.
Laissant le cheval découvrir son nouvel univers, Singbonga retourna vers le rivage. A nouveau, il prit de la boue et la travailla, la malaxa, la modela longuement, jamais satisfait de la forme qui naissait sous ses doigts. Finalement, il fit une figurine avec une tête ronde, un tronc, deux bras et deux jambes. “ Ce sera l’homme ” pensa-t-il. Il la mit à sécher, et s’en fut se reposer sous son arbre.
Mais, pendant que l’Esprit suprême dormait, le cheval ailé s’approcha de l’homme. Il renifla la figurine de terre séchée, et se mit à tourner autour, piaffant de jalousie. Puis soudain, il se rua dessus, et la piétina sauvagement avant de s’enfuir.
A peine réveillé, Singbonga s’empressa de venir voir sa nouvelle créature. Mais il ne restait plus que quelques morceaux de terre séchée et des traces de sabots sur le sol. Furieux et déçu, il alla une troisième fois sur le rivage. Mais cette fois-ci, il prit deux poignées de boue. Il modela tantôt l’une, tantôt l’autre, jusqu’à former bientôt deux figurines. La première serait un homme, identique à celle que le cheval avait détruite. La seconde était petite et basse, avec quatre pattes comme le cheval, et une queue qui remontait vers le Ciel. Ce serait le premier chien.
Pendant que les figurines séchaient au soleil, le cheval ailé s’approcha. Voyant que Singbonga était parti, il commença à tourner autour d’elles... Mais, au moment où il s’avançait pour les piétiner, le chien, déjà sec, se mit à aboyer pour protéger l’homme. Le cheval, effrayé, s’envola dans un grand bruissement d’ailes.
Quand Singbonga revint, ses deux créatures étaient sèches et entières. Le chien dormait, couché près de l’homme. Mais celui-ci ne bougeait pas. Il restait dur et droit, et Singbonga eut beau souffler dessus, il ne parvint pas à le faire avancer, ni même seulement à l’asseoir. L’homme était immobile et sans vie. Alors, délicatement, Singbonga le prit entre ses mains. Il attrapa une feuille, la trempa dans l’eau, et la passa comme un pinceau sur tout le corps de l’homme, insistant sur les coudes, les genoux, les pieds, les mains et la tête. Quand il souffla une deuxième fois sur elle, la créature s’anima enfin...
Et c’est ainsi que naquit le Premier homme, le père de ton père et de son père, le père de ta mère et de sa mère, ton ancêtre.
Mais, pendant que l’Esprit suprême dormait, le cheval ailé s’approcha de l’homme. Il renifla la figurine de terre séchée, et se mit à tourner autour, piaffant de jalousie. Puis soudain, il se rua dessus, et la piétina sauvagement avant de s’enfuir.
A peine réveillé, Singbonga s’empressa de venir voir sa nouvelle créature. Mais il ne restait plus que quelques morceaux de terre séchée et des traces de sabots sur le sol. Furieux et déçu, il alla une troisième fois sur le rivage. Mais cette fois-ci, il prit deux poignées de boue. Il modela tantôt l’une, tantôt l’autre, jusqu’à former bientôt deux figurines. La première serait un homme, identique à celle que le cheval avait détruite. La seconde était petite et basse, avec quatre pattes comme le cheval, et une queue qui remontait vers le Ciel. Ce serait le premier chien.
Pendant que les figurines séchaient au soleil, le cheval ailé s’approcha. Voyant que Singbonga était parti, il commença à tourner autour d’elles... Mais, au moment où il s’avançait pour les piétiner, le chien, déjà sec, se mit à aboyer pour protéger l’homme. Le cheval, effrayé, s’envola dans un grand bruissement d’ailes.
Quand Singbonga revint, ses deux créatures étaient sèches et entières. Le chien dormait, couché près de l’homme. Mais celui-ci ne bougeait pas. Il restait dur et droit, et Singbonga eut beau souffler dessus, il ne parvint pas à le faire avancer, ni même seulement à l’asseoir. L’homme était immobile et sans vie. Alors, délicatement, Singbonga le prit entre ses mains. Il attrapa une feuille, la trempa dans l’eau, et la passa comme un pinceau sur tout le corps de l’homme, insistant sur les coudes, les genoux, les pieds, les mains et la tête. Quand il souffla une deuxième fois sur elle, la créature s’anima enfin...
Et c’est ainsi que naquit le Premier homme, le père de ton père et de son père, le père de ta mère et de sa mère, ton ancêtre.
L’Or, l’Argent, le Bronze et le Fer (Grèce)
La Terre n’a pas toujours été peuplée par les hommes. Il fut un temps ancien où seuls les dieux y régnaient. Ils vivaient au sommet du mont Olympe, dans un fabuleux palais perché au- dessus des nuages. A cette époque, leur vie était douce comme un fleuve tranquille. Ils festoyaient à longueur de temps, ils bavardaient des choses du monde, rêvassaient, dormaient, jouaient. Autant dire qu’ils s’ennuyaient à mourir, eux, les Immortels. En bas, sur la Terre, il ne se passait rien et en haut, sur l’Olympe, si peu de choses...
Un jour, Cronos, leur roi, eut une idée qui les enthousiasma. On allait peupler le monde de créatures animées, qui s’agiteraient dans tous les sens, et qui les distrairaient enfin de la monotonie. Bien sûr, il y avait déjà les poissons au fond des mers, les bêtes sauvages sur la Terre et les oiseaux dans le Ciel, mais tout cela était fort ennuyeux. Il fallait faire mieux : les nouvelles créatures leur ressembleraient, elles auraient deux jambes, un tronc, des bras, une tête. Ainsi, ils pourraient contempler leur reflet d’en haut et s’en amuser.
L’idée était géniale et les occupa pendant un bon moment. Les dieux rivalisèrent d’efforts. Pétrissant les eaux du Ciel, la terre du sol, usant de la foudre et des nuages, du vent et de la lumière, ils modelèrent les créatures. Ainsi naquirent les premiers hommes.
Ils étaient en effet à l’image des dieux. Contrairement aux animaux dont les yeux semblent rivés au sol, ils marchaient sur leurs jambes, le regard tourné vers le ciel, comme s’ils remerciaient les dieux.
Ainsi les jours coulaient paisiblement. C’était un printemps éternel, soufflant des vents tièdes qui caressaient les joues des hommes, les enveloppant d’une douce chaleur qui les engourdissait. Les arbres donnaient en abondance des fruits que nul ne songeait à cueillir puisqu’ils tombaient d’eux- mêmes. Le sol se couvrait de moissons, le miel tombait goutte à goutte dans la main des enfants. Ainsi les jours coulaient paisiblement. C’était un printemps éternel, soufflant des vents tièdes qui caressaient les joues des hommes, les enveloppant d’une douce chaleur qui les engourdissait.
Un jour, Cronos, leur roi, eut une idée qui les enthousiasma. On allait peupler le monde de créatures animées, qui s’agiteraient dans tous les sens, et qui les distrairaient enfin de la monotonie. Bien sûr, il y avait déjà les poissons au fond des mers, les bêtes sauvages sur la Terre et les oiseaux dans le Ciel, mais tout cela était fort ennuyeux. Il fallait faire mieux : les nouvelles créatures leur ressembleraient, elles auraient deux jambes, un tronc, des bras, une tête. Ainsi, ils pourraient contempler leur reflet d’en haut et s’en amuser.
L’idée était géniale et les occupa pendant un bon moment. Les dieux rivalisèrent d’efforts. Pétrissant les eaux du Ciel, la terre du sol, usant de la foudre et des nuages, du vent et de la lumière, ils modelèrent les créatures. Ainsi naquirent les premiers hommes.
Ils étaient en effet à l’image des dieux. Contrairement aux animaux dont les yeux semblent rivés au sol, ils marchaient sur leurs jambes, le regard tourné vers le ciel, comme s’ils remerciaient les dieux.
Ainsi les jours coulaient paisiblement. C’était un printemps éternel, soufflant des vents tièdes qui caressaient les joues des hommes, les enveloppant d’une douce chaleur qui les engourdissait. Les arbres donnaient en abondance des fruits que nul ne songeait à cueillir puisqu’ils tombaient d’eux- mêmes. Le sol se couvrait de moissons, le miel tombait goutte à goutte dans la main des enfants. Ainsi les jours coulaient paisiblement. C’était un printemps éternel, soufflant des vents tièdes qui caressaient les joues des hommes, les enveloppant d’une douce chaleur qui les engourdissait.
Les arbres donnaient en abondance des fruits que nul ne songeait à cueillir puisqu’ils tombaient d’eux- mêmes. Le sol se couvrait de moissons, le miel tombait goutte à goutte dans la main des enfants. On ne connaissait pas la guerre, le mensonge, ni la jalousie ou la peur. Point besoin de lois puisque les hommes étaient naturellement honnêtes, confiants, respectueux. Bien sûr, ils n’étaient pas immortels, mais leur mort semblait un calme prolongement du sommeil. Oui, ce temps-là a existé. Ce fut l’âge d’or.
Il dura fort longtemps, jusqu’au moment où les dieux, contemplant un spectacle qui ne les amusait plus, décidèrent de changer les choses. Zeus, qui avait remplacé Cronos sur le trône royal, fit sombrer les premiers hommes dans un profond sommeil et les transforma en génies bienfaisants, chargés de protéger les mortels.Il créa l’hiver, l’automne et l’été, pour que la Terre ne soit plus amollie par une éternelle douceur. Puis, il fit naître une seconde race d’hommes. Ainsi, pour la première fois, les créatures connurent le froid, la neige, le vent rude ainsi que la chaleur écrasante du soleil, les tempêtes, la pluie. Ce fut l’âge d’argent.
Les hommes durent se réfugier dans des grottes, chercher leur nourriture, chasser, semer, plier leur corps à de durs travaux. Leur vie n’était qu’un long et difficile apprentissage. Ils en éprouvèrent de l’amertume envers les dieux, devinrent arrogants et ne levèrent plus la tête vers le Ciel que pour les insulter.
Certes, les dieux s’amusaient beaucoup à voir ces fourmis laborieuses suer sang et eau sur la Terre, mais appréciaient peu d’être traités ainsi. Les hommes ne leur devaient-ils pas leur existence ?
Ils en parlèrent à Zeus qui leur donna raison et déclencha aussitôt un tonnerre de feu sur la Terre et dans les Cieux. Les hommes furent ensevelis sous d’abominables et torrides avalanches, puis expédiés aux Enfers. Les habitants de l’Olympe ne pouvaient toutefois laisser la Terre inhabitée. Ils avaient en effet pris l’habitude du spectacle de leurs créatures. Ils créèrent donc une troisième race d’hommes.
Il dura fort longtemps, jusqu’au moment où les dieux, contemplant un spectacle qui ne les amusait plus, décidèrent de changer les choses. Zeus, qui avait remplacé Cronos sur le trône royal, fit sombrer les premiers hommes dans un profond sommeil et les transforma en génies bienfaisants, chargés de protéger les mortels.Il créa l’hiver, l’automne et l’été, pour que la Terre ne soit plus amollie par une éternelle douceur. Puis, il fit naître une seconde race d’hommes. Ainsi, pour la première fois, les créatures connurent le froid, la neige, le vent rude ainsi que la chaleur écrasante du soleil, les tempêtes, la pluie. Ce fut l’âge d’argent.
Les hommes durent se réfugier dans des grottes, chercher leur nourriture, chasser, semer, plier leur corps à de durs travaux. Leur vie n’était qu’un long et difficile apprentissage. Ils en éprouvèrent de l’amertume envers les dieux, devinrent arrogants et ne levèrent plus la tête vers le Ciel que pour les insulter.
Certes, les dieux s’amusaient beaucoup à voir ces fourmis laborieuses suer sang et eau sur la Terre, mais appréciaient peu d’être traités ainsi. Les hommes ne leur devaient-ils pas leur existence ?
Ils en parlèrent à Zeus qui leur donna raison et déclencha aussitôt un tonnerre de feu sur la Terre et dans les Cieux. Les hommes furent ensevelis sous d’abominables et torrides avalanches, puis expédiés aux Enfers. Les habitants de l’Olympe ne pouvaient toutefois laisser la Terre inhabitée. Ils avaient en effet pris l’habitude du spectacle de leurs créatures. Ils créèrent donc une troisième race d’hommes.
Cette fois, ils modelèrent des colosses hauts comme des arbres, doués d’une force terrible. Peut- être ceux-là utiliseraient-ils leur énergie à vénérer, à prier les dieux, à leur construire des temples. Mauvais calcul ! A peine créés, les hommes se querellèrent, s’insultèrent, et se jetèrent les uns contre les autres. Leurs poings et leurs dents ne leur suffisant plus, ils fabriquèrent toutes sortes d’armes de métal et se mirent à se battre avec une violence inouïe, pour un oui ou pour un non. Ce fut l’âge du bronze.
Jamais la Terre n’avait connu tant de bruits de ferraille, tant de batailles terribles, tant de sang versé. Les hommes avaient le coeur aussi dur que l’acier de leurs épées. Ils finirent par s’entre- tuer jusqu’au dernier.
Les dieux de l’Olympe étaient désespérés. L’homme, leur créature, ne les satisferait donc jamais ? L’abondance ne lui convenait pas, ou il méprisait ses Créateurs, ou bien encore il se noyait dans des combats perdus.
Mais les dieux ne supportaient pas que la Terre reste vide. Ils réclamèrent à Zeus une autre race d’hommes. “ Ce sera la dernière ” dit Zeus. Et d’un geste las, il créa des êtres nouveaux.
Ce fut l’âge de fer, que nous connaissons encore aujourd’hui. Les hommes durent ployer sous l’effort, ils connurent le travail, la fatigue, la misère. La guerre, les crimes, le mensonge et l’injustice s’installèrent. La nuit, les rêves apportaient aux hommes l’angoisse du lendemain. Mais, pour que la Terre ne sombrât pas une nouvelle fois dans un cataclysme sans fin, Zeus leur donna l’espérance. L’espérance sans laquelle les hommes ne sont rien. L’espérance, qui est comme un souvenir de l’âge d’or perdu, auquel les hommes rêvent toujours.
Ainsi les dieux, nichés sur le mont Olympe, purent à loisir se divertir de la Terre et des hommes. Un jour lassés de nos gesticulations, ils créeront peut-être une cinquième race d’hommes. Mais comment diable l’appelleront-ils ? L’âge d’aluminium ?
Jamais la Terre n’avait connu tant de bruits de ferraille, tant de batailles terribles, tant de sang versé. Les hommes avaient le coeur aussi dur que l’acier de leurs épées. Ils finirent par s’entre- tuer jusqu’au dernier.
Les dieux de l’Olympe étaient désespérés. L’homme, leur créature, ne les satisferait donc jamais ? L’abondance ne lui convenait pas, ou il méprisait ses Créateurs, ou bien encore il se noyait dans des combats perdus.
Mais les dieux ne supportaient pas que la Terre reste vide. Ils réclamèrent à Zeus une autre race d’hommes. “ Ce sera la dernière ” dit Zeus. Et d’un geste las, il créa des êtres nouveaux.
Ce fut l’âge de fer, que nous connaissons encore aujourd’hui. Les hommes durent ployer sous l’effort, ils connurent le travail, la fatigue, la misère. La guerre, les crimes, le mensonge et l’injustice s’installèrent. La nuit, les rêves apportaient aux hommes l’angoisse du lendemain. Mais, pour que la Terre ne sombrât pas une nouvelle fois dans un cataclysme sans fin, Zeus leur donna l’espérance. L’espérance sans laquelle les hommes ne sont rien. L’espérance, qui est comme un souvenir de l’âge d’or perdu, auquel les hommes rêvent toujours.
Ainsi les dieux, nichés sur le mont Olympe, purent à loisir se divertir de la Terre et des hommes. Un jour lassés de nos gesticulations, ils créeront peut-être une cinquième race d’hommes. Mais comment diable l’appelleront-ils ? L’âge d’aluminium ?
autres motifs de création Déluge
récit de tradition chrétienne (Genèse, ch. 2, verset 7)
Alors Dieu modela l'homme avec la glaise du sol, il lui insuffla une haleine de vie dans les narines et l'homme devint un être vivant.
récit de tradition islamique
L'homme fut tiré d'une boue malléable par la main de Dieu. Afin que l'homme fût une créature noble, Dieu pétrit une argile semblable à celle du potier mais une terre choisie et fine. A force d'être malaxée, cette masse devint une ossature qui se recouvrit de chair. Dieu déposa alors les figurines pendant 40 jours au soleil. Elles se desséchèrent et tandis que l'eau qu'elles contenaient s'évaporait, elles contractèrent les rides que l'on voit encore sur les visages. Ensuite le créateur paracheva son œuvre en lui insufflant son souffle de vie.
Alors Dieu modela l'homme avec la glaise du sol, il lui insuffla une haleine de vie dans les narines et l'homme devint un être vivant.
récit de tradition islamique
L'homme fut tiré d'une boue malléable par la main de Dieu. Afin que l'homme fût une créature noble, Dieu pétrit une argile semblable à celle du potier mais une terre choisie et fine. A force d'être malaxée, cette masse devint une ossature qui se recouvrit de chair. Dieu déposa alors les figurines pendant 40 jours au soleil. Elles se desséchèrent et tandis que l'eau qu'elles contenaient s'évaporait, elles contractèrent les rides que l'on voit encore sur les visages. Ensuite le créateur paracheva son œuvre en lui insufflant son souffle de vie.
Le déluge
Les périodes de pluies diluviennes ont pu laisser une trace dans l’inconscient de l’humanité dans les récits de déluges. L’épisode consacré à l’Arche de Noé est l’un des plus célèbres de la Bible, mais il existe de nombreux autres récits concernant le déluge. Selon les anciens Grecs, Zeus, mis en colère par l’impiété et la cruauté du roi légendaire Lycaon, aurait puni l’ensemble de l’humanité en la noyant sous des trombes d’eau. En Amérique du Sud, le couple rescapé parvient à s’abriter dans une calebasse ; au Vietnam, l’homme et la femme qui permettront à l’humanité de renaître flottent plusieurs semaines dans un tambour.
Les périodes de pluies diluviennes ont pu laisser une trace dans l’inconscient de l’humanité dans les récits de déluges. L’épisode consacré à l’Arche de Noé est l’un des plus célèbres de la Bible, mais il existe de nombreux autres récits concernant le déluge. Selon les anciens Grecs, Zeus, mis en colère par l’impiété et la cruauté du roi légendaire Lycaon, aurait puni l’ensemble de l’humanité en la noyant sous des trombes d’eau. En Amérique du Sud, le couple rescapé parvient à s’abriter dans une calebasse ; au Vietnam, l’homme et la femme qui permettront à l’humanité de renaître flottent plusieurs semaines dans un tambour.
autres motifs de création
récit de tradition chinoise
Nüwa (une déesse) voyageait de par le monde. Elle le trouvait riche et beau, mais il n'y avait pas d'êtres humains. Un jour, elle arriva au grand fleuve Jaune. Elle sortit de la rivière des poignées de boue et en fit des petites figurines; elle modela la tête et les bras à l'image des siens, mais au lieu d'une queue de dragon, elle donna des jambes aux figurines, pour leur permettre de tenir debout et de marcher. Elle leur donna la vie, et fut ravie de les voir sauter et danser autour d'elle, poussant des cris joyeux et l'appelant mère.
récit de tradition maya
Au tout début de la Création, une première race d'hommes fut créée avec de la terre humidifiée, mais elle se désagrégeait au contact de l'eau. Ces hommes étaient immobiles, aplatis, mous et détrempés. Ils ne possédaient ni la parole, ni l'intelligence. Les dieux fabriquèrent une seconde race humaine qu'ils sculptèrent dans le bois mais ces hommes de bois se montrèrent peu respectueux de leur créateur et les dieux décidèrent de les exterminer au moyen d'un déluge d'eau. Les animaux créés par les dieux connaissaient le matériau idéal. Les animaux guidèrent les dieux jusqu'à une belle montagne sur laquelle poussaient toutes les plantes. Alors les épis jaunes et les épis blancs de maïs furent moulus et mélangés à l'eau pour obtenir une pâte avec laquelle on fabriqua notre premier père, notre première mère. Cela ne prit qu'un instant. Hommes et femmes étaient déjà debout et discutaient entre eux.
Au tout début de la Création, une première race d'hommes fut créée avec de la terre humidifiée, mais elle se désagrégeait au contact de l'eau. Ces hommes étaient immobiles, aplatis, mous et détrempés. Ils ne possédaient ni la parole, ni l'intelligence. Les dieux fabriquèrent une seconde race humaine qu'ils sculptèrent dans le bois mais ces hommes de bois se montrèrent peu respectueux de leur créateur et les dieux décidèrent de les exterminer au moyen d'un déluge d'eau. Les animaux créés par les dieux connaissaient le matériau idéal. Les animaux guidèrent les dieux jusqu'à une belle montagne sur laquelle poussaient toutes les plantes. Alors les épis jaunes et les épis blancs de maïs furent moulus et mélangés à l'eau pour obtenir une pâte avec laquelle on fabriqua notre premier père, notre première mère. Cela ne prit qu'un instant. Hommes et femmes étaient déjà debout et discutaient entre eux.
L’aigle aux oeufs d’or (Finlande)
Luonnotar, jeune fille belle et légère, glissait dans l’azur. Depuis des années, des siècles peut-être... Fille de la Nature, elle flottait dans l’espace infini et désert avec, pour tout paysage, une immensité monotone. Peu à peu, elle sentait une grande lassitude l’envahir. Fatiguée de son existence solitaire, elle souhaitait connaître d’autres décors...
Loin, très loin, au plus profond du domaine aérien de Luonnotar, s’étendait la mer, infinie elle aussi. La jeune fille prit son élan et, descendant à vive allure des hautes sphères où elle vivait, elle se posa en pleine mer, sur la crête écumeuse des vagues. Lorsque se leva un vent violent, elle connut la tempête et erra longtemps sur les flots, ballottée comme un frêle esquif.
Puis le calme revint, et Luonnotar sentit en elle une force nouvelle : elle sut alors qu’elle attendait un fils, qui naîtrait seulement lorsqu’elle aurait préparé le monde à le recevoir.
Pendant neuf années, Luonnotar explora la vaste mer dans l’espoir d’y découvrir un rivage où s’arrêter et se reposer : en vain... Etait-elle condamnée à errer sans fin sur les flots illimités ?
Loin, très loin, au plus profond du domaine aérien de Luonnotar, s’étendait la mer, infinie elle aussi. La jeune fille prit son élan et, descendant à vive allure des hautes sphères où elle vivait, elle se posa en pleine mer, sur la crête écumeuse des vagues. Lorsque se leva un vent violent, elle connut la tempête et erra longtemps sur les flots, ballottée comme un frêle esquif.
Puis le calme revint, et Luonnotar sentit en elle une force nouvelle : elle sut alors qu’elle attendait un fils, qui naîtrait seulement lorsqu’elle aurait préparé le monde à le recevoir.
Pendant neuf années, Luonnotar explora la vaste mer dans l’espoir d’y découvrir un rivage où s’arrêter et se reposer : en vain... Etait-elle condamnée à errer sans fin sur les flots illimités ?
Elle eut froid et pleura, implorant la pitié du dieu suprême, Ukko, maître des vastes régions de l’air. Aveuglée par les larmes, elle ne vit pas l’aigle aux larges ailes qui tournoyait au-dessus de l’immensité marine. C’était une femelle en quête d’un endroit où bâtir son nid. Hélas, ce monde d’eau et de vent ne lui offrait aucun abri, et elle commença à s’éloigner en poussant des cris désolés.
Luonnotar l’entendit et, allongée sur le dos pour mieux apercevoir l’oiseau, elle éleva un genou au- dessus des flots. L’aigle fonça droit sur cet ilot providentiel et y construisit un nid où il déposa sept oeufs : les six premiers étaient d’or et le septième de fer.
L’aigle couva pendant trois jours. Luonnotar n’osait pas bouger, mais au terme du troisième jour, elle ressentit une violente brûlure au genou, et ne put s’empêcher de remuer : elle déplia sa jambe et la secoua, faisant rouler les oeufs qui se brisèrent en tombant dans les flots.
Cependant, au lieu de sombrer dans les profondeurs, les différents éléments qui composaient chacun de ces oeufs se métamorphosèrent sous le regard ébloui de Luonnotar : les coquilles brisées des oeufs d’or devinrent gigantesques ; les unes montèrent légèrement jusqu’aux plus hautes régions de l’air, où elles restèrent suspendues, formant la voûte céleste ;
Luonnotar l’entendit et, allongée sur le dos pour mieux apercevoir l’oiseau, elle éleva un genou au- dessus des flots. L’aigle fonça droit sur cet ilot providentiel et y construisit un nid où il déposa sept oeufs : les six premiers étaient d’or et le septième de fer.
L’aigle couva pendant trois jours. Luonnotar n’osait pas bouger, mais au terme du troisième jour, elle ressentit une violente brûlure au genou, et ne put s’empêcher de remuer : elle déplia sa jambe et la secoua, faisant rouler les oeufs qui se brisèrent en tombant dans les flots.
Cependant, au lieu de sombrer dans les profondeurs, les différents éléments qui composaient chacun de ces oeufs se métamorphosèrent sous le regard ébloui de Luonnotar : les coquilles brisées des oeufs d’or devinrent gigantesques ; les unes montèrent légèrement jusqu’aux plus hautes régions de l’air, où elles restèrent suspendues, formant la voûte céleste ;
les autres au contraire se rassemblèrent pour créer la Terre. Les jaunes des oeufs devinrent le Soleil, les blancs la Lune, tandis que les plus petits éclats des coquilles donnaient naissance aux étoiles et aux nuages, selon qu’ils étaient d’or ou de fer.
Pendant neuf ans, Luonnotar continua d’errer sur la vaste mer : elle pouvait désormais se distraire en contemplant le nouveau monde qui l’entourait. Pourtant elle finit par s’en lasser : en effet, la jeune Terre était plate et monotone. Le dixième été, Luonnotar décida de la sculpter pour l’embellir. Pour ce travail d’artiste, elle utilisa son corps. Là où elle étendait les bras naissait un promontoire : elle modela les rivages en les effleurant de la hanche ou en les heurtant du front. Ses pieds dessinèrent des vallées, ses mains édifièrent des îles, des écueils rocheux. Elle plongea au fond de l’abîme marin, y creusa des gouffres et des cavernes. Partout où elle posait son corps ruisselant jaillissaient des sources, des rivières. Après son départ, des lacs miroitaient au soleil. Son travail accompli, Luonnotar mit enfin au monde le fils qu’elle portait en son sein depuis tant et tant d’années : le héros Waïnämöinen, qui, le premier, défrichera et ensemencera la Terre modelée par sa mère.
Pendant neuf ans, Luonnotar continua d’errer sur la vaste mer : elle pouvait désormais se distraire en contemplant le nouveau monde qui l’entourait. Pourtant elle finit par s’en lasser : en effet, la jeune Terre était plate et monotone. Le dixième été, Luonnotar décida de la sculpter pour l’embellir. Pour ce travail d’artiste, elle utilisa son corps. Là où elle étendait les bras naissait un promontoire : elle modela les rivages en les effleurant de la hanche ou en les heurtant du front. Ses pieds dessinèrent des vallées, ses mains édifièrent des îles, des écueils rocheux. Elle plongea au fond de l’abîme marin, y creusa des gouffres et des cavernes. Partout où elle posait son corps ruisselant jaillissaient des sources, des rivières. Après son départ, des lacs miroitaient au soleil. Son travail accompli, Luonnotar mit enfin au monde le fils qu’elle portait en son sein depuis tant et tant d’années : le héros Waïnämöinen, qui, le premier, défrichera et ensemencera la Terre modelée par sa mère.
Ymir Scandinavie
A l’aube du temps, l’espace n’était qu’un abîme sans fond, stérile et désert, limité au nord par le pays des glaces et au sud par le pays du feu. Du premier, monde de nuées et de ténèbres, coulaient douze fleuves de glace. Au coeur du pays du feu naissaient au contraire des rivières d’eau chaude, qui se couvraient de givre à l’approche des régions froides avant de se figer, prisonnières de l’immensité glacée. Ainsi l’abîme originel fut-il comblé peu à peu par des masses d’eau solidifiées par le froid.
Sur cette banquise désolée, le vent du sud se mit à souffler, un vent tiède qui réchauffa la surface gelée. La glace commença à fondre, une première goutte d’eau se forma, suivie d’une deuxième, puis de beaucoup d’autres, et le miracle se produisit : animées d’un souffle mystérieux, les gouttelettes se rassemblèrent pour former le corps du géant, Ymir. Par quel prodige eut-il chaud dans cet univers glacial ? Nul ne le sait, mais il se mit à transpirer, et de la sueur qui coula sous ses aisselles, naquirent deux autres géants, un homme et une femme. Tandis qu’ils s’éveillaient lentement à la vie, de nouvelles gouttes d’eau ruisselèrent à la surface des blocs de glace, et un quatrième être vivant apparut, la vache Audumla. De ses pis gonflés coulaient quatre ruisseaux de lait, auxquels se nourrirent Ymir et ses descendants, les géants.
Sur cette banquise désolée, le vent du sud se mit à souffler, un vent tiède qui réchauffa la surface gelée. La glace commença à fondre, une première goutte d’eau se forma, suivie d’une deuxième, puis de beaucoup d’autres, et le miracle se produisit : animées d’un souffle mystérieux, les gouttelettes se rassemblèrent pour former le corps du géant, Ymir. Par quel prodige eut-il chaud dans cet univers glacial ? Nul ne le sait, mais il se mit à transpirer, et de la sueur qui coula sous ses aisselles, naquirent deux autres géants, un homme et une femme. Tandis qu’ils s’éveillaient lentement à la vie, de nouvelles gouttes d’eau ruisselèrent à la surface des blocs de glace, et un quatrième être vivant apparut, la vache Audumla. De ses pis gonflés coulaient quatre ruisseaux de lait, auxquels se nourrirent Ymir et ses descendants, les géants.
Cependant la vache Audumla léchait les blocs de givre qui l’entouraient, les faisant fondre de son souffle chaud. Alors, sous sa langue râpeuse, apparurent des cheveux, puis une tête et enfin un corps entier : celui d’un cinquième être vivant, Buri.
Buri n’appartenait pas à la race des géants. Pourtant son fils épousa une de leurs filles, et de leur union naquirent les trois premiers dieux du monde scandinave : Odin, Vili et Vé.
Entre les géants et les dieux, ce fut la guerre, violente, impitoyable. Les géants y trouvèrent la mort, mais l’un d’eux réussit à prendre la fuite avec sa femme, vers les régions les plus désolées du pays du givre où ils perpétuèrent leur race.
Inerte, le corps d’Ymir gisait sur le sol, recouvrant de sa masse gigantesque l’amas chaotique des blocs de glace. Les dieux étaient bien contents de demeurer seuls maîtres de l’Univers. Mais quel Univers ! Triste, monotone, désert et glacial ! En contemplant le paysage qui les entourait, ils décidèrent de le transformer et de créer un nouveau monde.
“ Quel matériau utiliser ? ” se demandaient-ils en regardant autour d’eux : de l’eau, de la glace, encore de l’eau, encore de la glace ! Et au milieu, le corps de leur ennemi... Pourquoi pas ? Unissant leurs forces, les trois dieux soulevèrent alors la lourde masse sans vie et la lâchèrent dans l’espace où elle devint la Terre, qu’ils appelèrent la Demeure du Milieu. Du corps du géant naquirent les montagnes, les mers et les rivières. Ses cheveux prirent racine, se couvrirent de feuilles : les forêts étaient nées.
Buri n’appartenait pas à la race des géants. Pourtant son fils épousa une de leurs filles, et de leur union naquirent les trois premiers dieux du monde scandinave : Odin, Vili et Vé.
Entre les géants et les dieux, ce fut la guerre, violente, impitoyable. Les géants y trouvèrent la mort, mais l’un d’eux réussit à prendre la fuite avec sa femme, vers les régions les plus désolées du pays du givre où ils perpétuèrent leur race.
Inerte, le corps d’Ymir gisait sur le sol, recouvrant de sa masse gigantesque l’amas chaotique des blocs de glace. Les dieux étaient bien contents de demeurer seuls maîtres de l’Univers. Mais quel Univers ! Triste, monotone, désert et glacial ! En contemplant le paysage qui les entourait, ils décidèrent de le transformer et de créer un nouveau monde.
“ Quel matériau utiliser ? ” se demandaient-ils en regardant autour d’eux : de l’eau, de la glace, encore de l’eau, encore de la glace ! Et au milieu, le corps de leur ennemi... Pourquoi pas ? Unissant leurs forces, les trois dieux soulevèrent alors la lourde masse sans vie et la lâchèrent dans l’espace où elle devint la Terre, qu’ils appelèrent la Demeure du Milieu. Du corps du géant naquirent les montagnes, les mers et les rivières. Ses cheveux prirent racine, se couvrirent de feuilles : les forêts étaient nées.
Posant ensuite le crâne d’Ymir sur quatre piliers, les dieux en firent la voûte céleste : ils la décorèrent d’étincelles qui voltigeaient au-dessus du pays du feu, et dont la plus grosse devint le Soleil. Enfin, ils mirent de l’ordre dans ce nouveau monde en réglant la succession des saisons et celle des jours et des nuits.
En vérité, ils avaient bien travaillé et méritaient de se reposer et de s’amuser un peu. Dans ce but, il édifièrent un merveilleux palais céleste, aussi vaste qu’une ville, où ils organisèrent de joyeuses fêtes qui rassemblaient un grand nombre de dieux et de déesses. Leur famille s’était agrandie. De temps en temps, ils descendaient se promener sur la Terre en empruntant un arc-en-ciel qui leur servait de pont.
Longtemps, la surface de la Terre fut inhabitée. Seuls les nains, race de petits êtres pétris dans la chair même du géant Ymir, y avaient creusé des galeries où ils vivaient sans voir le Soleil, forgeant sans cesse les métaux qu’ils trouvaient. Un jour, alors qu’ils se promenaient le long d’une plage de la Terre, trois dieux découvrirent deux troncs d’arbres inertes. “ Redonnons-leur la vie ”, proposa l’un des dieux. Ils se partagèrent la tâche : Odin leur fit don du souffle vital ; Hoener leur fit cadeau de l’âme et de la raison ; le dernier, Lodur, les réchauffa et les peignit aux couleurs de la vie. Les troncs s’animèrent, respirèrent, changèrent d’aspect : ensemble, les trois dieux avaient créé le premier couple d’êtres humains.
En vérité, ils avaient bien travaillé et méritaient de se reposer et de s’amuser un peu. Dans ce but, il édifièrent un merveilleux palais céleste, aussi vaste qu’une ville, où ils organisèrent de joyeuses fêtes qui rassemblaient un grand nombre de dieux et de déesses. Leur famille s’était agrandie. De temps en temps, ils descendaient se promener sur la Terre en empruntant un arc-en-ciel qui leur servait de pont.
Longtemps, la surface de la Terre fut inhabitée. Seuls les nains, race de petits êtres pétris dans la chair même du géant Ymir, y avaient creusé des galeries où ils vivaient sans voir le Soleil, forgeant sans cesse les métaux qu’ils trouvaient. Un jour, alors qu’ils se promenaient le long d’une plage de la Terre, trois dieux découvrirent deux troncs d’arbres inertes. “ Redonnons-leur la vie ”, proposa l’un des dieux. Ils se partagèrent la tâche : Odin leur fit don du souffle vital ; Hoener leur fit cadeau de l’âme et de la raison ; le dernier, Lodur, les réchauffa et les peignit aux couleurs de la vie. Les troncs s’animèrent, respirèrent, changèrent d’aspect : ensemble, les trois dieux avaient créé le premier couple d’êtres humains.
Purusha Inde
Au commencement, l’Univers était enveloppé de ténèbres. Partout régnaient le silence et la nuit car la vie était plongée dans le sommeil. Aucun matin ne venait éclairer le monde, aucun azur n’illuminait le ciel, aucun homme ne marchait sur la terre, ni les arbres ni les animaux n’existaient.
Le Seigneur de la Création se dit alors : “ Quel ennui ! Si seulement je pouvais me multiplier ! Ah ! Si dieux et démons, hommes et bêtes apparaissaient dans l’Univers ! ” Il inventa alors les eaux et posa doucement un germe sur l’océan. Il souffla dessus délicatement et le germe devint un bel oeuf d’or. Le Seigneur entra alors lui-même dans l’oeuf resplendissant comme un soleil. Le temps n’existait pas encore mais l’oeuf flotta un an entier sur les eaux. Pelotonné dans sa coquille, le Seigneur ouvrit les yeux et s’écria tout joyeux : “ Je suis le premier-né de l’Univers ! Je m’appellerai Purusha et de créerai le monde. ”
Alors la coquille se fendit par la seule magie de ces mots. Purusha en jaillit et découvrit qu’il avait mille pieds, mille bras, mille jambes, mille visages et mille yeux.
“ Nous ne serons pas de trop pour être tout ce qui a été et tout ce qui sera ! ” Il prit entre ses multiples doigts la partie supérieure de la coquille et la souleva au-dessus de ses têtes : “ Que cette partie soit le Ciel et abrite tous les dieux ! ” Et le Ciel apparut. Il prit l’autre partie de la coquille et la posa sur les eaux qui se trouvaient à ses pieds : “ Que cette partie soit la Terre ! Qu’elle flotte sur l’océan et devienne la maison des hommes et des bêtes. ” Et la Terre apparut.
Purusha souffla entre les deux mondes pour créer l’air afin que sur la Terre comme au Ciel, toutes ses créatures puissent respirer. Il ouvrit la bouche pour chanter afin de se donner du coeur à l’ouvrage. Il avait encore tant de choses à inventer.
“ Et de mon souffle, naîtra le dieu du Souffle, chantonnaient les mille bouches de Purusha. Tout naturellement, Agni sortit aussitôt de ses lèvres. “ Je suis le dieu que tu voulais, expliqua-t-il à Purusha tout étonné, je viens pour souffler sur cette Terre et t’aider à créer le monde. ”
“ Soit lui répondirent les mille voix de Purusha, tu souffleras sur la mer pour faire naître l’écume. Tu souffleras aussi dans la gorge de mes créatures pour qu’elles parlent.
Tu choisiras certaines d’entre elles et en feras les sages brahmanes pour conseiller ceux qui ne savent pas. Et lorsque les hommes seront méchants, tu souffleras sur la fumée pour faire naître le Feu. ” Il en sera ainsi ”, approuva Agni en s’inclinant avec respect. Des mille bouches sortirent aussi des troupeaux de chèvres. “ Suivez Agni et couvrez les pâturages pour tenir compagnie aux premiers hommes. ”
Lorsque la dernière chèvre fut partie, Purusha décida : “ Maintenant, je vais créer les saisons. Il y en aura autant que j’ai d’humeurs. ” Il s’allongea sur l’herbe fraîche pour contempler le Ciel et mit ses mains sous ses têtes :
“ Quand je serai triste, les feuilles des arbres rougiront et tomberont sous le vent, ce sera l’automne. ” Alors toutes les couleurs de l’automne sortirent comme un arc-en-ciel de deux cents de ses aisselles et s’accrochèrent à la surface de la Terre.
“ Quand je serai en colère, les éléments souffleront si fort que la Terre sera nue et les hommes trembleront de froid, ce sera l’hiver ” gronda Purusha. Tous les êtres et les choses de couleur grise ou noire s’enfuirent encore de deux cents autres aisselles comme une longue traînée sombre qui couvrirait la Terre.
“ Et lorsque je serai joyeux, tout refleurira, les oiseaux chanteront dans le ciel bleu, et cela s’appellera le printemps ”. Purusha tourna la tête et regarda en souriant la ribambelle d’oiseaux qui sortirent en pépiant de sous ses aisselles pour aller sautiller sur les branches de toutes les forêts du monde.
“ Quand je pleurerai d’ennui, j’enverrai la saison des pluies. ” Des millions de gouttes de sueur jaillirent alors de deux cents de ses aisselles et remontèrent tout droit pour se cacher dans les nuages.
“ Et lorsque j’aurai séché mes larmes, j’enverrai la chaleur tout réchauffer et ce sera le règne de l’été. ”
C’est alors que des fleurs odorantes apparurent sous les deux cents dernières aisselles. Purusha les coupa délicatement et souleva la surface de la Terre pour les y cacher. Il s’assit un instant car il commençait à être fatigué quand une pensée terrible lui traversa les esprits. “ Et si mes créatures s’attaquent les unes les autres ? Que ferai-je ? ” se demanda Purusha.
Purusha sentit alors comme un craquement dans les os de ses bras et un guerrier apparut, la foudre à ses côtés. “ Je te baptise Indra ” lui dit Purusha. “ Enseigne l’art de la guerre à mes créatures, qu’elles puissent se battre lorsque la parole ne leur suffira plus. Que chaque pays ait des guerriers braves et téméraires. Je te fais dieu de la guerre et maître de la foudre. ”
Lorsque la dernière chèvre fut partie, Purusha décida : “ Maintenant, je vais créer les saisons. Il y en aura autant que j’ai d’humeurs. ” Il s’allongea sur l’herbe fraîche pour contempler le Ciel et mit ses mains sous ses têtes :
“ Quand je serai triste, les feuilles des arbres rougiront et tomberont sous le vent, ce sera l’automne. ” Alors toutes les couleurs de l’automne sortirent comme un arc-en-ciel de deux cents de ses aisselles et s’accrochèrent à la surface de la Terre.
“ Quand je serai en colère, les éléments souffleront si fort que la Terre sera nue et les hommes trembleront de froid, ce sera l’hiver ” gronda Purusha. Tous les êtres et les choses de couleur grise ou noire s’enfuirent encore de deux cents autres aisselles comme une longue traînée sombre qui couvrirait la Terre.
“ Et lorsque je serai joyeux, tout refleurira, les oiseaux chanteront dans le ciel bleu, et cela s’appellera le printemps ”. Purusha tourna la tête et regarda en souriant la ribambelle d’oiseaux qui sortirent en pépiant de sous ses aisselles pour aller sautiller sur les branches de toutes les forêts du monde.
“ Quand je pleurerai d’ennui, j’enverrai la saison des pluies. ” Des millions de gouttes de sueur jaillirent alors de deux cents de ses aisselles et remontèrent tout droit pour se cacher dans les nuages.
“ Et lorsque j’aurai séché mes larmes, j’enverrai la chaleur tout réchauffer et ce sera le règne de l’été. ”
C’est alors que des fleurs odorantes apparurent sous les deux cents dernières aisselles. Purusha les coupa délicatement et souleva la surface de la Terre pour les y cacher. Il s’assit un instant car il commençait à être fatigué quand une pensée terrible lui traversa les esprits. “ Et si mes créatures s’attaquent les unes les autres ? Que ferai-je ? ” se demanda Purusha.
Purusha sentit alors comme un craquement dans les os de ses bras et un guerrier apparut, la foudre à ses côtés. “ Je te baptise Indra ” lui dit Purusha. “ Enseigne l’art de la guerre à mes créatures, qu’elles puissent se battre lorsque la parole ne leur suffira plus. Que chaque pays ait des guerriers braves et téméraires. Je te fais dieu de la guerre et maître de la foudre. ”
Le dieu des guerriers s’inclina respectueusement et dit : “ Je ferai ce que tu me commandes. ” Purusha frissonna un peu et inventa pour se consoler un animal doux et à la toison soyeuse qu’il baptisa mouton. “ Tu donneras ta fourrure pour habiller les guerriers et - ajouta-t-il un peu honteux - tu suivras toujours tes semblables car tu n’auras jamais la ruse du combat comme les guerriers d’Indra. ” Du ventre de Purusha jaillit alors l’aigreur. Il eut peur pour ses créatures. C’est de cette crainte que naquirent dans son abdomen tous les démons. Ils s’élancèrent en ricanant et coururent habiter dans les endroits les plus sombres de la Terre. “ Ils hanteront la Terre pour semer le doute dans l’esprit des hommes ”, s’attrista Purusha. Il chassa bien vite ses idées noires et réfléchit à la suite de son grand travail.
“ Il faut de quoi nourrir mes hommes. Je pourrais leur laisser un peu de mon corps pour assouvir leur faim. ” De ses cuisses jaillirent aussitôt mille marchands ainsi qu’autant de boeufs, de veaux, de vaches et de taureaux. “ Je vous donne des bêtes - leur expliqua Purusha - pour que vous les nourrissiez avec ce qui pousse sur la Terre et afin qu’à leur tour, elles puissent contenter votre faim.”
Il sentit alors quelque chose grouiller sous ses pieds et trouva, en les soulevant, d’autres hommes qui coupaient le bois des arbres. Il les envoya rejoindre les marchands de bétail : “ Vous continuerez à respecter la Terre - leur dit-il d’un ton sévère - afin de la remercier de vous porter. Mais je vous donne ces chevaux pour qu’ils vous aident à construire tout ce dont vous aurez besoin. ”
Purusha se sentit brusquement très fatigué car il vit qu’il avait donné toutes les parties de son corps pour que les hommes soient heureux sur Terre. Il était aussi bien triste car il doutait que les hommes gardent le souvenir de son existence et de son amour pour eux. Il sortit alors de son oeil une boule d’or, ronde et chaude, et l’accrocha très haut dans le Ciel :
“ Tu seras le Soleil, tu réchaufferas mes créatures et leur indiqueras la fin du jour en disparaissant derrière la mer. ” Puis, il réfléchit et se demanda : “ et lorsque le Soleil sera couché, qu’auront les hommes pour leur rappeler Purusha ? ” Une larme brillante et argentée coula de son autre oeil. Il la recueillit sur sa main et eut l’idée de l’accrocher sur l’autre versant du Ciel :
“ Tu seras la Lune. Parfois ronde comme le Soleil, parfois brillante comme un croissant d’argent, tu diras à mes créatures que je pense souvent à elles. ”
“ Il faut de quoi nourrir mes hommes. Je pourrais leur laisser un peu de mon corps pour assouvir leur faim. ” De ses cuisses jaillirent aussitôt mille marchands ainsi qu’autant de boeufs, de veaux, de vaches et de taureaux. “ Je vous donne des bêtes - leur expliqua Purusha - pour que vous les nourrissiez avec ce qui pousse sur la Terre et afin qu’à leur tour, elles puissent contenter votre faim.”
Il sentit alors quelque chose grouiller sous ses pieds et trouva, en les soulevant, d’autres hommes qui coupaient le bois des arbres. Il les envoya rejoindre les marchands de bétail : “ Vous continuerez à respecter la Terre - leur dit-il d’un ton sévère - afin de la remercier de vous porter. Mais je vous donne ces chevaux pour qu’ils vous aident à construire tout ce dont vous aurez besoin. ”
Purusha se sentit brusquement très fatigué car il vit qu’il avait donné toutes les parties de son corps pour que les hommes soient heureux sur Terre. Il était aussi bien triste car il doutait que les hommes gardent le souvenir de son existence et de son amour pour eux. Il sortit alors de son oeil une boule d’or, ronde et chaude, et l’accrocha très haut dans le Ciel :
“ Tu seras le Soleil, tu réchaufferas mes créatures et leur indiqueras la fin du jour en disparaissant derrière la mer. ” Puis, il réfléchit et se demanda : “ et lorsque le Soleil sera couché, qu’auront les hommes pour leur rappeler Purusha ? ” Une larme brillante et argentée coula de son autre oeil. Il la recueillit sur sa main et eut l’idée de l’accrocher sur l’autre versant du Ciel :
“ Tu seras la Lune. Parfois ronde comme le Soleil, parfois brillante comme un croissant d’argent, tu diras à mes créatures que je pense souvent à elles. ”
Géants Vietnam
Au commencement du monde, la Terre et le Ciel, étroitement unis, formaient une masse compacte. Un géant nommé Khong-Lô, d’une force colossale et d’une taille démesurée, entreprit de les séparer. Il commença par écarter le Ciel en le soulevant sur ses épaules : la masse chaotique se disloqua dans un craquement assourdissant, et le souffle puissant du géant, accéléré par l’effort, déclencha des tempêtes. Lorsqu’il se fut redressé de toute sa hauteur, Khong-Lô modela le Ciel de façon à lui donner la forme d’un bol renversé ; il creusa ensuite la surface plane de la Terre pour en extraire d’énormes
blocs de pierre avec lesquels il construisit une colonne destinée à contenir la voûte céleste. Celle- ci, en séchant, se consolida. Le géant démolit alors le pilier devenu inutile, et en jeta les morceaux autour de lui. Le sol tremblait sous le poids des rocs qui rebondissaient dans un nuage de poussière avant de se caler sur la Terre, formant les premières montagnes. D’autres roulèrent dans les carrières creusées par le géant et qui s’étaient remplies d’eau. Ainsi, naquirent les premières îles de l’océan.
blocs de pierre avec lesquels il construisit une colonne destinée à contenir la voûte céleste. Celle- ci, en séchant, se consolida. Le géant démolit alors le pilier devenu inutile, et en jeta les morceaux autour de lui. Le sol tremblait sous le poids des rocs qui rebondissaient dans un nuage de poussière avant de se caler sur la Terre, formant les premières montagnes. D’autres roulèrent dans les carrières creusées par le géant et qui s’étaient remplies d’eau. Ainsi, naquirent les premières îles de l’océan.
A peine Khong-Lô avait-il terminé son travail que surgit à ses côtés un second géant, encore plus grand que lui. C’était une femme, à laquelle il demanda tout de suite le mariage. Elle ne refusa pas, mais lui lança plusieurs défis pour le mettre à l’épreuve.
“ Construisons chacun une montagne en trois jours. Tu gagneras si la tienne est plus haute que la mienne et je t’épouserai aussitôt. ”
Le coeur empli d’espoir, Khong-Lô entassa les rocs les plus énormes qu’il pût trouver. Hélas, les trois jours écoulés, il dut se rendre à l’évidence : la montagne édifiée par la femme-géant dominait nettement la sienne. De plus, non contente d’avoir gagné, elle démolit à coups de pied l’oeuvre de son compagnon.
“ Je te donne encore une chance, lui dit-elle ensuite. Vois ce fleuve : tu devras le combler en une nuit ! ”
“ Construisons chacun une montagne en trois jours. Tu gagneras si la tienne est plus haute que la mienne et je t’épouserai aussitôt. ”
Le coeur empli d’espoir, Khong-Lô entassa les rocs les plus énormes qu’il pût trouver. Hélas, les trois jours écoulés, il dut se rendre à l’évidence : la montagne édifiée par la femme-géant dominait nettement la sienne. De plus, non contente d’avoir gagné, elle démolit à coups de pied l’oeuvre de son compagnon.
“ Je te donne encore une chance, lui dit-elle ensuite. Vois ce fleuve : tu devras le combler en une nuit ! ”
Le « plongeon », ou la boue
Malgré sa force, le géant se montrait incapable de la moindre méchanceté. Il se mit au travail, et fut bientôt sûr de sa victoire : il ne coulait plus qu’un mince filet d’eau à la place du fleuve, et l’aube était encore loin ! A ce moment pourtant, il entendit le chant du coq. “ Comment ! Déjà le jour ! Je me suis donc trompé ! ” se dit-il en arrêtant les travaux. Peu après, il découvrait avec dépit que la femme-géant avait imité le chant du coq pour l’empêcher de réussir l’épreuve. Néanmoins, après avoir encore obéi à plusieurs ordres, dont celui de déplacer des montagnes pour les aligner, Khong-Lô obtint gain de cause et épousa sa terrible compagne.
Malgré sa force, le géant se montrait incapable de la moindre méchanceté. Il se mit au travail, et fut bientôt sûr de sa victoire : il ne coulait plus qu’un mince filet d’eau à la place du fleuve, et l’aube était encore loin ! A ce moment pourtant, il entendit le chant du coq. “ Comment ! Déjà le jour ! Je me suis donc trompé ! ” se dit-il en arrêtant les travaux. Peu après, il découvrait avec dépit que la femme-géant avait imité le chant du coq pour l’empêcher de réussir l’épreuve. Néanmoins, après avoir encore obéi à plusieurs ordres, dont celui de déplacer des montagnes pour les aligner, Khong-Lô obtint gain de cause et épousa sa terrible compagne.
Les fils du Ciel et de la Terre (Polynésie)
Avant que ne se forme le monde, rien n’existait : ni les sons ni les odeurs, ni les formes ni les mouvements, ni la vie ni la matière. Seul existait le VIDE, illimité, imperceptible...
Combien de temps cela dura-t-il ? Nul ne peut le dire, puisque le temps lui-même n’existait pas.
Pourtant, dans cette obscurité immobile, apparut un parfum, léger d’abord, puis de plus en plus net. Il flottait dans l’espace inanimé. Il était né aux confins du Vide, dans la direction que les hommes, beaucoup plus tard, appelleraient l’Est. Puis,
toujours vers l’Est, l’obscurité se déchira, et la lumière apparut. Dans les rais de cette lumière naissaient des grains de poussière, car le mouvement et la matière étaient nés également. Le grand bouleversement qui devait conduire à la formation de l’Univers avait commencé.
Combien de temps cela dura-t-il ? Nul ne peut le dire, puisque le temps lui-même n’existait pas.
Pourtant, dans cette obscurité immobile, apparut un parfum, léger d’abord, puis de plus en plus net. Il flottait dans l’espace inanimé. Il était né aux confins du Vide, dans la direction que les hommes, beaucoup plus tard, appelleraient l’Est. Puis,
toujours vers l’Est, l’obscurité se déchira, et la lumière apparut. Dans les rais de cette lumière naissaient des grains de poussière, car le mouvement et la matière étaient nés également. Le grand bouleversement qui devait conduire à la formation de l’Univers avait commencé.
Dans cet espace cosmique encore inorganisé, chaotique, se formèrent peu à peu deux éléments : la Terre, Papa, et le Ciel, Rangi. Papa et Rangi flottaient dans l’espace, éloignés l’un de l’autre. Cependant une force irrésistible les fit se rapprocher : le Ciel était-il amoureux de la Terre ? On peut le croire, car une fois qu’ils furent réunis, Papa et Rangi se tinrent étroitement enlacés. Bientôt, au sein de l’obscurité piégée entre eux, naquirent plusieurs dieux.
En grandissant, les enfants du Ciel et de la Terre se sentirent à l’étroit entre leurs parents : ils bouillonnaient d’énergie, mais que faire, coincés entre ces deux masses qui semblaient indissociables ? Les dieux décidèrent d’agir. Tu, le plus violent, était partisan d’une solution radicale : il fallait tuer Papa et Rangi. Ses frères repoussèrent sa proposition. Tawhiri pensait avoir trouvé un moyen de quitter ses parents sans les séparer : dieu des vents, il lui serait facile de se glisser entre eux et de s’en délivrer. Mais les autres dieux ne pouvaient envisager cette solution. Il fallait tenter de séparer le Ciel de la Terre en douceur, sans les blesser. Ce fut Tane qui se chargea de l’opération. Tane, dieu des forêts, prit modèle sur les arbres dont les racines s’ancrent dans le sol tandis que leur feuillage caresse le Ciel. Prenant fermement appui, les pieds contre son père et la tête contre sa mère, il s’étira, s’étira, et réussit enfin à séparer ses parents : aussitôt la lumière pénétra dans le monde.
En grandissant, les enfants du Ciel et de la Terre se sentirent à l’étroit entre leurs parents : ils bouillonnaient d’énergie, mais que faire, coincés entre ces deux masses qui semblaient indissociables ? Les dieux décidèrent d’agir. Tu, le plus violent, était partisan d’une solution radicale : il fallait tuer Papa et Rangi. Ses frères repoussèrent sa proposition. Tawhiri pensait avoir trouvé un moyen de quitter ses parents sans les séparer : dieu des vents, il lui serait facile de se glisser entre eux et de s’en délivrer. Mais les autres dieux ne pouvaient envisager cette solution. Il fallait tenter de séparer le Ciel de la Terre en douceur, sans les blesser. Ce fut Tane qui se chargea de l’opération. Tane, dieu des forêts, prit modèle sur les arbres dont les racines s’ancrent dans le sol tandis que leur feuillage caresse le Ciel. Prenant fermement appui, les pieds contre son père et la tête contre sa mère, il s’étira, s’étira, et réussit enfin à séparer ses parents : aussitôt la lumière pénétra dans le monde.
C’était compter sans la colère du Ciel : furieux d’avoir dû quitter son épouse, il convoqua près de lui Tawhiri, le dieu des vents, et lui ordonna de semer la tempête sur la Terre où étaient demeurés ses frères. Tawhiri, que la séparation de ses parents avait contrarié, ne se fit pas prier. De son souffle puissant, il déchaîna les vents, creva les nuages : il souleva les vagues de la mer, où son frère Tangaroa s’était réfugié, brisa les arbres des forêts du dieu Tane, et inonda les terres fertiles sur lesquelles régnaient ses deux derniers frères, dieux de la végétation.
Alors ce fut la débandade. Tandis que Tane réussissait malgré la tempête à maintenir ses parents séparés, les reptiles, qui jusque-là habitaient les fonds marins, vinrent se réfugier dans les forêts. Les dieux de la végétation abandonnèrent leur domaine et se cachèrent sous le sol de la Terre. Seul, le violent Tu poursuivit la lutte contre son frère Tawhiri. De part et d’autre, le combat fut acharné. Lorsque Tu parvint enfin à maîtriser le dieu des vents, les inondations reculèrent, la tempête s’apaisa. Vaincu, Tawhiri fut condamné à demeurer en exil auprès de son père le Ciel. Tu se tourna ensuite contre ses frères qui l’avaient abandonné. A nouveau vainqueur, il relégua chacun dans son domaine, mais se réserva le droit d’exploiter les richesses de la mer, des forêts et du sol.
Maître d’un monde enfin calme et lumineux, Tu songea à parachever la Création. D’une poignée d’argile rouge, il modela Hine, la première femme, à laquelle il s’unit pour donner naissance au peuple des humains.
Alors ce fut la débandade. Tandis que Tane réussissait malgré la tempête à maintenir ses parents séparés, les reptiles, qui jusque-là habitaient les fonds marins, vinrent se réfugier dans les forêts. Les dieux de la végétation abandonnèrent leur domaine et se cachèrent sous le sol de la Terre. Seul, le violent Tu poursuivit la lutte contre son frère Tawhiri. De part et d’autre, le combat fut acharné. Lorsque Tu parvint enfin à maîtriser le dieu des vents, les inondations reculèrent, la tempête s’apaisa. Vaincu, Tawhiri fut condamné à demeurer en exil auprès de son père le Ciel. Tu se tourna ensuite contre ses frères qui l’avaient abandonné. A nouveau vainqueur, il relégua chacun dans son domaine, mais se réserva le droit d’exploiter les richesses de la mer, des forêts et du sol.
Maître d’un monde enfin calme et lumineux, Tu songea à parachever la Création. D’une poignée d’argile rouge, il modela Hine, la première femme, à laquelle il s’unit pour donner naissance au peuple des humains.
Colonnes de la Terre (Inuits)
Un jour, au début des temps, les piliers qui soutenaient le Ciel s'écroulèrent. Les montagnes, les lacs, les rivières, les pierres et les arbres qui se trouvaient au ciel tombèrent alors sur la terre. C'est de cette façon que le monde fut créé. Les premiers humains sortirent de la terre. A cette époque, il n'y avait pas encore de femmes, puis il y eut une femme. D'autres vinrent ensuite. Quand une femme voulait un enfant, elle allait le cueillir dans la terre. Il y avait beaucoup de filles dans le sol mais si une femme désirait un garçon, elle devait partir très tôt, et aller très loin pour le trouver. Ensuite, elle lui faisait des vêtements et le ramenait à la maison.
Mayas
Le ciel et les eaux étaient là, depuis l’éternité. Deux étendues parfaitement vides, silencieuses et sans vie. Tout était en repos, en attente. Deux divinités mayas vivaient alors dans les limbes: Gucumatz, le serpent emplumé, avait lové dans les eaux ses anneaux ornés de plumes vertes et bleues et l’espace céleste était occupé par Huracan, cœur-du-ciel.
Un jour, ils se décidèrent à sortir de leur léthargie et se mirent à discuter du monde, imaginant quantité de choses pour l’animer, lui donner corps, mouvement et vie. Ils parlèrent de l’aube, de la lumière, des arbres, de la germination, des fruits, des herbes, des oiseaux, des insectes. À chaque fois qu’ils prononçaient le nom d’une chose, elle se matérialisait. Ils disaient terre, et la terre fut. Ils sortirent ainsi du néant les montagnes, les plaines, les rivières, les couvrirent de cyprès et de pins. Ils engendrèrent ensuite les oiseaux, les cerfs, les jaguars, les serpents.
Les dieux révélèrent à l’ensemble des animaux le but ultime de leur existence: ils n’étaient là que pour louer le nom de leurs créateurs et les adorer. Ils s’exécutèrent avec empressement et le monde s’emplit de jacassements, de coassements et de mugissements… les dieux consternés, réalisèrent que leur belle œuvre, privée de parole, était parfaitement incapable de chanter leurs louanges. Ils changèrent leurs plans et les animaux furent réduits à l’état de simple nourriture pour les êtres à venir, qui sauraient eux, parler à leurs dieux.
Les dieux se remirent à l’ouvrage et prirent un morceau de terre, auquel ils tentèrent de donner forme humaine. Ils eurent beau pétrir, malaxer, modeler, ils ne réussirent qu’à produire un être mou, dont le corps partait en morceau au moindre de ses mouvements. Les dieux finirent par abandonner et écrabouillèrent sans remords ces premiers hommes.
Un jour, ils se décidèrent à sortir de leur léthargie et se mirent à discuter du monde, imaginant quantité de choses pour l’animer, lui donner corps, mouvement et vie. Ils parlèrent de l’aube, de la lumière, des arbres, de la germination, des fruits, des herbes, des oiseaux, des insectes. À chaque fois qu’ils prononçaient le nom d’une chose, elle se matérialisait. Ils disaient terre, et la terre fut. Ils sortirent ainsi du néant les montagnes, les plaines, les rivières, les couvrirent de cyprès et de pins. Ils engendrèrent ensuite les oiseaux, les cerfs, les jaguars, les serpents.
Les dieux révélèrent à l’ensemble des animaux le but ultime de leur existence: ils n’étaient là que pour louer le nom de leurs créateurs et les adorer. Ils s’exécutèrent avec empressement et le monde s’emplit de jacassements, de coassements et de mugissements… les dieux consternés, réalisèrent que leur belle œuvre, privée de parole, était parfaitement incapable de chanter leurs louanges. Ils changèrent leurs plans et les animaux furent réduits à l’état de simple nourriture pour les êtres à venir, qui sauraient eux, parler à leurs dieux.
Les dieux se remirent à l’ouvrage et prirent un morceau de terre, auquel ils tentèrent de donner forme humaine. Ils eurent beau pétrir, malaxer, modeler, ils ne réussirent qu’à produire un être mou, dont le corps partait en morceau au moindre de ses mouvements. Les dieux finirent par abandonner et écrabouillèrent sans remords ces premiers hommes.
Ils convoquèrent un conseil divin auquel furent conviés deux vieux devins, Ixpiyacoc et son épouse Ixumucane, qui leur annoncèrent que selon les augures et leurs prédictions, la nouvelle race devait être taillée dans le bois.
La terre se peupla alors d’une humanité de bois, bête et insensible et secs et qui n’avaient gardé aucun souvenir de ceux qu’ils étaient censés invoquer. Les démiurges durent se résigner à les détruire et firent pleuvoir sur les malheureux automates un déluge de résine et les livrèrent à une cohorte de démons féroces. Les dieux voulurent créer une troisième race mais la terre dépeuplée et livrée aux démons devait avant cela être débarrassée de tout monstre qui à présent l’occupait. Les jumeaux Hunahpu et Ixbalanque furent chargés de cette mission.
A peine eurent-ils le temps de débarrasser la terre de Vucub Caquix, un oiseau monstrueux qui se prenait pour le soleil et la lune que les seigneurs de Xibalba, le sinistre territoire des morts, les invitèrent à venir disputer une partie de balle chez eux.
Après moult péripéties, les jumeaux arrivèrent au portes du monde des défunts. Là, ils furent soumis à une sévère épreuve par les seigneurs du lieu: on leur confia une torche et un cigare allumé, à charge pour eux de les garder allumés toute la nuit en les empêchant donc de se consumer. Ils dupèrent les dieux en collant un ver luisant au bout du cigare et une plume chatoyante d’ara rouge au bout de la torche. Ils traversèrent ensuite les terribles demeures des lames d'obsidienne, demeure du froid, demeure des jaguars, demeure du feu et arrivèrent à la demeure des chauves-souris, repaire d’un affreux vampire qui décapita Hunahpu et les deux jumeaux furent réduits en cendres.
On raconte aussi que le père des deux jumeaux n’était autre que le dieu du maïs, piégé dans les enfers puis décapité.
La terre se peupla alors d’une humanité de bois, bête et insensible et secs et qui n’avaient gardé aucun souvenir de ceux qu’ils étaient censés invoquer. Les démiurges durent se résigner à les détruire et firent pleuvoir sur les malheureux automates un déluge de résine et les livrèrent à une cohorte de démons féroces. Les dieux voulurent créer une troisième race mais la terre dépeuplée et livrée aux démons devait avant cela être débarrassée de tout monstre qui à présent l’occupait. Les jumeaux Hunahpu et Ixbalanque furent chargés de cette mission.
A peine eurent-ils le temps de débarrasser la terre de Vucub Caquix, un oiseau monstrueux qui se prenait pour le soleil et la lune que les seigneurs de Xibalba, le sinistre territoire des morts, les invitèrent à venir disputer une partie de balle chez eux.
Après moult péripéties, les jumeaux arrivèrent au portes du monde des défunts. Là, ils furent soumis à une sévère épreuve par les seigneurs du lieu: on leur confia une torche et un cigare allumé, à charge pour eux de les garder allumés toute la nuit en les empêchant donc de se consumer. Ils dupèrent les dieux en collant un ver luisant au bout du cigare et une plume chatoyante d’ara rouge au bout de la torche. Ils traversèrent ensuite les terribles demeures des lames d'obsidienne, demeure du froid, demeure des jaguars, demeure du feu et arrivèrent à la demeure des chauves-souris, repaire d’un affreux vampire qui décapita Hunahpu et les deux jumeaux furent réduits en cendres.
On raconte aussi que le père des deux jumeaux n’était autre que le dieu du maïs, piégé dans les enfers puis décapité.
Ses fils, les jumeaux héros partis le secourir purent accéder aux enfers qu’en étant brulés et réduis en cendres. Alors que leurs cendres furent plongées dans l’eau, les jumeaux héros se régénèrent. Ils regagnèrent la terre ferme avec la tête du dieu maïs et ils la plantèrent dans le sol. C’est à partir de ce premier maïs que les premiers mayas auraient été créés.
Les deux frères revinrent se présenter devant leurs bourreaux sous forme de deux sorciers en haillons. Ils prétendirent avoir le pouvoir de se régénérer et de ramener à la vie qui ils voulaient. Ils mirent leurs affirmations en pratique en mourant puis en ressuscitant devant l’assemblée infernale éblouie.
Tout le monde voulu tester ce nouveau jeu et les faux sorciers découpèrent les divinités maléfiques consentantes. Ils prirent bien garde de ne pas les faire revenir et c’est ainsi que le monde fut nettoyé de ses démons. Avant l’arrivée des vrais hommes.
Quatre humains mâles furent moulés à partir des maïs blanc et jaune; et furent à la hauteur des espérances des dieux: le troisième homme était beau, brave, bien fait, intelligent. Il avait de la mémoire et de la sagesse et son premier acte fut de rendre grâce à ses pères. Ceux-ci l’écoutèrent avec attention jusqu’à ce qu’ils s’aperçoivent que ces hommes étaient un peu trop parfaits: ils voyaient tout. Ils avaient la vue aussi perçante que celle des dieux. Les divinités décidèrent de limiter leur vision. Ils voilèrent leurs yeux comme l’haleine soufflée sur un miroir, leur interdisant d’avoir accès au tout. Une petite partie du monde seulement resta accessible à l’humanité, et c’est ainsi qu’elle perdit la sagesse et la science des premiers âges mais reçu la femme en compensation. Le soleil se leva enfin sur ce dernier monde, et tout put commencer.
Les deux frères revinrent se présenter devant leurs bourreaux sous forme de deux sorciers en haillons. Ils prétendirent avoir le pouvoir de se régénérer et de ramener à la vie qui ils voulaient. Ils mirent leurs affirmations en pratique en mourant puis en ressuscitant devant l’assemblée infernale éblouie.
Tout le monde voulu tester ce nouveau jeu et les faux sorciers découpèrent les divinités maléfiques consentantes. Ils prirent bien garde de ne pas les faire revenir et c’est ainsi que le monde fut nettoyé de ses démons. Avant l’arrivée des vrais hommes.
Quatre humains mâles furent moulés à partir des maïs blanc et jaune; et furent à la hauteur des espérances des dieux: le troisième homme était beau, brave, bien fait, intelligent. Il avait de la mémoire et de la sagesse et son premier acte fut de rendre grâce à ses pères. Ceux-ci l’écoutèrent avec attention jusqu’à ce qu’ils s’aperçoivent que ces hommes étaient un peu trop parfaits: ils voyaient tout. Ils avaient la vue aussi perçante que celle des dieux. Les divinités décidèrent de limiter leur vision. Ils voilèrent leurs yeux comme l’haleine soufflée sur un miroir, leur interdisant d’avoir accès au tout. Une petite partie du monde seulement resta accessible à l’humanité, et c’est ainsi qu’elle perdit la sagesse et la science des premiers âges mais reçu la femme en compensation. Le soleil se leva enfin sur ce dernier monde, et tout put commencer.
Aztèques
Le monde aztèque est le cinquième et dernier soleil de la création. Quatre mondes l’ont précédé, crées successivement par les dieux Tezcatlipoca et Quetzalcoatl, qui chacun à leur tour détruisirent la création de son adversaire. Tezcatlipoca était un dieu protéiforme aux multiples. avatars, sa couleur est le noir, il est maitre du ciel, de la nuit, du froid et des ombres, l’inquiétant et obscur miroir-fumée, le patron des sorciers capable de lire l’avenir dans les miroirs. Redouté des guerriers, les aztèques l’appelaient aussi « celui dont nous sommes les esclaves ». Quetzalcoatl, lui, était le serpent à plumes, une divinité associée à la direction de l’est, à la couleur blanche, à l’eau, à la fertilité, à la vie et à la résurrection, patron des calendriers et des scribes.
Lorsque Tezcatlipoca créa le premier soleil: le soleil du jaguar, le monde fut peuplé par des géants, le soleil de vent lui succéda mais fut à son tour balayé et ses habitants transformés en singes.
Puis le troisième soleil, le soleil-pluie bénéficia de la protection du dieu Tlaloc, le très ancien dieu des eaux et des éclairs. Quetzalcoatl le noya sous une pluie de feu et changea ses occupants en dindons.
Le quatrième monde, soleil d'Eau, fut sous la protection de Chialchiuhtlicue, épouse de Tlaloc et déesse des fleuves et des lacs. Il ne résista pas au déluge qui s’abattit sur lui. Le ciel tomba sur la terre et métamorphosa les malheureux hommes qui y vivaient en poissons.
Un seul couple Tata et Nene échappa au cataclysme grâce à Tezcatlipoca qui leur conseilla de s’abriter dans un arbre creux. Il leur fournit des épis de maïs en leur recommandant de ne rien manger d’autre, mais ils désobéirent.
Lorsque Tezcatlipoca créa le premier soleil: le soleil du jaguar, le monde fut peuplé par des géants, le soleil de vent lui succéda mais fut à son tour balayé et ses habitants transformés en singes.
Puis le troisième soleil, le soleil-pluie bénéficia de la protection du dieu Tlaloc, le très ancien dieu des eaux et des éclairs. Quetzalcoatl le noya sous une pluie de feu et changea ses occupants en dindons.
Le quatrième monde, soleil d'Eau, fut sous la protection de Chialchiuhtlicue, épouse de Tlaloc et déesse des fleuves et des lacs. Il ne résista pas au déluge qui s’abattit sur lui. Le ciel tomba sur la terre et métamorphosa les malheureux hommes qui y vivaient en poissons.
Un seul couple Tata et Nene échappa au cataclysme grâce à Tezcatlipoca qui leur conseilla de s’abriter dans un arbre creux. Il leur fournit des épis de maïs en leur recommandant de ne rien manger d’autre, mais ils désobéirent.
Sortant de leur cachette, épuisés et affamés, ils attrapèrent un beau poisson et le cuisinèrent. Horrifié par cet acte de cannibalisme, le dieu décapita les coupables et colla leurs têtes sur leurs derrières. Et c’est ainsi que naquirent les chiens.
Tezcatlipoca et Quetzalcoatl décidèrent de ne plus rivaliser pour que le monde ait une chance d’exister. Ils façonnèrent ensemble la terre à partir du corps d’un monstre gigantesque ressemblant à un crocodile, Tlaltecuhtli.
Tous deux avaient été horrifiés par son appétit féroce et avaient décidé qu’une telle créature ne saurait exister dans le cinquième monde. Ils se transformèrent en serpents et s’enroulèrent autour des membres de la bête, puis chacun tira de son côté et Tlaltecuhtli périt écartelé entre les deux puissances. La création des hommes est l’oeuvre du seul serpent à plumes. Pour cela il dut se rendre au séjour des trépassés. Ils se présenta devant les maîtres des lieux Mictlantecuhtli et son épouse Mictlancihuatl et leur demanda les os de ceux qui avaient peuplés le quatrième monde.
Après quelques hésitations, Quetzalcoatl finit par se passer de toute approbation et vola quelques os. Furieux, Mictlantecuhtli lui tendit un piège: il fit creuser un fossé et envoya une caille effrayer le fugitif qui chuta dans le trou. La caille saccagea les os en les picorant les brisant ainsi en mille morceaux (d’où différentes statures chez les humains). Serpent à plume dut se résigner à créer les hommes à partir de ces restes et le fit venir à la vie avec un peu de son sang. Les dieux voulurent fournir aux hommes un soleil. Les divinités tinrent conseil dans l’antique cité Teotihuacan et arrivèrent à la conclusion que l’un des leurs devait pour cela se sacrifier pour devenir l'ultime soleil.
Tezcatlipoca et Quetzalcoatl décidèrent de ne plus rivaliser pour que le monde ait une chance d’exister. Ils façonnèrent ensemble la terre à partir du corps d’un monstre gigantesque ressemblant à un crocodile, Tlaltecuhtli.
Tous deux avaient été horrifiés par son appétit féroce et avaient décidé qu’une telle créature ne saurait exister dans le cinquième monde. Ils se transformèrent en serpents et s’enroulèrent autour des membres de la bête, puis chacun tira de son côté et Tlaltecuhtli périt écartelé entre les deux puissances. La création des hommes est l’oeuvre du seul serpent à plumes. Pour cela il dut se rendre au séjour des trépassés. Ils se présenta devant les maîtres des lieux Mictlantecuhtli et son épouse Mictlancihuatl et leur demanda les os de ceux qui avaient peuplés le quatrième monde.
Après quelques hésitations, Quetzalcoatl finit par se passer de toute approbation et vola quelques os. Furieux, Mictlantecuhtli lui tendit un piège: il fit creuser un fossé et envoya une caille effrayer le fugitif qui chuta dans le trou. La caille saccagea les os en les picorant les brisant ainsi en mille morceaux (d’où différentes statures chez les humains). Serpent à plume dut se résigner à créer les hommes à partir de ces restes et le fit venir à la vie avec un peu de son sang. Les dieux voulurent fournir aux hommes un soleil. Les divinités tinrent conseil dans l’antique cité Teotihuacan et arrivèrent à la conclusion que l’un des leurs devait pour cela se sacrifier pour devenir l'ultime soleil.
On désigna un dieu difforme, infirme, pauvre et couvert de pustules appelé Nanahuatzin, mais un dieu hautin et riche,Tecuciztecalt, se présenta à son tour et l’assemblée se retrouva face à deux soleils potentiels.
Les deux élus avant d’être sacrifiés, firent des offrandes. Tandis que Tecuciztecalt apporta plumes, or, jade et encens, Nanahuatzin offrit des épines tachées de son sang et des roseaux.
Quand vint le jour du sacrifice, le premier revêtit ses habits paré de plumes et taillés dans du simple papier pour l’autre. Quatre fois, Tecuciztecalt recula lorsqu’il tenta de se jeter dans le bûcher mais Nanahuatzin n’hésita pas un instant. Encouragé par son exemple Tecuciztecalt finit lui aussi par s’immoler. Les dieux attendirent alors que leurs corps soient réduits en cendre, puis se mirent à guetter leur retour sous la forme de Tonatiuh, le cinquième soleil. Les uns regardèrent vers le nord, les autres vers l’ouest et le sud mais c’est à l’est que les deux sacrifiés firent leur apparition. Nanahuatzin comme soleil et Tecuciztecalt sous l’aspect de la lune.
Cette dernière était alors tellement brillante que les dieux lui jetèrent un lapin au visage, qui l’obscurcit en la couvrant d’une grosse tache.
Hélas Tonatiuh ne semblait pas vouloir bouger et les dieux commencèrent à s’inquiéter: s’il restait immobile, toute leur création brûlerait. Ils réalisèrent qu’il n’y avait qu’un seul moyen terrible de sauver ce nouveau monde. Un par un, ils vinrent s’étendre sur le dos devant Quetzalcoatl qui leur ouvrit la poitrine, arracha leur coeur et l’offrit, fumant à Tonatiuh, qui se mit enfin en mouvement. Lorsqu’il est au zénith, chaque jour les aztèques devaient l’abreuver de sang sous peine de briser l’ordre cosmique et de précipiter la fin d’un monde programmée dans un ultime tremblement de terre.
Les deux élus avant d’être sacrifiés, firent des offrandes. Tandis que Tecuciztecalt apporta plumes, or, jade et encens, Nanahuatzin offrit des épines tachées de son sang et des roseaux.
Quand vint le jour du sacrifice, le premier revêtit ses habits paré de plumes et taillés dans du simple papier pour l’autre. Quatre fois, Tecuciztecalt recula lorsqu’il tenta de se jeter dans le bûcher mais Nanahuatzin n’hésita pas un instant. Encouragé par son exemple Tecuciztecalt finit lui aussi par s’immoler. Les dieux attendirent alors que leurs corps soient réduits en cendre, puis se mirent à guetter leur retour sous la forme de Tonatiuh, le cinquième soleil. Les uns regardèrent vers le nord, les autres vers l’ouest et le sud mais c’est à l’est que les deux sacrifiés firent leur apparition. Nanahuatzin comme soleil et Tecuciztecalt sous l’aspect de la lune.
Cette dernière était alors tellement brillante que les dieux lui jetèrent un lapin au visage, qui l’obscurcit en la couvrant d’une grosse tache.
Hélas Tonatiuh ne semblait pas vouloir bouger et les dieux commencèrent à s’inquiéter: s’il restait immobile, toute leur création brûlerait. Ils réalisèrent qu’il n’y avait qu’un seul moyen terrible de sauver ce nouveau monde. Un par un, ils vinrent s’étendre sur le dos devant Quetzalcoatl qui leur ouvrit la poitrine, arracha leur coeur et l’offrit, fumant à Tonatiuh, qui se mit enfin en mouvement. Lorsqu’il est au zénith, chaque jour les aztèques devaient l’abreuver de sang sous peine de briser l’ordre cosmique et de précipiter la fin d’un monde programmée dans un ultime tremblement de terre.
Incas
Pour les Incas, la Mer et la Terre étaient deux déesses. La première était Mama Cocha «mère mer», patronne des pêcheurs et des marins. La seconde était Pacha Mama «terre mère», parèdre du dieu soleil Inti. Elle aurait épousé Pachaca-mac, le dieu du feu et de la pluie, et créa avec lui les étoiles, le soleil, la lune et le monde
Le dieu de l’orage Illapu était une divinité belliqueuse, dont l’arme était la foudre.
Un jour, alors qu’il traversait le ciel à grande foulées en projetant une ombre immense qui devint la voie lactée, il visa de sa fronde une cruche d’eau que portait sa soeur.
Le bruit que fit la fronde en se détendant fit retentir le tonnerre, la pierre qui fendit les airs créa un éclair étincelant et lorsqu’elle frappa la cruche, la pluie se mit à tomber du ciel
Le dieu créateur Viracocha émergea un jour du lac Titicaca pour créer une race de géants. mais ces créatures lui déplurent et il suscita pour les anéantir un grand déluge. C’est alors qu’il créa les premiers hommes à partir de galets qu’il avait ramassé près du lac.
Selon une version, il les confina dans une caverne en attendant le moment propice à leur émergence.
Le dieu de l’orage Illapu était une divinité belliqueuse, dont l’arme était la foudre.
Un jour, alors qu’il traversait le ciel à grande foulées en projetant une ombre immense qui devint la voie lactée, il visa de sa fronde une cruche d’eau que portait sa soeur.
Le bruit que fit la fronde en se détendant fit retentir le tonnerre, la pierre qui fendit les airs créa un éclair étincelant et lorsqu’elle frappa la cruche, la pluie se mit à tomber du ciel
Le dieu créateur Viracocha émergea un jour du lac Titicaca pour créer une race de géants. mais ces créatures lui déplurent et il suscita pour les anéantir un grand déluge. C’est alors qu’il créa les premiers hommes à partir de galets qu’il avait ramassé près du lac.
Selon une version, il les confina dans une caverne en attendant le moment propice à leur émergence.
Après avoir créé les hommes Viracocha se mit en retrait pour veiller sur eux. Il prit l’apparence d’un mendiant et erra parmi eux pour accomplir des miracles et enseigner la sagesse.
Mais de nombreux hommes l’ignorèrent, et le dieu revint en larmes de son voyage sur terre. Il pensait que ses pleurs causeraient un jour un nouveau déluge qui détruirait l’humanité.
Manco Capac, premier roi vivait alors avec son peuple des andes dans la caverne en compagnie aussi de ses trois frères et ses trois soeurs. Un jour Manco Capac et ses proches furent déposés par le dieu-soleil Inti sur les rives du lac Titicaca.
Le dieu lui confia un bâton d’or et lui intima de partir explorer la région, en veillant à plonger le bâton dans le sol chaque fois qu’ils s’arrêteraient
pour se reposer. Il leur annonça qu’il parviendraient finalement en un lieu où le bâton s’enfoncerait dans le sol jusqu’à y disparaitre complètement. Ce serait le signe que la terre y était profonde et fertile, sur ce site. Manco Capac devrait fonder une grande ville.
Les hommes suivirent les conseils du dieu et fondèrent la capitale de leur royaume Cuzco.
Mais de nombreux hommes l’ignorèrent, et le dieu revint en larmes de son voyage sur terre. Il pensait que ses pleurs causeraient un jour un nouveau déluge qui détruirait l’humanité.
Manco Capac, premier roi vivait alors avec son peuple des andes dans la caverne en compagnie aussi de ses trois frères et ses trois soeurs. Un jour Manco Capac et ses proches furent déposés par le dieu-soleil Inti sur les rives du lac Titicaca.
Le dieu lui confia un bâton d’or et lui intima de partir explorer la région, en veillant à plonger le bâton dans le sol chaque fois qu’ils s’arrêteraient
pour se reposer. Il leur annonça qu’il parviendraient finalement en un lieu où le bâton s’enfoncerait dans le sol jusqu’à y disparaitre complètement. Ce serait le signe que la terre y était profonde et fertile, sur ce site. Manco Capac devrait fonder une grande ville.
Les hommes suivirent les conseils du dieu et fondèrent la capitale de leur royaume Cuzco.
Pour les Incas, l’arc-en-ciel était une divinité prenant la forme d’un serpent à deux têtes, nommée Cuichi. S’ils ignoraient l’origine de ses multiples couleurs, le lien qui existait entre l’arc-en-ciel et le soleil ne leur échappait pas. Ils voyaient en lui un don ou signe envoyé par Inti et la manifestation de la présence du bienveillant Cuichi. Parce qu’il semblait relier le monde céleste des dieux au monde terrestre des hommes, Cuichi était regardé comme le messager du ciel, qui aidait les dieux du soleil comme de la pluie à transmettre leurs bienfaits à la terre.
La déesse lunaire Mama Quilla était selon certains la soeur d’Inti. Lors des éclipses lunaires, les incas croyaient qu’un monstre cherchait à dévorer Mama Quilla, signe annonciateur de désastres.
Ils brandissaient alors leurs armes vers le ciel en faisant un grand vacarme pour effrayer le monstre. Mama Quilla était aussi la déesse des femmes: elle veillait à ce que les voeux du mariage soient respectés et favorisait leur fécondité.
Tukanos
Le monde d’avant le monde était habité par deux frères jumeaux, Lune et soleil. Ils restèrent longtemps seuls, jusqu’à ce que le second se fasse un enfant tout seul, une fille qu’il prit pour épouse. Lune assista à l’inceste commis par son frère, au cours duquel la jeune fille eut ses premières règles; des gouttelettes de sang volèrent jusqu’à lui et tachèrent son visage de manière indélébile. Amoureux de sa nièce, Lune tenta de la séduire. Soleil n’apprécia guère les avances déplacées de son frère et lui arracha sa belle coiffe de plumes brillantes. Il la remplaça par une plus petite couronne, faite de plumes blanches faiblement luisantes et le renvoya. Depuis les deux frères sont séparés et se tiennent soigneusement à l’écart l’un de l’autre.
La lune est devenue le soleil de nuit et incarne le séducteur et l’adultère. La nuit il prend l’apparence d’un homme et descend violer les femmes endormies. La lune hante aussi les cimetières pour dévorer les cadavres.
C’est soleil qui créa l’univers, lui donna vie et stabilité. Il fit venir la terre, avec ses forêts, ses rivières, ses animaux et ses plantes. Il lui donna la forme ronde, immense et de couleur rouge, celle du sang et de la vie. En dessous, se trouve un autre monde, de couleur verte.
La lune est devenue le soleil de nuit et incarne le séducteur et l’adultère. La nuit il prend l’apparence d’un homme et descend violer les femmes endormies. La lune hante aussi les cimetières pour dévorer les cadavres.
C’est soleil qui créa l’univers, lui donna vie et stabilité. Il fit venir la terre, avec ses forêts, ses rivières, ses animaux et ses plantes. Il lui donna la forme ronde, immense et de couleur rouge, celle du sang et de la vie. En dessous, se trouve un autre monde, de couleur verte.
C’est là que vont les âmes des morts et que se trouve, à l’est, le lac où se jettent toutes les rivières terrestres. Vue de ce monde, c’est à dire par en dessous, la terre est transparente. Et ressemble à une gigantesque toile d’araignée.
Le soleil fit ensuite jaillir la voie lactée du monde souterrain, un courant d’écume venteux s’écoulant d’est en ouest, dangereuse pour qui la traverse afin de communiquer avec le monde des esprits. Elle sépare en deux le ciel, que les chamans tukanos concevaient comme un gigantesque cerveau. Dans la voie lactée se trouvait une poudre qui provenait à l’origine du nombril du soleil et qui provoque les hallucinations grâce auxquelles les hommes peuvent entrer en contact avec les divinités. Elle est aussi le territoire des maladies et du mal, une zone dangereuse et chargée de maléfices.
Quand le soleil créa les hommes, il donna naissance à un exemplaire pour chacune des tribus qui peupleront la forêt amazonienne. Il leur expédia un guide, appelé Pamuri-Maxsë, pour les sortir du monde souterrain et les accompagner jusqu’au territoire qu’ils devaient peupler. Avant le départ, il confia à chacun une petite bourse noire sur laquelle ils devaient veiller. Ils embarquèrent ensuite à bord d’une grande pirogue. Il s’agissait en réalité d’un gigantesque anaconda.
Le soleil fit ensuite jaillir la voie lactée du monde souterrain, un courant d’écume venteux s’écoulant d’est en ouest, dangereuse pour qui la traverse afin de communiquer avec le monde des esprits. Elle sépare en deux le ciel, que les chamans tukanos concevaient comme un gigantesque cerveau. Dans la voie lactée se trouvait une poudre qui provenait à l’origine du nombril du soleil et qui provoque les hallucinations grâce auxquelles les hommes peuvent entrer en contact avec les divinités. Elle est aussi le territoire des maladies et du mal, une zone dangereuse et chargée de maléfices.
Quand le soleil créa les hommes, il donna naissance à un exemplaire pour chacune des tribus qui peupleront la forêt amazonienne. Il leur expédia un guide, appelé Pamuri-Maxsë, pour les sortir du monde souterrain et les accompagner jusqu’au territoire qu’ils devaient peupler. Avant le départ, il confia à chacun une petite bourse noire sur laquelle ils devaient veiller. Ils embarquèrent ensuite à bord d’une grande pirogue. Il s’agissait en réalité d’un gigantesque anaconda.
Les poissons jusqu’ici absents de l’univers terrestre s’agglutinèrent autour de lui et le serpent remonta le courant des fleuves pendant des jours et des jours. L’un des hommes ouvrit un des sacs confiés et des milliers, des millions de fourmis noires s’en échappèrent. Elles étaient si nombreuses qu’elles masquaient la lumière solaire et tout fut soudain plongé dans l’obscurité. Ce fut la première nuit.
Pamuri-Maxsë donna un ver luisant à chacun de ses passagers pour s’éclairer un peu, mais les fourmis ne cessaient de se multiplier, étouffant de leur noirceur le moindre rai de lumière.
Le soleil dut intervenir, il fouetta le sac avec une baguette et les fourmis retournèrent dedans. Quelques unes s’échappèrent et se répandre ainsi sur terre. Le voyage se poursuivit puis un jour, la pirogue-serpent fut arrêtée par un énorme rocher creux. Les hommes crurent qu’ils étaient parvenus à destination et s’échappèrent par un trou creusé à l’avant de leur embarcation. Pamuri-Maxsë tenta de le refermer avec son pied mais il était trop tard, tout son petit monde se dispersa dans la forêt à jamais.
Pamuri-Maxsë donna un ver luisant à chacun de ses passagers pour s’éclairer un peu, mais les fourmis ne cessaient de se multiplier, étouffant de leur noirceur le moindre rai de lumière.
Le soleil dut intervenir, il fouetta le sac avec une baguette et les fourmis retournèrent dedans. Quelques unes s’échappèrent et se répandre ainsi sur terre. Le voyage se poursuivit puis un jour, la pirogue-serpent fut arrêtée par un énorme rocher creux. Les hommes crurent qu’ils étaient parvenus à destination et s’échappèrent par un trou creusé à l’avant de leur embarcation. Pamuri-Maxsë tenta de le refermer avec son pied mais il était trop tard, tout son petit monde se dispersa dans la forêt à jamais.
Chimanes
Enfermé dans une calebasse, le monde chimane butait à l’ouest contre les imposants sommets de la cordillère des Andes et se resserrait à l’est sur un espace indéterminé. Entre les deux, une étendue de forêt et de savane traversée par un fleuve, était la colonne vertébrale de ce monde…
La terre fut l’œuvre de deux frères, Dojity et Micha, qui la créèrent en jetant au ciel une couverture qui se mit à s’agrandir, s’agrandir jusqu’à atteindre la taille souhaitée. Elle était terriblement instable et n’arrêtait pas d’osciller, comme un navire pris dans la houle, et se retourna au moins une fois: le dessous devint le dessus et vice-versa. Elle avait aussi la fâcheuse manie de pivoter sur elle-même, et nul ne sait si ce qu’on appelle ouest aujourd’hui n’était pas l’est des temps jadis…
Dojity fut contraint de trouver un moyen de la stabiliser. Il fit voler un oiseau vers l’ouest, la terre se souleva et se gondola en suivant les lignes sinueuses de son vol, et c’est ainsi que naquirent les Andes.
Le ciel des premiers temps n’avait rien à envier à la terre: très bas, il tombait sans arrêt sur elle, écrasant tout sur son passage.
Il fallut le courage et la détermination d’un petit lézard, appelé Noco, pour oser le remettre à sa place et l’y maintenir. Noco fut adopté dès sa naissance par une vieille femme qui vivait seule. Il vécut dans une poterie qu’elle changeait à chaque fois qu’elle devenait trop étroite pour lui.
La nuit, il l’aidait à pêcher. Pour cela, Noco se couchait en travers d’un cours d’eau, lui barrant la route et l’empêchant de couler, et la vieille n’avait plus qu’à se baisser pour récupérer en aval les poissons asphyxiés.
Plus le lézard grandissait, plus gros étaient les poissons capturés. Les gens du village commencèrent à jaser sur cette soudaine bonne fortune et la vieille leur révéla son secret. Le soir même, Noco s’en alla au ciel accomplir sa mission.
La terre fut l’œuvre de deux frères, Dojity et Micha, qui la créèrent en jetant au ciel une couverture qui se mit à s’agrandir, s’agrandir jusqu’à atteindre la taille souhaitée. Elle était terriblement instable et n’arrêtait pas d’osciller, comme un navire pris dans la houle, et se retourna au moins une fois: le dessous devint le dessus et vice-versa. Elle avait aussi la fâcheuse manie de pivoter sur elle-même, et nul ne sait si ce qu’on appelle ouest aujourd’hui n’était pas l’est des temps jadis…
Dojity fut contraint de trouver un moyen de la stabiliser. Il fit voler un oiseau vers l’ouest, la terre se souleva et se gondola en suivant les lignes sinueuses de son vol, et c’est ainsi que naquirent les Andes.
Le ciel des premiers temps n’avait rien à envier à la terre: très bas, il tombait sans arrêt sur elle, écrasant tout sur son passage.
Il fallut le courage et la détermination d’un petit lézard, appelé Noco, pour oser le remettre à sa place et l’y maintenir. Noco fut adopté dès sa naissance par une vieille femme qui vivait seule. Il vécut dans une poterie qu’elle changeait à chaque fois qu’elle devenait trop étroite pour lui.
La nuit, il l’aidait à pêcher. Pour cela, Noco se couchait en travers d’un cours d’eau, lui barrant la route et l’empêchant de couler, et la vieille n’avait plus qu’à se baisser pour récupérer en aval les poissons asphyxiés.
Plus le lézard grandissait, plus gros étaient les poissons capturés. Les gens du village commencèrent à jaser sur cette soudaine bonne fortune et la vieille leur révéla son secret. Le soir même, Noco s’en alla au ciel accomplir sa mission.
Prenant appui de part et d’autre de la terre, il s’étira en travers du firmament et le souleva, l’empêchant depuis lors de dégringoler sur terre.
Dojity et Micha se rendirent un jour chez leur soeur Dovo’s. Ils décidèrent de jouer un mauvais tour à leur frère le soleil. Une fois qu’ils seraient au zénith, ils l’inviteraient à se joindre à eux et lui feraient boire une telle quantité d’alcool que l’astre saoul, ne pourraient plus bouger. Toute la terre serait alors brûlée. Cela amusait beaucoup les deux jumeaux mais Dovo’s veillait: elle le fit boire tant et si bien qu’ils s’endormirent, et le soleil put passer tranquillement son chemin.
Au réveil les deux frères se mirent à pleurer en s’apercevant qu’ils avaient manqué cette occasion et leurs larmes se transformèrent en une liane qui coula jusqu’à la terre et décidèrent de l’utiliser pour descendre. dojity ne résista pas à l’envie de faire chuter Micha qui se cassa en deux morceaux, sa tête roula et dojity tenta de la recoller sur son corps. La tête de Micha fut placée sur son postérieur et c’est sous cette apparence que Micha désormais apparait.
En explorant le vaste monde, ils tombèrent en chemin sur les femmes-grenouilles. Durant leur hospitalité Dojity viola toutes les femmes-grenouilles. Outragées ces dernières enfermèrent les deux frères dans une hutte en attendant de décider de leur sort.
Pendant que Dojity dormait, Micha creusa un long tunnel qui le conduisit de l’autre côté de l’endroit où le ciel et la terre se rencontraient, à l’extrémité est du monde. Prenant soin d’effacer les traces de son évasion, il y établit sa demeure et n’en bougea plus.
Lorsque Dojity se réveilla, il fut très inquiet de ne pas voir son frère à ses côtés. Pour le retrouver, il devait trouver le moyen de s’échapper.
Dojity et Micha se rendirent un jour chez leur soeur Dovo’s. Ils décidèrent de jouer un mauvais tour à leur frère le soleil. Une fois qu’ils seraient au zénith, ils l’inviteraient à se joindre à eux et lui feraient boire une telle quantité d’alcool que l’astre saoul, ne pourraient plus bouger. Toute la terre serait alors brûlée. Cela amusait beaucoup les deux jumeaux mais Dovo’s veillait: elle le fit boire tant et si bien qu’ils s’endormirent, et le soleil put passer tranquillement son chemin.
Au réveil les deux frères se mirent à pleurer en s’apercevant qu’ils avaient manqué cette occasion et leurs larmes se transformèrent en une liane qui coula jusqu’à la terre et décidèrent de l’utiliser pour descendre. dojity ne résista pas à l’envie de faire chuter Micha qui se cassa en deux morceaux, sa tête roula et dojity tenta de la recoller sur son corps. La tête de Micha fut placée sur son postérieur et c’est sous cette apparence que Micha désormais apparait.
En explorant le vaste monde, ils tombèrent en chemin sur les femmes-grenouilles. Durant leur hospitalité Dojity viola toutes les femmes-grenouilles. Outragées ces dernières enfermèrent les deux frères dans une hutte en attendant de décider de leur sort.
Pendant que Dojity dormait, Micha creusa un long tunnel qui le conduisit de l’autre côté de l’endroit où le ciel et la terre se rencontraient, à l’extrémité est du monde. Prenant soin d’effacer les traces de son évasion, il y établit sa demeure et n’en bougea plus.
Lorsque Dojity se réveilla, il fut très inquiet de ne pas voir son frère à ses côtés. Pour le retrouver, il devait trouver le moyen de s’échapper.
Il fit semblant d’être mort et se laissa couvrir par une multitude de vers. Dégoutées par ce qu’elles pensaient être un répugnant cadavre en décomposition, les femmes-grenouilles le jetèrent dans la rivière.
Descendant le cours d’eau, dojity transformait chaque humain qu’il avait le malheur de croiser sur son chemin en un animal comestible afin de se nourrir.
Un jour il croisa un groupe d’oiseaux qui volait dans la même direction que lui. Il leur demanda des plumes pour pouvoir se confectionner des ailes et voyager ainsi dans les airs. Les oiseaux acceptèrent, à la condition qu’il se garde d’imiter le cri de leurs femelles. Ce que bien sûr Dojity s’empressa de faire, et il perdit toutes les plumes.
Il chuta sur un arbre, et il réussit à persuader une chenille de l’aider. Une fois au sol, il la fit tomber et la malheureuse se brisa tous les os… il arriva enfin au bout du monde.
Micha habitait au delà de cette limite et Dojity réfléchit au meilleur moyen de se rendre chez lui. Il devait écarter les mâchoires du ciel et de la terre, les bloquer et se faufiler à l’intérieur. Lorsqu’il se retrouva devant Micha, il découvrit que son frère s’était marié à deux femmes et avait eu une fils. Sans rancune Micha fit bon accueil à son terrible frère. Ce dernier ne pu s’empêcher de repartir vers l’ouest en kidnappant l’une de ses belles-soeurs, avec qui il eut un fils en chemin. Il les transforma tous deux en sel lorsqu’il parvint au pied de la cordillère des Andes. Il demanda à un oiseau si c’était là le centre du monde mais l’animal envoyé en éclaireur lui annonça que c’était la ville qui se trouvait aux sommets qui l’était: la Paz, où Dojity définitivement s’installa.
Descendant le cours d’eau, dojity transformait chaque humain qu’il avait le malheur de croiser sur son chemin en un animal comestible afin de se nourrir.
Un jour il croisa un groupe d’oiseaux qui volait dans la même direction que lui. Il leur demanda des plumes pour pouvoir se confectionner des ailes et voyager ainsi dans les airs. Les oiseaux acceptèrent, à la condition qu’il se garde d’imiter le cri de leurs femelles. Ce que bien sûr Dojity s’empressa de faire, et il perdit toutes les plumes.
Il chuta sur un arbre, et il réussit à persuader une chenille de l’aider. Une fois au sol, il la fit tomber et la malheureuse se brisa tous les os… il arriva enfin au bout du monde.
Micha habitait au delà de cette limite et Dojity réfléchit au meilleur moyen de se rendre chez lui. Il devait écarter les mâchoires du ciel et de la terre, les bloquer et se faufiler à l’intérieur. Lorsqu’il se retrouva devant Micha, il découvrit que son frère s’était marié à deux femmes et avait eu une fils. Sans rancune Micha fit bon accueil à son terrible frère. Ce dernier ne pu s’empêcher de repartir vers l’ouest en kidnappant l’une de ses belles-soeurs, avec qui il eut un fils en chemin. Il les transforma tous deux en sel lorsqu’il parvint au pied de la cordillère des Andes. Il demanda à un oiseau si c’était là le centre du monde mais l’animal envoyé en éclaireur lui annonça que c’était la ville qui se trouvait aux sommets qui l’était: la Paz, où Dojity définitivement s’installa.
Navajos
Le premier monde navajo, de couleur rouge, recouvert d’un ciel en forme de hutte était habité par un peuple bizarre, qui ressemblait à des insectes. Ils vivaient sans aucun tabou et ne manifestaient aucun respect envers les dieux. Leur comportement les ayant rendu indésirables dans ce monde, ils furent priés de le quitter et s’envolèrent dans le ciel. Là, ils découvrirent un trou. Qui les mena dans le deuxième monde.
De couleur verte, celui-ci abritait le peuple hirondelle. Après avoir cherché en vain des êtres qui leur ressemblent, les insectes se firent à l’idée de devoir cohabiter avec les hirondelles et tout se passa bien un certain temps. Mais incapables de résister à leur nature perverse, ils commencèrent à violer les femmes hirondelles et furent chassés. Ils se sauvèrent par une ouverture dans le ciel et se retrouvèrent dans le troisième monde jaune.
Il était occupé par le peuple sauterelle qui accepta de leur laisser une place. Mais les insectes cédèrent de nouveau à leurs bas instincts et furent encore une fois obligés de s’enfuir. Ils échouèrent dans le quatrième monde, plus vaste que les précédents, sec et blanc. Quatre grands pics montagneux veillaient sur ce monde, telles des sentinelles, sur les quatre coins. Les insectes y furent très gentiment accueillis par le peuple pueblo, et ils se jurèrent cette fois de rester tranquilles. Les choses se passaient donc plutôt bien, quand ils reçurent la visite de quatre étranges personnages: corps-blanc, corps-noir, corps-jaune, et corps-bleu.
Ces être surnaturels essayèrent l’un après l’autre de communiquer avec eux, et corps-noir réussit à leur faire comprendre le but de leur visite. Les dieux voulaient créer une nouvelle population, mais qui serait faite à leur image et non à celle des insectes.
Ces derniers étaient trop laids et sentaient vraiment mauvais. Douze jours plus tard, les insectes se lavèrent et tandis que les insectes femmes se séchèrent avec de la farine de blé jaune, les insectes hommes, eux, se séchèrent avec de la farine blanche.
De couleur verte, celui-ci abritait le peuple hirondelle. Après avoir cherché en vain des êtres qui leur ressemblent, les insectes se firent à l’idée de devoir cohabiter avec les hirondelles et tout se passa bien un certain temps. Mais incapables de résister à leur nature perverse, ils commencèrent à violer les femmes hirondelles et furent chassés. Ils se sauvèrent par une ouverture dans le ciel et se retrouvèrent dans le troisième monde jaune.
Il était occupé par le peuple sauterelle qui accepta de leur laisser une place. Mais les insectes cédèrent de nouveau à leurs bas instincts et furent encore une fois obligés de s’enfuir. Ils échouèrent dans le quatrième monde, plus vaste que les précédents, sec et blanc. Quatre grands pics montagneux veillaient sur ce monde, telles des sentinelles, sur les quatre coins. Les insectes y furent très gentiment accueillis par le peuple pueblo, et ils se jurèrent cette fois de rester tranquilles. Les choses se passaient donc plutôt bien, quand ils reçurent la visite de quatre étranges personnages: corps-blanc, corps-noir, corps-jaune, et corps-bleu.
Ces être surnaturels essayèrent l’un après l’autre de communiquer avec eux, et corps-noir réussit à leur faire comprendre le but de leur visite. Les dieux voulaient créer une nouvelle population, mais qui serait faite à leur image et non à celle des insectes.
Ces derniers étaient trop laids et sentaient vraiment mauvais. Douze jours plus tard, les insectes se lavèrent et tandis que les insectes femmes se séchèrent avec de la farine de blé jaune, les insectes hommes, eux, se séchèrent avec de la farine blanche.
Corps-blanc, corps-noir, corps-jaune, et corps-bleu revinrent avec deux épis de blé, un jaune et un blanc. Au terme d’une cérémonie longue et complexe, l’épi jaune se transforma en première femme et le blanc en premier homme. Ils donnèrent naissance à cinq paires de jumeaux. La première était hermaphrodite et donna de fabuleux artisans, et les quatre suivants étaient autant de couples qui s’unirent et vécurent comme mari et femme. Ils furent initiés à la magie et aux secrets du monde par les quatre êtres surnaturels qui leur firent promettre de ne rien dire aux hommes de leur origine incestueuse.
Vint le temps des querelles. Premier homme et première femme, qui ne cessaient de se reprocher l’un l’autre de ne penser qu’au sexe, se séparèrent chacun avec son peuple. Tous le hommes d’un côté de la rivière et toutes les femmes de l’autre. Elles vécurent tranquillement sur leur réserves durant toute une années pendant que les hommes travaillaient d’arrache-pied dans les champs.
Manquant de mourir de faim la deuxième année, les hommes bon-princes les acceptèrent à nouveau à leurs côtés.
La vie reprit son cours, jusqu’au jour où on entendit un sinistre grondement: les eaux montaient et le quatrième monde allait être englouti. La raison de cette catastrophe est assez mystérieuse, mais il semble qu’elle ait été provoqué par Coyote, qui avait enlevé les enfants d’un monstre vivant au fond de la rivière. Lorsqu’il fut temps de partir, les dieux firent pousser un gigantesque roseau jusqu’au ciel.
Criquet ou Blaireau, selon les versions, réussit à y percer un trou par lequel tout le monde s’échappa pour rejoindre le cinquième monde. Ils l’aménagèrent avec l’aide de dieux, créèrent la lune, le soleil et les étoiles. Ils rétablirent les quatre montagnes sacrées qui veillait sur le quatrième monde par la même occasion.
Vint le temps des querelles. Premier homme et première femme, qui ne cessaient de se reprocher l’un l’autre de ne penser qu’au sexe, se séparèrent chacun avec son peuple. Tous le hommes d’un côté de la rivière et toutes les femmes de l’autre. Elles vécurent tranquillement sur leur réserves durant toute une années pendant que les hommes travaillaient d’arrache-pied dans les champs.
Manquant de mourir de faim la deuxième année, les hommes bon-princes les acceptèrent à nouveau à leurs côtés.
La vie reprit son cours, jusqu’au jour où on entendit un sinistre grondement: les eaux montaient et le quatrième monde allait être englouti. La raison de cette catastrophe est assez mystérieuse, mais il semble qu’elle ait été provoqué par Coyote, qui avait enlevé les enfants d’un monstre vivant au fond de la rivière. Lorsqu’il fut temps de partir, les dieux firent pousser un gigantesque roseau jusqu’au ciel.
Criquet ou Blaireau, selon les versions, réussit à y percer un trou par lequel tout le monde s’échappa pour rejoindre le cinquième monde. Ils l’aménagèrent avec l’aide de dieux, créèrent la lune, le soleil et les étoiles. Ils rétablirent les quatre montagnes sacrées qui veillait sur le quatrième monde par la même occasion.
Se livrant à cette époque à des activités qui furent par la suite jugées totalement immorales, comme le jeu, ce comportement leur valut d’être envahis par des monstres qui terrorisaient et tuaient nombre d’entre eux. Il y avait là un monstre qui tuait avec ses yeux, le rocher qui broie, le monstre cornu, le roseau balafreur et beaucoup d’autres encore. Première femme et son peuple créèrent alors femme-changeante à partir d’une turquoise et firent jaillirent Perle-coquillage blanc d’une coquille immaculée.
Un jour, le soleil les aperçu et leur envoya un rai de lumière. Il pénétra en elle, les féconda et toutes deux tombèrent enceintes. Elles accouchèrent en même temps de deux beaux garçons, qu’elle élevèrent ensemble.
Quand les deux enfants devinrent assez grands, leurs mères finirent par leur avouer que leur père n’était autre que le soleil lui-même. Les jumeaux se mirent alors en route pour le retrouver et le prier de les aider à exterminer les monstres. Le chemin fut long et semé d’embûches, mais fort heureusement ces courageux garçons furent aidé par femme-araignée qui leur appris à se battre, à utiliser leurs pouvoirs et à dresser des pièges aux monstres. elle les guida jusqu’à la demeure de leur père à qui ils révélèrent leur identité, mais celui-ci ne les crut pas et il leur imposa plusieurs épreuves magiques. Ils en sortirent victorieux et le soleil décida de les aider. Il compléta leur éducation guerrière, les dota d’encore plus de pouvoirs surnaturels et les envoya chasser le monstre.
Le fils de femme-chantante prit alors le nom de Tueur de monstres et celui de femme-coquillage blanc devint Né de l’eau. Ils massacrèrent la plupart des horreurs qui hantaient le cinquième monde et laissèrent leurs cadavres sécher au soleil. Quelques carcasses sont encore visibles sur le territoire Navajo. Ils ne laissèrent la vie sauve qu’aux monstres nécessaires à l’équilibre du monde, ceux qui dévorent la chair des morts, les charognards, ceux qui apportent le grand âge, femme froide, c’est à dire l’hiver et les saisons, la pauvreté, le monstre de la faim…
Un jour, le soleil les aperçu et leur envoya un rai de lumière. Il pénétra en elle, les féconda et toutes deux tombèrent enceintes. Elles accouchèrent en même temps de deux beaux garçons, qu’elle élevèrent ensemble.
Quand les deux enfants devinrent assez grands, leurs mères finirent par leur avouer que leur père n’était autre que le soleil lui-même. Les jumeaux se mirent alors en route pour le retrouver et le prier de les aider à exterminer les monstres. Le chemin fut long et semé d’embûches, mais fort heureusement ces courageux garçons furent aidé par femme-araignée qui leur appris à se battre, à utiliser leurs pouvoirs et à dresser des pièges aux monstres. elle les guida jusqu’à la demeure de leur père à qui ils révélèrent leur identité, mais celui-ci ne les crut pas et il leur imposa plusieurs épreuves magiques. Ils en sortirent victorieux et le soleil décida de les aider. Il compléta leur éducation guerrière, les dota d’encore plus de pouvoirs surnaturels et les envoya chasser le monstre.
Le fils de femme-chantante prit alors le nom de Tueur de monstres et celui de femme-coquillage blanc devint Né de l’eau. Ils massacrèrent la plupart des horreurs qui hantaient le cinquième monde et laissèrent leurs cadavres sécher au soleil. Quelques carcasses sont encore visibles sur le territoire Navajo. Ils ne laissèrent la vie sauve qu’aux monstres nécessaires à l’équilibre du monde, ceux qui dévorent la chair des morts, les charognards, ceux qui apportent le grand âge, femme froide, c’est à dire l’hiver et les saisons, la pauvreté, le monstre de la faim…
Hurons
Pendant très longtemps le monde Huron dans la région des grands lacs et de l’actuel Canada, fut divisé en deux régions bien distinctes. La première, située de l’autre côté du ciel, ressemblait trait pour trait à la terre actuelle et était peuplée d’hommes qui auraient pu être des hurons. La seconde, placée sous le ciel, n’était qu’un vaste océan. Un arbre gigantesque, vénéré par tous, se dressait au milieu du monde supérieur. Le sol à ses pieds était tapissé de merveilleuses fleurs jaunes qui irradiaient une éclatante lumière. Personne n’avait le droit de les toucher mais, un jour que son mari était parti à la chasse, une jeune femme appelée Ataensic en cueillit quelques unes et les mangea. Elle tomba malade et l’arbre sacré se mit à dépérir.
Consultés, les sorciers déclarèrent que le remède qui pouvait les sauver tous deux se trouvait sous les racines de l’arbre, et ils allongèrent la femme sous ses immenses ramures. Ils se mirent à creuser et, soudain, un grand trou apparut qui avala et l’arbre et la jeune femme. Cette dernière traversa le ciel et tomba avec une vitesse vertigineuse vers l’océan. Elle s’y serait sûrement noyée si deux oies sauvages ou deux cygnes ne volèrent à son secours et la prirent sur leur dos.
Commençant à fatiguer, les deux oiseaux consultèrent Grande tortue qui nageait paresseusement. Elle convoqua un grand conseil et tous les animaux vivant dans ce monde accoururent.
L’arbre qui avait chuté avait emporté avec lui de la terre accrochée à ses racines et grande tortue demanda aux animaux de plonger pour essayer de la récupérer. L’arbre s’était enfoncé très profondément dans l’eau. Loutre, rat musqué, castor tentèrent de repêcher une poignée de terre mais sans succès. Crapaud plongea à son tour. Lorsqu’il refit surface, il était mort asphyxié mais dans sa bouche se trouvaient quelques précieux grains de terre.
Consultés, les sorciers déclarèrent que le remède qui pouvait les sauver tous deux se trouvait sous les racines de l’arbre, et ils allongèrent la femme sous ses immenses ramures. Ils se mirent à creuser et, soudain, un grand trou apparut qui avala et l’arbre et la jeune femme. Cette dernière traversa le ciel et tomba avec une vitesse vertigineuse vers l’océan. Elle s’y serait sûrement noyée si deux oies sauvages ou deux cygnes ne volèrent à son secours et la prirent sur leur dos.
Commençant à fatiguer, les deux oiseaux consultèrent Grande tortue qui nageait paresseusement. Elle convoqua un grand conseil et tous les animaux vivant dans ce monde accoururent.
L’arbre qui avait chuté avait emporté avec lui de la terre accrochée à ses racines et grande tortue demanda aux animaux de plonger pour essayer de la récupérer. L’arbre s’était enfoncé très profondément dans l’eau. Loutre, rat musqué, castor tentèrent de repêcher une poignée de terre mais sans succès. Crapaud plongea à son tour. Lorsqu’il refit surface, il était mort asphyxié mais dans sa bouche se trouvaient quelques précieux grains de terre.
Grande tortue ordonna à petite tortue de les répandre sur son dos, puis elle s’enfonça dans l’eau, ne laissant émerger que la surface recouverte par la terre. Elle devint la première île du monde et les oies y déposèrent Ataensic. Il y manquait cependant quelque chose de primordial: la lumière. Réunis encore une fois en conseil, les animaux décidèrent de confier à petite tortue, la création d’une source lumineuse. Petite tortue récupéra des éclairs du ciel et s’en servit pour allumer un grand feu, le soleil. Immobile au milieu du ciel, le soleil menaçait de brûler l’île. De plus, seule une partie avait de la lumière, le reste étant en permanence plongée dans le noir. Petite tortue trouva une nouvelle fois la solution. Elle creusa deux trous, l’un à l’ouest et l’autre à l’est de la terre, et ordonna au soleil de se mettre en mouvement. Depuis, il disparaît chaque soir dans le trou de l’ouest et réapparaît chaque matin à l’est.
Cette alternance du jour et de la nuit était certes fort appréciable, mais les animaux trouvèrent que le monde devenait un peu trop obscur lorsque le soleil s’en allait. Petite tortue fabriqua alors un second astre, la lune, qui devint la compagne du soleil. Tous deux eurent une myriade d’enfants, les étoiles, et petite tortue fut nommée gardienne du ciel en remerciement de ses bons et loyaux services.
Chevreuil la regarda s’en aller avec envie, tant il rêvait d’aller habiter là-haut. Il consulta Hinon, l’oiseau tonnerre qui provoque les éclairs en clignant des yeux et dont chaque battement d’ailes est un coup de tonnerre. L’animal fabuleux lui demanda d’attendre la première pluie de printemps: lorsqu’apparaît l’arc-en-ciel, le pont de toutes les couleurs qui relie la terre au ciel, il n’aurait qu’à l’emprunter pour rejoindre petite tortue. C’est lorsque fut convoqué un nouveau conseil que les autres animaux se rendirent compte de sa disparition et partirent à sa recherche.
Cette alternance du jour et de la nuit était certes fort appréciable, mais les animaux trouvèrent que le monde devenait un peu trop obscur lorsque le soleil s’en allait. Petite tortue fabriqua alors un second astre, la lune, qui devint la compagne du soleil. Tous deux eurent une myriade d’enfants, les étoiles, et petite tortue fut nommée gardienne du ciel en remerciement de ses bons et loyaux services.
Chevreuil la regarda s’en aller avec envie, tant il rêvait d’aller habiter là-haut. Il consulta Hinon, l’oiseau tonnerre qui provoque les éclairs en clignant des yeux et dont chaque battement d’ailes est un coup de tonnerre. L’animal fabuleux lui demanda d’attendre la première pluie de printemps: lorsqu’apparaît l’arc-en-ciel, le pont de toutes les couleurs qui relie la terre au ciel, il n’aurait qu’à l’emprunter pour rejoindre petite tortue. C’est lorsque fut convoqué un nouveau conseil que les autres animaux se rendirent compte de sa disparition et partirent à sa recherche.
Faucon le découvrit, gambadant gaiement dans les plaines infinies du ciel. Les animaux allèrent à sa rencontre pour le réprimander. La querelle s’envenima et ours se rua vers chevreuil mais ce dernier infligea de sérieuses blessures à ours avec ses bois. Des gouttes de sang tombèrent sur la terre et colorièrent les feuilles des arbres en rouge, en brun, en jaune… depuis, chaque automne, la nature se souvient de ce combat en se teintant des chaudes couleurs du premier sang versé dans le monde.
Ataensic était enceinte lorsqu’elle chuta du ciel. Elle mit au monde deux jumeaux, au caractère et à la personnalité radicalement opposés.
Tsesta, l’homme de feu était bon et doux; Taweskar’e, l’homme de pierre ou de glace, était un vrai monstre et violent. Incapables de s’entendre, ils se partagèrent la Terre en deux et chacun aménagea sa moitié à sa guise. Le bon créa un véritable paradis végétal et animal, où il n’y avait qu’à se baisser pour ramasser des haricots gros comme des poings et où les eaux des rivières coulaient dans les deux sens pour éviter aux futurs habitants de cet endroit de devoir pagayer… l’autre frère, en revanche, accoucha d’un enfer aride peuplé de moustiques et de serpents géants, perpétuellement battu par des vents glacés et hérissé de montagnes gigantesques, aux arrêtes tranchantes.
Lorsque Tsesta vit l’œuvre de son frère, il n’eut de cesse de raboter les pics acérés, d’atténuer les vents, d’éliminer ses sales bêtes en insufflant à cette région un peu de chaleur. Pendant ce temps, Taweskar’e saccageait sa création en y introduisant la peur, la haine et la violence, en transformant les animaux en bêtes féroces, en réduisant la taille des haricots, des arbres et en faisant que les rivières ne coulent que dans un sens. L’un des deux frères était décidément en trop, et ils se livrèrent une guerre sans pitié. Tsesta tua son mauvais frère, qui malgré tous ses efforts ne put jamais redonner à la Terre son ancienne splendeur, ni la débarrasser des mauvaises choses créent par son jumeau.
Ataensic était enceinte lorsqu’elle chuta du ciel. Elle mit au monde deux jumeaux, au caractère et à la personnalité radicalement opposés.
Tsesta, l’homme de feu était bon et doux; Taweskar’e, l’homme de pierre ou de glace, était un vrai monstre et violent. Incapables de s’entendre, ils se partagèrent la Terre en deux et chacun aménagea sa moitié à sa guise. Le bon créa un véritable paradis végétal et animal, où il n’y avait qu’à se baisser pour ramasser des haricots gros comme des poings et où les eaux des rivières coulaient dans les deux sens pour éviter aux futurs habitants de cet endroit de devoir pagayer… l’autre frère, en revanche, accoucha d’un enfer aride peuplé de moustiques et de serpents géants, perpétuellement battu par des vents glacés et hérissé de montagnes gigantesques, aux arrêtes tranchantes.
Lorsque Tsesta vit l’œuvre de son frère, il n’eut de cesse de raboter les pics acérés, d’atténuer les vents, d’éliminer ses sales bêtes en insufflant à cette région un peu de chaleur. Pendant ce temps, Taweskar’e saccageait sa création en y introduisant la peur, la haine et la violence, en transformant les animaux en bêtes féroces, en réduisant la taille des haricots, des arbres et en faisant que les rivières ne coulent que dans un sens. L’un des deux frères était décidément en trop, et ils se livrèrent une guerre sans pitié. Tsesta tua son mauvais frère, qui malgré tous ses efforts ne put jamais redonner à la Terre son ancienne splendeur, ni la débarrasser des mauvaises choses créent par son jumeau.
Hindouisme
Les védas déclinent sur plusieurs modes l’origine possible du monde; contées de manière souvent abstraite, elle ne prend vraiment chair qu’avec le mythe du Purusha, l’homme cosmique.
Doté de mille têtes, de mille yeux, de mille pieds, il est l’univers en devenir, l’ici et l’ailleurs, le maintenant et le toujours. Il fut sacrifié et dépecé par les divinités: les trois quarts de son corps servirent à façonner la sphère immobile, le quart restant revenant à la création vivante et matérielle.
De ce sacrifice naquirent les animaux. Vinrent ensuite la mélodie, la poésie, les formules religieuses. De sa bouche sortit le Brahmane, la caste supérieure de la société indienne; ses bras donnèrent la guerre, ses cuisses l’artisan, ses pieds le serviteur. De sa conscience naquit la lune, de son regard le soleil, de sa bouche Indra, la principale divinité et guerrier puissant et Agni, la divinité du feu et son souffle fit le vent. L’atmosphère sortit de son nombril, ses pieds engendrèrent la terre et enfin son oreille enfanta les quatre points cardinaux.
Selon les Brâhmanas, au commencement il n’y avait que de l’eau. Elle désirait engendrer et se demanda comment faire. Elle réfléchit et pria, accroissant sa chaleur interne qui se métamorphosa en oeuf d’or. Il flotta ça et là pendant une année, puis un homme, Prajâpati, maître des créatures, en sortit. Il brisa l’oeuf mais, comme il n’avait aucun endroit où il pouvait prendre appui, il dut rester dans sa coquille pendant encore un an. Puis il commença à parler, et émit un premier son qui fit paraître la terre. Un second son suivit, et le ciel fut. Un troisième son et l’éther naquit. Les trois mots prononcés par Prajâpati comptaient cinq syllabes, qui devinrent autant de saisons.
Le démiurge se leva enfin et s’en alla en chantant. De sa bouche sortirent les Dévas, les bons dieux qui prirent possession du ciel. Avec eux vint aussi la lumière. Puis il émit les Asuras, les esprits mauvais, qui prirent possession de la terre. Avec eux vint la nuit. Prajâpati pratiqua un ascétisme intense, qui généra une grande chaleur. Elle donna naissance à cinq enfants, le feu, le soleil, la lune, le vent et l’aurore. Cette dernière se transforma en une superbe nymphe. Les quatre autres entités conçurent un tel désir pour leur soeur que leur semence s’échappa de leur corps et Prajâpati la recueilli dans un récipient d’or.
Doté de mille têtes, de mille yeux, de mille pieds, il est l’univers en devenir, l’ici et l’ailleurs, le maintenant et le toujours. Il fut sacrifié et dépecé par les divinités: les trois quarts de son corps servirent à façonner la sphère immobile, le quart restant revenant à la création vivante et matérielle.
De ce sacrifice naquirent les animaux. Vinrent ensuite la mélodie, la poésie, les formules religieuses. De sa bouche sortit le Brahmane, la caste supérieure de la société indienne; ses bras donnèrent la guerre, ses cuisses l’artisan, ses pieds le serviteur. De sa conscience naquit la lune, de son regard le soleil, de sa bouche Indra, la principale divinité et guerrier puissant et Agni, la divinité du feu et son souffle fit le vent. L’atmosphère sortit de son nombril, ses pieds engendrèrent la terre et enfin son oreille enfanta les quatre points cardinaux.
Selon les Brâhmanas, au commencement il n’y avait que de l’eau. Elle désirait engendrer et se demanda comment faire. Elle réfléchit et pria, accroissant sa chaleur interne qui se métamorphosa en oeuf d’or. Il flotta ça et là pendant une année, puis un homme, Prajâpati, maître des créatures, en sortit. Il brisa l’oeuf mais, comme il n’avait aucun endroit où il pouvait prendre appui, il dut rester dans sa coquille pendant encore un an. Puis il commença à parler, et émit un premier son qui fit paraître la terre. Un second son suivit, et le ciel fut. Un troisième son et l’éther naquit. Les trois mots prononcés par Prajâpati comptaient cinq syllabes, qui devinrent autant de saisons.
Le démiurge se leva enfin et s’en alla en chantant. De sa bouche sortirent les Dévas, les bons dieux qui prirent possession du ciel. Avec eux vint aussi la lumière. Puis il émit les Asuras, les esprits mauvais, qui prirent possession de la terre. Avec eux vint la nuit. Prajâpati pratiqua un ascétisme intense, qui généra une grande chaleur. Elle donna naissance à cinq enfants, le feu, le soleil, la lune, le vent et l’aurore. Cette dernière se transforma en une superbe nymphe. Les quatre autres entités conçurent un tel désir pour leur soeur que leur semence s’échappa de leur corps et Prajâpati la recueilli dans un récipient d’or.
Elle devint le terrible Rudra, divinité à mille yeux et mille pieds, porteur de mille flèches représentant tout ce qu’il y a de plus terrible, cruel et violent dans le monde. Elle devint le terrible Rudra, divinité à mille yeux et mille pieds, porteur de mille flèches représentant tout ce qu’il y a de plus terrible, cruel et violent dans le monde.
Selon une autre version, Prajâpati tenta de s’unir avec sa fille mais cette dernière se transforma en antilope. Son père devint alors une antilope à son tour et s’unit à elle. Elle se métamorphosa encore et encore, en vache, en chèvre… mais à chaque fois Prajâpati endossa la forme mâle de chacune de ces créatures et la féconda. Ainsi sont nés les animaux.
Dans le Purânas, c’est le dieu Brahmâ qui est le créateur du monde. Chaque journée du dieu correspond à une période très longue à l’échelle humaine. Le monde est créé chaque matin et détruit chaque soir. La nuit est consacrée au repos du dieu, qui médite alors la création suivante.
Brahmâ et Vishnou, le dieu suprême sont interchangeables, et il n’est pas rare que la création soit attribuée au second. Chaque nuit le dieu serait couché dans les eaux, au-dessus du serpent Ananta. A l’aube, un lotus sort de son nombril et s’ouvre sur le dieu Brahmâ, qui amène de nouveaux mondes à l’existence. Fruit de sa méditation, la création s’est opérée en plusieurs étapes. Le premier produit de sa réflexion fut le règne végétal. Faite de ténèbres, confuse et immobile, cette création ne lui convient pas et il en médite alors une seconde. Apparurent alors les animaux, stupides, égoïstes, ignorants et Vishnou se remit à méditer.
Une troisième création vit le jour, absolument superbe: lumineuse, heureuse, ce fut celle des dieux. Mais ils étaient tellement satisfaits de leur sort qu’ils en devenaient inutiles et Vishnou replongea dans sa méditation.
La quatrième création fut un heureux mélange des précédents, à la fois lumineuse et sombre: ce fut celle des hommes. Entre sa naissance matinale et sa destruction crépusculaire, le monde mène une existence qui décline.
Selon une autre version, Prajâpati tenta de s’unir avec sa fille mais cette dernière se transforma en antilope. Son père devint alors une antilope à son tour et s’unit à elle. Elle se métamorphosa encore et encore, en vache, en chèvre… mais à chaque fois Prajâpati endossa la forme mâle de chacune de ces créatures et la féconda. Ainsi sont nés les animaux.
Dans le Purânas, c’est le dieu Brahmâ qui est le créateur du monde. Chaque journée du dieu correspond à une période très longue à l’échelle humaine. Le monde est créé chaque matin et détruit chaque soir. La nuit est consacrée au repos du dieu, qui médite alors la création suivante.
Brahmâ et Vishnou, le dieu suprême sont interchangeables, et il n’est pas rare que la création soit attribuée au second. Chaque nuit le dieu serait couché dans les eaux, au-dessus du serpent Ananta. A l’aube, un lotus sort de son nombril et s’ouvre sur le dieu Brahmâ, qui amène de nouveaux mondes à l’existence. Fruit de sa méditation, la création s’est opérée en plusieurs étapes. Le premier produit de sa réflexion fut le règne végétal. Faite de ténèbres, confuse et immobile, cette création ne lui convient pas et il en médite alors une seconde. Apparurent alors les animaux, stupides, égoïstes, ignorants et Vishnou se remit à méditer.
Une troisième création vit le jour, absolument superbe: lumineuse, heureuse, ce fut celle des dieux. Mais ils étaient tellement satisfaits de leur sort qu’ils en devenaient inutiles et Vishnou replongea dans sa méditation.
La quatrième création fut un heureux mélange des précédents, à la fois lumineuse et sombre: ce fut celle des hommes. Entre sa naissance matinale et sa destruction crépusculaire, le monde mène une existence qui décline.
L’âge d’or, une ère de justice, de prospérité, de bonheur laisse petit à petit place à l’âge où les hommes commencent à souffrir, à travailler, où ils deviennent mortels puis suit une ère de vices, du mal et de la corruption. Le quatrième termine le cycle sur un ensemble de catastrophes: maladies, inondations, renversement de saisons puis un nouveau cycle lui succède.
Nous sommes sous le règne du septième Manu, père de l’humanité actuelle. Il faillit périr dans un déluge provoqué par un démon qui précipita la terre dans l’eau et fut sauvé par un petit poisson. Il n’était autre que Vishnou lui-même, qui révéla à Manu la date du déluge et qui le poussa à construire un bateau grâce auquel il eut la vie sauve. Le dieu, sous la forme d’un sanglier, plongea dans les eaux et en sortit la terre. Lorsqu’elle flotta de nouveau, le dieu l’aplanit, l’orna de montagnes et la divisa en sept continents concentriques, séparés par des mers de différentes natures: mer de sel, de canne à sucre, de vin, de beurre, de lait caillé, de lait, d’eau douce… le tout est enfermé dans l’oeuf cosmique, celui d’où brahmâ lui-même est issu. Selon certains le nombre d’oeuf serait infini.
Au milieu de la terre, juste sous l’étoile polaire, se dresse le mont Meru, demeure des divinités. Ces derniers avaient perdu beaucoup de biens dans le déluge, dont leur précieuse ambroisie, le nectar qui leur conférait l’immortalité. Les démons acceptèrent d’aider leurs éternels ennemis à la récupérer. Une tortue plongea au fond de la mer de lait et sa carapace servit de socle à la montagne Mandara. Le serpent Vâsuki s’enroula autour d’elle et les dieux et démons, tirant les uns sur la tête, les autres sur la queue se mirent à battre le lait. Il en sortit une multitudes d’êtres et de choses: le médecin des dieux Dhanvantari tenant dans ses mains l’ambroisie, la belle déesse Lakshmi, que Vishnou épousa, la lune, un cheval divin, la vache d’abondance Surhabi, un éléphant royal, un arc, une conque. Les démons voulurent à leur tour goûter à l’ambroisie et une gigantesque bataille s'ensuivit… l’un des démons Râhu, voulut voler le nectar mais le soleil et la lune qui s’en aperçurent le dénoncèrent à Vshnou. Il lui trancha la tête qui vola dans le ciel, tandis que son corps se tortillant sur terre, provoqua ainsi des tremblements de terre. Depuis, la tête de Râhu essaie de dévorer le soleil ou la lune, qui ont été les auteurs de sa perte, comme en témoignent les éclipses.
Nous sommes sous le règne du septième Manu, père de l’humanité actuelle. Il faillit périr dans un déluge provoqué par un démon qui précipita la terre dans l’eau et fut sauvé par un petit poisson. Il n’était autre que Vishnou lui-même, qui révéla à Manu la date du déluge et qui le poussa à construire un bateau grâce auquel il eut la vie sauve. Le dieu, sous la forme d’un sanglier, plongea dans les eaux et en sortit la terre. Lorsqu’elle flotta de nouveau, le dieu l’aplanit, l’orna de montagnes et la divisa en sept continents concentriques, séparés par des mers de différentes natures: mer de sel, de canne à sucre, de vin, de beurre, de lait caillé, de lait, d’eau douce… le tout est enfermé dans l’oeuf cosmique, celui d’où brahmâ lui-même est issu. Selon certains le nombre d’oeuf serait infini.
Au milieu de la terre, juste sous l’étoile polaire, se dresse le mont Meru, demeure des divinités. Ces derniers avaient perdu beaucoup de biens dans le déluge, dont leur précieuse ambroisie, le nectar qui leur conférait l’immortalité. Les démons acceptèrent d’aider leurs éternels ennemis à la récupérer. Une tortue plongea au fond de la mer de lait et sa carapace servit de socle à la montagne Mandara. Le serpent Vâsuki s’enroula autour d’elle et les dieux et démons, tirant les uns sur la tête, les autres sur la queue se mirent à battre le lait. Il en sortit une multitudes d’êtres et de choses: le médecin des dieux Dhanvantari tenant dans ses mains l’ambroisie, la belle déesse Lakshmi, que Vishnou épousa, la lune, un cheval divin, la vache d’abondance Surhabi, un éléphant royal, un arc, une conque. Les démons voulurent à leur tour goûter à l’ambroisie et une gigantesque bataille s'ensuivit… l’un des démons Râhu, voulut voler le nectar mais le soleil et la lune qui s’en aperçurent le dénoncèrent à Vshnou. Il lui trancha la tête qui vola dans le ciel, tandis que son corps se tortillant sur terre, provoqua ainsi des tremblements de terre. Depuis, la tête de Râhu essaie de dévorer le soleil ou la lune, qui ont été les auteurs de sa perte, comme en témoignent les éclipses.
Tibet
L’univers, le grand véhicule décrit dans le livre des morts tibétain, est fortement influencé par l’hindouisme. Il existe une infinité de mondes qui ressemblent à des disques enfilés sur une montagne axiale, le mont Meru. L’organisation de la terre s’inspire du modèle indien, avec sept chaînes annulaires de montagnes séparées par des mers. l’ensemble est entouré d’un vaste océan, d’où émergent quatre continents situés aux quatre coins cardinaux. Le monde souterrain des morts est lui, placé sous le mont Meru.
Tout à commencé par la réunion des cinq éléments constitutifs de l’univers au sein d’un oeuf. Un lac se forma à l’intérieur et se transforma en tourbillon d’où jaillirent les six espèces d’être vivants. Le jaune de l’oeuf primordial se divisa en dix-huit autres oeufs dont un, d’un blanc parfait, se sépara et se distingua des autres. Des bras et des jambes lui poussèrent, des organes des sens apparurent et il se transforma en un jeune homme d’une beauté extraordinaire, le roi Ye-smon, l’ancêtre des Rlang.
Dans un autre récit tibétain, de l’incréé originel, jaillit une lumière blanche. Ce cette lumière sortit un oeuf parfait, lumineux. Dépourvu de bras, de jambes, d’ailes ou de bouches, il pouvait cependant parler, se déplacer et voler.
Cinq mois plus tard, l’oeuf se brisa et il en sortit un homme, le démiurge primordial qui ordonna l’univers. Selon une version, le monde serait issu des parties de l’oeuf lui-même: sa peau donna les montagnes, la partie crémeuse l’espace, la chaleur contenue en lui devint le feu…
Un autre thème cosmogonique tibétain est celui du démembrement d’un être cosmique. A l’origine était une klu femelle, appelé « la reine élu qui a mis le monde visible en ordre », née elle-même du vide. Le ciel sortit de sa tête, la lune de son oeil droit et le soleil du gauche, les planètes de ses dents.
Tout à commencé par la réunion des cinq éléments constitutifs de l’univers au sein d’un oeuf. Un lac se forma à l’intérieur et se transforma en tourbillon d’où jaillirent les six espèces d’être vivants. Le jaune de l’oeuf primordial se divisa en dix-huit autres oeufs dont un, d’un blanc parfait, se sépara et se distingua des autres. Des bras et des jambes lui poussèrent, des organes des sens apparurent et il se transforma en un jeune homme d’une beauté extraordinaire, le roi Ye-smon, l’ancêtre des Rlang.
Dans un autre récit tibétain, de l’incréé originel, jaillit une lumière blanche. Ce cette lumière sortit un oeuf parfait, lumineux. Dépourvu de bras, de jambes, d’ailes ou de bouches, il pouvait cependant parler, se déplacer et voler.
Cinq mois plus tard, l’oeuf se brisa et il en sortit un homme, le démiurge primordial qui ordonna l’univers. Selon une version, le monde serait issu des parties de l’oeuf lui-même: sa peau donna les montagnes, la partie crémeuse l’espace, la chaleur contenue en lui devint le feu…
Un autre thème cosmogonique tibétain est celui du démembrement d’un être cosmique. A l’origine était une klu femelle, appelé « la reine élu qui a mis le monde visible en ordre », née elle-même du vide. Le ciel sortit de sa tête, la lune de son oeil droit et le soleil du gauche, les planètes de ses dents.
Quand elle fermait les yeux, c’était la nuit et quand elle les ouvrait, c’était le jour. Sa voix devint le tonnerre, sa langue l’éclair, son souffle les nuages, ses larmes la pluie. Les orages de grêle sortirent du gras de sa langue, le vent jaillit de ses trous de nez, les océans de son sang. La terre fut formée à partir de sa chair, ses os donnèrent les montagnes.
Un autre récit attribue la mise en ordre de l’univers à deux principes antagonistes. A l’origine était une sorte de chaos, contenant toute la création, tout ce qui allait venir à l’existence. Les quatre saisons étaient là, mais ne se distinguaient pas les unes des autres. Les fleuves ne s’écoulaient pas, les astres ne bougeaient pas, les démons et les divinités étaient inactifs. Il n’y avait pas de séparation entre le jour et le nuit. Cette création amorphe, inutile, n’avait pas encore de sens parce que personne n’était là pour lui en fournir. Deux lumière jaillirent, une noire et une blanche. Elles donnèrent naissance à un homme noir et un à un homme blanc.
Le premier était le maitre du néant, de la mort, du nuisible sous toutes ses formes et de la destruction. Il fit mourir le soleil et la lune, assigna leurs postes aux démons. Il lança le tonnerre, la foudre, la grêle, les cycles du feu, de l’eau et du vent. Il lâcha les maladies et enclencha les calamités. Il créa les animaux cruels et prédateurs et désigna à chacun sa proie. Il associa à chaque élément de la création un objet ou un être chargé de porter le mal en lui: la hache à l’arbre, la faucille et le vent glacé aux plantes, les démons aux hommes, les insectes et la vermine au riz…
Puis l’homme blanc, « le maitre du monde qui aime l’existence » fit le soleil doux et chaud, la lune brillante et claire. Il sépara le jour de la nuit, régla la marche des astres, fit en sorte que la pluie tombe au bon moment. Il créa des forêts luxuriantes et sauvage et offrit bonheur, santé, paix aux hommes et au monde.
Un autre récit attribue la mise en ordre de l’univers à deux principes antagonistes. A l’origine était une sorte de chaos, contenant toute la création, tout ce qui allait venir à l’existence. Les quatre saisons étaient là, mais ne se distinguaient pas les unes des autres. Les fleuves ne s’écoulaient pas, les astres ne bougeaient pas, les démons et les divinités étaient inactifs. Il n’y avait pas de séparation entre le jour et le nuit. Cette création amorphe, inutile, n’avait pas encore de sens parce que personne n’était là pour lui en fournir. Deux lumière jaillirent, une noire et une blanche. Elles donnèrent naissance à un homme noir et un à un homme blanc.
Le premier était le maitre du néant, de la mort, du nuisible sous toutes ses formes et de la destruction. Il fit mourir le soleil et la lune, assigna leurs postes aux démons. Il lança le tonnerre, la foudre, la grêle, les cycles du feu, de l’eau et du vent. Il lâcha les maladies et enclencha les calamités. Il créa les animaux cruels et prédateurs et désigna à chacun sa proie. Il associa à chaque élément de la création un objet ou un être chargé de porter le mal en lui: la hache à l’arbre, la faucille et le vent glacé aux plantes, les démons aux hommes, les insectes et la vermine au riz…
Puis l’homme blanc, « le maitre du monde qui aime l’existence » fit le soleil doux et chaud, la lune brillante et claire. Il sépara le jour de la nuit, régla la marche des astres, fit en sorte que la pluie tombe au bon moment. Il créa des forêts luxuriantes et sauvage et offrit bonheur, santé, paix aux hommes et au monde.
Avalokiteshvara, dont le dalaï-lama serait la réincarnation se rendit un jour au sommet de la montagne de Potala et, de là, contempla ce qui allait devenir le Tibet, le pays qu’il était chargé de convertir. De la paume de sa main gauche, il fit jaillir un rayon de lumière qui se transforma en singe.
Aussitôt né celui-ci s’installa dans une épaisse forêt et se mit à méditer. Il n’y avait pas d’hommes à l’époque, seulement des fauves, des animaux sauvages, des éléphants, des poissons, des oiseaux et des créatures surnaturelles de toutes sortes. Une démone des rochers vit le singe pieux et sage et en tomba amoureuse. Elle prit l’apparence d’une guenon et tenta de le séduire. Mais elle eut beau faire, le singe ne ressentit aucun désir et poursuivit tranquillement sa méditation. Au bout de sept jours, la démone se mit en colère: s’il la rejetait alors elle se donnerait aux démons et engendrerait quantité de démons qui dévoreraient chaque jours des milliers de créatures innocentes et finiraient par contrôler la région. Perplexe le singe demanda conseil au sage Avalokiteshvara qui le pria d’aller vivre avec la démone. Le singe obéit et ensemble ils eurent six fils.
Leur père les conduisit dans une forêt et les abandonna. Ils se mêlèrent aux singes qui y vivaient et, quand leur géniteur revint les voir, ils n’étaient ni humains, ni singes. Deux groupes se distinguaient: ceux qui étaient pieux, courageux et sages comme leur père, qui devinrent plus tard des bodhisattvas, et ceux qui ressemblaient à leur mère, avides de sang, vigoureux et courageux, qui devinrent cannibales et malfaisants. Avalokiteshvara donna des graine au père singe, en demandant de faire manger leurs fruits à ses enfants qui s’unirent ainsi pour la première fois avant un repas commun. Ensuite, il fit jaillir un rayon de lumière qui se transforma en un petit garçon d’une grande beauté. Subjuguées, les créatures ni-hommes, ni singes l’écoutèrent leur enseigner la loi bouddhique. Convertis, ils s’y conformèrent et se transformèrent petit à petit en hommes tibétains.
Aussitôt né celui-ci s’installa dans une épaisse forêt et se mit à méditer. Il n’y avait pas d’hommes à l’époque, seulement des fauves, des animaux sauvages, des éléphants, des poissons, des oiseaux et des créatures surnaturelles de toutes sortes. Une démone des rochers vit le singe pieux et sage et en tomba amoureuse. Elle prit l’apparence d’une guenon et tenta de le séduire. Mais elle eut beau faire, le singe ne ressentit aucun désir et poursuivit tranquillement sa méditation. Au bout de sept jours, la démone se mit en colère: s’il la rejetait alors elle se donnerait aux démons et engendrerait quantité de démons qui dévoreraient chaque jours des milliers de créatures innocentes et finiraient par contrôler la région. Perplexe le singe demanda conseil au sage Avalokiteshvara qui le pria d’aller vivre avec la démone. Le singe obéit et ensemble ils eurent six fils.
Leur père les conduisit dans une forêt et les abandonna. Ils se mêlèrent aux singes qui y vivaient et, quand leur géniteur revint les voir, ils n’étaient ni humains, ni singes. Deux groupes se distinguaient: ceux qui étaient pieux, courageux et sages comme leur père, qui devinrent plus tard des bodhisattvas, et ceux qui ressemblaient à leur mère, avides de sang, vigoureux et courageux, qui devinrent cannibales et malfaisants. Avalokiteshvara donna des graine au père singe, en demandant de faire manger leurs fruits à ses enfants qui s’unirent ainsi pour la première fois avant un repas commun. Ensuite, il fit jaillir un rayon de lumière qui se transforma en un petit garçon d’une grande beauté. Subjuguées, les créatures ni-hommes, ni singes l’écoutèrent leur enseigner la loi bouddhique. Convertis, ils s’y conformèrent et se transformèrent petit à petit en hommes tibétains.
Japon
Au japon, le bouddhisme a dû cohabiter avec le shintô, « la voie des dieux » fondée su le culte des kamis. Les kamis sont des sortes de puissances naturelles incarnées dans une multitude d’objets- montagnes, rivières, arbres- de phénomènes naturels- pluie, vent, orage, éclairs…- et d’êtres -animaux, humains, esprit… il se produisit un curieux mélange entre croyances bouddhistes et locales au japon, et plusieurs amis, comme Hachiman, le dieu de la guerre, furent élevés au rang de saints qui ont renoncé au nirvana pour aider le commun des mortels à échapper au cycle des réincarnations.
Un mythe shintô raconte qu’un oeuf, renfermant en lui le germe du monde, un jour se brisa. La partie lumineuse s’évapora pour former le ciel et ses éléments lourds se ramassèrent et se coagulèrent en une terre primordiale qui ressemblait à une sorte de gelée. Apparurent ensuite toute une série de divinités, dont le couple primordial Izanagi et Izanami.
Priés par leurs prédécesseurs de compléter et de solidifier la terre, tous deux prirent place dans le radeau céleste- peut être un arc-en-ciel- et plongèrent une lance empierres précieuses dans le magma initial. Lorsqu’ils la retirèrent, l’eau qui dégoutta de sa pointe se solidifia et devint le premier sol ferme, l’île d’Onogoro. Le couple y érigea un pilier cosmique et y construisit le palais où ils désiraient vivre. Tous deux entamèrent ensuite une danse matrimoniale, tournant autour du pilier central, pour se retrouver l’un en face de l’autre.
Un mythe shintô raconte qu’un oeuf, renfermant en lui le germe du monde, un jour se brisa. La partie lumineuse s’évapora pour former le ciel et ses éléments lourds se ramassèrent et se coagulèrent en une terre primordiale qui ressemblait à une sorte de gelée. Apparurent ensuite toute une série de divinités, dont le couple primordial Izanagi et Izanami.
Priés par leurs prédécesseurs de compléter et de solidifier la terre, tous deux prirent place dans le radeau céleste- peut être un arc-en-ciel- et plongèrent une lance empierres précieuses dans le magma initial. Lorsqu’ils la retirèrent, l’eau qui dégoutta de sa pointe se solidifia et devint le premier sol ferme, l’île d’Onogoro. Le couple y érigea un pilier cosmique et y construisit le palais où ils désiraient vivre. Tous deux entamèrent ensuite une danse matrimoniale, tournant autour du pilier central, pour se retrouver l’un en face de l’autre.
Izanami se présenta à Izanagi comme si elle ne le connaissait pas et lui fit des avances, ce que son compagnon n’apprécia pas. Chacun demanda à l’autre comment il était fait, s’il n’y avait pas quelque chose de particulier dans son anatomie. Izanami reconnut posséder un manque, une insuffisance à un certain endroit de son corps, alors qu’Izanagi avouait un excès. Ces deux parties devaient être féminine et masculine, et il serait sans doute judicieux de les unir. Ce qui fut fait.
Leur premier-né, Hiruko, les déçut terriblement: difforme, il ressemblait à une sangsue. Ils le mirent dans un berceau et l’abandonnèrent sur l’eau. Consultés, les dieux décrétèrent que c’était la faute d’Izanami: elle n’aurait jamais dû adresser la première la parole à son époux lors de leur danse. Le couple recommença le rituel en respectant cette fois les règles de préséances masculines. Izanami engendra alors les îles qui allaient constituer l’archipel nippon et mit au monde une multitude d’entités, amis du vent, des montagnes, des arbres… hélas, elle ne survécu pas à la naissance du dieu du feu et périt brûlée lors de l’accouchement.
Resté seul, inconsolable Izanagi décapita le coupable avant de décider d’aller chercher son épouse dans le yomi, le monde des morts. Izanami, invisible parmi les ombres accueillit son mari à l’entrée des enfers et l’écouta tristement lui demander de revenir auprès de lui. Izanagi était arrivé bien trop tard, elle avait déjà partagé le repas des morts, ce qui lui interdisait tout retour en arrière.
Leur premier-né, Hiruko, les déçut terriblement: difforme, il ressemblait à une sangsue. Ils le mirent dans un berceau et l’abandonnèrent sur l’eau. Consultés, les dieux décrétèrent que c’était la faute d’Izanami: elle n’aurait jamais dû adresser la première la parole à son époux lors de leur danse. Le couple recommença le rituel en respectant cette fois les règles de préséances masculines. Izanami engendra alors les îles qui allaient constituer l’archipel nippon et mit au monde une multitude d’entités, amis du vent, des montagnes, des arbres… hélas, elle ne survécu pas à la naissance du dieu du feu et périt brûlée lors de l’accouchement.
Resté seul, inconsolable Izanagi décapita le coupable avant de décider d’aller chercher son épouse dans le yomi, le monde des morts. Izanami, invisible parmi les ombres accueillit son mari à l’entrée des enfers et l’écouta tristement lui demander de revenir auprès de lui. Izanagi était arrivé bien trop tard, elle avait déjà partagé le repas des morts, ce qui lui interdisait tout retour en arrière.
Elle pria son époux de ne surtout pas essayer de la regarder, mais Izanagi avait trop envie de revoir le visage de sa femme. Il brisa les dents d’un peigne, y mit le feu et pénétra dans le monde des morts avec sa torche improvisée. Il vit alors ce qu’était devenu Izanami, un corps décomposé, rongé par les vers. Terrifié il fit demi-tour et s’enfuit.
Rendue furieuse par sa trahison, Izanami se transforma en un fantôme redoutable et lança à ses trousse une orde de démons. Izanagi réussit à s’en débarrasser et avait atteint la sortie des enfers quand son épouse le rattrapa. Il eut juste le temps de passer de l’autre côté et de faire rouler un rocher pour empêcher sa femme d’en sortir. Tous deux se firent face de part et d’autre de l’infranchissable obstacle et rompirent leur serment de mariage.
Après cette terrible aventure Izanagi voulut se purifier et prit un long bain. Trois nouvelles entités naquirent de ses ablutions: Amaterasu, la déesse du soleil, vint au monde alors qu’il lavait son oeil gauche; Tsukiyomi, le dieu lune, apparut alors qu’il nettoyait son oeil droit et Susano, dieu des tempêtes, émergea de son nez. Considérant ses enfants, Izanagi décida qu’il serait plus sage de leur confier le monde et de se retirer. Amaterasu fut chargée de veiller sur le ciel, Tsukiyomi reçut le royaume de la nuit et Susano eut en charge les océans.
Rendue furieuse par sa trahison, Izanami se transforma en un fantôme redoutable et lança à ses trousse une orde de démons. Izanagi réussit à s’en débarrasser et avait atteint la sortie des enfers quand son épouse le rattrapa. Il eut juste le temps de passer de l’autre côté et de faire rouler un rocher pour empêcher sa femme d’en sortir. Tous deux se firent face de part et d’autre de l’infranchissable obstacle et rompirent leur serment de mariage.
Après cette terrible aventure Izanagi voulut se purifier et prit un long bain. Trois nouvelles entités naquirent de ses ablutions: Amaterasu, la déesse du soleil, vint au monde alors qu’il lavait son oeil gauche; Tsukiyomi, le dieu lune, apparut alors qu’il nettoyait son oeil droit et Susano, dieu des tempêtes, émergea de son nez. Considérant ses enfants, Izanagi décida qu’il serait plus sage de leur confier le monde et de se retirer. Amaterasu fut chargée de veiller sur le ciel, Tsukiyomi reçut le royaume de la nuit et Susano eut en charge les océans.
Chine
L’univers primordial chinois était alors un chaos indifférencié en forme d’oeuf, dans lequel Pan Gu vint au monde. Il grandit et se fortifia à l’abri de sa coquille pendant dix-huit mille ans, puis l’oeuf finit par éclore. Les éléments légers et lumineux qu’il contenait s’élevèrent pour former le ciel, tandis que les lourds et les obscurs se rassemblaient pour donner la terre. Pan Gu se mit alors debout et s’intercala entre eux. Il continua à grandir, à raison d’environ trois mètres par jour, augmentant d’autant la distance entre le ciel et la terre. Au fil de sa croissance, ces derniers s’épaississaient et durcissaient, et, au bout de dix-huit mille autres années, ils atteignirent chacun leur position définitive.
Une fois sa mission accomplie, Pan Gu mourut. Sa tête devint la montagne de l’est, son ventre le pic du centre, son bras gauche le pic du sud, le droit le pic du nord et ses pieds le pic de l’ouest. Ses yeux donnèrent la lune et le soleil, sa graisse fournit l’eau des mers et des fleuves, ses cheveux et ses poils engendrèrent arbres et végétaux. De ses larmes jaillit le fleuve bleu et le fleuve jaune, de son souffle naquit le vent et sa voix se transforma en tonnerre. Bien que trépassé et démembré, Pan Gu continua à avoir des états d’âmes et, suivant que son humeur était au beau fixe ou orageuse, le soleil brillait ou la tempête hurlait. De même l’alternance du jour et de la nuit dépendait de ses clignements d’yeux.
L’humanité est l’oeuvre de la déesse au corps de serpent ou de dragon Nü Gua, épouse de Fu Xi. Elle vivait alors sur terre à peu près complète, avec arbres, rivières, forêts et animaux, mais où elle n’avait personne avec qui parler. Un jour qu’elle se mirait dans une flaque d’eau, elle eut une idée. Elle prit de la glaise jaune et façonna une petite copie d’elle-même. Celle-ci s’anima aussitôt autour de sa créatrice: le premier humain était né.
Une fois sa mission accomplie, Pan Gu mourut. Sa tête devint la montagne de l’est, son ventre le pic du centre, son bras gauche le pic du sud, le droit le pic du nord et ses pieds le pic de l’ouest. Ses yeux donnèrent la lune et le soleil, sa graisse fournit l’eau des mers et des fleuves, ses cheveux et ses poils engendrèrent arbres et végétaux. De ses larmes jaillit le fleuve bleu et le fleuve jaune, de son souffle naquit le vent et sa voix se transforma en tonnerre. Bien que trépassé et démembré, Pan Gu continua à avoir des états d’âmes et, suivant que son humeur était au beau fixe ou orageuse, le soleil brillait ou la tempête hurlait. De même l’alternance du jour et de la nuit dépendait de ses clignements d’yeux.
L’humanité est l’oeuvre de la déesse au corps de serpent ou de dragon Nü Gua, épouse de Fu Xi. Elle vivait alors sur terre à peu près complète, avec arbres, rivières, forêts et animaux, mais où elle n’avait personne avec qui parler. Un jour qu’elle se mirait dans une flaque d’eau, elle eut une idée. Elle prit de la glaise jaune et façonna une petite copie d’elle-même. Celle-ci s’anima aussitôt autour de sa créatrice: le premier humain était né.
Ravie, Nü Gua fabriqua toute une série de petits hommes, jusqu’à ce que le travail de modelage finisse par la fatiguer. Elle trempa alors une ficelle dans de la boue et l’agita, projetant autour d’elle des tas de petites gouttes qui devinrent autant d’humains. De basse extraction, ces derniers formèrent le peuple chinois, dominé et commandé par ses nobles prédécesseurs pétris dans de la belle terre jaune… l’aménagement de la terre était cependant loin d’être terminé, et une succession de catastrophes plus ou moins naturelles mirent à rude épreuve des empereurs qui se succédèrent à la tête de ce nouveau monde.
Du temps de Nü Gua, déjà, un désastre planétaire faillit anéantir l’humanité. Une querelle éclata entre l’empereur céleste Zhuan Xu et le dieu de l’eau Gong Gong, horrible créature au corps recouvert d’écailles et à l’épaisse chevelure rouge. Une guerre terrible s’ensuivit. Gong Gong lança contre son adversaire tout ce que les mers pouvaient produire d’horribles monstres, que l’autre fit cuire comme de vulgaires crustacés en ordonnant au soleil de faire bouillir les eaux. De rage Gong Gong donna un violent coup de tête à la montagne qui soutenait le coin nord-ouest du ciel. Elle s’effondra, un gros trou s’ouvrit dans le ciel et toute la terre bascula vers le sud-est. Nü Gua se précipita au secours des hommes, répara le trou céleste en utilisant des pierres de cinq couleurs, coupa les pattes d’une tortue géante et s’en servit pour soutenir les quatre coins du ciel. Elle arrêta l’inondation provoquée par la catastrophe, éteignit les incendies et tua Gong Gong. Le déséquilibre a cependant persisté et l’axe du ciel demeura incliné. C’est aussi suite au coup de tête de Gong Gong que les fleuves de la Chine coulent vers le sud-est.
La séparation définitive du ciel et de la terre serait l’oeuvre de Huang Di, le mythique empereur jaune, patron des taoïstes et des alchimistes. Il existait alors une voie de communication entre ciel et terre, empruntée régulièrement par les divinités et surtout par les Miao, êtres ailés et cruels qui opprimaient les humains. Leurs plaintes parvinrent jusqu’à Huang Di, qui en eut pitié et ordonna que le lien entre ciel et terre fut définitivement coupé.
Du temps de Nü Gua, déjà, un désastre planétaire faillit anéantir l’humanité. Une querelle éclata entre l’empereur céleste Zhuan Xu et le dieu de l’eau Gong Gong, horrible créature au corps recouvert d’écailles et à l’épaisse chevelure rouge. Une guerre terrible s’ensuivit. Gong Gong lança contre son adversaire tout ce que les mers pouvaient produire d’horribles monstres, que l’autre fit cuire comme de vulgaires crustacés en ordonnant au soleil de faire bouillir les eaux. De rage Gong Gong donna un violent coup de tête à la montagne qui soutenait le coin nord-ouest du ciel. Elle s’effondra, un gros trou s’ouvrit dans le ciel et toute la terre bascula vers le sud-est. Nü Gua se précipita au secours des hommes, répara le trou céleste en utilisant des pierres de cinq couleurs, coupa les pattes d’une tortue géante et s’en servit pour soutenir les quatre coins du ciel. Elle arrêta l’inondation provoquée par la catastrophe, éteignit les incendies et tua Gong Gong. Le déséquilibre a cependant persisté et l’axe du ciel demeura incliné. C’est aussi suite au coup de tête de Gong Gong que les fleuves de la Chine coulent vers le sud-est.
La séparation définitive du ciel et de la terre serait l’oeuvre de Huang Di, le mythique empereur jaune, patron des taoïstes et des alchimistes. Il existait alors une voie de communication entre ciel et terre, empruntée régulièrement par les divinités et surtout par les Miao, êtres ailés et cruels qui opprimaient les humains. Leurs plaintes parvinrent jusqu’à Huang Di, qui en eut pitié et ordonna que le lien entre ciel et terre fut définitivement coupé.
Le désordre reprit une nouvelle fois le dessus aux temps de l’empereur Yao. Il y avait alors dix soleils, qui vivaient dans le mûrier fabuleux, l’arbre Fu Sang. Chaque jour, après avoir été baigné par sa mère, un seul d’entre eux était autorisé à se lever et à grimper jusqu’au sommet de l’arbre. Il sautait ensuite dans le char tiré par six dragons et partait pour une promenade dans le ciel. Il revenait ensuite à son arbre, rejoignait ses frères au pieds de Fu Sang, et l’obscurité retombait sur terre. Le lendemain, c’était au tour d’un autre soleil de le remplacer. Les astres se levaient à tour de rôle, et il n’y en avait jamais plus d’un par jour dans le ciel. Jusqu’au funeste matin où toute la fratrie décida en même temps de prendre son envol. La terre fut brûlée, des monstres sortirent de nulle part, et les hommes faillirent tous mourir de faim et de soif. Horrifié, Yao leur expédia son meilleur archer, Yi, qui décocha une flèche et tua aux frères rebelles. Un seul soleil survécu au massacre.
Yao dut aussi faire face à de gigantesques inondations, provoquées par l’écoulement désordonné des eaux. Yu le Grand, en parfait ingénieur, creusa les lits des fleuves et domestiqua les eaux sauvages.
Selon une version taoïste, courant philosophico-religieux dont le but est d’atteindre la voie de l’ordre dans la nature, au commencement, lorsque les éléments clairs et purs s’élevèrent pour former le ciel et les éléments lourds se coagulaient formèrent la terre, les essences complémentaires du ciel et de la terre devinrent le Ying et le Yang, qui se mêlèrent pour donner les saisons. Lorsque les essences des saisons se diversifièrent, elles formèrent les dix mille êtres. Le souffle chaud du Yang qui s’accumulait finit par produire le feu dont les éléments les plus subtils devinrent le soleil. Le souffle froid du Ying créa l’eau, dont les éléments les plus légers devinrent la lune. Les émanation surabondantes du soleil et de la lune devinrent les étoiles. Le ciel reçu le soleil, la lune et les étoiles, la terre reçut, l’eau, les rivières, le sol et la poussière. Puis vint Gong Gong et le monde connu son célèbre basculement cosmique.
Yao dut aussi faire face à de gigantesques inondations, provoquées par l’écoulement désordonné des eaux. Yu le Grand, en parfait ingénieur, creusa les lits des fleuves et domestiqua les eaux sauvages.
Selon une version taoïste, courant philosophico-religieux dont le but est d’atteindre la voie de l’ordre dans la nature, au commencement, lorsque les éléments clairs et purs s’élevèrent pour former le ciel et les éléments lourds se coagulaient formèrent la terre, les essences complémentaires du ciel et de la terre devinrent le Ying et le Yang, qui se mêlèrent pour donner les saisons. Lorsque les essences des saisons se diversifièrent, elles formèrent les dix mille êtres. Le souffle chaud du Yang qui s’accumulait finit par produire le feu dont les éléments les plus subtils devinrent le soleil. Le souffle froid du Ying créa l’eau, dont les éléments les plus légers devinrent la lune. Les émanation surabondantes du soleil et de la lune devinrent les étoiles. Le ciel reçu le soleil, la lune et les étoiles, la terre reçut, l’eau, les rivières, le sol et la poussière. Puis vint Gong Gong et le monde connu son célèbre basculement cosmique.
Indonésie
En Indonésie, chez les Bataks, l’univers d’en haut, où habitent les dieux et leurs familles, et celui d’en bas, maison du grand serpent cosmique Naga Padoha, peuplé de fantômes et de démons, étaient déjà en place au moment de la création. Le monde du milieu n’existait pas encore et les eaux vides séparaient le dessus du dessous. Au septième et dernier étage de l’univers supérieur vit le grand dieu suprême, Mula Djadi. Largement indifférent à ce qui peut bien se passer sous ses pieds, il n’est pas directement accessible aux hommes qui préfèrent s’adresser à ses fils. Mule djadi possédait une fabuleuse poule bleue, manuk-manuk, qu’il traitait et considérait comme une vraie femme. Elle pondit trois gros oeufs, dont sont issues les trois principales divinités Bataks: Batara Guru, le plus puissant, celui qui enseigna les arts et règles sociales aux hommes, Soripata et Mangalabulan, à la fois protecteur des humains, de leurs biens et patron des voleurs.
Mangalabulan avait un fils, Raja Odap-Odap, qu’il rêvait de voir épouser la fille aînée de Batara Guru. Mais ce fils n’avait d’yeux que pour la cadette, Boru Deak Pordjar et le fit savoir à sa promise. Celle-ci en conçu une telle honte qu’elle préféra se suicider. Boru Deak Pordjar n’avait nulle envie de la remplacer auprès de son cousin, elle se précipita dans les eaux primordiales. Une hirondelle fut témoin de sa chute, qui vola à tire-d’ailes tout raconter à Batara Guru. Ému par le sort de sa fille, il confia à l’oiseau une poignée de terre. l’hirondelle la répandit sur l’océan et la surface qu’elle recouvrit se mit à grandir et s’épaissir pour former la terre. Elle se posa comme un couvercle sur le monde d’en bas, empêchant désormais la lumière de pénétrer l’univers souterrain où était lové le serpent Nage Padoha. Il essaya de se débarrasser de la terre.
Batara Guru lui expédia alors son meilleur combattant et au terme d’une bataille mémorable, le serpent fut fait prisonnier et renvoyé dans les obscurités du dessous.
Mangalabulan avait un fils, Raja Odap-Odap, qu’il rêvait de voir épouser la fille aînée de Batara Guru. Mais ce fils n’avait d’yeux que pour la cadette, Boru Deak Pordjar et le fit savoir à sa promise. Celle-ci en conçu une telle honte qu’elle préféra se suicider. Boru Deak Pordjar n’avait nulle envie de la remplacer auprès de son cousin, elle se précipita dans les eaux primordiales. Une hirondelle fut témoin de sa chute, qui vola à tire-d’ailes tout raconter à Batara Guru. Ému par le sort de sa fille, il confia à l’oiseau une poignée de terre. l’hirondelle la répandit sur l’océan et la surface qu’elle recouvrit se mit à grandir et s’épaissir pour former la terre. Elle se posa comme un couvercle sur le monde d’en bas, empêchant désormais la lumière de pénétrer l’univers souterrain où était lové le serpent Nage Padoha. Il essaya de se débarrasser de la terre.
Batara Guru lui expédia alors son meilleur combattant et au terme d’une bataille mémorable, le serpent fut fait prisonnier et renvoyé dans les obscurités du dessous.
Ce sont ses rageuses contorsions qui ont déformé la surface de la terre, dressant les montagnes et creusant les vallées, et ses soubresauts provoquent encore des séismes. Après cette victoire Batara Guru équipa la terre de tout le nécessaire et Boru Deak Pordjar épousa le vainqueur du serpent cosmique.les hommes sont les enfants de ce couple primordial.
Les Ibans attribuent l’origine du monde à deux esprits incarnés dans les oiseaux, Ara et Irik, qui vivaient aux deux extrémités d’une vaste étendue d’eau. Ils plongèrent dans ses profondeurs et en remontèrent chacun un oeuf. Ara forma le ciel avec le sien et Irik façonna la terre avec l’autre. Malheureusement le ciel se révéla trop étroit pour pouvoir recouvrir toute la terre et ils durent la comprimer pour la mettre à la bonne taille. Se faisant Ara et Irik l’ont considérablement déformée et ont provoqué d’innombrables infiltrations d’eaux, ce qui explique ses reliefs tourmentés et ses rivières.
Les ngajus ont imaginé une création spectaculaire. C’était en des temps où tout le monde tenait dans la mâchoire du serpent marin, où les nuages noirs étaient encore mêlés aux blancs. Il n’y avait alors que l’éblouissante montagne d’or et l’étincelante montagne de diamants, incarnant respectivement le monde supérieur et le monde inférieur, propriété du dieu tout-puissant Ranying Mahatal Langrit. Les deux montagnes s’entrechoquèrent, et les nuages apparurent dans un éclatant éclair de lumière. Elles se cognèrent une nouvelle fois et le ciel fut.
Un troisième choc, et les montagnes se formèrent… d’innombrables choses naquirent de chacun des chocs provoqués par ces deux montagnes: le soleil, la lune, la terre, des créatures fabuleuses pour finir par créer une somptueuse couronne d’or que Mahatal Langrit transforma en un bel arbre de vie.
Il se dressa de toute sa taille, avec ses feuilles en or et ses fruits brillants tels de l’ivoire poli, et unit les différents mondes.
Les Ibans attribuent l’origine du monde à deux esprits incarnés dans les oiseaux, Ara et Irik, qui vivaient aux deux extrémités d’une vaste étendue d’eau. Ils plongèrent dans ses profondeurs et en remontèrent chacun un oeuf. Ara forma le ciel avec le sien et Irik façonna la terre avec l’autre. Malheureusement le ciel se révéla trop étroit pour pouvoir recouvrir toute la terre et ils durent la comprimer pour la mettre à la bonne taille. Se faisant Ara et Irik l’ont considérablement déformée et ont provoqué d’innombrables infiltrations d’eaux, ce qui explique ses reliefs tourmentés et ses rivières.
Les ngajus ont imaginé une création spectaculaire. C’était en des temps où tout le monde tenait dans la mâchoire du serpent marin, où les nuages noirs étaient encore mêlés aux blancs. Il n’y avait alors que l’éblouissante montagne d’or et l’étincelante montagne de diamants, incarnant respectivement le monde supérieur et le monde inférieur, propriété du dieu tout-puissant Ranying Mahatal Langrit. Les deux montagnes s’entrechoquèrent, et les nuages apparurent dans un éclatant éclair de lumière. Elles se cognèrent une nouvelle fois et le ciel fut.
Un troisième choc, et les montagnes se formèrent… d’innombrables choses naquirent de chacun des chocs provoqués par ces deux montagnes: le soleil, la lune, la terre, des créatures fabuleuses pour finir par créer une somptueuse couronne d’or que Mahatal Langrit transforma en un bel arbre de vie.
Il se dressa de toute sa taille, avec ses feuilles en or et ses fruits brillants tels de l’ivoire poli, et unit les différents mondes.
Putir Selong, la soeur-épouse de Mahatala possédait un oiseau assez disgracieux affublé d’un bec crochu, un calao femelle. Elle le gardait dans une cage en or et le nourrissait de feuilles. Lassé par cette nourriture, l’oiseau affamé, se sauva un jour de sa cage. Il se réfugia dans le somptueux arbre de vie et mangea de ses fruits. C’est alors que Mahatala lâcha un calao mâle, qui ne tarda pas à voler vers l’arbre, se contentant de manger la mousse qui le recouvrait. Remarquant la présence du calao femelle, s’ensuivit un très violent combat entre les deux oiseaux qui s’acheva par la destruction de l’arbre de vie. La femelle réduisit son tronc en miettes qui se métamorphosa en femmes, et le mâle vomit toute la mousse ingurgitée, qui se transforma en hommes.
Pour les niassais, c’est Inada samadulo luwo, déesse mère primordiale qui surgit du chaos initial et qui mit le monde en forme. Sa fille inada samulo rosi, issue d’un roc, prit le relais en mettant au monde deux entités: Laturé Dano, divinité du monde inférieur symbolisée par le serpent et Lowangri, dieu du monde supérieur dont l’animal fétiche est le calao. Tous deux avaient des soeurs jumelles, qu’ils échangèrent et épousèrent. Le mariage de Lowangri produisit un curieux être rond, sans membres, qui fut coupé en deux: une moitié devint mâle et l’autre femelle. Ils s’unirent et ainsi naquit le premier humain, Hulu.
Selon les Minangkabaus, la terre est un disque plat reposant entre les cornes d’un immense buffle. Ce dernier se tient debout, en équilibre sur un oeuf, lui-même posé sur le dos d’un poisson qui nage très lentement dans une mer infinie. En dessous se trouve un espace vide et noir. Il arrive parfois qu’un insecte pique une oreille du taureau, qui se met à agiter la tête pour chasser l’importun et provoque ainsi les tremblements de terre. Loin au-dessus des montagnes s’étend la voûte céleste, surmontée par sept couches, toutes plus belles les unes que les autres, de l’univers supérieur. La dernière la plus somptueuse est la maison d’Allah, suprême créateur.
Pour les niassais, c’est Inada samadulo luwo, déesse mère primordiale qui surgit du chaos initial et qui mit le monde en forme. Sa fille inada samulo rosi, issue d’un roc, prit le relais en mettant au monde deux entités: Laturé Dano, divinité du monde inférieur symbolisée par le serpent et Lowangri, dieu du monde supérieur dont l’animal fétiche est le calao. Tous deux avaient des soeurs jumelles, qu’ils échangèrent et épousèrent. Le mariage de Lowangri produisit un curieux être rond, sans membres, qui fut coupé en deux: une moitié devint mâle et l’autre femelle. Ils s’unirent et ainsi naquit le premier humain, Hulu.
Selon les Minangkabaus, la terre est un disque plat reposant entre les cornes d’un immense buffle. Ce dernier se tient debout, en équilibre sur un oeuf, lui-même posé sur le dos d’un poisson qui nage très lentement dans une mer infinie. En dessous se trouve un espace vide et noir. Il arrive parfois qu’un insecte pique une oreille du taureau, qui se met à agiter la tête pour chasser l’importun et provoque ainsi les tremblements de terre. Loin au-dessus des montagnes s’étend la voûte céleste, surmontée par sept couches, toutes plus belles les unes que les autres, de l’univers supérieur. La dernière la plus somptueuse est la maison d’Allah, suprême créateur.
Malaisie
Les ma’bettiseks de Malaisie voient l’univers comme un oignon à sept couches, flottant sur l’eau. La terre est la sixième strate en partant du centre, la septième étant le monde d’en haut. L’histoire commence avec le premier couple de l’humanité qui se trouvait au milieu de la mer d’huile qui jusque là constituait la sixième pelure du monde. Ils vivaient à bord d’une embarcation fabriquée à partir d’une tige de bananier offerte par leur dieu suprême Tuhan, et ils se nourrissaient de leur jus. Ce dernier vint à manquer et le couple fut tenaillé par la soif. Ils demandèrent un peu d’eau à Tuhan, qui leur enjoignit de boire celle de la mer. Les humains répliquèrent que c’était parfaitement impossible puisque c’était de l’huile. Tuhan se moqua d’eux et les poussa gentiment à essayer, ce qu’ils finirent par faire: c’était de l’eau douce. Une fois désaltéré, le couple eut froid et il réclama à Tuhan de quoi se réchauffer.
Le dieu prit une fleur api-api et la transforma en petit feu. Réchauffés, le couple attendit que le jour se lève mais rien ne vint. Ils se tournèrent encore une fois vers Tuhan et le prièrent de bien vouloir établir l’alternance jour nuit. De sa main qui était à l’est, le dieu s’empara d’une fleur api-api et de sa main à l’ouest, il prit un oeuf. Il leva les bras vers le ciel et demanda à l’homme de les coller tous deux mais l’homme n’y parvint pas. Tuhan le fit à sa place, la fleur devint le soleil, l’oeuf, la lune et le dieu les anima dans le ciel. Sans doute las de vivre à bord d’une tige de bananier, le couple demanda ensuite une terre… Tuhan envoya alors un oiseau chercher de la boue dans l’eau qui devint la terre. Mais comme la boue colle aux pieds, Tuhan se plia encore à leur caprice.
Le dieu prit une fleur api-api et la transforma en petit feu. Réchauffés, le couple attendit que le jour se lève mais rien ne vint. Ils se tournèrent encore une fois vers Tuhan et le prièrent de bien vouloir établir l’alternance jour nuit. De sa main qui était à l’est, le dieu s’empara d’une fleur api-api et de sa main à l’ouest, il prit un oeuf. Il leva les bras vers le ciel et demanda à l’homme de les coller tous deux mais l’homme n’y parvint pas. Tuhan le fit à sa place, la fleur devint le soleil, l’oeuf, la lune et le dieu les anima dans le ciel. Sans doute las de vivre à bord d’une tige de bananier, le couple demanda ensuite une terre… Tuhan envoya alors un oiseau chercher de la boue dans l’eau qui devint la terre. Mais comme la boue colle aux pieds, Tuhan se plia encore à leur caprice.
Il l’assécha en la couvrant de végétation et envoya les animaux du monde supérieur la peupler. Tout était à portée de main pour que le couple puisse se nourrir jusqu’au jour où ils souillèrent la belle création de Tuhan en faisant leurs besoins dans un endroit interdit. Ils commirent l’irréparable et Tuhan les abandonna à leur sort; depuis les humains trop gâtés sont condamnés à devoir chasser les animaux et manger les plantes pour survivre.
Les Ifugaos dans une des îles des Philippines racontent presque la même histoire. Leurs ancêtres, Bugan et Wigan furent conçus par les dieux kabigat et Bugan, habitant dans le monde supérieur, dans le but de peupler le monde intermédiaire, soit la terre. Le couple fut envoyé cueillir des tubercules dans la forêt pendant que les deux divinités provoquèrent un terrible déluge qui détruisit le monde. Bugan et Wigan s’en sortirent mais ils n’avaient plus rien. Les dieux leur fournirent tout ce dont ils avaient besoin et la vie reprit doucement.
Toujours dans les Philippines, les bilans racontent qu’au tout début un être était si grand qu’il ne pouvait se comparer à rien de connu dans le monde d’aujourd’hui. Son nom était Melu et il habitait dans les nuages. Ses dents étaient d’or pur et ne cessait de se nettoyer en se frottant le corps qui devenait dès lors tout blanc. Il prenait bien soin de mettre de coté les pellicules de peau qu’il s’arrachait et le tas qu’elle formait devenait de plus en plus gros. Songeant un jour à s’en débarrasser, il façonna le tas en terre. Il était tellement content de son oeuvre qu’il qu’il décida de créer deux être qui lui ressemble mais en bien plus petit pour le peupler.
Les Ifugaos dans une des îles des Philippines racontent presque la même histoire. Leurs ancêtres, Bugan et Wigan furent conçus par les dieux kabigat et Bugan, habitant dans le monde supérieur, dans le but de peupler le monde intermédiaire, soit la terre. Le couple fut envoyé cueillir des tubercules dans la forêt pendant que les deux divinités provoquèrent un terrible déluge qui détruisit le monde. Bugan et Wigan s’en sortirent mais ils n’avaient plus rien. Les dieux leur fournirent tout ce dont ils avaient besoin et la vie reprit doucement.
Toujours dans les Philippines, les bilans racontent qu’au tout début un être était si grand qu’il ne pouvait se comparer à rien de connu dans le monde d’aujourd’hui. Son nom était Melu et il habitait dans les nuages. Ses dents étaient d’or pur et ne cessait de se nettoyer en se frottant le corps qui devenait dès lors tout blanc. Il prenait bien soin de mettre de coté les pellicules de peau qu’il s’arrachait et le tas qu’elle formait devenait de plus en plus gros. Songeant un jour à s’en débarrasser, il façonna le tas en terre. Il était tellement content de son oeuvre qu’il qu’il décida de créer deux être qui lui ressemble mais en bien plus petit pour le peupler.
Avec quelques miettes de peau il fabriqua deux humains. Ils n’étaient pas tout à fait achevés car il leur manquait le nez. C’est alors que Tau Tant, qui vivait sous la terre leur fournit un nez mais posé à l’envers, les narines vers le ciel. Tout alla bien jusqu’au jour où il plut. l’eau entra dans les narines des humains qui auraient péri noyés de l’intérieur sans l’intervention de Mélu. Il arriva juste à tant pour remettre leur appendice nasal à l’endroit. Les hommes lui furent très reconnaissants et profitèrent de sa présence pour lui demander de la compagnie. Mélu leur conseilla de mettre de côté leurs peaux mortes et ainsi ils purent façonner une multitude de compagnons.
Selon les Tagalogs, il n’y avait à l’origine que le ciel et la mer. Entre les deux volait un oiseau, un milan. Il n’avait nulle part où se poser et il secoua l’océan à la recherche d’un bout de terre pour se reposer. Les eaux refluèrent vers le ciel qui bombarda la mer de gros cailloux pour endiguer l’inondation. Les flots réussirent à être stabilisée et le milan se posa sur une île qu’un des cailloux avait fait émergé. Il y fit son nid et laissa le monde tranquille. Entre temps une brise venue de la terre et une brise venant de la mer décidèrent de se marier et eurent un enfant: une tige de bambou. Elle flotta sur les eaux, échoua sur la plage où vivait l’oiseau et le piqua à la patte. En guise de représailles le milan la picora tant et si bien qu’elle se scinda en deux. Une moitié de bambou devint mâle et l’autre femelle. Tous les poisson et oiseaux de ce monde vinrent contempler ce prodige et il fut décidé que ces deux là devaient être mariés. Ils s’unirent et eurent un myriade d’enfants que le père tenta de calmer à coup de bâton, les dispersant ainsi dans toutes les directions et formèrent diverses peuples à cette occasion.
Selon les Tagalogs, il n’y avait à l’origine que le ciel et la mer. Entre les deux volait un oiseau, un milan. Il n’avait nulle part où se poser et il secoua l’océan à la recherche d’un bout de terre pour se reposer. Les eaux refluèrent vers le ciel qui bombarda la mer de gros cailloux pour endiguer l’inondation. Les flots réussirent à être stabilisée et le milan se posa sur une île qu’un des cailloux avait fait émergé. Il y fit son nid et laissa le monde tranquille. Entre temps une brise venue de la terre et une brise venant de la mer décidèrent de se marier et eurent un enfant: une tige de bambou. Elle flotta sur les eaux, échoua sur la plage où vivait l’oiseau et le piqua à la patte. En guise de représailles le milan la picora tant et si bien qu’elle se scinda en deux. Une moitié de bambou devint mâle et l’autre femelle. Tous les poisson et oiseaux de ce monde vinrent contempler ce prodige et il fut décidé que ces deux là devaient être mariés. Ils s’unirent et eurent un myriade d’enfants que le père tenta de calmer à coup de bâton, les dispersant ainsi dans toutes les directions et formèrent diverses peuples à cette occasion.
Aborigènes
Selon un peuple aborigène du centre de l’actuelle Australie, le monde existait déjà au temps du rêve. Mais il n’avait alors ni queue ni tête: la terre plate était dépourvue de reliefs, de col lines, de creux, de cours d’eau. Elle était aride, il y faisait noir, il n’y avait ni soleil, ni lune, ni étoiles pour animer le ciel. À y regarder de plus près, cependant, des masses informes gisaient ça et là, des êtres ni vivants ni morts, inertes et dans l’attente; à l’état embryonnaire, des pré-humains issus de la métamorphose interrompue de divers animaux- lézards, kangourous, grenouilles…- et de plantes variées. Leurs membres n’étaient encore que des ébauches, leurs yeux, leurs bouches, leurs nez étaient clos. La vie existait déjà sous terre mais à l’état latent, sous forme de milliers d’êtres surnaturels encore assoupis qui se trouvaient là de toute éternité.
Vint le temps où ces êtres, les numbakullas, s’éveillèrent, brisèrent la croûte terrestre et sortirent au grand jour. Le soleil émergea en même temps, ainsi que la lune et la voie lactée, et le ciel se sépara de la terre. Ces grands ancêtres prirent différents aspects: les uns se transformèrent en animaux, les autres en être humains, ou mi-homme mi-bête. Deux être suprêmes, les ungambikulas, qui vivaient dans le ciel de l’ouest, descendirent sur terre et, munis de couteaux de pierre, entreprirent de dégager les hommes de leur substance animale et de les séparer les uns des autres. Ils leur ouvrirent les yeux, la bouche, le nez, découpèrent les membranes qui reliaient leurs doigts et leurs membres, les distinguèrent en hommes et femmes. Les ancêtres leur apprirent tout ce dont ils avaient besoin pour mener une bonne vie et ils aménagèrent le monde. Une fois leur tâche accomplie, ils s’en allèrent. Ils retombèrent dans leur sommeil d’origine, disparurent sous terre, se métamorphosèrent en arbres, en rocher, en sources, devenus désormais des lieux sacrés.
Vint le temps où ces êtres, les numbakullas, s’éveillèrent, brisèrent la croûte terrestre et sortirent au grand jour. Le soleil émergea en même temps, ainsi que la lune et la voie lactée, et le ciel se sépara de la terre. Ces grands ancêtres prirent différents aspects: les uns se transformèrent en animaux, les autres en être humains, ou mi-homme mi-bête. Deux être suprêmes, les ungambikulas, qui vivaient dans le ciel de l’ouest, descendirent sur terre et, munis de couteaux de pierre, entreprirent de dégager les hommes de leur substance animale et de les séparer les uns des autres. Ils leur ouvrirent les yeux, la bouche, le nez, découpèrent les membranes qui reliaient leurs doigts et leurs membres, les distinguèrent en hommes et femmes. Les ancêtres leur apprirent tout ce dont ils avaient besoin pour mener une bonne vie et ils aménagèrent le monde. Une fois leur tâche accomplie, ils s’en allèrent. Ils retombèrent dans leur sommeil d’origine, disparurent sous terre, se métamorphosèrent en arbres, en rocher, en sources, devenus désormais des lieux sacrés.
Un autre mythe originel répandu au sud-est australien, est celui de Baiamé, le père de tous les esprits. Au temps du rêve, tout était tranquille, sombre et inerte. Baiamé décida alors de réveiller Yhi, la mère soleil. Elle ouvrit les yeux et une chaude lumière inonda la terre. Descendant sur terre, Yhi dut réveiller les esprits qui y étaient endormis. Partout où elle passait, fleurs, herbe et arbres se mirent à pousser. Elle ne s’arrêta que lorsque toute la terre fut recouverte de végétation et revint voir Baiamé. Il la félicita et lui demanda d’aller visiter les grottes et les cavernes et sortir de leur torpeur les germes qui s’y trouvaient. Les insectes purent ainsi à l’air libre. Mais ce n’était pas encore suffisant pour Baiamé, qui lui indiqua une caverne encore plus profonde, plus secrète et plus sombre que les précédentes. Elle pénétra ses tréfonds, entièrement recouverts de glace.
Les chauds rayons de Yhi ne tardèrent pas à la faire fondre, l’eau jaillit à l’extérieur, se fit sources, rivières, fleuves et mer; de cette eau sortirent les lézards, les poissons, les reptiles, les grenouilles qui s’y trouvaient prisonniers. Yhi amena ensuite à la conscience, les esprits des oiseaux et autres animaux et leur fit ses adieux en remontant au ciel. Restés seuls, nostalgiques de leur bonne déesse, les vivants suivaient tristement la course de l’astre, commençant à s’inquiéter lorsqu’il la virent glisser doucement vers l’ouest. Puis le soleil réapparu à l’est et ils comprirent que Yhi ne les avait pas abandonnés, elle leur avait juste donné la nuit pour dormir. Inconsolables de son départ, l’esprit de la rivière et celui du lac voulurent la rejoindre et la mère soleil fut contrainte de les dissoudre en myriades de petites gouttelettes qui retombèrent sur le sol et abreuvèrent les plantes: c’était la pluie. Puis, afin d’apporter un peu de lumière dans la nuit, la mère soleil fit apparaitre l’étoile du matin (vénus) et la lune.
Les chauds rayons de Yhi ne tardèrent pas à la faire fondre, l’eau jaillit à l’extérieur, se fit sources, rivières, fleuves et mer; de cette eau sortirent les lézards, les poissons, les reptiles, les grenouilles qui s’y trouvaient prisonniers. Yhi amena ensuite à la conscience, les esprits des oiseaux et autres animaux et leur fit ses adieux en remontant au ciel. Restés seuls, nostalgiques de leur bonne déesse, les vivants suivaient tristement la course de l’astre, commençant à s’inquiéter lorsqu’il la virent glisser doucement vers l’ouest. Puis le soleil réapparu à l’est et ils comprirent que Yhi ne les avait pas abandonnés, elle leur avait juste donné la nuit pour dormir. Inconsolables de son départ, l’esprit de la rivière et celui du lac voulurent la rejoindre et la mère soleil fut contrainte de les dissoudre en myriades de petites gouttelettes qui retombèrent sur le sol et abreuvèrent les plantes: c’était la pluie. Puis, afin d’apporter un peu de lumière dans la nuit, la mère soleil fit apparaitre l’étoile du matin (vénus) et la lune.
Les hommes furent l’oeuvre de Baiamé, qui les créa à partir de poussière de crêtes de montagnes. Il les installa en un bel endroit et les avertit qu’ils pouvaient manger de tout, sauf les animaux.
La première humanité était strictement végétarienne jusqu’au jour où une terrible sécheresse s’abattit sur leur pays. Il cessa complètement de pleuvoir et pour la première fois les hommes connurent la faim. En désespoir de cause l’un d’entre eux passa outre les recommandation de Baiamé et tua un kangourou que son épouse cuisina. Tous deux le mangèrent et partirent à le recherche de leur invité, qui après avoir refusé de partager ce repas avec eux s’était volatilisé. Ils suivirent les traces qu’il avait laissé dans la poussière qui les mena jusqu’au bord d’un fleuve monstrueux, charriant des eaux aussi coléreuses que boueuses.
Cet ami se trouvait sur la rive opposé, étendu inanimé au pied d’un arbre, un gommier. Incapables de traverser, ils virent soudain une abominable créature mi-homme mi-bête, au visage noir descendant silencieusement des branches de l’arbre. Ils hurlèrent mais ne purent le réveiller, le monstre s’empara de l’invité et disparut avec lui dans l’arbre. Une bouffée de fumée s’échappa du gommier qui s’arracha du sol et s’éleva dans les airs en direction du sud. Il passa juste au dessus du couple fautif, projetant au sol une ombre opaque où, terrifiés, ils virent clignoter deux immenses yeux blancs….
Deux cacatoès volant à tire-d’ailes rattrapèrent l’arbre et se posèrent sur ses branches. Il les emporta avec lui et monta si haut dans le ciel qu’il disparut. Il atteignit le firmament pour former une constellation d’étoile. Le monstre qui avait pris le corps de l’homme était Yowee, l’esprit de la mort, envoyé sur terre par Baiamé pour punir la transgression du couple… leur ami fut le premier mort de l’histoire de l’humanité.
La première humanité était strictement végétarienne jusqu’au jour où une terrible sécheresse s’abattit sur leur pays. Il cessa complètement de pleuvoir et pour la première fois les hommes connurent la faim. En désespoir de cause l’un d’entre eux passa outre les recommandation de Baiamé et tua un kangourou que son épouse cuisina. Tous deux le mangèrent et partirent à le recherche de leur invité, qui après avoir refusé de partager ce repas avec eux s’était volatilisé. Ils suivirent les traces qu’il avait laissé dans la poussière qui les mena jusqu’au bord d’un fleuve monstrueux, charriant des eaux aussi coléreuses que boueuses.
Cet ami se trouvait sur la rive opposé, étendu inanimé au pied d’un arbre, un gommier. Incapables de traverser, ils virent soudain une abominable créature mi-homme mi-bête, au visage noir descendant silencieusement des branches de l’arbre. Ils hurlèrent mais ne purent le réveiller, le monstre s’empara de l’invité et disparut avec lui dans l’arbre. Une bouffée de fumée s’échappa du gommier qui s’arracha du sol et s’éleva dans les airs en direction du sud. Il passa juste au dessus du couple fautif, projetant au sol une ombre opaque où, terrifiés, ils virent clignoter deux immenses yeux blancs….
Deux cacatoès volant à tire-d’ailes rattrapèrent l’arbre et se posèrent sur ses branches. Il les emporta avec lui et monta si haut dans le ciel qu’il disparut. Il atteignit le firmament pour former une constellation d’étoile. Le monstre qui avait pris le corps de l’homme était Yowee, l’esprit de la mort, envoyé sur terre par Baiamé pour punir la transgression du couple… leur ami fut le premier mort de l’histoire de l’humanité.
Polynésie
La genèse maori s’ouvre sur les cosmiques ébats de Rangi, le ciel, et de Papa, la terre, qui s’aimaient d’un amour plus que tendre: leur passion était si intense qu’ils refusaient de se séparer et copulaient frénétiquement à longueur de temps. Ils engendrèrent une myriade de divinités qui restèrent coincées entre eux. Condamnées à ne jamais voir la lumière du jour ces progénitures en eurent un jour assez et tentèrent de trouver une solution à leur problème. Fallait-il tuer Papa et Rangui pour être enfin libres ou se contenter de les séparer?
Tu, le dieu de la guerre, était favorable au meurtre de leurs géniteurs mais Tant, gardien des forêts, s’y opposa. Il suffisait de fixer le ciel à bonne distance de la terre. Rongo, gardien des terres cultivées, et Tangaroa, dieu de la mer, approuvèrent tandis que Tawhiri, dieu des vents et des tempêtes, se rangeait au parti radical de Tu.
Les dieux se mirent donc à rechercher le moyen de séparer le ciel de la terre. Rongo se redressa de toute sa taille et tenta de décoller les deux amants mais le monde restait aussi hermétiquement clos qu’une huitre. Tangaroa, Tawhiri et Tu essayèrent à leur tour et échouèrent. Tane s’intercala alors entre ses parents, poussant son père de la tête et sa mère de ses pieds, s’étira à la manière d’un arbre et réussit à les décoller et la lumière pénétra enfin le monde. Tawhiri en ressentit une immense jalousie, vite mise à profit par Rangui. Il poussa son fils à le venger et Tawhiri expédia ses pires sujets- le vent glacé, le vent poussière, le vent de pluie- balayer la terre. Il se transforma lui-même en monstrueux ouragan qui réduisit en fétus de paille les plus grands arbres de la forêt de Tane. La furie de Tawhiri s’abattit aussi sur Tangaroa, il fit se lever des vagues d’une telle hauteur, provoqua de tels raz de marées que le seigneur de la mer s’enfuit des rivages où il résidait habituellement pour se réfugier au fin fond des abysses.
Les reptiles qui vivaient alors dans l’eau, préférèrent se réfugier définitivement dans les terres de Tane. Tawhiri se retourna ensuite contre Rongo sauvé in extremis par l’intervention de Papa.
Tu, le dieu de la guerre, était favorable au meurtre de leurs géniteurs mais Tant, gardien des forêts, s’y opposa. Il suffisait de fixer le ciel à bonne distance de la terre. Rongo, gardien des terres cultivées, et Tangaroa, dieu de la mer, approuvèrent tandis que Tawhiri, dieu des vents et des tempêtes, se rangeait au parti radical de Tu.
Les dieux se mirent donc à rechercher le moyen de séparer le ciel de la terre. Rongo se redressa de toute sa taille et tenta de décoller les deux amants mais le monde restait aussi hermétiquement clos qu’une huitre. Tangaroa, Tawhiri et Tu essayèrent à leur tour et échouèrent. Tane s’intercala alors entre ses parents, poussant son père de la tête et sa mère de ses pieds, s’étira à la manière d’un arbre et réussit à les décoller et la lumière pénétra enfin le monde. Tawhiri en ressentit une immense jalousie, vite mise à profit par Rangui. Il poussa son fils à le venger et Tawhiri expédia ses pires sujets- le vent glacé, le vent poussière, le vent de pluie- balayer la terre. Il se transforma lui-même en monstrueux ouragan qui réduisit en fétus de paille les plus grands arbres de la forêt de Tane. La furie de Tawhiri s’abattit aussi sur Tangaroa, il fit se lever des vagues d’une telle hauteur, provoqua de tels raz de marées que le seigneur de la mer s’enfuit des rivages où il résidait habituellement pour se réfugier au fin fond des abysses.
Les reptiles qui vivaient alors dans l’eau, préférèrent se réfugier définitivement dans les terres de Tane. Tawhiri se retourna ensuite contre Rongo sauvé in extremis par l’intervention de Papa.
Le dieu des vents, devenu véritablement enragé, s’attaqua à Tu, mais le dieu de la guerre s’était si fermement ancré dans le sein de sa mère terre qu’il ne put le briser.
La tempête finit par se calmer et ce fut au tour de Tu, qui en voulait énormément à ses frères de l’avoir laissé affronter seul la colère du maître des vents, de saccager la création. Il inventa des pièges destinés à attraper et à tuer les enfants de Tane et de Tangaroa, déracina et dévora les plantes cultivées par Rongo et mit au point des incantations et formules magiques qui contrôlent la météo. La paix finit tout de même par revenir et vint le temps où Tant commença à désirer une compagne. Il fit des avances à Papa qui le repoussa, s’unit à des créatures avec lesquelles il eut d’étranges enfants, animaux, herbes, pierres… il désirait quelqu’un qui soit à son image, une humaine et Papa finit par avoir pitié de lui. Elle l’envoya sur une île récolter une terre rouge avec laquelle il façonna une ravissante jeune femme, Hine-hau-one. Elle lui donna une fille, Hine-titama, que Tant prit aussi pour épouse. Lorsqu’elle apprit que son mari était aussi son père, celle-ci s’enfuit dans le monde souterrain et envoya la mort la venger en décimant les enfants humains de Tane.
A Tahiti, Tangaroa, le maître de la mer, est assimilé au dieu créateur Taaroa. Il vivait dans une sorte de coquillage en forme d’oeuf et rien n’existait en dehors de lui: Taaroa était lui-même le grand-tout, l’univers en devenir. Un jour il brisa l’oeuf et en sortit. Avec une moitié de la coquille, il forma le ciel, Rumia. Il fabriqua le reste du monde avec des fragments de son propre corps: sa colonne vertébrale se transforma en une chaîne de montagne, ses ongles devinrent les coquillages et les écailles qui le recouvraient les poissons, ses plumes firent les arbres et les plantes, ses larmes donnèrent les eaux des rivières et de la mer, son sang colora l’arc-en-ciel et le couchant. Il ne garda que sa tête.
La tempête finit par se calmer et ce fut au tour de Tu, qui en voulait énormément à ses frères de l’avoir laissé affronter seul la colère du maître des vents, de saccager la création. Il inventa des pièges destinés à attraper et à tuer les enfants de Tane et de Tangaroa, déracina et dévora les plantes cultivées par Rongo et mit au point des incantations et formules magiques qui contrôlent la météo. La paix finit tout de même par revenir et vint le temps où Tant commença à désirer une compagne. Il fit des avances à Papa qui le repoussa, s’unit à des créatures avec lesquelles il eut d’étranges enfants, animaux, herbes, pierres… il désirait quelqu’un qui soit à son image, une humaine et Papa finit par avoir pitié de lui. Elle l’envoya sur une île récolter une terre rouge avec laquelle il façonna une ravissante jeune femme, Hine-hau-one. Elle lui donna une fille, Hine-titama, que Tant prit aussi pour épouse. Lorsqu’elle apprit que son mari était aussi son père, celle-ci s’enfuit dans le monde souterrain et envoya la mort la venger en décimant les enfants humains de Tane.
A Tahiti, Tangaroa, le maître de la mer, est assimilé au dieu créateur Taaroa. Il vivait dans une sorte de coquillage en forme d’oeuf et rien n’existait en dehors de lui: Taaroa était lui-même le grand-tout, l’univers en devenir. Un jour il brisa l’oeuf et en sortit. Avec une moitié de la coquille, il forma le ciel, Rumia. Il fabriqua le reste du monde avec des fragments de son propre corps: sa colonne vertébrale se transforma en une chaîne de montagne, ses ongles devinrent les coquillages et les écailles qui le recouvraient les poissons, ses plumes firent les arbres et les plantes, ses larmes donnèrent les eaux des rivières et de la mer, son sang colora l’arc-en-ciel et le couchant. Il ne garda que sa tête.
Aux îles Samoa, Tangaroa, appelé Tangaloa, est le démiurge qui vivait seul dans le vide infinies commencements. Un jour, il se leva et un rocher se mit à croître auprès de lui. Il le fendit et la terre parut, entourée par l’océan. Il en fit jaillir les eaux fraîches, le ciel, l’espace, les hauteurs… il créa l’esprit, le coeur, la pensée, la volonté, qu’il introduisit dans l’homme. Ce dernier s’accoupla avec la terre et il engendra la femme Fatu et le mâle Ele-ele, qu’il envoya peupler une partie du monde. Tangaloa créa ensuite Tangaloa le prince du ciel et Tangaloa le messager, qu’il envoya quérir la nuit, le jour. Tous deux vivaient dans le monde inférieur, où ils avaient donné naissance au soleil, la lune et aux îles Samoa. Il fut alors décidé que ces progénitures s’installeraient dans le monde du dessus afin de parfaire sa création.
Les habitants des îles Cook pensent que leurs îles sont sorties d’Avachi, le Non-Monde, l’endroit où vont les esprits et les défunts. L’univers tout entier serait contenu dans une gigantesque noix de coco. Tout en bas se trouve une tige. Elle est tellement mince à son extrémité inférieure qu’elle en est réduite à un point minuscule, le début de toute chose, un esprit appelé racine de toute l’existence. Au-dessus se trouve un démon, baptisé Vie. Enfin, à l’endroit le plus épais de la tige se tient celui qui vit le plus longtemps. Ces trois entités sont les fondations du monde. Au fin fond de la noix de coco vit le démon femelle Vari-ma-te-tekere, qui fabriqua les six premières divinités de ce monde: Vatea, mi homme mi-poisson; Tango; Tumuteanaoa; l’écho; Raka, dieu des vents et la femelle Tu-papa. Un jour, Vatea fit un songe au cours duquel lui apparut, infiniment désirable, la déesse Papa. Il la chercha partout et s’empressa de l’épouser dès qu’il réussit à la trouver. Tangaroa et Rongo sont les enfants de cette union.
Les habitants des îles Cook pensent que leurs îles sont sorties d’Avachi, le Non-Monde, l’endroit où vont les esprits et les défunts. L’univers tout entier serait contenu dans une gigantesque noix de coco. Tout en bas se trouve une tige. Elle est tellement mince à son extrémité inférieure qu’elle en est réduite à un point minuscule, le début de toute chose, un esprit appelé racine de toute l’existence. Au-dessus se trouve un démon, baptisé Vie. Enfin, à l’endroit le plus épais de la tige se tient celui qui vit le plus longtemps. Ces trois entités sont les fondations du monde. Au fin fond de la noix de coco vit le démon femelle Vari-ma-te-tekere, qui fabriqua les six premières divinités de ce monde: Vatea, mi homme mi-poisson; Tango; Tumuteanaoa; l’écho; Raka, dieu des vents et la femelle Tu-papa. Un jour, Vatea fit un songe au cours duquel lui apparut, infiniment désirable, la déesse Papa. Il la chercha partout et s’empressa de l’épouser dès qu’il réussit à la trouver. Tangaroa et Rongo sont les enfants de cette union.
Égypte
Les principales villes égyptiennes possédaient chacune leur créateur. Hermopolis par exemple accordait une importance particulière à huit entités, l’Ogdoade: Noun et Nounet, dieu et déesse des eaux primordiales, Kek et Keket, divinités des ténèbres, Amon et Amonet, divinités de ce qui est caché, Heh et Hehet, l’infinité spatiale. Ce sont eux qui auraient organisé le monde et donné vie à Rê, en fécondant un lotus poussé par un tertre au milieu des eaux primordiales.
Dans une autre version, ils se seraient rassemblés pour former l’oeuf d’où serait issu le dieu. Hermopolis se vantait de posséder un morceau de sa coquille… à Memphis, les dieux furent créés par Ptah, le protecteur des artisans, qui les conçu d’abord par le coeur puis les anima par la parole.
A Thèbes, le grand dieu Amon était à l’origine du Tout tandis qu’à Esna, la lourde tâche d’accoucher du monde revenait à Khnoum, le dieu à tête de bélier qui fabriqua dieux et humains sur son tour de potier.
Mais le plus connu des récits de la création du monde- raconté dans le texte des pyramides et des sarcophages ou encore le livre des morts- vient d’heliopolis. Le monde serait issu du Noun, l’incréé qui ne connaissait ni temps, ni espace, ni lumière, ni vie. Les germes du cosmos se trouvaient en lui en lui, latent. La première chose qui émergea de cette mer infinie fut une bute sur laquelle Atoum, le démiurge en sommeil, put prendre pied. Il se donna d’abord à lui-même forme et existence au milieu du chaos, de sa semence jaillirent Shou et sa soeur Tefnout.
Show est la lumière et le souffle vital. Tefnout est la chaleur, tout en étant assimilé à Mâat, le principe d’ordre et d’harmonie cosmique.
Dans une autre version, ils se seraient rassemblés pour former l’oeuf d’où serait issu le dieu. Hermopolis se vantait de posséder un morceau de sa coquille… à Memphis, les dieux furent créés par Ptah, le protecteur des artisans, qui les conçu d’abord par le coeur puis les anima par la parole.
A Thèbes, le grand dieu Amon était à l’origine du Tout tandis qu’à Esna, la lourde tâche d’accoucher du monde revenait à Khnoum, le dieu à tête de bélier qui fabriqua dieux et humains sur son tour de potier.
Mais le plus connu des récits de la création du monde- raconté dans le texte des pyramides et des sarcophages ou encore le livre des morts- vient d’heliopolis. Le monde serait issu du Noun, l’incréé qui ne connaissait ni temps, ni espace, ni lumière, ni vie. Les germes du cosmos se trouvaient en lui en lui, latent. La première chose qui émergea de cette mer infinie fut une bute sur laquelle Atoum, le démiurge en sommeil, put prendre pied. Il se donna d’abord à lui-même forme et existence au milieu du chaos, de sa semence jaillirent Shou et sa soeur Tefnout.
Show est la lumière et le souffle vital. Tefnout est la chaleur, tout en étant assimilé à Mâat, le principe d’ordre et d’harmonie cosmique.
Ils sont indissociables et là où s’arrête leur action règne le chaos: les eaux primordiale du Noun n’ont fait que refluer aux confins de l’univers, elles n’ont pas disparu… de Shou et Tefnout naquirent Nout et Geb, le ciel et la terre.
Ils vinrent au monde si étroitement imbriqués l’un dans l’autre que Nout, grosse de quatre enfants, ne put accoucher faute d’espace. Shou s’intercala alors entre eux et les sépara.
Nout, représentée parfois sous la forme d’une vache, plus souvent sous la forme d’une mince jeune femme au corps joliment arqué au-dessus de celui de son frère, se libéra alors d’Isis, Osiris, de Seth et de Néphtys. Atoum l’ancien endossa sa seconde personnalité, celle de Rê, le dieu soleil, seigneur et maître du monde. Il tient son royaume constamment à l’oeil, seul élément de son anatomie qui soit accessible. L’oeil de Rê est son rayonnement, la couronne d’or éclatante qui cache son apparence réelle. Il est chaleur, lumière, principe de vie, mouvement, mais aussi brûlure et douleur. A peine créés, Shou et Tefnout s’en furent explorer le Noun et Atoum envoya l’œil de Rê à leur recherche. Quand il les ramena, Atoum fut si content de les voir qu’il en pleura, et de cette humide manifestation de l’émotion divine naquirent les hommes.
Dans une autre version, l’oeil vagabond de Rê tarda tellement à revenir que le dieu, lassé, le remplaça. Lorsque l’oeil revint, il lui fut tellement triste de se trouvé évincé qu’il en sanglota des humains. Rê le mit alors sur son front, où il devint l’uraeus, le cobras dressé. L’oeil de Rê est aussi sa fille Hathor, la belle déesse de l’amour et de la fertilité mais aussi Sekhmet, la redoutable déesse à la tête de lionne. Rê est un dieu qui vieillit. Profitant de sa sénilité, les hommes se rebellèrent mais il envoya Sekhmet la puissante écraser la sédition.
Ils vinrent au monde si étroitement imbriqués l’un dans l’autre que Nout, grosse de quatre enfants, ne put accoucher faute d’espace. Shou s’intercala alors entre eux et les sépara.
Nout, représentée parfois sous la forme d’une vache, plus souvent sous la forme d’une mince jeune femme au corps joliment arqué au-dessus de celui de son frère, se libéra alors d’Isis, Osiris, de Seth et de Néphtys. Atoum l’ancien endossa sa seconde personnalité, celle de Rê, le dieu soleil, seigneur et maître du monde. Il tient son royaume constamment à l’oeil, seul élément de son anatomie qui soit accessible. L’oeil de Rê est son rayonnement, la couronne d’or éclatante qui cache son apparence réelle. Il est chaleur, lumière, principe de vie, mouvement, mais aussi brûlure et douleur. A peine créés, Shou et Tefnout s’en furent explorer le Noun et Atoum envoya l’œil de Rê à leur recherche. Quand il les ramena, Atoum fut si content de les voir qu’il en pleura, et de cette humide manifestation de l’émotion divine naquirent les hommes.
Dans une autre version, l’oeil vagabond de Rê tarda tellement à revenir que le dieu, lassé, le remplaça. Lorsque l’oeil revint, il lui fut tellement triste de se trouvé évincé qu’il en sanglota des humains. Rê le mit alors sur son front, où il devint l’uraeus, le cobras dressé. L’oeil de Rê est aussi sa fille Hathor, la belle déesse de l’amour et de la fertilité mais aussi Sekhmet, la redoutable déesse à la tête de lionne. Rê est un dieu qui vieillit. Profitant de sa sénilité, les hommes se rebellèrent mais il envoya Sekhmet la puissante écraser la sédition.
Elle dévasta la terre d’Egypte et commit de tels massacres que Rê décida de mettre fin à sa mission. Il ordonna aux prêtres d’Heliopolis de remplir sept mille jarres de bière teinté en rouge sang, qu’ils déversèrent sur les lieux où la déesse sévissait. Elle but ce qu’elle prit pour du sang et tomba ivre morte. Et c’est sous la forme de la douce Hathor, souvent représentée en vache, qu’elle revint parmi les dieux.
Rê finit par renoncer à la terre. Nout, sous la forme d’une vache, reçut le soleil sur son dos et se dressa vers le ciel. Mais, prise de vertige, elle vacilla sur ses pattes. Chou appela alors les Hébou à la rescousse, huit créatures à qui il avait donné vie du temps d’Atoum- l’Ogdoade d’Hérmopolis- et qui soutinrent les quatre piliers du ciel.
Nout est le réceptacle des astres, qui circulent en elle et à qui elle donne chaque jour naissance. Son corps devint la demeure que Rê ne devait plus quitter.
Chaque matin, il est engendré par Tout. Il est alors Kephri, symbolisé par le scarabée qui pousse devant lui sa pelouse ronde d’excréments représentant le soleil. Le dieu prend place dans la barque solaire et commence sa traversée du ciel. Kephri grandit au fur et à mesure de son périple et devient l’adulte Rê lorsque le soleil est au zénith. Mais c’est le ciel Atoum, le principe créateur et la promesse de résurrection, qui s’enfonce dans les profondeurs souterraines au coucher du soleil et entame la difficile traversée du monde obscur. Le dieu y est menacé par le serpent Apophis, incarnation du chaos qui ne rêve que de faire basculer la barque divine pour prendre possession du monde. Il y parvient de temps à autre et il arrive que Rê, vaincu par le monstre, disparaisse du ciel en plein jour: ce sont les éclipses de soleil. Les dieux qui l’accompagnent dans sa barque se précipitent alors à son secours et finissent toujours par l’arracher à l’ennemi, rétablissant l’ordre de l’univers.
Rê finit par renoncer à la terre. Nout, sous la forme d’une vache, reçut le soleil sur son dos et se dressa vers le ciel. Mais, prise de vertige, elle vacilla sur ses pattes. Chou appela alors les Hébou à la rescousse, huit créatures à qui il avait donné vie du temps d’Atoum- l’Ogdoade d’Hérmopolis- et qui soutinrent les quatre piliers du ciel.
Nout est le réceptacle des astres, qui circulent en elle et à qui elle donne chaque jour naissance. Son corps devint la demeure que Rê ne devait plus quitter.
Chaque matin, il est engendré par Tout. Il est alors Kephri, symbolisé par le scarabée qui pousse devant lui sa pelouse ronde d’excréments représentant le soleil. Le dieu prend place dans la barque solaire et commence sa traversée du ciel. Kephri grandit au fur et à mesure de son périple et devient l’adulte Rê lorsque le soleil est au zénith. Mais c’est le ciel Atoum, le principe créateur et la promesse de résurrection, qui s’enfonce dans les profondeurs souterraines au coucher du soleil et entame la difficile traversée du monde obscur. Le dieu y est menacé par le serpent Apophis, incarnation du chaos qui ne rêve que de faire basculer la barque divine pour prendre possession du monde. Il y parvient de temps à autre et il arrive que Rê, vaincu par le monstre, disparaisse du ciel en plein jour: ce sont les éclipses de soleil. Les dieux qui l’accompagnent dans sa barque se précipitent alors à son secours et finissent toujours par l’arracher à l’ennemi, rétablissant l’ordre de l’univers.
Mésopotamie
Le destin du monde babylonien fut scellé dans l’eau, une immense masse liquide indifférenciée dans laquelle se trouvaient Apsou et Tiamat. Le premier, un mâle incarnait l’eau douce, calme et abyssale. La seconde était l’eau salée, l’eau de la mer. Tous deux engendrèrent Anshar et kishar, qui donnèrent naissance à Lahmou et Lahamou. Chaque génération était mieux faite et plus intelligente que la précédente et le fils de ces derniers, Anou fut, fut le premier à mériter le nom de dieu. Il devint lui-même le père du dieu Ea, la divinité la plus accomplie de ces premiers temps.
Les enfants d’Apsou et Tiamat emplirent alors le monde de leurs cris, de leurs larmes et de leurs soupirs. Tout ce mouvement finit par rendre fou furieux le vénérable patriarche, dont les eaux habituellement inertes et placides ne pouvaient trouver le repos au milieu de cette agitation. Il appela son messager et conseiller Moummou, et tous deux se rendirent chez Tiamat.
Apsou proposa à Tiamat d’éliminer définitivement tous leurs descendants. Entendant cela, Tiamat lui reprocha ses affreuses pensées et Apsou n’avait qu’à faire preuve d’un peu plus de patience et Apsou s’en retourna. Moummou dit alors à Apsou qu’il n’avait absolument pas besoin de l’aval de Tiamat pour éliminer sa descendance qui l’empêcher de dormir. Apsou s’en alla la nouvelle de leur prochain massacre aux innocents immortels. Tétanisées, les futures victimes auraient été anéanties si le rusé Ea n’avait réagi immédiatement. Usant de magie, il plongea Moummou et Apsou dans un profond sommeil. Il passa un anneau au nez du premier et le tint en laisse dans un sombre cachot. Quand au second, il trouva ce qu’il cherchait un repos éternel.
Ea s’offrit un tout nouveau et tout beau palais dans le domaine d’Apsou, où son épouse Damkina accoucha du Grand MardukEa s’offrit un tout nouveau et tout beau palais dans le domaine d’Apsou, où son épouse Damkina accoucha du Grand Marduk
Les enfants d’Apsou et Tiamat emplirent alors le monde de leurs cris, de leurs larmes et de leurs soupirs. Tout ce mouvement finit par rendre fou furieux le vénérable patriarche, dont les eaux habituellement inertes et placides ne pouvaient trouver le repos au milieu de cette agitation. Il appela son messager et conseiller Moummou, et tous deux se rendirent chez Tiamat.
Apsou proposa à Tiamat d’éliminer définitivement tous leurs descendants. Entendant cela, Tiamat lui reprocha ses affreuses pensées et Apsou n’avait qu’à faire preuve d’un peu plus de patience et Apsou s’en retourna. Moummou dit alors à Apsou qu’il n’avait absolument pas besoin de l’aval de Tiamat pour éliminer sa descendance qui l’empêcher de dormir. Apsou s’en alla la nouvelle de leur prochain massacre aux innocents immortels. Tétanisées, les futures victimes auraient été anéanties si le rusé Ea n’avait réagi immédiatement. Usant de magie, il plongea Moummou et Apsou dans un profond sommeil. Il passa un anneau au nez du premier et le tint en laisse dans un sombre cachot. Quand au second, il trouva ce qu’il cherchait un repos éternel.
Ea s’offrit un tout nouveau et tout beau palais dans le domaine d’Apsou, où son épouse Damkina accoucha du Grand MardukEa s’offrit un tout nouveau et tout beau palais dans le domaine d’Apsou, où son épouse Damkina accoucha du Grand Marduk
Il naquit adulte, bien supérieur à ses prédécesseurs par sa grâce, sa beauté, sa force et son éclat. Anou décupla ses dons en lui accordant une divinité doublée celle des autres, fit surgir les vents et confia son contrôle à son magnifique petit-fils. Marduk s’empressa de les faire souffler sur la mer, s’amusant à les voir soulever d’énormes vagues. Ceux qui vivaient dans ces eaux s’en plaignirent à Tiamat et exigèrent la tête de Marduk. Se rangeant à leurs arguments, la grand-mère primordiale se prépara donc à la guerre.
Tiamat forgea des armes extraordinaire et enfanta dragons, sphinx, chiens enragés, homme-scorpion, homme-poisson… destinés à devenir l’élite de ses soldats. Elle nomma Kingou, le plus abject de tous, général de la horde infernale, l’éleva au rang de dieu et s’unit à lui. Tous ces préparatifs n’étaient pas passés inaperçus et Ea commença à sérieusement s’inquiéter. Il n’avait nulle envie d’affronter son aïeule et sollicita donc l’aide d’Anshar et Anou, qui fuient devant Tiamat. Aucun autre dieu n’était prêt à se rendre au combat et Ea envoya Marduk.
Le colosse ne se fit pas prier mais exigea que les autres dieux lui confèrent la royauté absolue. Ce n’est qu’une fois doté des pleins pouvoirs qu’il monta sur son char et se rendit sur le champ de bataille. Kingou se précipita vers lui avec sa horde et Marduk lui expédia un charme qui le mit hors d’état de nuire. Ce danger momentanément écarté, il marcha à la rencontre de Tiamat. Elle se rua vers lui, la gueule grande ouverte et Marduk déploya alors un grand filet magique. Il immobilisa la furie et libéra un vent mauvais qu’il gardait en réserve. Celui-ci s’engouffra dans la bouche béante de Tiamat, dilata son corps à l’en faire exploser, et Marduk n’eut plus qu’à l’achever d’une flèche bien placée.
Marduk coupa ensuite en deux le corps de Tiamat. La première moitié devint la voûte céleste qu’il organisa en différents niveaux. Il y plaça un gigantesque palais où demeureraient les dieux.
Tiamat forgea des armes extraordinaire et enfanta dragons, sphinx, chiens enragés, homme-scorpion, homme-poisson… destinés à devenir l’élite de ses soldats. Elle nomma Kingou, le plus abject de tous, général de la horde infernale, l’éleva au rang de dieu et s’unit à lui. Tous ces préparatifs n’étaient pas passés inaperçus et Ea commença à sérieusement s’inquiéter. Il n’avait nulle envie d’affronter son aïeule et sollicita donc l’aide d’Anshar et Anou, qui fuient devant Tiamat. Aucun autre dieu n’était prêt à se rendre au combat et Ea envoya Marduk.
Le colosse ne se fit pas prier mais exigea que les autres dieux lui confèrent la royauté absolue. Ce n’est qu’une fois doté des pleins pouvoirs qu’il monta sur son char et se rendit sur le champ de bataille. Kingou se précipita vers lui avec sa horde et Marduk lui expédia un charme qui le mit hors d’état de nuire. Ce danger momentanément écarté, il marcha à la rencontre de Tiamat. Elle se rua vers lui, la gueule grande ouverte et Marduk déploya alors un grand filet magique. Il immobilisa la furie et libéra un vent mauvais qu’il gardait en réserve. Celui-ci s’engouffra dans la bouche béante de Tiamat, dilata son corps à l’en faire exploser, et Marduk n’eut plus qu’à l’achever d’une flèche bien placée.
Marduk coupa ensuite en deux le corps de Tiamat. La première moitié devint la voûte céleste qu’il organisa en différents niveaux. Il y plaça un gigantesque palais où demeureraient les dieux.
Il organisa ensuite les étoiles en constellations, répliques des divinités et traça la route que devra suivre le soleil et les planètes dans la voûte céleste. Il fixa l’année, le temps mis par le soleil à parcourir ce chemin, le divisant en douze portions auxquelles, il assigna une constellation pour former chacune, un des signes du zodiaque.
Il ouvrit les portes est et ouest, par où apparait et disparait le soleil, les dota de solides vérrous, plaça le zénith dans le ventre de Tiamat et créa Nanna, la lune, à qui il confia le temps. Il lui décrivit sa tâche, fixant les jours et les différents aspects sous lesquels elle devait se montrer. Marduk façonna aussi la terre, à partir de la seconde moitié du corps de Tiamat et l’organisa tout aussi méticuleusement que le ciel. Il transformait la tête de la vielle déesse en montagne, fit couler les eaux du Tigre et de l’Euphrate de ses yeux, ses seins devinrent d’opulentes collines.
Admiratifs face à ce grand oeuvre, les autres dieux se prosternèrent devant Marduk jusque’à ce qu’il réalisent que ce serait à eux de s’occuper de toutes ces terres. Marduk réfléchit au problème et convoqua Ea, à qui il avoua ses projets: créer un petit esclave voué à leur service, un être appelé homme. Mais pour cela il avait besoin de l’ossature et du sang d’un dieu. Après que les dieux se soient réunis en conseil, une solution fut trouvée. Kingou, élevé au rang de divinité par la défunte Tiamat, fut choisi pour être sacrifié à cet effet. Ses os et son sang servirent à donner vie aux hommes.
Mais les dieux en colère contre ces hommes trop bruyants, envoyèrent un déluge afin de les éliminer. Ea confia ce secret aux roseaux qui, à leur tour, le murmurèrent à l’oreille d'Uta-Napishtim. Ce dernier fabriqua un bateau, dans lequel il fit entrer son épouse et tous les animaux de la terre. Le déluge, qui inonda le monde, dura 6 jours et fut si violent que même la terrible déesse Ishtar fut terrifiée. Malgré cela, grâce à la précieuse aide du dieu Ea, la race des hommes pu repeupler le vaste monde qui avait été dévasté.
Il ouvrit les portes est et ouest, par où apparait et disparait le soleil, les dota de solides vérrous, plaça le zénith dans le ventre de Tiamat et créa Nanna, la lune, à qui il confia le temps. Il lui décrivit sa tâche, fixant les jours et les différents aspects sous lesquels elle devait se montrer. Marduk façonna aussi la terre, à partir de la seconde moitié du corps de Tiamat et l’organisa tout aussi méticuleusement que le ciel. Il transformait la tête de la vielle déesse en montagne, fit couler les eaux du Tigre et de l’Euphrate de ses yeux, ses seins devinrent d’opulentes collines.
Admiratifs face à ce grand oeuvre, les autres dieux se prosternèrent devant Marduk jusque’à ce qu’il réalisent que ce serait à eux de s’occuper de toutes ces terres. Marduk réfléchit au problème et convoqua Ea, à qui il avoua ses projets: créer un petit esclave voué à leur service, un être appelé homme. Mais pour cela il avait besoin de l’ossature et du sang d’un dieu. Après que les dieux se soient réunis en conseil, une solution fut trouvée. Kingou, élevé au rang de divinité par la défunte Tiamat, fut choisi pour être sacrifié à cet effet. Ses os et son sang servirent à donner vie aux hommes.
Mais les dieux en colère contre ces hommes trop bruyants, envoyèrent un déluge afin de les éliminer. Ea confia ce secret aux roseaux qui, à leur tour, le murmurèrent à l’oreille d'Uta-Napishtim. Ce dernier fabriqua un bateau, dans lequel il fit entrer son épouse et tous les animaux de la terre. Le déluge, qui inonda le monde, dura 6 jours et fut si violent que même la terrible déesse Ishtar fut terrifiée. Malgré cela, grâce à la précieuse aide du dieu Ea, la race des hommes pu repeupler le vaste monde qui avait été dévasté.
Perses
Le monde perse est né à la fois de la volonté du dieu suprême Ormazd, soit Ahura Mazda, incarnation du bien absolue et du combat qui l’opposa à Angra Mainyu, soit Ahriman, le dieu du mal. Une tradition qui fut jugée par la suite comme hérétique - fait descendre les deux divinités antagonistes de Zurvan, le temps. Celui-ci voulait un enfant et pendant mille ans offrit des sacrifices dans l’espoir de voir un jour son voeu exaucé.
Ormazd et Ahriman furent conçus en même temps. Le premier vivait dans un illimité supérieur, baigné dans la lumière du bien, tandis que le second, animé de pensées meurtrières, se trouvait dans les profondeurs obscures. Entre les deux divinités se trouvait un grand vide. Ahriman ignorait l’existence d’Ormazd, lequel en revanche était parfaitement au courant de la sienne. Omniscient, il savait tout des sinistres complots tramés par l’être des ténèbres, n’ignorait rien de son sort futur ni de ce qu’il adviendrait de lui et de ses créatures. Il connaissait la meilleure manière d’en finir avec lui, et c’est pourquoi il créa le monde. Dans un premier temps, il le fit venir à l’état spirituel, potentiel, immatériel. Il n’avait encore ni chair, ni forme, ni consistance, ni intelligence: mais bien qu’insaisissable et privé de mouvement, le monde était bien là, dans sa formidable diversité, et il demeura dans cet état pendant trois mille ans.
Ahriman quitta un jour les ténèbres et s’aperçut enfin de l’existence de la lumière. Il se dirigea vers elle et ce qu’il vit le rendit fou de jalousie et de haine. Dévoré par l’envie de détruire l’oeuvre d’Ormazd, il accoucha d’une contre-création, reflet négatif de la première, aussi laide, mauvaise, obscure et folle que l’autre était sage et bonne. Ormazd commença par donner une chance à Ahriman: au lieu de s’opposer à lui, tous deux pourraient tirer profit de la situation et Ahriman vivrait éternellement, dans la paix.
Ormazd et Ahriman furent conçus en même temps. Le premier vivait dans un illimité supérieur, baigné dans la lumière du bien, tandis que le second, animé de pensées meurtrières, se trouvait dans les profondeurs obscures. Entre les deux divinités se trouvait un grand vide. Ahriman ignorait l’existence d’Ormazd, lequel en revanche était parfaitement au courant de la sienne. Omniscient, il savait tout des sinistres complots tramés par l’être des ténèbres, n’ignorait rien de son sort futur ni de ce qu’il adviendrait de lui et de ses créatures. Il connaissait la meilleure manière d’en finir avec lui, et c’est pourquoi il créa le monde. Dans un premier temps, il le fit venir à l’état spirituel, potentiel, immatériel. Il n’avait encore ni chair, ni forme, ni consistance, ni intelligence: mais bien qu’insaisissable et privé de mouvement, le monde était bien là, dans sa formidable diversité, et il demeura dans cet état pendant trois mille ans.
Ahriman quitta un jour les ténèbres et s’aperçut enfin de l’existence de la lumière. Il se dirigea vers elle et ce qu’il vit le rendit fou de jalousie et de haine. Dévoré par l’envie de détruire l’oeuvre d’Ormazd, il accoucha d’une contre-création, reflet négatif de la première, aussi laide, mauvaise, obscure et folle que l’autre était sage et bonne. Ormazd commença par donner une chance à Ahriman: au lieu de s’opposer à lui, tous deux pourraient tirer profit de la situation et Ahriman vivrait éternellement, dans la paix.
Persuadé qu’Ormazd ne lui avait fait cette proposition que par peur et par faiblesse, le mauvais la rejeta, jurant d’amener la création d’Ormazd de son côté et de la transformer pour la retourner contre son créateur. Tous deux passèrent alors un pacte: puisqu’ils étaient destinés à se combattre par monde interposé, mieux valait-il fixer un terme à la bataille. Il fut convenu que ce duel durerait neuf mille ans, à l’issu duquel un vainqueur serait proclamé.
Ormazd avait lu l’avenir, et savait tout ce qui allait se passer. Le dieu suprême se mit à chanter une prière sacrée, et Ahriman comprit enfin quel sort l’attendait. Durant les trois premiers millénaires, Ormazd pourrait faire ce que bon lui semblerait. Puis viendrait le temps du mélange du bien et du mal, trois mille années d’un combat acharné, incertain, où le bien et le mal cohabiteraient et s’affronteraient sans que l’un domine l’autre. Enfin, les trois derniers millénaires verraient le recul du mal et la victoire définitive du bien. Le mauvais n’avait aucun espoir de dominer un jour l’univers: ses créatures seraient toutes détruites et le monde définitivement libéré de son emprise, deviendrait un paradis lumineux où tous ceux qui auraient combattu au côté d’ahura Mazda vivraient dans une éternelle félicité. Entendant cela Ahriman s’évanouit et Ormazd, ainsi qu’il était prévu, put disposer à sa guise des trois premiers milliers d’années… il fit venir sa création à la vie, il lui donna corps, forme et mouvement.
Il mit en place le ciel, puis l’eau, la terre, les plantes, le bétail, et enfin l’homme. Il tourna le ciel en forme d’oeuf, le dota d’une solide coquille de métal et y déposa toutes les choses et les êtres qu’il avait enfantés. Ahriman se retrouva piégé à l’intérieur: il ne fallait surtout pas qu’il puisse s’échapper. Il ne pouvait être combattu et anéanti que de l’intérieur, dans son oeuvre.Ahriman se retrouva piégé à l’intérieur: il ne fallait surtout pas qu’il puisse s’échapper. Il ne pouvait être combattu et anéanti que de l’intérieur, dans son œuvre.
Ormazd avait lu l’avenir, et savait tout ce qui allait se passer. Le dieu suprême se mit à chanter une prière sacrée, et Ahriman comprit enfin quel sort l’attendait. Durant les trois premiers millénaires, Ormazd pourrait faire ce que bon lui semblerait. Puis viendrait le temps du mélange du bien et du mal, trois mille années d’un combat acharné, incertain, où le bien et le mal cohabiteraient et s’affronteraient sans que l’un domine l’autre. Enfin, les trois derniers millénaires verraient le recul du mal et la victoire définitive du bien. Le mauvais n’avait aucun espoir de dominer un jour l’univers: ses créatures seraient toutes détruites et le monde définitivement libéré de son emprise, deviendrait un paradis lumineux où tous ceux qui auraient combattu au côté d’ahura Mazda vivraient dans une éternelle félicité. Entendant cela Ahriman s’évanouit et Ormazd, ainsi qu’il était prévu, put disposer à sa guise des trois premiers milliers d’années… il fit venir sa création à la vie, il lui donna corps, forme et mouvement.
Il mit en place le ciel, puis l’eau, la terre, les plantes, le bétail, et enfin l’homme. Il tourna le ciel en forme d’oeuf, le dota d’une solide coquille de métal et y déposa toutes les choses et les êtres qu’il avait enfantés. Ahriman se retrouva piégé à l’intérieur: il ne fallait surtout pas qu’il puisse s’échapper. Il ne pouvait être combattu et anéanti que de l’intérieur, dans son oeuvre.Ahriman se retrouva piégé à l’intérieur: il ne fallait surtout pas qu’il puisse s’échapper. Il ne pouvait être combattu et anéanti que de l’intérieur, dans son œuvre.
L’eau fut conçue à partir de la substance du ciel et le vent, la pluie, le brouillard, l’orage et la neige apparurent en même temps qu’elle. Puis ce fut au tour de la terre, ronde. Elle baignait dans l’eau primordiale, qui par la suite reflua au sud pour former la mer. Elle était alimentée par un fleuve gigantesque et deux rivières en sortirent, l’une coulant à l’est et l’autre à l’ouest, enserrant le monde.
La terre fut divisée en sept sections, disposées de telle sorte que six d’entre elles entouraient un vaste territoire central dont la surface était équivalente à celle de toutes les autres régions réunies. Ormazd déposa dans la terre la semence des montagnes et leur mère à tous, le mont Albourz, se mit à pousser au milieu. Sa croissance dura huit cents ans: il lui fallut deux siècle pour atteindre les étoiles, deux autres pour arriver jusque’à la lune, encore deux cents ans pour atteindre le soleil et deux cents de plus pour toucher la lumière infinie, le sommet du ciel. Celui-ci était percé de cent quatre-vingt ouvertures l’est et cent quatre-vingt à l’ouest, par où apparaissait et disparaissait le soleil et les autres astres. La quatrième création, la plante, poussa au milieu de la terre. Fraîche et douce, dépourvue de branches, d’écorce et d’épines, elle possédait en elle toutes les potentialités et les germes de la végétation à venir.
Ormazd donna ensuite au monde son premier animal, le bovin primordial, un taureau clair et brillant comme la lune. Enfin apparut Gayomard, le premier homme. Il ne vécu qu’une trentaine d’année avant d’être tué par Angra Mainyu, qui avait lancé son offensive contre le bien. Sa semence fut récupérée par les bons génies d’ahura Mazda et purifiée par le soleil. Quarante ans plus tard, elle fructifia sous la forme d’un plant de rhubarbe qui se métamorphosa en deux nouveaux humains, Mashya et Mashyane. Aura Mazda leur parla, les exhorta à l’adorer, à se détourner du mal et de ses démons, mais Ahriman troubla leur esprit et ils se mirent à le louer pour sa grandeur et sa sagesse… et c’est ainsi que le mal se mélangea au bien.
La terre fut divisée en sept sections, disposées de telle sorte que six d’entre elles entouraient un vaste territoire central dont la surface était équivalente à celle de toutes les autres régions réunies. Ormazd déposa dans la terre la semence des montagnes et leur mère à tous, le mont Albourz, se mit à pousser au milieu. Sa croissance dura huit cents ans: il lui fallut deux siècle pour atteindre les étoiles, deux autres pour arriver jusque’à la lune, encore deux cents ans pour atteindre le soleil et deux cents de plus pour toucher la lumière infinie, le sommet du ciel. Celui-ci était percé de cent quatre-vingt ouvertures l’est et cent quatre-vingt à l’ouest, par où apparaissait et disparaissait le soleil et les autres astres. La quatrième création, la plante, poussa au milieu de la terre. Fraîche et douce, dépourvue de branches, d’écorce et d’épines, elle possédait en elle toutes les potentialités et les germes de la végétation à venir.
Ormazd donna ensuite au monde son premier animal, le bovin primordial, un taureau clair et brillant comme la lune. Enfin apparut Gayomard, le premier homme. Il ne vécu qu’une trentaine d’année avant d’être tué par Angra Mainyu, qui avait lancé son offensive contre le bien. Sa semence fut récupérée par les bons génies d’ahura Mazda et purifiée par le soleil. Quarante ans plus tard, elle fructifia sous la forme d’un plant de rhubarbe qui se métamorphosa en deux nouveaux humains, Mashya et Mashyane. Aura Mazda leur parla, les exhorta à l’adorer, à se détourner du mal et de ses démons, mais Ahriman troubla leur esprit et ils se mirent à le louer pour sa grandeur et sa sagesse… et c’est ainsi que le mal se mélangea au bien.
Dogons
Le monde dogon est l’oeuvre du tout-puissant Amma. Il fabriqua un oeuf avec de la glaise, une matrice qui se scinda en deux placentas. À partir des éléments terre, eau, air et feu, Amma créa ensuite Nommo, l’androgyne doté de la double identité mâle et femelle, associé au silure, le poisson-chat.
Le démiurge le déclina en quatre exemplaires: le Grand Nommo, futur régisseur du ciel et de l’orage, le Nommo messager, le Nommo de la mare et Ogo. Il les plaça dans les placentas, une paire dans chacun et les dota d’un double féminin.
Ogo était incapable de tenir en place et il se mit à chercher sa moitié femelle, qu’Amma n’avait pas encore achevé pour s’unir à elle. Il sortit avant terme de l’oeuf mais toujours attaché à son cordon ombilical, il arracha un morceau de son placenta. Il s’en servit pour glisser dans l’espace vide et cet fragment devint la terre sur laquelle il atterrit. Toujours en quête de sa jumelle qu’entre-temps Amma avait pris soin de cacher, Ogo fouilla le placenta pensant qu’il l’avait amené avec lui.
Ce faisant, il pénétra la terre et commis un viol, doublé d’un inceste. Il en naquit, dit-on, les yebans, petits êtres à grosse tête qui vivaient dans des trous. Ogo remonta ensuite dans l’œuf, espérant y récupérer sa soeur, mais Amma l’avait transformée en une boule de feu qu’il fit sortir par la porte ouest de la matrice initiale.
Ogo ne trouva alors rien de mieux que de voler les huit graines de la création qu’Amma avait déposées dans l’oeuf primordial, et redescendit sur terre. Le dieu expédia la fourmi, le termite et l’araignée pour récupérer son bien mais Ogo avait déjà planté une graine, le fonio rouge, espérant par ce geste amorcer la création. Depuis cette plante est considérée comme impure. Amma décida de nettoyer et purifier le monde du désordre occasionné par Ogo en procédant à un sacrifice.
Le démiurge le déclina en quatre exemplaires: le Grand Nommo, futur régisseur du ciel et de l’orage, le Nommo messager, le Nommo de la mare et Ogo. Il les plaça dans les placentas, une paire dans chacun et les dota d’un double féminin.
Ogo était incapable de tenir en place et il se mit à chercher sa moitié femelle, qu’Amma n’avait pas encore achevé pour s’unir à elle. Il sortit avant terme de l’oeuf mais toujours attaché à son cordon ombilical, il arracha un morceau de son placenta. Il s’en servit pour glisser dans l’espace vide et cet fragment devint la terre sur laquelle il atterrit. Toujours en quête de sa jumelle qu’entre-temps Amma avait pris soin de cacher, Ogo fouilla le placenta pensant qu’il l’avait amené avec lui.
Ce faisant, il pénétra la terre et commis un viol, doublé d’un inceste. Il en naquit, dit-on, les yebans, petits êtres à grosse tête qui vivaient dans des trous. Ogo remonta ensuite dans l’œuf, espérant y récupérer sa soeur, mais Amma l’avait transformée en une boule de feu qu’il fit sortir par la porte ouest de la matrice initiale.
Ogo ne trouva alors rien de mieux que de voler les huit graines de la création qu’Amma avait déposées dans l’oeuf primordial, et redescendit sur terre. Le dieu expédia la fourmi, le termite et l’araignée pour récupérer son bien mais Ogo avait déjà planté une graine, le fonio rouge, espérant par ce geste amorcer la création. Depuis cette plante est considérée comme impure. Amma décida de nettoyer et purifier le monde du désordre occasionné par Ogo en procédant à un sacrifice.
Il extirpa le jumeau d’Ogo, le Nommo de la mare, de son placenta et il chargea le Nommo messager de procéder au rituel. Amma détruisit l’androgynie du Nommo de la mare créant une distinction nette entre mâles et femelles, et le sacrificateur coupa son cordon ombilical et son sexe. Du sang coula, donnant naissance à l’étoile Sirius et à la planète Vénus. Ogo rôdait toujours; il vola les âmes de sexe du sacrifié et les mit dans son prépuce. Il récupéra aussi sa semence et s’enfuit.
Mais le sacrificateur veillait et il attrapa avec sa bouche l’extrémité du sexe d’Ogo et lui sectionna, récupérant les âmes de sexe. Le sang de la circoncision donna naissance à la planète mars. Il lui arracha aussi la langue et les dents, qui devinrent des étoiles. Muet et privé des attributs qui lui aurait permis de donner jour à son double femelle, Ogo redescendit sur terre où Amma le métamorphosa en renard pâle, Yorugu. Le sacrifice se poursuivit, et le Nommo messager trancha les membres et le cou de la victime. il. Traîna le corps vers le nord, arrosant la terre de son sang qui forma la voie lactée et de nouveaux astres tels Jupiter.
Il le découpa ensuite en soixante-six parcelles, qu’il divisa en quatre tas égaux, dispersés aux quatre points cardinaux pour purifier l’espace. Il rassembla ses organes, les pétrit, leur donna forme d’homme et leur insuffla la vie. Le sacrifié devint le Nommo de la mare, gardien des eaux et de l’ordre d’Amma. Le monde était enfin nettoyé, le soleil pouvait se lever et l’univers prendre son aspect définit. Amma créa encore quatre paires mixtes, les huit ancêtres des dogons et les fit descendre sur terre à bord d’une arche qui contenait les animaux, les minéraux et les végétaux. Au cours du sacrifice, deux graines tombèrent des clavicules du Nommo sacrifié. Elles devinrent deux petites étoiles invisibles à l’œil nu. Selon les dogons, elle gravitaient autour de Sirius.
Mais le sacrificateur veillait et il attrapa avec sa bouche l’extrémité du sexe d’Ogo et lui sectionna, récupérant les âmes de sexe. Le sang de la circoncision donna naissance à la planète mars. Il lui arracha aussi la langue et les dents, qui devinrent des étoiles. Muet et privé des attributs qui lui aurait permis de donner jour à son double femelle, Ogo redescendit sur terre où Amma le métamorphosa en renard pâle, Yorugu. Le sacrifice se poursuivit, et le Nommo messager trancha les membres et le cou de la victime. il. Traîna le corps vers le nord, arrosant la terre de son sang qui forma la voie lactée et de nouveaux astres tels Jupiter.
Il le découpa ensuite en soixante-six parcelles, qu’il divisa en quatre tas égaux, dispersés aux quatre points cardinaux pour purifier l’espace. Il rassembla ses organes, les pétrit, leur donna forme d’homme et leur insuffla la vie. Le sacrifié devint le Nommo de la mare, gardien des eaux et de l’ordre d’Amma. Le monde était enfin nettoyé, le soleil pouvait se lever et l’univers prendre son aspect définit. Amma créa encore quatre paires mixtes, les huit ancêtres des dogons et les fit descendre sur terre à bord d’une arche qui contenait les animaux, les minéraux et les végétaux. Au cours du sacrifice, deux graines tombèrent des clavicules du Nommo sacrifié. Elles devinrent deux petites étoiles invisibles à l’œil nu. Selon les dogons, elle gravitaient autour de Sirius.
Il existe un second récit de la création du monde dogon. Amma est toujours le maître d’oeuvre de l’univers. Il créa les étoiles et les planètes en jetant des boulettes de terre dans le ciel et Fabrice quatorze mondes plats- quatorze systèmes solaires- empilés les uns sur les autres et cernés par un serpent qui se mord la queue.
Amma donna à la terre la forme d’une femme, avec son sexe figuré par une fourmilière au sud. Une termitière s’installa juste devant, gênant le démiurge qui voulait s’accoupler avec sa créature. Il excisa la terre qui donna naissance à un petit enfant, le chacal. Amma eut ensuite deux jumeaux êtres mi-hommes mi-serpents de couleur verte: les Nommos. Choqués par la nudité de leur mère, il lui fabriquer une jupe et l’en revêtirent. Pas suffisant pour empêcher le chacal de la violer et de rendre ainsi la terre impure.
Amma s’en détourna et fabriqua lui-seul les hommes. Il modela une matrice en glaise humide, et du ciel, lança dedans deux boulettes de terre, dont une avait la forme d'un sexe masculin. De cette union naquirent un homme et une femme qui engendrèrent les huit ancêtres dogons. Le septième d’entre eux est le créateur de la parole et du tissage, savoirs qui furent ensuite transmis aux hommes par la fourmi. Les ancêtres montèrent aux cieux rejoindre les Nommos qui leur interdirent de se fréquenter, et Amma confia huit graines de fonio au premier d’entre eux avec interdiction de les consommer.
Malheureusement les ancêtres enfreignirent la règle. Ils furent priés de revenir sur terre et leur chef construisit alors une arche qu’il chargea de toutes les créatures vivantes de ce monde et vola le feu au soleil. Puis il descendit sur son vaisseau en suivant l’arc-en-ciel. La chute fut assez brutale et ses membres, jusqu’ici souples se brisèrent au niveau de ce qui devint les articulations des bras et des jambes puis repeuplent la terre.
Amma donna à la terre la forme d’une femme, avec son sexe figuré par une fourmilière au sud. Une termitière s’installa juste devant, gênant le démiurge qui voulait s’accoupler avec sa créature. Il excisa la terre qui donna naissance à un petit enfant, le chacal. Amma eut ensuite deux jumeaux êtres mi-hommes mi-serpents de couleur verte: les Nommos. Choqués par la nudité de leur mère, il lui fabriquer une jupe et l’en revêtirent. Pas suffisant pour empêcher le chacal de la violer et de rendre ainsi la terre impure.
Amma s’en détourna et fabriqua lui-seul les hommes. Il modela une matrice en glaise humide, et du ciel, lança dedans deux boulettes de terre, dont une avait la forme d'un sexe masculin. De cette union naquirent un homme et une femme qui engendrèrent les huit ancêtres dogons. Le septième d’entre eux est le créateur de la parole et du tissage, savoirs qui furent ensuite transmis aux hommes par la fourmi. Les ancêtres montèrent aux cieux rejoindre les Nommos qui leur interdirent de se fréquenter, et Amma confia huit graines de fonio au premier d’entre eux avec interdiction de les consommer.
Malheureusement les ancêtres enfreignirent la règle. Ils furent priés de revenir sur terre et leur chef construisit alors une arche qu’il chargea de toutes les créatures vivantes de ce monde et vola le feu au soleil. Puis il descendit sur son vaisseau en suivant l’arc-en-ciel. La chute fut assez brutale et ses membres, jusqu’ici souples se brisèrent au niveau de ce qui devint les articulations des bras et des jambes puis repeuplent la terre.
Fons
Mawu, le principal dieu des Fons, appela Aido-Hwedo, le serpent cosmique, pour qu’il l’aide à faire le monde et ce dernier le porta dans sa gueule tandis qu’il créait. Le mouvement du serpent créa toutes les ondulations visibles à la surface de la terre qui prit la forme d’une calebasse.
Le dieu la chargea à ras bord de tous les éléments de la création: montagnes, animaux, plantes, rivières… une fois son travail achevé, il se rendit compte que cette cargaison était bien trop lourde pour son malheureux monde et demanda au serpent cosmique de s’enrouler sous la terre et de la soutenir. Mawu immergea alors la terre dans les eaux afin qu’Aido-Hwedo puisse se rafraichir en dessous. Son rugueux fardeau lui donne parfois des démangeaisons qui le font se tortiller et s’agiter, ce qui provoque des tremblements de terre.
Des petits singes rouges, qui vivent dans la mer, le nourrissent de barres de fer et, le jour où elles viendront à manquer, le serpent sera contraint de se manger la queue: le monde déséquilibré, tombera dans la mer.
Le serpent cosmique a un jumeau, le serpent arc-en-ciel qui vit dans le ciel. C’est lui qui envoie la foudre sur terre, lâche l’éclair et engendre le tonnerre en faisant claquer sa queue sur le sol. Les hommes sont aussi l’oeuvre du dieu Mawu, qui façonna dans de l’argile le couple primordial Adanhu et Yewa. Au tout début, Mawu vivait parmi les hommes.
Avec sa compagne Lissa, il avait eu quatorze enfants, quatorze dieux parmi lesquels Legba, qui ne ratait jamais une occasion de faire des farces. Un jour, il rendit visite à Mawu et l’avertit que les hommes du village projetaient de voler les ignames qu’il cultivait dans son champ. Le dieu en colère avertit ses sujets que si l’un d’entre eux osait toucher à son champ, il lui ferait regretter d’être né. Terrorisés, les villageois jurèrent de ne jamais rien faire qui puisse lui déplaire et, rassuré Mawu rentra chez lui dormir.
Le dieu la chargea à ras bord de tous les éléments de la création: montagnes, animaux, plantes, rivières… une fois son travail achevé, il se rendit compte que cette cargaison était bien trop lourde pour son malheureux monde et demanda au serpent cosmique de s’enrouler sous la terre et de la soutenir. Mawu immergea alors la terre dans les eaux afin qu’Aido-Hwedo puisse se rafraichir en dessous. Son rugueux fardeau lui donne parfois des démangeaisons qui le font se tortiller et s’agiter, ce qui provoque des tremblements de terre.
Des petits singes rouges, qui vivent dans la mer, le nourrissent de barres de fer et, le jour où elles viendront à manquer, le serpent sera contraint de se manger la queue: le monde déséquilibré, tombera dans la mer.
Le serpent cosmique a un jumeau, le serpent arc-en-ciel qui vit dans le ciel. C’est lui qui envoie la foudre sur terre, lâche l’éclair et engendre le tonnerre en faisant claquer sa queue sur le sol. Les hommes sont aussi l’oeuvre du dieu Mawu, qui façonna dans de l’argile le couple primordial Adanhu et Yewa. Au tout début, Mawu vivait parmi les hommes.
Avec sa compagne Lissa, il avait eu quatorze enfants, quatorze dieux parmi lesquels Legba, qui ne ratait jamais une occasion de faire des farces. Un jour, il rendit visite à Mawu et l’avertit que les hommes du village projetaient de voler les ignames qu’il cultivait dans son champ. Le dieu en colère avertit ses sujets que si l’un d’entre eux osait toucher à son champ, il lui ferait regretter d’être né. Terrorisés, les villageois jurèrent de ne jamais rien faire qui puisse lui déplaire et, rassuré Mawu rentra chez lui dormir.
Legba se faufila dans sa case et lui vola ses chaussures. Il alla dans le champ et s’arrangea pour laisser dans la terre de nombreuses empreintes de pas, tout en mangeant certains légumes. Le lendemain Mawu entra dans une rage folle à la vue de son champ saccagé et convoqua les villageois. Ils eurent beau protester, il ne les crut pas et était sur le point de les massacrer quand une villageoise suggéra que le vrai coupable pouvait être démasqué grâce aux empreintes laissées dans le sol. Tous, Legba compris, mirent le pied dans les traces de pas du voleur mais personne n’avait la bonne pointure. C’est alors que Legba osa insinuer que c’était peut-être le dieu lui-même qui avait marché dans le champ. Outré, ce dernier répliqua qu’il ne se volait pas lui-même mais Legba insista. Il fut obligé d’essayer lui aussi et force lui fut de constater que les empreintes correspondaient. Rouge de honte, il préféra quitter les humains et s’enfuit au ciel d’où il ne revint plus. Legba devint ainsi le messager entre le ciel et la terre.
Chez les yorubas, Legba s’appelait Eshu et le serpent arc-en-ciel est Oshumaré, incarnation des forces vitales, du mouvement et de la fortune. Lui aussi soutient la terre et l’empêche de se désintégrer. Il fut l’un des serviteurs de Shango, antique roi Yoruba devenu dieu, et son office consistait à monter au ciel de l’eau puisée sur terre. Il y a bien longtemps, bien avant l’arrivée des hommes, le monde se limitait au ciel et à la vaste étendue d’eau.
Olodumare, divinité suprême et maître du ciel convoqua un jour Orishanla et lui ordonna d’aller créer une terre solide et de la peupler d’humains. Orishanla se munit d’un sac qui contenait du sable, de l’acier et une poule à cinq doigts. Il descendit le long d’une chaîne accrochée au firmament et, une fois parvenu au ras de l’eau, il y jeta le morceau d’acier. Il saupoudra de sable la surface qui émergeait hors de l’océan primordial et y lâcha la poule qui éparpilla les grains un peu partout. Il envoya ensuite de précautionneux caméléons tester la solidité de cette terre puis appela les autres dieux à venir le rejoindre sur ce nouveau territoire. Selon une autre version ce n’est pas Orishanla qui a créé la Terre mais Oduduwa, l’ancêtre des yorubas.
Chez les yorubas, Legba s’appelait Eshu et le serpent arc-en-ciel est Oshumaré, incarnation des forces vitales, du mouvement et de la fortune. Lui aussi soutient la terre et l’empêche de se désintégrer. Il fut l’un des serviteurs de Shango, antique roi Yoruba devenu dieu, et son office consistait à monter au ciel de l’eau puisée sur terre. Il y a bien longtemps, bien avant l’arrivée des hommes, le monde se limitait au ciel et à la vaste étendue d’eau.
Olodumare, divinité suprême et maître du ciel convoqua un jour Orishanla et lui ordonna d’aller créer une terre solide et de la peupler d’humains. Orishanla se munit d’un sac qui contenait du sable, de l’acier et une poule à cinq doigts. Il descendit le long d’une chaîne accrochée au firmament et, une fois parvenu au ras de l’eau, il y jeta le morceau d’acier. Il saupoudra de sable la surface qui émergeait hors de l’océan primordial et y lâcha la poule qui éparpilla les grains un peu partout. Il envoya ensuite de précautionneux caméléons tester la solidité de cette terre puis appela les autres dieux à venir le rejoindre sur ce nouveau territoire. Selon une autre version ce n’est pas Orishanla qui a créé la Terre mais Oduduwa, l’ancêtre des yorubas.
Orishanla s’enivrait très régulièrement. Il était ivre lorsque Oduduwa lui confia sa mission et il s’endormit avant de pouvoir la mener à bien. Ne voyant rien ravir, Olodumare envoya Oduduwa voir ce qui se passait et celui-ci découvrit Orishanla ivre mort. Il récupéra le sac de la création et accomplit son oeuvre à sa place. Lorsqu’il se réveilla, Orishanla en fut tellement mortifié qu’Olodumare magnanime, lui confia la fabrication des hommes. Il s’y employa tant bien que mal, résistant du mieux qu’il pouvait à la boisson: il y cédait de temps en temps, et les hommes qui sortaient de ses mains à ces moments là étaient difformes, estropiés ou mal cuits, c’est à dire blancs.
Oraniyan était le fils d’Ogun, le dieu de la guerre patron des forgerons et d’Oduduwa. Tous deux firent l’amour à la même femme, le même jour. Elle accoucha d’un enfant au corps à moitié blanc comme l’était le clair Oduduwa, et à moitié noir comme le sombre Ogun. Oraniyan était le septième et dernier des princes qu’Olodumare envoya occuper ce qui n’était encore qu’une vaste plaine aquatique en faisant pousser un gigantesque cocotier afin de descendre du ciel sur lequel les sept princes s’installèrent.
Olodumare confia à chacun d’eux un paquetage qui contenait une calebasse, de la nourriture, un sac de couvertures et d’habits et leur confia une poule, vingt barres d’acier et une substance mystérieuse emballée dans du tissus noir. Ayant tous été fait princes par Olodumare, ils voulaient chacun commandaient. Après avoir volé le paquet à l’un d’entre eux pour s’en partager les vivres et s’être dispersés dans le cocotier, Oraniyan se retrouva seul avec les vingt barres d’acier, la poule et le mystérieux emballage. La substance qui s’y trouvait se répandit à la surface des eaux et la poule la dispersant forma ainsi la terre.
Oraniyan prit possession de son nouveau royaume et ses frères, voyant cela voulurent le dépouiller un seconde fois de ce qu’il possédait. Oraniyan vit rouge et les barres d’acier se transformèrent en armes bien déterminé à les tuer. Ils se jetèrent à ses pieds le suppliant de les épargner. Oraniyan leur laissa la vie sauve et un petit territoire, à condition que leurs peuples soient assujettis au sien et lui paient régulièrement un tribut. Oraniyan devint ainsi le premier roi yorubas.
Oraniyan était le fils d’Ogun, le dieu de la guerre patron des forgerons et d’Oduduwa. Tous deux firent l’amour à la même femme, le même jour. Elle accoucha d’un enfant au corps à moitié blanc comme l’était le clair Oduduwa, et à moitié noir comme le sombre Ogun. Oraniyan était le septième et dernier des princes qu’Olodumare envoya occuper ce qui n’était encore qu’une vaste plaine aquatique en faisant pousser un gigantesque cocotier afin de descendre du ciel sur lequel les sept princes s’installèrent.
Olodumare confia à chacun d’eux un paquetage qui contenait une calebasse, de la nourriture, un sac de couvertures et d’habits et leur confia une poule, vingt barres d’acier et une substance mystérieuse emballée dans du tissus noir. Ayant tous été fait princes par Olodumare, ils voulaient chacun commandaient. Après avoir volé le paquet à l’un d’entre eux pour s’en partager les vivres et s’être dispersés dans le cocotier, Oraniyan se retrouva seul avec les vingt barres d’acier, la poule et le mystérieux emballage. La substance qui s’y trouvait se répandit à la surface des eaux et la poule la dispersant forma ainsi la terre.
Oraniyan prit possession de son nouveau royaume et ses frères, voyant cela voulurent le dépouiller un seconde fois de ce qu’il possédait. Oraniyan vit rouge et les barres d’acier se transformèrent en armes bien déterminé à les tuer. Ils se jetèrent à ses pieds le suppliant de les épargner. Oraniyan leur laissa la vie sauve et un petit territoire, à condition que leurs peuples soient assujettis au sien et lui paient régulièrement un tribut. Oraniyan devint ainsi le premier roi yorubas.
Kongos
Les Kongos racontent que, jadis, il existait un premier peuple constitué par les Nzondos, des demi-hommes qui ne possédaient qu’un bras, une jambe et un oeil. Ils hantèrent un temps la terre, puis choisirent de s’enfoncer dans le monde souterrain, sous l’eau du fleuve Congo.
Arriva alors le héros Kivanda, si laid avec ses vingt quatre doigts et sa grosse tête que ses divins parents avaient préféré l’abandonner. Il voulait récupérer sa soeur jumelle donnée en mariage à un Nzondo anthropophage en montant une expédition dans le royaume souterrain avec huit de ses compagnons. Il travers la nappe d’argile blanche intermédiaire entre le monde d’en haut et celui d’en bas, força la porte qui séparait la vie de la mort et entra seul dans le village des Nzondos. Il les plongea dans un profond sommeil, récupéra sa soeur et s’enfuit. Au passage, il vola tous les masques que les nzondos empruntaient au maître de la terre, Mbenza, pour tromper les humains en se mêlant à eux. Les affreux ne tardèrent pas à se réveiller et Kivanda échappa de justesse à leurs javelots. Il émergea sain et sauf à la surface de la terre où il fonda le premier village humain. Digne de ce nom.
Les deux principales divinités kongos étaient Mbenza, le maître de la terre et Mbumba, le serpent arc-en-ciel maître des eaux terrestres et qu’on disait capable d’empêcher la pluie de tomber. Un autre récit veut que l’humanité soit née du corps de Mbumba, coupé en deux. Elle connut un âge d’or, interrompu par l’arrivée des Nzondos qui provoquèrent un déluge à l’origine du fleuve Congo. Les hommes qui survécurent se dispersèrent à la surface de la terre.
Le ciel, que les Kongos imaginaient carré et soutenu par quatre pilier de fer, était le territoire de Pulu Mbunzi, maître des tornades et des eaux en crue, dieu de la foudre qui n’appréciait guère que Mbumba arrête la pluie à chaque fois qu’il apparaissait. Il livra une terrible bataille cosmique au serpent arc-en-ciel qui finit décapité.
Arriva alors le héros Kivanda, si laid avec ses vingt quatre doigts et sa grosse tête que ses divins parents avaient préféré l’abandonner. Il voulait récupérer sa soeur jumelle donnée en mariage à un Nzondo anthropophage en montant une expédition dans le royaume souterrain avec huit de ses compagnons. Il travers la nappe d’argile blanche intermédiaire entre le monde d’en haut et celui d’en bas, força la porte qui séparait la vie de la mort et entra seul dans le village des Nzondos. Il les plongea dans un profond sommeil, récupéra sa soeur et s’enfuit. Au passage, il vola tous les masques que les nzondos empruntaient au maître de la terre, Mbenza, pour tromper les humains en se mêlant à eux. Les affreux ne tardèrent pas à se réveiller et Kivanda échappa de justesse à leurs javelots. Il émergea sain et sauf à la surface de la terre où il fonda le premier village humain. Digne de ce nom.
Les deux principales divinités kongos étaient Mbenza, le maître de la terre et Mbumba, le serpent arc-en-ciel maître des eaux terrestres et qu’on disait capable d’empêcher la pluie de tomber. Un autre récit veut que l’humanité soit née du corps de Mbumba, coupé en deux. Elle connut un âge d’or, interrompu par l’arrivée des Nzondos qui provoquèrent un déluge à l’origine du fleuve Congo. Les hommes qui survécurent se dispersèrent à la surface de la terre.
Le ciel, que les Kongos imaginaient carré et soutenu par quatre pilier de fer, était le territoire de Pulu Mbunzi, maître des tornades et des eaux en crue, dieu de la foudre qui n’appréciait guère que Mbumba arrête la pluie à chaque fois qu’il apparaissait. Il livra une terrible bataille cosmique au serpent arc-en-ciel qui finit décapité.
Chez les Bakubas voisins, le monde d’avant le monde n’étaient rien que de l’eau, une étendue infinie enveloppée par l’obscurité. Dans ce triste océan vivait le dieu Mbombo et la déesse Nchienge, qui avait établi ses quartiers à l’est. Mbombo fut un jour pris de nausées. Son estomac se souleva et il vomit le soleil, la lune et les étoiles. Les rayons du soleil firent évaporer une partie des eaux créant ainsi les nuages. l’eau baissa et progressivement apparurent des collines desséchées.
Mbombo fut pris de nouvelles contractions et vomit le léopard, le singe Fumu, l’aigle, l’étoile filante, l’enclume, la médecine, l’éclair, la première femme et le premier homme. Pendant que Mbombo vidait son estomac de toute la création, Nchienge fut prise à son tour de convulsions et accoucha d’un garçon Woto et d’une fille, Labama. Woto s’unit à sa soeur, il teignit leurs enfants en noir, leur apprit un nouveau langage et les emmena vers l’ouest où il devint le tout premier roi des Kubas.
Quelques temps plus tard, les moeurs ayant changé depuis les temps des premiers dieux, Woto commença à être regardé étrangement pour avoir épousé sa soeur. Il préféra quitter son territoire pour fonder la nation des Balubas. Il changea encore une fois le langage de ses enfants en leur pratiquant une petite incision sur la langue et ils s’installèrent dans le désert. Woto fit jaillir une forêt luxuriante en soufflant dans sa corne et le singe Fumu s’y établit aussi.
Un jour un homme malveillant trouva le petit animal et le tua. Le léopard devint fou furieux et vengea le petit singe en massacrant le chasseur. Depuis, hommes et bêtes se font la guerre.
A l’origine du monde des Fangs du Gabon, il y a trois dieux: Nzame, Mebere, Nkwa. Le premier, le plus puissant, est celui qui mit en place toute la création et insuffla la vie. Il invita ensuite ses confrères à venir admirer son oeuvre et demanda leur avis. Les deux autres firent une moue dubitative, ils trouvaient qu’il manquait encore quelque chose au monde.
Mbombo fut pris de nouvelles contractions et vomit le léopard, le singe Fumu, l’aigle, l’étoile filante, l’enclume, la médecine, l’éclair, la première femme et le premier homme. Pendant que Mbombo vidait son estomac de toute la création, Nchienge fut prise à son tour de convulsions et accoucha d’un garçon Woto et d’une fille, Labama. Woto s’unit à sa soeur, il teignit leurs enfants en noir, leur apprit un nouveau langage et les emmena vers l’ouest où il devint le tout premier roi des Kubas.
Quelques temps plus tard, les moeurs ayant changé depuis les temps des premiers dieux, Woto commença à être regardé étrangement pour avoir épousé sa soeur. Il préféra quitter son territoire pour fonder la nation des Balubas. Il changea encore une fois le langage de ses enfants en leur pratiquant une petite incision sur la langue et ils s’installèrent dans le désert. Woto fit jaillir une forêt luxuriante en soufflant dans sa corne et le singe Fumu s’y établit aussi.
Un jour un homme malveillant trouva le petit animal et le tua. Le léopard devint fou furieux et vengea le petit singe en massacrant le chasseur. Depuis, hommes et bêtes se font la guerre.
A l’origine du monde des Fangs du Gabon, il y a trois dieux: Nzame, Mebere, Nkwa. Le premier, le plus puissant, est celui qui mit en place toute la création et insuffla la vie. Il invita ensuite ses confrères à venir admirer son oeuvre et demanda leur avis. Les deux autres firent une moue dubitative, ils trouvaient qu’il manquait encore quelque chose au monde.
Nzame les pressa de lui dire quoi et, au bout d’un temps de réflexion, Mebere et Nkwa finirent par mettre le doigt sur ce qui les gênait: il manquait un chef à la terre.
Nzame jaugea toutes ses créatures pour déterminer laquelle avait l’étoffe d’un chef. L’éléphant, le léopard et le singe auraient bien fait l’affaire, mais il ne les jugeait pas dignes de cette fonction et les nomma sous-chefs. Les trois dieux se mirent alors au travail. Ils fabriquèrent un être à leur image, à qui, ils donnèrent le nom de Fam, soit pouvoir. Nzame lui donna la force, Mebere lui confia l’autorité et Nkwa lui offrit la beauté. Ils laissèrent les clefs du monde à Fam et retournèrent dans les hauteurs où ils avaient élu domicile.
Au début tout marcha bien, les sous-chefs animaux acceptèrent sans problème l’autorité de Fam Puis la situation commença à se dégénérer. Fam devint petit à petit arrogant en raison des cadeaux offerts par les trois divinités et devint de plus en plus autoritaire. Il maltraita les animaux et cessa de prier celui qui avait fait tant pour lui, Nzame. Ce dernier finit par soupçonner que quelque chose n’allait plus et descendit sur terre réclamer des comptes à Fam. Ce dernier le regarda avec dédain et Nzame entra dans une grande colère. Il détruisit toute la création mais ne réussit pas détruire Fam: les dieux lui ayant fait don d’immortalité, Nzame ne pouvait revenir sur sa parole. Mebere et Nkwa vinrent prêter main forte à leur frère et tous trois recouvrirent l’ancienne terre d’une épaisse couche de terreau. Il suffit d’y creuser un trou pour y retrouver l’ancien monde, transformé à charbon noir et minéral. Un arbre fut planté au milieu du nouveau monde et les êtres vivants sortirent de ses feuilles, de ses racines, de son écorce, des gouttes de pluie qui en perlaient.
Nzame créa un second chef, mais, par précaution, il le fit mortel: c’est Sekume, l’ancêtre des Gangs, qui se fabriqua lui-même une compagne à partir des éléments de l’arbre. Le couple prospéra. Son bonheur aurait été parfait si Fam, de temps en temps, n’avait pas creusé un tunnel pour remonter sur terre et venir terroriser les enfants…
Nzame jaugea toutes ses créatures pour déterminer laquelle avait l’étoffe d’un chef. L’éléphant, le léopard et le singe auraient bien fait l’affaire, mais il ne les jugeait pas dignes de cette fonction et les nomma sous-chefs. Les trois dieux se mirent alors au travail. Ils fabriquèrent un être à leur image, à qui, ils donnèrent le nom de Fam, soit pouvoir. Nzame lui donna la force, Mebere lui confia l’autorité et Nkwa lui offrit la beauté. Ils laissèrent les clefs du monde à Fam et retournèrent dans les hauteurs où ils avaient élu domicile.
Au début tout marcha bien, les sous-chefs animaux acceptèrent sans problème l’autorité de Fam Puis la situation commença à se dégénérer. Fam devint petit à petit arrogant en raison des cadeaux offerts par les trois divinités et devint de plus en plus autoritaire. Il maltraita les animaux et cessa de prier celui qui avait fait tant pour lui, Nzame. Ce dernier finit par soupçonner que quelque chose n’allait plus et descendit sur terre réclamer des comptes à Fam. Ce dernier le regarda avec dédain et Nzame entra dans une grande colère. Il détruisit toute la création mais ne réussit pas détruire Fam: les dieux lui ayant fait don d’immortalité, Nzame ne pouvait revenir sur sa parole. Mebere et Nkwa vinrent prêter main forte à leur frère et tous trois recouvrirent l’ancienne terre d’une épaisse couche de terreau. Il suffit d’y creuser un trou pour y retrouver l’ancien monde, transformé à charbon noir et minéral. Un arbre fut planté au milieu du nouveau monde et les êtres vivants sortirent de ses feuilles, de ses racines, de son écorce, des gouttes de pluie qui en perlaient.
Nzame créa un second chef, mais, par précaution, il le fit mortel: c’est Sekume, l’ancêtre des Gangs, qui se fabriqua lui-même une compagne à partir des éléments de l’arbre. Le couple prospéra. Son bonheur aurait été parfait si Fam, de temps en temps, n’avait pas creusé un tunnel pour remonter sur terre et venir terroriser les enfants…
Grecs
Au commencement était le chaos, qui s’empressa de donner le jour à Gaïa- la terre-, Tartare- le monde des morts-, Érébos- l’obscure lueur qui baigne le monde souterrain- la nuit et le radieux Éros- l’amour. Étrangement, l’air et le jour sont nés des oeuvres des sombres érébos et nuit. Dédaignant la progéniture de l’informe chaos, Gaïa préféra enfanter seule et mit au monde celui qui allait devenir à la fois son époux et ce qui allait devenir la résidence des dieux, Ouranos, le ciel.
Tous deux engendrèrent trois monstres dotés de cent bras et cinquante têtes. Horrifié Ouranos s’en débarrassa en les enfermant dans un lieu tenu secret. Les trois enfants suivants, les cyclopes, furent à peine moins décevants: trois géants aussi hauts que des montagnes et dotés de la force d’un ouragan, qui avaient la particularité de n’avoir qu’un seul oeil au milieu du front. Puis vinrent douze autres enfants: ce sont les Titans, dont les principaux représentants sont Océan, Téthys, Japet, Hypérion, Chronos- le temps-, Rhéa, Thémis - la justice- Mnémosyne - la mémoire. Fâchée par le traitement que son époux avait réservé à ses trois aînés, Gaïa somma les benjamins de venger leurs frères. Les cyclopes et nombreux titans refusèrent sauf Cronos. Il tendit un piège à son père et lui coupa les organes génitaux. Du sang qui coula naquirent les géants et le Erinyes, trois créatures aux larmes de sang, à la chevelure de serpents, chargées de harceler tous ceux qui commettons des crimes familiaux dans ce bas monde. Les membres coupés d’Ouranos, tombant dans la mer, lâchèrent une écume qui se mêla à celle des vagues et dont jaillit la belle Aphrodite, la déesse de l’Amour.
Cronos et son épouse-soeur Rhéa régnèrent alors sur le monde des titans, pendant que leurs frères se reproduisaient de manière ininterrompue: Séléné - la lune et Hélios -le soleil, par exemple sont le fruit des entrailles d’Hypéron; Atlas et Prométhée sont issus de Japet; Cronos pria Rhéa de lui remettre chacun de leurs nouveau-nés, afin de les dévorer. Poséidon -dieu de l’océan, Déméter- déesse de l’agriculture, Hestia -déesse du foyer, Héra -déesse du mariage et Hadès - dieu des morts finirent ainsi dans son estomac, jusqu’à ce que Rhéa décide de cacher son sixième enfant, Zeus.
Tous deux engendrèrent trois monstres dotés de cent bras et cinquante têtes. Horrifié Ouranos s’en débarrassa en les enfermant dans un lieu tenu secret. Les trois enfants suivants, les cyclopes, furent à peine moins décevants: trois géants aussi hauts que des montagnes et dotés de la force d’un ouragan, qui avaient la particularité de n’avoir qu’un seul oeil au milieu du front. Puis vinrent douze autres enfants: ce sont les Titans, dont les principaux représentants sont Océan, Téthys, Japet, Hypérion, Chronos- le temps-, Rhéa, Thémis - la justice- Mnémosyne - la mémoire. Fâchée par le traitement que son époux avait réservé à ses trois aînés, Gaïa somma les benjamins de venger leurs frères. Les cyclopes et nombreux titans refusèrent sauf Cronos. Il tendit un piège à son père et lui coupa les organes génitaux. Du sang qui coula naquirent les géants et le Erinyes, trois créatures aux larmes de sang, à la chevelure de serpents, chargées de harceler tous ceux qui commettons des crimes familiaux dans ce bas monde. Les membres coupés d’Ouranos, tombant dans la mer, lâchèrent une écume qui se mêla à celle des vagues et dont jaillit la belle Aphrodite, la déesse de l’Amour.
Cronos et son épouse-soeur Rhéa régnèrent alors sur le monde des titans, pendant que leurs frères se reproduisaient de manière ininterrompue: Séléné - la lune et Hélios -le soleil, par exemple sont le fruit des entrailles d’Hypéron; Atlas et Prométhée sont issus de Japet; Cronos pria Rhéa de lui remettre chacun de leurs nouveau-nés, afin de les dévorer. Poséidon -dieu de l’océan, Déméter- déesse de l’agriculture, Hestia -déesse du foyer, Héra -déesse du mariage et Hadès - dieu des morts finirent ainsi dans son estomac, jusqu’à ce que Rhéa décide de cacher son sixième enfant, Zeus.
Elle enveloppa un caillou dans du linge et l’apporta à Cronos qui l’avala sans se douter de la supercherie. Devenu adulte Zeus, aidé de Gaïa ou de Métis - l’intelligence, obligea Cronos à régurgiter ses frères et soeurs, libéra les trois monstres aux cent bras et cyclopes, les entrainant tous dans une guerre féroce contre les titans. Naturellement Zeus les écrasa et condamna nombre de ses oncles, tantes, cousins et cousines à de lourdes peines. Le sort le plus atroce fut sans doute celui qu’il réserva à Atlas: porter éternellement sur son dos et ses épaules tout le poids de la terre et du ciel.
Zeus dut reprendre assez rapidement les armes- le tonnerre et la foudre- contre le monstre Typhon, énième abomination enfantée par Gaïa et lors de la révolte des géants. Tous furent précipités dans le tartare. Zeus s’autoproclama maître du monde et s’installa dans l’Olympe, montagne majestueuse située au sommet du cosmos.
Tout était en place pour accueillir le dernier élément de la création, l’homme. Il existe plusieurs mythes racontant son apparition. Selon l’un d’entre eux, ce sont les dieux eux-mêmes qui auraient créé les premiers humains, au temps de cronos. Ils les façonnèrent dans de l’or et les installèrent auprès d’eux, oisifs et heureux. Ils disparurent pour une raison mystérieuse et Zeus les remplaça par une nouvelle race, tirée de l’argent. Violente et grossière, elle était nettement moins intelligente que la première et fut éliminée. Une troisième expérience fut tentée avec l’airain et aboutit à une tuerie généralisée, les hommes de ce métal étant nés pour combattre. Puis vint la race des héros, vaillants et glorieux, dont on chante encore les hauts faits. Ils disparurent à leur tour pour laisser la place à la race de fer, endurante, vouée à la souffrance et au travail, et fondamentalement mauvaise.
Un autre mythe raconte que ce serait le titan Prométhée, l’un des rares à s’être allié à Zeus lors du combat de celui-ci contre ses frères, qui aurait fabriqué l’homme avec un peu d’eau et de boue. Le sage titan était malheureusement affligé d’un frère, Epiméthée, qui agissait d’abord, et réfléchissait ensuite. Il avait reçu toute une série de dons et d’attributs -courage, force, ruse, rapidité, plumes, griffes, poils…, - qu’il était chargé de répartir entre hommes et animaux.
Zeus dut reprendre assez rapidement les armes- le tonnerre et la foudre- contre le monstre Typhon, énième abomination enfantée par Gaïa et lors de la révolte des géants. Tous furent précipités dans le tartare. Zeus s’autoproclama maître du monde et s’installa dans l’Olympe, montagne majestueuse située au sommet du cosmos.
Tout était en place pour accueillir le dernier élément de la création, l’homme. Il existe plusieurs mythes racontant son apparition. Selon l’un d’entre eux, ce sont les dieux eux-mêmes qui auraient créé les premiers humains, au temps de cronos. Ils les façonnèrent dans de l’or et les installèrent auprès d’eux, oisifs et heureux. Ils disparurent pour une raison mystérieuse et Zeus les remplaça par une nouvelle race, tirée de l’argent. Violente et grossière, elle était nettement moins intelligente que la première et fut éliminée. Une troisième expérience fut tentée avec l’airain et aboutit à une tuerie généralisée, les hommes de ce métal étant nés pour combattre. Puis vint la race des héros, vaillants et glorieux, dont on chante encore les hauts faits. Ils disparurent à leur tour pour laisser la place à la race de fer, endurante, vouée à la souffrance et au travail, et fondamentalement mauvaise.
Un autre mythe raconte que ce serait le titan Prométhée, l’un des rares à s’être allié à Zeus lors du combat de celui-ci contre ses frères, qui aurait fabriqué l’homme avec un peu d’eau et de boue. Le sage titan était malheureusement affligé d’un frère, Epiméthée, qui agissait d’abord, et réfléchissait ensuite. Il avait reçu toute une série de dons et d’attributs -courage, force, ruse, rapidité, plumes, griffes, poils…, - qu’il était chargé de répartir entre hommes et animaux.
Il donna tout aux seconds, et ne laissa rien pour l’humanité qui se retrouva fort dépourvue. Prométhée se rendit alors chez Héphaïstos, le forgeron divin, fils de Zeus et d’Héra. Il lui vola un peu de son feu et le donna à l’homme, assurant ainsi sa protection et sa sauvegarde. Fâché, Zeus exigea alors que les hommes lui sacrifient régulièrement leurs bêtes et prométhée s’arrangea pour que ses protégés en gardent la plus grosse part. Il dépeça un boeuf, prit les meilleurs morceaux de viande qu’il recouvrit d’entrailles peu appétissantes. Il dressa ensuite un beau tas avec les os, qu’il enroba dans de la graisse blanche et luisante. Il demanda à zeus quelle part il désirait et le maître de l’olympe choisit la seconde. C’est pourquoi seuls les os et les graisses brûlent sur les autels dédiés aux dieux, les hommes se gardent la bonne chair.
La vengeance de Zeus fut terrible. Il fit enchaîner Prométhée à un rocher aux confins du monde, et envoya un aigle lui dévorer le foie. Celui-ci se régénérait en permanence, et prométhée endura son supplice pendant des siècles, jusque’à ce que le héros Héraclès vienne enfin le libérer. Un autre mythe raconte que zeus aurait aussi puni les homme, en inventant la femme. Il fit forger par Héphaïstos une sublime créature nommée Pandore. Elle aurait été donnée comme épouse à Epiméthée qui l’acceuilli malgré les recommandation de son frère Prométhée de ne surtout accepter aucun présent offert par zeus.
Les dieux lui avaient confié un petit coffre où chacun avait déposé un mal avec interdiction de l’ouvrir. Ce que, bien sûr, elle s’empressa de faire: toutes les souffrances, les peurs, les crimes qui affligent désormais l’humanité s’en échappèrent. Horrifiée, elle referma la boîte, ne gardant au fond qu’un seul présent positif, l’espérance. Le maître de l’olympe provoqua aussi un gigantesque déluge. Toute la terre fut recouverte d’eau, hormis un pic montagneux. Un gros coffre dérivant sur les flots vint s’y échouer: dedans se trouvaient Décalion, le fils de Prométhée, et Pyrrha, la fille d’Epiméthée et de Pandore. Lorsque les eaux se retirèrent enfin, le couple se rendit à un temple en ruine et pria les dieux de lui indiquer la voie à suivre. Ils entendirent une voix ordonner: « sortez et jetez derrière vous les os de votre mère ». Soit ceux de l’antique Gaïa, la terre, dont les os sont les pierres. Ils firent ce qu’on leur avait demandé, et chaque caillou jeté derrière eux devint un homme et une femme. Ainsi naquit la dernière race humaine.
La vengeance de Zeus fut terrible. Il fit enchaîner Prométhée à un rocher aux confins du monde, et envoya un aigle lui dévorer le foie. Celui-ci se régénérait en permanence, et prométhée endura son supplice pendant des siècles, jusque’à ce que le héros Héraclès vienne enfin le libérer. Un autre mythe raconte que zeus aurait aussi puni les homme, en inventant la femme. Il fit forger par Héphaïstos une sublime créature nommée Pandore. Elle aurait été donnée comme épouse à Epiméthée qui l’acceuilli malgré les recommandation de son frère Prométhée de ne surtout accepter aucun présent offert par zeus.
Les dieux lui avaient confié un petit coffre où chacun avait déposé un mal avec interdiction de l’ouvrir. Ce que, bien sûr, elle s’empressa de faire: toutes les souffrances, les peurs, les crimes qui affligent désormais l’humanité s’en échappèrent. Horrifiée, elle referma la boîte, ne gardant au fond qu’un seul présent positif, l’espérance. Le maître de l’olympe provoqua aussi un gigantesque déluge. Toute la terre fut recouverte d’eau, hormis un pic montagneux. Un gros coffre dérivant sur les flots vint s’y échouer: dedans se trouvaient Décalion, le fils de Prométhée, et Pyrrha, la fille d’Epiméthée et de Pandore. Lorsque les eaux se retirèrent enfin, le couple se rendit à un temple en ruine et pria les dieux de lui indiquer la voie à suivre. Ils entendirent une voix ordonner: « sortez et jetez derrière vous les os de votre mère ». Soit ceux de l’antique Gaïa, la terre, dont les os sont les pierres. Ils firent ce qu’on leur avait demandé, et chaque caillou jeté derrière eux devint un homme et une femme. Ainsi naquit la dernière race humaine.
Celtes
L’histoire du monde irlandais commence après sa création et peu avant un mystérieux déluge, assimilé plus tard à celui de la Bible, qui amena sur une île un peuple mené par Cesair, la fille de Bith. Elle fuyait une juste punition pour s’être, semble-t-il, trompée de dieu. La compagnie comptait trois hommes, Bith, Fintan et Ladra, pour cinquante femmes. Ils se répartirent ces femmes et chacun parti de son côté. Ladra fut le premier à mourir, par excès de femmes, dit-on, et ses épouses furent partagées entre les deux hommes restants. Puis Bith disparut à son tour et Fintan prenant peur s’enfuit, abandonnant ses compagnes qui périrent.
Trois cent ans après l’arrivée de Cesair, un deuxième peuple mené par Partholon, qui lui aussi fuyait la justice pour avoir assassiné son père, accosta sur les rives irlandaises. Il apportait avec lui l’agriculture, l’art de cuire la viande, de brasser la bière et de bâtir des maisons. Il se heurta violemment aux indigènes, les Fomoires, race monstrueuse formée d’êtres à un seul bras et une seule jambe, mais ce fut la peste qui, finalement, eut raison de ce deuxième peuple.
Vint ensuite celui de Nemed, constitué d’hommes libres. Lorsque Nemed mourut, ils devinrent les esclaves des Fomoires. Ils tentèrent de se libérer d’eux lors d’une bataille navale, mais un seul vaisseau résista, dont l’équipage se divisa en trois groupes qui se dispersèrent en Grèce, en Grande Bretagne et les « îles du nord du monde ».
Les descendants du groupe émigré en Grèce, les Fir Bold, revinrent en Irlande, suivis par les Tuatha Dé Danann, descendants de ceux qui s’étaient rendus aux « îles du nord du monde ». Ces derniers avaient acquis des connaissances très particulières dans leurs terres d’exil et étaient versés en magie, en sorcellerie, en divination. Il comptaient aussi un certain nombre de dieux dans leurs rangs: Dagda, dieu bon et protecteur, propriétaire d’un chaudron qui jamais ne désemplissait et d’une massue qui d’un côté tuait et de l’autre ressuscitait; Goibnu le forgeron, Luchta le ferronnier et Creidne le bronzier, qui forgeait les armes de leurs compagnons; Dian Cécht, le dieu de la santé; Ogma, héros d’une force herculéenne; Néit, dieu de la guerre; Manannàn, dieu de la mer… les Tuatha et les Fir Bold se firent une guerre sans merci- gagnée par les premiers- au cours de laquelle Nuada, leur chef, eut le bras coupé.
Trois cent ans après l’arrivée de Cesair, un deuxième peuple mené par Partholon, qui lui aussi fuyait la justice pour avoir assassiné son père, accosta sur les rives irlandaises. Il apportait avec lui l’agriculture, l’art de cuire la viande, de brasser la bière et de bâtir des maisons. Il se heurta violemment aux indigènes, les Fomoires, race monstrueuse formée d’êtres à un seul bras et une seule jambe, mais ce fut la peste qui, finalement, eut raison de ce deuxième peuple.
Vint ensuite celui de Nemed, constitué d’hommes libres. Lorsque Nemed mourut, ils devinrent les esclaves des Fomoires. Ils tentèrent de se libérer d’eux lors d’une bataille navale, mais un seul vaisseau résista, dont l’équipage se divisa en trois groupes qui se dispersèrent en Grèce, en Grande Bretagne et les « îles du nord du monde ».
Les descendants du groupe émigré en Grèce, les Fir Bold, revinrent en Irlande, suivis par les Tuatha Dé Danann, descendants de ceux qui s’étaient rendus aux « îles du nord du monde ». Ces derniers avaient acquis des connaissances très particulières dans leurs terres d’exil et étaient versés en magie, en sorcellerie, en divination. Il comptaient aussi un certain nombre de dieux dans leurs rangs: Dagda, dieu bon et protecteur, propriétaire d’un chaudron qui jamais ne désemplissait et d’une massue qui d’un côté tuait et de l’autre ressuscitait; Goibnu le forgeron, Luchta le ferronnier et Creidne le bronzier, qui forgeait les armes de leurs compagnons; Dian Cécht, le dieu de la santé; Ogma, héros d’une force herculéenne; Néit, dieu de la guerre; Manannàn, dieu de la mer… les Tuatha et les Fir Bold se firent une guerre sans merci- gagnée par les premiers- au cours de laquelle Nuada, leur chef, eut le bras coupé.
Comme il était devenu inapte à régner, le temps que Dian Cécht le dote d’un bras articulé en argent, le commandement revint à Eochaid Bres, un métis de de Fomoire et de Tuatha dont le règne ne fut pas d’un grand succès avant que Nuada ne revienne.
Une nouvelle bataille eut lieu contre les Fomoires, cette fois-ci menée par Balor, propriétaire d’un redoutable oeil qui tuait tout ce qu’il regardait. Les Tuatha avaient pour dirigeant le lumineux Lug, petit-fils de Balor, qui d’un coup de fronde lui fit passer l’oeil de l’autre côté de la tête: les troupes fomoires qui se trouvaient derrière lui, furent décimées par son atroce regard.
Vinrent enfin les Gaëls, ou les celtes, cinquième et ultime peuple qui évinça les Thuatha. Ces derniers se retirèrent dans le monde souterrain et établirent leur demeures magiques sous les tumulus et les tertres qui se répandaient en terre d’Irlande.
Peu prolixes sur le monde réel, les celtes irlandais devenaient en revanche intarissables lorsqu’il s’agissait de décrire l’autre monde, celui où ils devaient aller après leur mort. Constitué d’îles situées quelque part à l’ouest dans le vaste océan, c’est un lieu paradisiaque, où le temps est suspendu.
Un jour, Bran, fils de Fébal, qui se promenait non loin de sa forteresse, entendit une musique si suave qu’il s’endormit. Lorsque’il se réveilla, une branche d’argent portant des fleurs blanches était posée près de lui. Le soir, alors que tout le château était réuni dans la grande salle, une femme que personne n’avait vu entrer s’avança vers lui et lui chanta la beauté et les merveilles de l’île d’émain, la terre des fées: un véritable enchantement. Elle disparut en emportant la branche et Bran, envoûté, prépara bateau et équipage et fit voile vers l’ouest. Il tomba d’abord sur l’île des Rieurs, où l’un de ses compagnons se mêla à une foule hilare et les oublia complètement, puis il accosta sur l’île des femmes. Il s’unit à la reine de ce pays de rêve, ses compagnons se trouvèrent chacun une fée et ils coulèrent des jours heureux jusqu’à ce que le mal du pays les rattrape. La reine les laissa partir, en les prévenant qu’en aucun cas ils ne devaient poser un pied sur leur terre. Ils arrivèrent en vue des rivages irlandais et Bran vit des gens le long des côtes depuis le navire. Ils ne le reconnurent pas lorsque’’il déclina son identité: Bran était parti depuis si longtemps, c’était une si vieille histoire qu’on eut le temps de l’oublier. Un homme s’échappa du navire et mit pied à terre: il fut immédiatement réduit en cendres. Bran leva l’ancre, et personne ne le revit. L’autre monde fut plus clément avec Maelduin.
Une nouvelle bataille eut lieu contre les Fomoires, cette fois-ci menée par Balor, propriétaire d’un redoutable oeil qui tuait tout ce qu’il regardait. Les Tuatha avaient pour dirigeant le lumineux Lug, petit-fils de Balor, qui d’un coup de fronde lui fit passer l’oeil de l’autre côté de la tête: les troupes fomoires qui se trouvaient derrière lui, furent décimées par son atroce regard.
Vinrent enfin les Gaëls, ou les celtes, cinquième et ultime peuple qui évinça les Thuatha. Ces derniers se retirèrent dans le monde souterrain et établirent leur demeures magiques sous les tumulus et les tertres qui se répandaient en terre d’Irlande.
Peu prolixes sur le monde réel, les celtes irlandais devenaient en revanche intarissables lorsqu’il s’agissait de décrire l’autre monde, celui où ils devaient aller après leur mort. Constitué d’îles situées quelque part à l’ouest dans le vaste océan, c’est un lieu paradisiaque, où le temps est suspendu.
Un jour, Bran, fils de Fébal, qui se promenait non loin de sa forteresse, entendit une musique si suave qu’il s’endormit. Lorsque’il se réveilla, une branche d’argent portant des fleurs blanches était posée près de lui. Le soir, alors que tout le château était réuni dans la grande salle, une femme que personne n’avait vu entrer s’avança vers lui et lui chanta la beauté et les merveilles de l’île d’émain, la terre des fées: un véritable enchantement. Elle disparut en emportant la branche et Bran, envoûté, prépara bateau et équipage et fit voile vers l’ouest. Il tomba d’abord sur l’île des Rieurs, où l’un de ses compagnons se mêla à une foule hilare et les oublia complètement, puis il accosta sur l’île des femmes. Il s’unit à la reine de ce pays de rêve, ses compagnons se trouvèrent chacun une fée et ils coulèrent des jours heureux jusqu’à ce que le mal du pays les rattrape. La reine les laissa partir, en les prévenant qu’en aucun cas ils ne devaient poser un pied sur leur terre. Ils arrivèrent en vue des rivages irlandais et Bran vit des gens le long des côtes depuis le navire. Ils ne le reconnurent pas lorsque’’il déclina son identité: Bran était parti depuis si longtemps, c’était une si vieille histoire qu’on eut le temps de l’oublier. Un homme s’échappa du navire et mit pied à terre: il fut immédiatement réduit en cendres. Bran leva l’ancre, et personne ne le revit. L’autre monde fut plus clément avec Maelduin.
Son père avait été assassiné et, sur les conseils d’un druide, il se lança à la poursuite de ses meurtriers, disparu quelque part dans les îles de l’ouest. Il ne devait prendre que dix-sept hommes avec lui mais, au moment du départ, ses trois frères le rejoignirent, ce qui était fort mauvais signe. Ils découvrirent une première île, où ils entendirent une voix mystérieuse se vanter du meurtre de Maelduin. Ils voulurent y accoster mais les courants les poussèrent au large et ils commencèrent un fabuleux périple à travers trente et une îles plus étranges les unes que les autres… l’une était habitée par une drôle de bête, entre chien et cheval, qui leur fit fête lorsqu’ils s’approchèrent tellement elle était contente à l’idée de les dévorer.
Une autre était peuplée de chevaux démoniaques et, sur une troisième, ils découvrirent une maison vide où la table était mise et où ils firent un grand festin. Ils explorèrent une île couverte de forêts où Maelduin coupa un rameau sur lequel poussèrent trois pommes qui nourrirent l’équipage pendant un mois. Ils débarquèrent sur une terre qui abritait une forteresse déserte où un chat s’amusait à sauter de pilier en pilier. Cette forteresse recelait un fabuleux trésor, mais quand un des frères de Maelduin tenta de prendre un bracelet, le chat le réduisit en cendres.
Ils passèrent au large d’une île coupée en deux par une palissade: d’un côté se trouvaient des moutons noirs, de l’autre des blancs. De temps en temps un gros homme faisait passer un mouton dans l’autre camp, et il changeait de couleur Maelduin perdit un autre frère dans l’île des Pleureurs, où il se mêla à une foule sanglotante et ne revint plus. Ils traversèrent une mer dont les eaux étaient si limpides qu’ils virent une ville engloutie, et une autre mer si semblable aux nuages qu’ils craignirent qu’elle ne supporte le poids de leur navire.
Ils abordèrent enfin l’île bienheureuse des femmes, où ils furent accueillis à bras ouverts par la reine et ses filles. Maelduin s’unit à la première, son équipage se partagea ses sujets et tous vécurent quelques mois de bonheur absolu. Mais le mal du pays les torturait eux aussi, et les hommes de Maelduin le pressèrent de repartir. Le bateau allait quitter ces célestes rivages quand la reine lança une pelote de fil qui se colla à la main de Maelduin: il n’eut plus qu’à tirer dessus pour revenir à elle. Son équipage refit une nouvelle tentative pour prendre la fuite. La reine lança la pelote mais ce fut un marin qui l’attrapa. Le barde de l’expédition n’eut aucun scrupule à lui couper la main et ils partirent pour l’Irlande. Ils perdirent en chemin le troisième et dernier frère de Maelduin dans l’île des Rieurs et ils purent débarquer dans leur île bien-aimée sans être réduits en cendres avec tant d’histoires à raconter…
Une autre était peuplée de chevaux démoniaques et, sur une troisième, ils découvrirent une maison vide où la table était mise et où ils firent un grand festin. Ils explorèrent une île couverte de forêts où Maelduin coupa un rameau sur lequel poussèrent trois pommes qui nourrirent l’équipage pendant un mois. Ils débarquèrent sur une terre qui abritait une forteresse déserte où un chat s’amusait à sauter de pilier en pilier. Cette forteresse recelait un fabuleux trésor, mais quand un des frères de Maelduin tenta de prendre un bracelet, le chat le réduisit en cendres.
Ils passèrent au large d’une île coupée en deux par une palissade: d’un côté se trouvaient des moutons noirs, de l’autre des blancs. De temps en temps un gros homme faisait passer un mouton dans l’autre camp, et il changeait de couleur Maelduin perdit un autre frère dans l’île des Pleureurs, où il se mêla à une foule sanglotante et ne revint plus. Ils traversèrent une mer dont les eaux étaient si limpides qu’ils virent une ville engloutie, et une autre mer si semblable aux nuages qu’ils craignirent qu’elle ne supporte le poids de leur navire.
Ils abordèrent enfin l’île bienheureuse des femmes, où ils furent accueillis à bras ouverts par la reine et ses filles. Maelduin s’unit à la première, son équipage se partagea ses sujets et tous vécurent quelques mois de bonheur absolu. Mais le mal du pays les torturait eux aussi, et les hommes de Maelduin le pressèrent de repartir. Le bateau allait quitter ces célestes rivages quand la reine lança une pelote de fil qui se colla à la main de Maelduin: il n’eut plus qu’à tirer dessus pour revenir à elle. Son équipage refit une nouvelle tentative pour prendre la fuite. La reine lança la pelote mais ce fut un marin qui l’attrapa. Le barde de l’expédition n’eut aucun scrupule à lui couper la main et ils partirent pour l’Irlande. Ils perdirent en chemin le troisième et dernier frère de Maelduin dans l’île des Rieurs et ils purent débarquer dans leur île bien-aimée sans être réduits en cendres avec tant d’histoires à raconter…
Vikings
Le monde selon les nordiques n’a pas jailli tout seul du chaos: il existait déjà un univers avant l’univers, un territoire nébuleux divisé en trois zones distinctes. La première, Niftheimur, était un pays du froid, du givre et de la glace perpétuelle. La deuxième, Muspell, était le domaine du chaud, du brûlant et de l’ardent. Entre les deux se trouvaient une vaste étendue parfaitement vide. Un courant glacé provenant de Niftheimur croisa le souffle incandescent issu de Muspell, et les particules de givres qu’il charriait se mirent à fondre.
Des gouttes d’eau tombèrent, donnant naissance au géant Ymir qui réussit à enfanter lui seul: il transpira, pendant son sommeil et un couple de géants naquit de l’humidité de son aisselle gauche. En se frottant ses pieds l’un contre l’autre il produisit ensuite un troisième enfant. Ymir se nourrissait aux pis gonflés de lait de la vache Audhumla, née elle aussi de la fonte des glaces. Elle se régalait du sel mêlé au givre recouvrant les cailloux de ce monde primitif et, un jour qu’elle léchait avidement un rocher, sa langue dégagea de de la pierre une chevelure, puis une tête, puis un homme tout entier: Buri.
Il engendra un mâle nommé Bor, qui épousa une géante et en eut trois fils, Odin, Vili et Vé. Ces trois nouveaux venus éliminèrent les géants qui habitaient alors ce monde et tuèrent aussi Ymir. Son sang noya les terres des commencements et tous ses fils périrent dans l’inondation. Odin et ses frères récupérèrent le corps d’Ymir et entreprirent de le dépecer. Sa chair devint la terre, son sang se transforma en mers, ses os donnèrent les montagnes et ses dents se dispersèrent sous forme de roches. Son crâne, maintenu en équilibre au-dessus de la terre par quatre nains, placés aux quatre coins cardinaux, servit de ciel.
Les trois créateurs prirent les étincelles provenant de Muspell et les jetèrent en l’air pour forger les étoiles. La cervelle d’Ymir suivit le même chemin, et ses morceaux s’évaporèrent en nuages. Les cils du géant permirent d’édifier une solide clôture autour d’un vaste territoire appelé Midgardur, forteresse destinée à accueillir les humains, eux-même fabriqués à partir de deux souches d’arbre. Le centre du monde était occupé par un frère gigantesque, Yggdrasil, symbole et incarnation de l’harmonie, de l’unité du monde, du lien entre chacun qui le composent. Son feuillage recouvrait toute la terre et sous ses racines se trouvaient deux sources: celle de Mimir, dispensatrice de sagesse, et celle du destin,
Des gouttes d’eau tombèrent, donnant naissance au géant Ymir qui réussit à enfanter lui seul: il transpira, pendant son sommeil et un couple de géants naquit de l’humidité de son aisselle gauche. En se frottant ses pieds l’un contre l’autre il produisit ensuite un troisième enfant. Ymir se nourrissait aux pis gonflés de lait de la vache Audhumla, née elle aussi de la fonte des glaces. Elle se régalait du sel mêlé au givre recouvrant les cailloux de ce monde primitif et, un jour qu’elle léchait avidement un rocher, sa langue dégagea de de la pierre une chevelure, puis une tête, puis un homme tout entier: Buri.
Il engendra un mâle nommé Bor, qui épousa une géante et en eut trois fils, Odin, Vili et Vé. Ces trois nouveaux venus éliminèrent les géants qui habitaient alors ce monde et tuèrent aussi Ymir. Son sang noya les terres des commencements et tous ses fils périrent dans l’inondation. Odin et ses frères récupérèrent le corps d’Ymir et entreprirent de le dépecer. Sa chair devint la terre, son sang se transforma en mers, ses os donnèrent les montagnes et ses dents se dispersèrent sous forme de roches. Son crâne, maintenu en équilibre au-dessus de la terre par quatre nains, placés aux quatre coins cardinaux, servit de ciel.
Les trois créateurs prirent les étincelles provenant de Muspell et les jetèrent en l’air pour forger les étoiles. La cervelle d’Ymir suivit le même chemin, et ses morceaux s’évaporèrent en nuages. Les cils du géant permirent d’édifier une solide clôture autour d’un vaste territoire appelé Midgardur, forteresse destinée à accueillir les humains, eux-même fabriqués à partir de deux souches d’arbre. Le centre du monde était occupé par un frère gigantesque, Yggdrasil, symbole et incarnation de l’harmonie, de l’unité du monde, du lien entre chacun qui le composent. Son feuillage recouvrait toute la terre et sous ses racines se trouvaient deux sources: celle de Mimir, dispensatrice de sagesse, et celle du destin,
près de laquelle vivaient les N’ornes, trois demi-déesses qui modelaient le cours des existences des vivants.
Une fois le monde organisé, les dieux - à la tête desquels se trouvait Odin, patron des magiciens et des guerriers- se retirèrent à Asgardur, dans leur palais, et se mirent à attendre leur fin.
À peine né, ce monde était déjà condamné, voué à disparaitre lors du Ragnarök. Situé dans un avenir indéterminé, il sera provoqué par le dieu Loki. Celui-ci avait eut une liaison avec une géante qui engendra trois abominations: le loup Fenrir, le serpent cosmique Jörmungand et une créature féminine nommée Tel. Quand ils apprirent leur existence, les dieux consultèrent les oracles et découvrirent que cette sinistre descendance serait la raison de leur mort. Ils tentèrent malgré tout de tordre le destin et Odin expédia le serpent dans l’océan, où il grandit tant et si bien qu’il finit par encercler la terre dans ses anneaux. Il jeta Hel dans le monde des morts dont elle devint la sinistre régente, et Fenrir fut mis étroite surveillance. Nourri par le dieu Tyr, il devint gigantesque et les dieux décidèrent de l’enchaîner. Aucun lien ne pouvait lui résister, et Odin demanda alors aux nains - les meilleurs artisans de ce monde- de fabriquer une chaîne avec des éléments aussi improbables que les bruits de pas d’un chat errant, la barbe d’une femme, les racines d’une montagne, le souffle d’un poisson et la salive d’un oiseau… les nains s’exécutèrent et les dieux mirent Fenrir au défi de briser leur oeuvre. Méfiant, le loup accepta de se laisser enchaîner à la condition qu’un dieu mette sa main dans sa gueule, ce que seul Thor accepta de faire. Fenrir ne réussit pas à se dégager de ses liens magiques mais Thor devint manchot. Le monstre fut solidement attaché à un rocher, une épée entre ses mâchoires pour l’empêcher de mordre.
Loki connut pratiquement le même sort. Odin avait un fils d’une grande beauté, Baldur, qui une nuit rêva de sa propre mort. Il en parla à sa mère Frigg, qui interpréta le songe comme un funeste présage et décida de tout mettre en oeuvre pour sauver son enfant. Elle réussit à arracher à toutes les créatures vivantes et aux choses inertes de ce monde la promesse qu’aucune d’entre elles ne lui ferait jamais de mal, et Baldur devint invulnérable. Cela amusait beaucoup les autres dieux qui pouvaient sans crainte lui jeter à la tête couteaux, haches, troncs d’arbres, rochers…
Une fois le monde organisé, les dieux - à la tête desquels se trouvait Odin, patron des magiciens et des guerriers- se retirèrent à Asgardur, dans leur palais, et se mirent à attendre leur fin.
À peine né, ce monde était déjà condamné, voué à disparaitre lors du Ragnarök. Situé dans un avenir indéterminé, il sera provoqué par le dieu Loki. Celui-ci avait eut une liaison avec une géante qui engendra trois abominations: le loup Fenrir, le serpent cosmique Jörmungand et une créature féminine nommée Tel. Quand ils apprirent leur existence, les dieux consultèrent les oracles et découvrirent que cette sinistre descendance serait la raison de leur mort. Ils tentèrent malgré tout de tordre le destin et Odin expédia le serpent dans l’océan, où il grandit tant et si bien qu’il finit par encercler la terre dans ses anneaux. Il jeta Hel dans le monde des morts dont elle devint la sinistre régente, et Fenrir fut mis étroite surveillance. Nourri par le dieu Tyr, il devint gigantesque et les dieux décidèrent de l’enchaîner. Aucun lien ne pouvait lui résister, et Odin demanda alors aux nains - les meilleurs artisans de ce monde- de fabriquer une chaîne avec des éléments aussi improbables que les bruits de pas d’un chat errant, la barbe d’une femme, les racines d’une montagne, le souffle d’un poisson et la salive d’un oiseau… les nains s’exécutèrent et les dieux mirent Fenrir au défi de briser leur oeuvre. Méfiant, le loup accepta de se laisser enchaîner à la condition qu’un dieu mette sa main dans sa gueule, ce que seul Thor accepta de faire. Fenrir ne réussit pas à se dégager de ses liens magiques mais Thor devint manchot. Le monstre fut solidement attaché à un rocher, une épée entre ses mâchoires pour l’empêcher de mordre.
Loki connut pratiquement le même sort. Odin avait un fils d’une grande beauté, Baldur, qui une nuit rêva de sa propre mort. Il en parla à sa mère Frigg, qui interpréta le songe comme un funeste présage et décida de tout mettre en oeuvre pour sauver son enfant. Elle réussit à arracher à toutes les créatures vivantes et aux choses inertes de ce monde la promesse qu’aucune d’entre elles ne lui ferait jamais de mal, et Baldur devint invulnérable. Cela amusait beaucoup les autres dieux qui pouvaient sans crainte lui jeter à la tête couteaux, haches, troncs d’arbres, rochers…
intrigué par ces petits jeux innocents, Loki mena son enquête et découvrit qu’une petite plante, le gui, avait été négligée par Frigg: elle n’avait pas prêté le serment de ne pas toucher à Balder. Loki l’arracha donc et le tailla en flèche qu’il donna au dieu aveugle Höd, frère de Baldur.
Le gui tua Baldur, à la grande horreur de Frigg qui essaya une nouvelle fois de le sauver. Elle supplia Hel de lui rendre son fils et la reine des morts lui proposa un marché: si toutes les créatures de ce monde le pleuraient, alors Baldur pourrait revenir dans le monde des vivants. Tous acceptèrent sauf une géante du nom de Thökk- qui n’était autre que Loki métamorphosé- qui refusa de pleurer le défunt. baldur resta chez Hel et Loki préféra se cacher dans une maison isolée.
Il se transforma un jour en saumon afin de mieux se dissimuler dans les eaux. Il provoqua lui-même sa perte en voulant l’anticiper: un jour qu’il s’interrogeait sur les moyens que pouvaient employer les dieux pour l’attraper, il imagina et fabriqua le premier filet de pêche. A peine l’avait-il achevé que les dieux arrivèrent et il eut juste le temps de le jeter au feu et de se transformer en saumon. Ses poursuivants virent les marques laissées dans la cendre par son invention et la copièrent. Loki fut pris dans son propre filet et attaché sur trois grosses pierres. Un serpent l’arrosait de venin en permanence, que la dévouée épouse de Loki, Sigyn, s’épuisait à recueillir. Elle devait régulièrement s’interrompre pour vider son récipient, et des gouttes de poison tombaient alors sur Loki, le brûlant terriblement.
Ragnarök, la fin prévu du monde, sera annoncé par de terribles catastrophes: inondations, cataclysmes naturels, guerre féroce, hivers de trois ans… la lune et le soleil disparaitront dans la gueule de deux loups monstrueux, les étoiles tomberont sur terre, les montagnes vacilleront et Fenrir se libèrera enfin de ses liens. Le serpent cosmique quittera sa prison marine et Loki prendra le commandement d’un sinistre navire construit avec les ongles des morts, rempli de géants. Les démons du feu Surtur et ses légions se mettront en marche vers Asgard où aura lieu l’ultime bataille. Fenir dévorera Odin, le serpent empoisonnera Thor, le dieu du tonnerre et de l’orage, après avoir été tué de ses mains, et le monde sera réduit en centres dans un gigantesque brasier allumé par Surtur…
Le gui tua Baldur, à la grande horreur de Frigg qui essaya une nouvelle fois de le sauver. Elle supplia Hel de lui rendre son fils et la reine des morts lui proposa un marché: si toutes les créatures de ce monde le pleuraient, alors Baldur pourrait revenir dans le monde des vivants. Tous acceptèrent sauf une géante du nom de Thökk- qui n’était autre que Loki métamorphosé- qui refusa de pleurer le défunt. baldur resta chez Hel et Loki préféra se cacher dans une maison isolée.
Il se transforma un jour en saumon afin de mieux se dissimuler dans les eaux. Il provoqua lui-même sa perte en voulant l’anticiper: un jour qu’il s’interrogeait sur les moyens que pouvaient employer les dieux pour l’attraper, il imagina et fabriqua le premier filet de pêche. A peine l’avait-il achevé que les dieux arrivèrent et il eut juste le temps de le jeter au feu et de se transformer en saumon. Ses poursuivants virent les marques laissées dans la cendre par son invention et la copièrent. Loki fut pris dans son propre filet et attaché sur trois grosses pierres. Un serpent l’arrosait de venin en permanence, que la dévouée épouse de Loki, Sigyn, s’épuisait à recueillir. Elle devait régulièrement s’interrompre pour vider son récipient, et des gouttes de poison tombaient alors sur Loki, le brûlant terriblement.
Ragnarök, la fin prévu du monde, sera annoncé par de terribles catastrophes: inondations, cataclysmes naturels, guerre féroce, hivers de trois ans… la lune et le soleil disparaitront dans la gueule de deux loups monstrueux, les étoiles tomberont sur terre, les montagnes vacilleront et Fenrir se libèrera enfin de ses liens. Le serpent cosmique quittera sa prison marine et Loki prendra le commandement d’un sinistre navire construit avec les ongles des morts, rempli de géants. Les démons du feu Surtur et ses légions se mettront en marche vers Asgard où aura lieu l’ultime bataille. Fenir dévorera Odin, le serpent empoisonnera Thor, le dieu du tonnerre et de l’orage, après avoir été tué de ses mains, et le monde sera réduit en centres dans un gigantesque brasier allumé par Surtur…
Yakoutes
En Sibérie, le monde d’alors se résumait à une vaste étendue aquatique, et Ajy Tolon, le démiurge yakoute, décida de créer la terre. Comme il ne disposait d’aucun matériau, il fit naître deux oiseaux, le rouge-gorge plongeur et le canard sauvage. Il leur ordonna de plonger dans la mer primordiale, de nager jusqu’au fond et de recueillir dans leur bec un peu de limon. Le canard s’exécuta et émergea le premier de l’eau avec un peu de terre. Le rouge-gorge parut à son tour, le bec vide et le démiurge comprit qu’il n’avait pas plongé alors qu’il avait le bec plus long et pus de force que le canard. Le dieu le punit pour l’avoir trompé et, depuis, il doit plonger sans relâche pour se nourrir. Ajy Tolon récupéra le limon ramassé par le canard, le façonna en terre et le posa sur la mer, flottant comme un radeau. Comme beaucoup de sibériens, les yakoutes vivent dans un monde vertical comptant plusieurs étages célestes où s’ébattent les innombrables esprits animant la création. Ils placent un gigantesque arbre en fer au centre de la terre, qui fait communiquer entre eux les différents niveaux de l’univers et sert parfois d’échelle au chaman pour passer de l’un à l’autre. Cet arbre traverse le ciel et il se raconte qu’une source éternelle jaillissait de ses racines, répandant un liquide jaune qui débarrassait tous ceux qui en buvaient de leur fatigue et de leur faim. Le premier homme fut d’ailleurs nourri par une femme qui apparut dans cet arbre cosmique.
Chez les toungouzes, c’est Ekseri, la divinité du ciel, qui demanda à un oiseau d’aller chercher la matière avec laquelle il façonna la terre. Il fabriqua ensuite les humains et, pour qu’ils soient complets, il décida de leur donner une âme. Ekseri prit de la terre et des pierres, les amalgama en une espèce de conglomérat humide qu’il mit ensuite à sécher sur une planche. Il en confia la garde à un chien, qui à l’époque n’avait pas un poil sur le corps. Malheureusement, ekseri avait un frère aîné qui n’aimait rien tant que de gâcher tout ce qu’il faisait. Il soudoya le chien en lui promettant de beaux manteaux de fourrure bien chaud s’il le laissait jeter un regard aux âmes humaines. Dès qu’il les vit, il cracha dessus et leur inocula une maladie qui n’a toujours pas trouvé de remède: la mort… Ekseri ne put rien faire contre cette malédiction et se contenta de punir le chien, condamné depuis à se nourrir d’ordures.
Il existe une variante de ce mythe chez les mongols, selon laquelle le dieu créateur des humains confia leurs corps fraîchement façonnés à la garde d’un chien et d’un chat pendant qu’il allait chercher l’eau d’éternelle jouvence. Arriva alors le démon qui détourna les deux animaux de leur devoir en leur donnant abondance de viande et de lait. Il urina sur les hommes à peine nés et s’enfuit en courant. De retour avec son eau, le créateur se mit en colère devant les corps souillés et ordonna au chat de les nettoyer. Les humains étaient alors recouverts d’une fine fourrure que la langue du chat, devenue râpeuse à force de la lécher, arracha presque entièrement. Le dieu prit tous les poils salis et les colla sur le chien. Il arrosa ensuite ses créatures avec l’eau qu’il était allé chercher et qui était censée leur conférer l’immortalité, mais, hélas, elle était devenue inefficace.
Il existe une variante de ce mythe chez les mongols, selon laquelle le dieu créateur des humains confia leurs corps fraîchement façonnés à la garde d’un chien et d’un chat pendant qu’il allait chercher l’eau d’éternelle jouvence. Arriva alors le démon qui détourna les deux animaux de leur devoir en leur donnant abondance de viande et de lait. Il urina sur les hommes à peine nés et s’enfuit en courant. De retour avec son eau, le créateur se mit en colère devant les corps souillés et ordonna au chat de les nettoyer. Les humains étaient alors recouverts d’une fine fourrure que la langue du chat, devenue râpeuse à force de la lécher, arracha presque entièrement. Le dieu prit tous les poils salis et les colla sur le chien. Il arrosa ensuite ses créatures avec l’eau qu’il était allé chercher et qui était censée leur conférer l’immortalité, mais, hélas, elle était devenue inefficace.
Inuits
Un jour, ou plutôt une nuit, le jour était encore inconnu en ces temps primordiaux, le ciel jeta dans le vide un peu de terre, de poussière et de roches qui s’agglutinèrent et formèrent notre monde. Les humains sortirent de sous la terre inuite et émergèrent au milieu de buissons de saules sous la forme de bébés aux yeux clos, recouverts de feuilles. Incapables de ramper, ces avortons se nourrissaient de terre. Une femme vint alors les récupérer. Elle les revêtit d’habits de sa fabrication, les emmena chez elle et en fit des humains digne de ce nom. Selon un autre mythe, la terre des origines n’était peuplée que par deux hommes, qui étaient aussi de grands magiciens. Ils voulurent engendrer et l’un d’eux se transforma en femme et accoucha. Selon une autre version, à l’issu de l’union des deux hommes, celui qui serait tombé enceinte aurait été aidé pour accoucher, alors que sa nature ne le permettait, grâce aux sortilèges de l’autre sorcier.
Immédiatement après les hommes, naquirent les chiens en sortant à leur tour du sol. Les habitants de ce monde primitif ignoraient la mort et la vieillesse. Ils devinrent si nombreux que sous leur poids, la terre commença à couler, s’enfonçant dans la mer. Il s’ensuivit une terrible inondation et une bonne partie des hommes fut noyée. Débarrassée de sa surcharge humaine, la terre remonta et l’équilibre se rétablit. Peu de temps après, deux vieilles dames se mirent à discuter ensemble de la situation.
Quelque chose ne tournait pas rond dans cet univers immortel, plongé en permanence dans l’obscurité, à peine éclairé par l’eau, qui à cette époque avait encore le pouvoir de se consumer… l’une des dames s’écria frileusement: « continuons à vivre dans l’obscurité, si cela nous évite la mort! - Non! Répondit la seconde. Nous aurons les deux: la mort et la lumière. A peine eut-elle fini de prononcer ces mots que la lumière parut, accompagnée de la sinistre mort. Soleil- de sexe féminin- et son frère Lune apparurent au même moment.
Immédiatement après les hommes, naquirent les chiens en sortant à leur tour du sol. Les habitants de ce monde primitif ignoraient la mort et la vieillesse. Ils devinrent si nombreux que sous leur poids, la terre commença à couler, s’enfonçant dans la mer. Il s’ensuivit une terrible inondation et une bonne partie des hommes fut noyée. Débarrassée de sa surcharge humaine, la terre remonta et l’équilibre se rétablit. Peu de temps après, deux vieilles dames se mirent à discuter ensemble de la situation.
Quelque chose ne tournait pas rond dans cet univers immortel, plongé en permanence dans l’obscurité, à peine éclairé par l’eau, qui à cette époque avait encore le pouvoir de se consumer… l’une des dames s’écria frileusement: « continuons à vivre dans l’obscurité, si cela nous évite la mort! - Non! Répondit la seconde. Nous aurons les deux: la mort et la lumière. A peine eut-elle fini de prononcer ces mots que la lumière parut, accompagnée de la sinistre mort. Soleil- de sexe féminin- et son frère Lune apparurent au même moment.
Tous deux vécurent en compagnie des hommes et partageaient leurs vices, du moins en ce qui concerne lune. Une nuit, il se jeta sur sa soeur et tenta de la violer. Soleil se débattit, fit tomber une lampe à huile et macula de taches noires le visage de son agresseur. Elle se saisit d’une torche et réussit à s’enfuir dans le ciel, mais son odieux frère l’y suivit. Lune trébucha et perdit sa propre torche, ce qui explique pourquoi il n’émet pas de lumière lui-même, mais cela ne l’empêcha pas de continuer à courir derrière soleil. Lune réussit parfois à la rattraper, se jette dessus et la viole comme en témoignent les éclipses et ainsi soleil disparait momentanément. Le plus souvent, lune poursuit sa soeur sans prendre le temps de se nourrir, maigrissant alors progressivement. Parfois lune est alors contraint de disparaitre quelques nuits afin de chasser afin de se rapprovisionner. On dit qu’il part chercher les âmes mâles décédées pour les emmener avec lui à cette occasion.
Le premier décès naturel fut un évènement et le corps du défunt fut soigneusement recouvert de pierre. Ne comprenant absolument pas ce qui lui arrivait, à peine enterré, ce corps voulut revenir. Il sortit la tête de son tombeau et tentait de dégager le reste quand une veille femme le vit. Elle le repoussa avec autorité dans sa fosse et lui intima l’ordre d’y rester, ce que font depuis tous les morts.
La venue de la lumière changea radicalement la vie des hommes qui purent enfin aller chasser le phoque et manger autre chose que la terre dont ils se nourrissaient jusqu’ici. Leur subsistance dépendait totalement de la toute puissance. De Sedna, l’esprit de la mer, qui régnait sur tous les animaux et qui décidait si la chasse serait bonne ou non. À l’origine, elle était une jeune fille têtue qui, lorsqu’elle fut en âge d’être mariée, refusa tous les fiancés que lui présentait sa famille. Son père excédé l’obligea à épouser un chien. Aussi incongrue que cette union puisse paraître, elle fut plutôt heureuse et le couple eut plusieurs enfants. Leur histoire aurait pu durer si le père, pris de remords, n’avait tué son curieux gendre.
Le premier décès naturel fut un évènement et le corps du défunt fut soigneusement recouvert de pierre. Ne comprenant absolument pas ce qui lui arrivait, à peine enterré, ce corps voulut revenir. Il sortit la tête de son tombeau et tentait de dégager le reste quand une veille femme le vit. Elle le repoussa avec autorité dans sa fosse et lui intima l’ordre d’y rester, ce que font depuis tous les morts.
La venue de la lumière changea radicalement la vie des hommes qui purent enfin aller chasser le phoque et manger autre chose que la terre dont ils se nourrissaient jusqu’ici. Leur subsistance dépendait totalement de la toute puissance. De Sedna, l’esprit de la mer, qui régnait sur tous les animaux et qui décidait si la chasse serait bonne ou non. À l’origine, elle était une jeune fille têtue qui, lorsqu’elle fut en âge d’être mariée, refusa tous les fiancés que lui présentait sa famille. Son père excédé l’obligea à épouser un chien. Aussi incongrue que cette union puisse paraître, elle fut plutôt heureuse et le couple eut plusieurs enfants. Leur histoire aurait pu durer si le père, pris de remords, n’avait tué son curieux gendre.
Un jour, un homme se présenta à elle et demanda sa main. Elle accepta mais malheureusement l’homme n’en était pas un : c’était un oiseau déguisé en humain. Lorsque le père de Sedna s’aperçut de la supercherie, il s’en alla voir sa fille et la convainquit de s’enfuir avec lui dans son kayak. L’oiseau eut tôt fait de les repérer et il déclencha une monstrueuse tempête qui faillit les faire chavirer. Affolé, le père essaya de se débarrasser de sa fille en la lançant à l’oiseau, mais Sedna s’accrocha de toutes ses forces au rebord de l’embarcation. Avec une rare cruauté, il lui trancha alors successivement tous les doigts, jusque’à ce qu’elle tombe dans la mer. Sedna coula au fond de l’océan, où elle devint l’esprit de la mer. Les phoques et les morses sont nés des morceaux coupés de ses doigts et son père indigne la rejoignit dans sa nouvelle résidence où il devint étonnamment le sourcilleux gardien des règles de bonne conduite, dit-on. Le premier mari de Sedna, le chien ressuscita à ses côtés et veilla sur elle.
Les Inuits de Sibérie racontent qu’au commencement le dieu corbeau et son épouse vivaient dans un minuscule espace, à peine suffisant pour bouger leurs ailes. Madame en eux un jour assez et exigea que corbeau créé la terre pour qu’ils puissent un peu prendre leur aises. Elle fut horriblement déçue quand son mari lui avoua en être parfaitement incapable et se moqua de lui: s’il ne pouvait créer la terre, alors peut-être serait-elle plus efficace. Elle s’endormit et changea petit à petit d’aspect. Elle perdit ses plumes, devint énorme puis mit au monde deux jumeaux aussi nus que des vers. Ces derniers aperçurent corbeau, muet d’horreur et ils hurlèrent de rire. Corbeau se dit alors qu’il se devait de créer une terre maintenant qu’il y avait des hommes. Il demanda conseil aux dieux qui ne surent quoi lui dire. Corbeau rencontra alors d’étranges créatures qui lui avouèrent être des graines d’un nouveau peuple. Elles avaient besoin d’une terre et corbeau les amena avec lui dans les airs. Pris d’une envie pressante, il urina et déféqua en vol: sa fiente devint la terre et son urine les rivières et les mers. Corbeau planta les graines et les Tchouktches naquirent. Il n’y avait alors que des mâles et c’est femme-araignée qui fabriqua la première femme.
Les Inuits de Sibérie racontent qu’au commencement le dieu corbeau et son épouse vivaient dans un minuscule espace, à peine suffisant pour bouger leurs ailes. Madame en eux un jour assez et exigea que corbeau créé la terre pour qu’ils puissent un peu prendre leur aises. Elle fut horriblement déçue quand son mari lui avoua en être parfaitement incapable et se moqua de lui: s’il ne pouvait créer la terre, alors peut-être serait-elle plus efficace. Elle s’endormit et changea petit à petit d’aspect. Elle perdit ses plumes, devint énorme puis mit au monde deux jumeaux aussi nus que des vers. Ces derniers aperçurent corbeau, muet d’horreur et ils hurlèrent de rire. Corbeau se dit alors qu’il se devait de créer une terre maintenant qu’il y avait des hommes. Il demanda conseil aux dieux qui ne surent quoi lui dire. Corbeau rencontra alors d’étranges créatures qui lui avouèrent être des graines d’un nouveau peuple. Elles avaient besoin d’une terre et corbeau les amena avec lui dans les airs. Pris d’une envie pressante, il urina et déféqua en vol: sa fiente devint la terre et son urine les rivières et les mers. Corbeau planta les graines et les Tchouktches naquirent. Il n’y avait alors que des mâles et c’est femme-araignée qui fabriqua la première femme.
Hurons arbre
Pendant très longtemps le monde Huron dans la région des grands lacs et de l’actuel Canada, fut divisé en deux régions bien distinctes. La première, située de l’autre côté du ciel, ressemblait trait pour trait à la terre actuelle et était peuplée d’hommes qui auraient pu être des hurons. La seconde, placée sous le ciel, n’était qu’un vaste océan. Un arbre gigantesque, vénéré par tous, se dressait au milieu du monde supérieur. Le sol à ses pieds était tapissé de merveilleuses fleurs jaunes qui irradiaient une éclatante lumière. Personne n’avait le droit de les toucher mais, un jour que son mari était parti à la chasse, une jeune femme appelée Ataensic en cueillit quelques unes et les mangea. Elle tomba malade et l’arbre sacré se mit à dépérir.
Consultés, les sorciers déclarèrent que le remède qui pouvait les sauver tous deux se trouvait sous les racines de l’arbre, et ils allongèrent la femme sous ses immenses ramures. Ils se mirent à creuser et, soudain, un grand trou apparut qui avala et l’arbre et la jeune femme. Cette dernière traversa le ciel et tomba avec une vitesse vertigineuse vers l’océan. Elle s’y serait sûrement noyée si deux oies sauvages ou deux cygnes ne volèrent à son secours et la prirent sur leur dos.
Consultés, les sorciers déclarèrent que le remède qui pouvait les sauver tous deux se trouvait sous les racines de l’arbre, et ils allongèrent la femme sous ses immenses ramures. Ils se mirent à creuser et, soudain, un grand trou apparut qui avala et l’arbre et la jeune femme. Cette dernière traversa le ciel et tomba avec une vitesse vertigineuse vers l’océan. Elle s’y serait sûrement noyée si deux oies sauvages ou deux cygnes ne volèrent à son secours et la prirent sur leur dos.
Commençant à fatiguer, les deux oiseaux consultèrent Grande tortue qui nageait paresseusement. Elle convoqua un grand conseil et tous les animaux vivant dans ce monde accoururent.
L’arbre qui avait chuté avait emporté avec lui de la terre accrochée à ses racines et grande tortue demanda aux animaux de plonger pour essayer de la récupérer. L’arbre s’était enfoncé très profondément dans l’eau. Loutre, rat musqué, castor tentèrent de repêcher une poignée de terre mais sans succès. Crapaud plongea à son tour. Lorsqu’il refit surface, il était mort asphyxié mais dans sa bouche se trouvaient quelques précieux grains de terre.
Grande tortue ordonna à petite tortue de les répandre sur son dos, puis elle s’enfonça dans l’eau, ne laissant émerger que la surface recouverte par la terre. Elle devint la première île du monde et les oies y déposèrent Ataensic.
L’arbre qui avait chuté avait emporté avec lui de la terre accrochée à ses racines et grande tortue demanda aux animaux de plonger pour essayer de la récupérer. L’arbre s’était enfoncé très profondément dans l’eau. Loutre, rat musqué, castor tentèrent de repêcher une poignée de terre mais sans succès. Crapaud plongea à son tour. Lorsqu’il refit surface, il était mort asphyxié mais dans sa bouche se trouvaient quelques précieux grains de terre.
Grande tortue ordonna à petite tortue de les répandre sur son dos, puis elle s’enfonça dans l’eau, ne laissant émerger que la surface recouverte par la terre. Elle devint la première île du monde et les oies y déposèrent Ataensic.
Faucon le découvrit, gambadant gaiement dans les plaines infinies du ciel. Les animaux allèrent à sa rencontre pour le réprimander. La querelle s’envenima et ours se rua vers chevreuil mais ce dernier infligea de sérieuses blessures à ours avec ses bois. Des gouttes de sang tombèrent sur la terre et colorièrent les feuilles des arbres en rouge, en brun, en jaune… depuis, chaque automne, la nature se souvient de ce combat en se teintant des chaudes couleurs du premier sang versé dans le monde.
Aztèques Démiurge
Le monde aztèque est le cinquième et dernier soleil de la création. Quatre mondes l’ont précédé, crées successivement par les dieux Tezcatlipoca et Quetzalcoatl, qui chacun à leur tour détruisirent la création de son adversaire.
Tezcatlipoca était un dieu protéiforme aux multiples. avatars, sa couleur est le noir, il est maitre du ciel, de la nuit, du froid et des ombres, l’inquiétant et obscur miroir-fumée, le patron des sorciers capable de lire l’avenir dans les miroirs. Redouté des guerriers, les aztèques l’appelaient aussi « celui dont nous sommes les esclaves ».
Quetzalcoatl, lui, était le serpent à plumes, une divinité associée à la direction de l’est, à la couleur blanche, à l’eau, à la fertilité, à la vie et à la résurrection, patron des calendriers et des scribes.
Lorsque Tezcatlipoca créa le premier soleil: le soleil du jaguar, le monde fut peuplé par des géants, le soleil de vent lui succéda mais fut à son tour balayé et ses habitants transformés en singes.
Tezcatlipoca était un dieu protéiforme aux multiples. avatars, sa couleur est le noir, il est maitre du ciel, de la nuit, du froid et des ombres, l’inquiétant et obscur miroir-fumée, le patron des sorciers capable de lire l’avenir dans les miroirs. Redouté des guerriers, les aztèques l’appelaient aussi « celui dont nous sommes les esclaves ».
Quetzalcoatl, lui, était le serpent à plumes, une divinité associée à la direction de l’est, à la couleur blanche, à l’eau, à la fertilité, à la vie et à la résurrection, patron des calendriers et des scribes.
Lorsque Tezcatlipoca créa le premier soleil: le soleil du jaguar, le monde fut peuplé par des géants, le soleil de vent lui succéda mais fut à son tour balayé et ses habitants transformés en singes.
Puis, soleil-pluie et soleil d'Eau se succédèrent, sous la protection du dieu Tlaloc, dieu des eaux puis de celle de son épouse, la déesse des fleuves et des lacs. Ce dernier monde ne résista pas au déluge qui s’abattit sur lui et métamorphosa les malheureux hommes qui y vivaient en poissons.
Un seul couple Tata et Nene échappa au cataclysme grâce à Tezcatlipoca qui leur conseilla de s’abriter dans un arbre creux. Il leur fournit des épis de maïs en leur recommandant de ne rien manger d’autre, mais ils désobéirent.
Sortant de leur cachette, épuisés et affamés, ils attrapèrent un beau poisson et le cuisinèrent. Horrifié par cet acte de cannibalisme, le dieu décapita les coupables et colla leurs têtes sur leurs derrières. Et c’est ainsi que naquirent les chiens.
Tezcatlipoca et Quetzalcoatl décidèrent de ne plus rivaliser pour que le monde ait une chance d’exister. Ils façonnèrent ensemble la terre à partir du corps d’un monstre gigantesque ressemblant à un crocodile, Tlaltecuhtli. Serpent à plume vola les os du dernier peuple sur Terre, en se rendant dans le monde des morts et donna vie au hommes avec un peu de son sang, bien qu'une caille les ait picoré en guise de punition.
Un seul couple Tata et Nene échappa au cataclysme grâce à Tezcatlipoca qui leur conseilla de s’abriter dans un arbre creux. Il leur fournit des épis de maïs en leur recommandant de ne rien manger d’autre, mais ils désobéirent.
Sortant de leur cachette, épuisés et affamés, ils attrapèrent un beau poisson et le cuisinèrent. Horrifié par cet acte de cannibalisme, le dieu décapita les coupables et colla leurs têtes sur leurs derrières. Et c’est ainsi que naquirent les chiens.
Tezcatlipoca et Quetzalcoatl décidèrent de ne plus rivaliser pour que le monde ait une chance d’exister. Ils façonnèrent ensemble la terre à partir du corps d’un monstre gigantesque ressemblant à un crocodile, Tlaltecuhtli. Serpent à plume vola les os du dernier peuple sur Terre, en se rendant dans le monde des morts et donna vie au hommes avec un peu de son sang, bien qu'une caille les ait picoré en guise de punition.
Tous deux avaient été horrifiés par son appétit féroce et avaient décidé qu’une telle créature ne saurait exister dans le cinquième monde. Ils se transformèrent en serpents et s’enroulèrent autour des membres de la bête, puis chacun tira de son côté et Tlaltecuhtli périt écartelé entre les deux puissances.
La création des hommes est l’oeuvre du seul serpent à plumes. Pour cela il dut se rendre au séjour des trépassés pour y voler quelques os de ceux qui avaient peuplés le quatrième monde. Furieux, Mictlantecuhtli, le dieu des morts, lui tendit un piège: il fit creuser un fossé et envoya une caille l'effrayer. Serpent à plume chuta dans le trou. La caille saccagea les os en les picorant les brisant ainsi en mille morceaux (d’où différentes statures chez les humains). Serpent à plume dut se résigner à créer les hommes à partir de ces restes et le fit venir à la vie avec un peu de son sang.
La création des hommes est l’oeuvre du seul serpent à plumes. Pour cela il dut se rendre au séjour des trépassés pour y voler quelques os de ceux qui avaient peuplés le quatrième monde. Furieux, Mictlantecuhtli, le dieu des morts, lui tendit un piège: il fit creuser un fossé et envoya une caille l'effrayer. Serpent à plume chuta dans le trou. La caille saccagea les os en les picorant les brisant ainsi en mille morceaux (d’où différentes statures chez les humains). Serpent à plume dut se résigner à créer les hommes à partir de ces restes et le fit venir à la vie avec un peu de son sang.








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Au commencement était le chaos, qui s’empressa de donner le jour à Gaïa- la terre-, Tartare- le monde des morts-, Érébos- l’obscure lueur qui baigne le monde souterrain- la nuit et le radieux Éros- l’amour. Étrangement, l’air et le jour sont nés des oeuvres des sombres érébos et nuit. Dédaignant la progéniture de l’informe chaos, Gaïa préféra enfanter seule et mit au monde celui qui allait devenir à la fois son époux et ce qui allait devenir la résidence des dieux, Ouranos, le ciel.
Tous deux engendrèrent trois monstres dotés de cent bras et cinquante têtes. Horrifié Ouranos s’en débarrassa en les enfermant dans un lieu tenu secret. Les trois enfants suivants, les cyclopes, furent à peine moins décevants: trois géants aussi hauts que des montagnes et dotés de la force d’un ouragan, qui avaient la particularité de n’avoir qu’un seul oeil au milieu du front. Puis vinrent douze autres enfants: ce sont les Titans, dont les principaux représentants sont Océan, Téthys, Japet, Hypérion, Chronos- le temps-, Rhéa, Thémis - la justice- Mnémosyne - la mémoire. Fâchée par le traitement que son époux avait réservé à ses trois aînés, Gaïa somma les benjamins de venger leurs frères. Les cyclopes et nombreux titans refusèrent sauf Cronos. Il tendit un piège à son père et lui coupa les organes génitaux. Du sang qui coula naquirent les géants et le Erinyes, trois créatures aux larmes de sang, à la chevelure de serpents, chargées de harceler tous ceux qui commettons des crimes familiaux dans ce bas monde. Les membres coupés d’Ouranos, tombant dans la mer, lâchèrent une écume qui se mêla à celle des vagues et dont jaillit la belle Aphrodite, la déesse de l’Amour.
Cronos et son épouse-soeur Rhéa régnèrent alors sur le monde des titans, pendant que leurs frères se reproduisaient de manière ininterrompue: Séléné - la lune et Hélios -le soleil, par exemple sont le fruit des entrailles d’Hypéron; Atlas et Prométhée sont issus de Japet; Cronos pria Rhéa de lui remettre chacun de leurs nouveau-nés, afin de les dévorer. Poséidon -dieu de l’océan, Déméter- déesse de l’agriculture, Hestia -déesse du foyer, Héra -déesse du mariage et Hadès - dieu des morts finirent ainsi dans son estomac, jusqu’à ce que Rhéa décide de cacher son sixième enfant, Zeus.
Tous deux engendrèrent trois monstres dotés de cent bras et cinquante têtes. Horrifié Ouranos s’en débarrassa en les enfermant dans un lieu tenu secret. Les trois enfants suivants, les cyclopes, furent à peine moins décevants: trois géants aussi hauts que des montagnes et dotés de la force d’un ouragan, qui avaient la particularité de n’avoir qu’un seul oeil au milieu du front. Puis vinrent douze autres enfants: ce sont les Titans, dont les principaux représentants sont Océan, Téthys, Japet, Hypérion, Chronos- le temps-, Rhéa, Thémis - la justice- Mnémosyne - la mémoire. Fâchée par le traitement que son époux avait réservé à ses trois aînés, Gaïa somma les benjamins de venger leurs frères. Les cyclopes et nombreux titans refusèrent sauf Cronos. Il tendit un piège à son père et lui coupa les organes génitaux. Du sang qui coula naquirent les géants et le Erinyes, trois créatures aux larmes de sang, à la chevelure de serpents, chargées de harceler tous ceux qui commettons des crimes familiaux dans ce bas monde. Les membres coupés d’Ouranos, tombant dans la mer, lâchèrent une écume qui se mêla à celle des vagues et dont jaillit la belle Aphrodite, la déesse de l’Amour.
Cronos et son épouse-soeur Rhéa régnèrent alors sur le monde des titans, pendant que leurs frères se reproduisaient de manière ininterrompue: Séléné - la lune et Hélios -le soleil, par exemple sont le fruit des entrailles d’Hypéron; Atlas et Prométhée sont issus de Japet; Cronos pria Rhéa de lui remettre chacun de leurs nouveau-nés, afin de les dévorer. Poséidon -dieu de l’océan, Déméter- déesse de l’agriculture, Hestia -déesse du foyer, Héra -déesse du mariage et Hadès - dieu des morts finirent ainsi dans son estomac, jusqu’à ce que Rhéa décide de cacher son sixième enfant, Zeus.
Elle enveloppa un caillou dans du linge et l’apporta à Cronos qui l’avala sans se douter de la supercherie. Devenu adulte Zeus, aidé de Gaïa ou de Métis - l’intelligence, obligea Cronos à régurgiter ses frères et soeurs, libéra les trois monstres aux cent bras et cyclopes, les entrainant tous dans une guerre féroce contre les titans. Naturellement Zeus les écrasa et condamna nombre de ses oncles, tantes, cousins et cousines à de lourdes peines. Le sort le plus atroce fut sans doute celui qu’il réserva à Atlas: porter éternellement sur son dos et ses épaules tout le poids de la terre et du ciel.
Zeus dut reprendre assez rapidement les armes- le tonnerre et la foudre- contre le monstre Typhon, énième abomination enfantée par Gaïa et lors de la révolte des géants. Tous furent précipités dans le tartare. Zeus s’autoproclama maître du monde et s’installa dans l’Olympe, montagne majestueuse située au sommet du cosmos.
Tout était en place pour accueillir le dernier élément de la création, l’homme. Il existe plusieurs mythes racontant son apparition. Selon l’un d’entre eux, ce sont les dieux eux-mêmes qui auraient créé les premiers humains, au temps de cronos. Ils les façonnèrent dans de l’or et les installèrent auprès d’eux, oisifs et heureux. Ils disparurent pour une raison mystérieuse et Zeus les remplaça par une nouvelle race, tirée de l’argent. Violente et grossière, elle était nettement moins intelligente que la première et fut éliminée. Une troisième expérience fut tentée avec l’airain et aboutit à une tuerie généralisée, les hommes de ce métal étant nés pour combattre. Puis vint la race des héros, vaillants et glorieux, dont on chante encore les hauts faits. Ils disparurent à leur tour pour laisser la place à la race de fer, endurante, vouée à la souffrance et au travail, et fondamentalement mauvaise.
Un autre mythe raconte que ce serait le titan Prométhée, l’un des rares à s’être allié à Zeus lors du combat de celui-ci contre ses frères, qui aurait fabriqué l’homme avec un peu d’eau et de boue. Le sage titan était malheureusement affligé d’un frère, Epiméthée, qui agissait d’abord, et réfléchissait ensuite. Il avait reçu toute une série de dons et d’attributs -courage, force, ruse, rapidité, plumes, griffes, poils…, - qu’il était chargé de répartir entre hommes et animaux.
Zeus dut reprendre assez rapidement les armes- le tonnerre et la foudre- contre le monstre Typhon, énième abomination enfantée par Gaïa et lors de la révolte des géants. Tous furent précipités dans le tartare. Zeus s’autoproclama maître du monde et s’installa dans l’Olympe, montagne majestueuse située au sommet du cosmos.
Tout était en place pour accueillir le dernier élément de la création, l’homme. Il existe plusieurs mythes racontant son apparition. Selon l’un d’entre eux, ce sont les dieux eux-mêmes qui auraient créé les premiers humains, au temps de cronos. Ils les façonnèrent dans de l’or et les installèrent auprès d’eux, oisifs et heureux. Ils disparurent pour une raison mystérieuse et Zeus les remplaça par une nouvelle race, tirée de l’argent. Violente et grossière, elle était nettement moins intelligente que la première et fut éliminée. Une troisième expérience fut tentée avec l’airain et aboutit à une tuerie généralisée, les hommes de ce métal étant nés pour combattre. Puis vint la race des héros, vaillants et glorieux, dont on chante encore les hauts faits. Ils disparurent à leur tour pour laisser la place à la race de fer, endurante, vouée à la souffrance et au travail, et fondamentalement mauvaise.
Un autre mythe raconte que ce serait le titan Prométhée, l’un des rares à s’être allié à Zeus lors du combat de celui-ci contre ses frères, qui aurait fabriqué l’homme avec un peu d’eau et de boue. Le sage titan était malheureusement affligé d’un frère, Epiméthée, qui agissait d’abord, et réfléchissait ensuite. Il avait reçu toute une série de dons et d’attributs -courage, force, ruse, rapidité, plumes, griffes, poils…, - qu’il était chargé de répartir entre hommes et animaux.
Il donna tout aux seconds, et ne laissa rien pour l’humanité qui se retrouva fort dépourvue. Prométhée se rendit alors chez Héphaïstos, le forgeron divin, fils de Zeus et d’Héra. Il lui vola un peu de son feu et le donna à l’homme, assurant ainsi sa protection et sa sauvegarde. Fâché, Zeus exigea alors que les hommes lui sacrifient régulièrement leurs bêtes et prométhée s’arrangea pour que ses protégés en gardent la plus grosse part. Il dépeça un boeuf, prit les meilleurs morceaux de viande qu’il recouvrit d’entrailles peu appétissantes. Il dressa ensuite un beau tas avec les os, qu’il enroba dans de la graisse blanche et luisante. Il demanda à zeus quelle part il désirait et le maître de l’olympe choisit la seconde. C’est pourquoi seuls les os et les graisses brûlent sur les autels dédiés aux dieux, les hommes se gardent la bonne chair.
La vengeance de Zeus fut terrible. Il fit enchaîner Prométhée à un rocher aux confins du monde, et envoya un aigle lui dévorer le foie. Celui-ci se régénérait en permanence, et prométhée endura son supplice pendant des siècles, jusque’à ce que le héros Héraclès vienne enfin le libérer. Un autre mythe raconte que zeus aurait aussi puni les homme, en inventant la femme. Il fit forger par Héphaïstos une sublime créature nommée Pandore. Elle aurait été donnée comme épouse à Epiméthée qui l’acceuilli malgré les recommandation de son frère Prométhée de ne surtout accepter aucun présent offert par zeus.
Les dieux lui avaient confié un petit coffre où chacun avait déposé un mal avec interdiction de l’ouvrir. Ce que, bien sûr, elle s’empressa de faire: toutes les souffrances, les peurs, les crimes qui affligent désormais l’humanité s’en échappèrent. Horrifiée, elle referma la boîte, ne gardant au fond qu’un seul présent positif, l’espérance. Le maître de l’olympe provoqua aussi un gigantesque déluge. Toute la terre fut recouverte d’eau, hormis un pic montagneux. Un gros coffre dérivant sur les flots vint s’y échouer: dedans se trouvaient Décalion, le fils de Prométhée, et Pyrrha, la fille d’Epiméthée et de Pandore. Lorsque les eaux se retirèrent enfin, le couple se rendit à un temple en ruine et pria les dieux de lui indiquer la voie à suivre. Ils entendirent une voix ordonner: « sortez et jetez derrière vous les os de votre mère ». Soit ceux de l’antique Gaïa, la terre, dont les os sont les pierres. Ils firent ce qu’on leur avait demandé, et chaque caillou jeté derrière eux devint un homme et une femme. Ainsi naquit la dernière race humaine.
La vengeance de Zeus fut terrible. Il fit enchaîner Prométhée à un rocher aux confins du monde, et envoya un aigle lui dévorer le foie. Celui-ci se régénérait en permanence, et prométhée endura son supplice pendant des siècles, jusque’à ce que le héros Héraclès vienne enfin le libérer. Un autre mythe raconte que zeus aurait aussi puni les homme, en inventant la femme. Il fit forger par Héphaïstos une sublime créature nommée Pandore. Elle aurait été donnée comme épouse à Epiméthée qui l’acceuilli malgré les recommandation de son frère Prométhée de ne surtout accepter aucun présent offert par zeus.
Les dieux lui avaient confié un petit coffre où chacun avait déposé un mal avec interdiction de l’ouvrir. Ce que, bien sûr, elle s’empressa de faire: toutes les souffrances, les peurs, les crimes qui affligent désormais l’humanité s’en échappèrent. Horrifiée, elle referma la boîte, ne gardant au fond qu’un seul présent positif, l’espérance. Le maître de l’olympe provoqua aussi un gigantesque déluge. Toute la terre fut recouverte d’eau, hormis un pic montagneux. Un gros coffre dérivant sur les flots vint s’y échouer: dedans se trouvaient Décalion, le fils de Prométhée, et Pyrrha, la fille d’Epiméthée et de Pandore. Lorsque les eaux se retirèrent enfin, le couple se rendit à un temple en ruine et pria les dieux de lui indiquer la voie à suivre. Ils entendirent une voix ordonner: « sortez et jetez derrière vous les os de votre mère ». Soit ceux de l’antique Gaïa, la terre, dont les os sont les pierres. Ils firent ce qu’on leur avait demandé, et chaque caillou jeté derrière eux devint un homme et une femme. Ainsi naquit la dernière race humaine.
Celtes
L’histoire du monde irlandais commence après sa création et peu avant un mystérieux déluge, assimilé plus tard à celui de la Bible, qui amena sur une île un peuple mené par Cesair, la fille de Bith. Elle fuyait une juste punition pour s’être, semble-t-il, trompée de dieu. La compagnie comptait trois hommes, Bith, Fintan et Ladra, pour cinquante femmes. Ils se répartirent ces femmes et chacun parti de son côté. Ladra fut le premier à mourir, par excès de femmes, dit-on, et ses épouses furent partagées entre les deux hommes restants. Puis Bith disparut à son tour et Fintan prenant peur s’enfuit, abandonnant ses compagnes qui périrent.
Trois cent ans après l’arrivée de Cesair, un deuxième peuple mené par Partholon, qui lui aussi fuyait la justice pour avoir assassiné son père, accosta sur les rives irlandaises. Il apportait avec lui l’agriculture, l’art de cuire la viande, de brasser la bière et de bâtir des maisons. Il se heurta violemment aux indigènes, les Fomoires, race monstrueuse formée d’êtres à un seul bras et une seule jambe, mais ce fut la peste qui, finalement, eut raison de ce deuxième peuple.
Vint ensuite celui de Nemed, constitué d’hommes libres. Lorsque Nemed mourut, ils devinrent les esclaves des Fomoires. Ils tentèrent de se libérer d’eux lors d’une bataille navale, mais un seul vaisseau résista, dont l’équipage se divisa en trois groupes qui se dispersèrent en Grèce, en Grande Bretagne et les « îles du nord du monde ».
Les descendants du groupe émigré en Grèce, les Fir Bold, revinrent en Irlande, suivis par les Tuatha Dé Danann, descendants de ceux qui s’étaient rendus aux « îles du nord du monde ». Ces derniers avaient acquis des connaissances très particulières dans leurs terres d’exil et étaient versés en magie, en sorcellerie, en divination. Il comptaient aussi un certain nombre de dieux dans leurs rangs: Dagda, dieu bon et protecteur, propriétaire d’un chaudron qui jamais ne désemplissait et d’une massue qui d’un côté tuait et de l’autre ressuscitait; Goibnu le forgeron, Luchta le ferronnier et Creidne le bronzier, qui forgeait les armes de leurs compagnons; Dian Cécht, le dieu de la santé; Ogma, héros d’une force herculéenne; Néit, dieu de la guerre; Manannàn, dieu de la mer… les Tuatha et les Fir Bold se firent une guerre sans merci- gagnée par les premiers- au cours de laquelle Nuada, leur chef, eut le bras coupé.
Trois cent ans après l’arrivée de Cesair, un deuxième peuple mené par Partholon, qui lui aussi fuyait la justice pour avoir assassiné son père, accosta sur les rives irlandaises. Il apportait avec lui l’agriculture, l’art de cuire la viande, de brasser la bière et de bâtir des maisons. Il se heurta violemment aux indigènes, les Fomoires, race monstrueuse formée d’êtres à un seul bras et une seule jambe, mais ce fut la peste qui, finalement, eut raison de ce deuxième peuple.
Vint ensuite celui de Nemed, constitué d’hommes libres. Lorsque Nemed mourut, ils devinrent les esclaves des Fomoires. Ils tentèrent de se libérer d’eux lors d’une bataille navale, mais un seul vaisseau résista, dont l’équipage se divisa en trois groupes qui se dispersèrent en Grèce, en Grande Bretagne et les « îles du nord du monde ».
Les descendants du groupe émigré en Grèce, les Fir Bold, revinrent en Irlande, suivis par les Tuatha Dé Danann, descendants de ceux qui s’étaient rendus aux « îles du nord du monde ». Ces derniers avaient acquis des connaissances très particulières dans leurs terres d’exil et étaient versés en magie, en sorcellerie, en divination. Il comptaient aussi un certain nombre de dieux dans leurs rangs: Dagda, dieu bon et protecteur, propriétaire d’un chaudron qui jamais ne désemplissait et d’une massue qui d’un côté tuait et de l’autre ressuscitait; Goibnu le forgeron, Luchta le ferronnier et Creidne le bronzier, qui forgeait les armes de leurs compagnons; Dian Cécht, le dieu de la santé; Ogma, héros d’une force herculéenne; Néit, dieu de la guerre; Manannàn, dieu de la mer… les Tuatha et les Fir Bold se firent une guerre sans merci- gagnée par les premiers- au cours de laquelle Nuada, leur chef, eut le bras coupé.
Comme il était devenu inapte à régner, le temps que Dian Cécht le dote d’un bras articulé en argent, le commandement revint à Eochaid Bres, un métis de de Fomoire et de Tuatha dont le règne ne fut pas d’un grand succès avant que Nuada ne revienne.
Une nouvelle bataille eut lieu contre les Fomoires, cette fois-ci menée par Balor, propriétaire d’un redoutable oeil qui tuait tout ce qu’il regardait. Les Tuatha avaient pour dirigeant le lumineux Lug, petit-fils de Balor, qui d’un coup de fronde lui fit passer l’oeil de l’autre côté de la tête: les troupes fomoires qui se trouvaient derrière lui, furent décimées par son atroce regard.
Vinrent enfin les Gaëls, ou les celtes, cinquième et ultime peuple qui évinça les Thuatha. Ces derniers se retirèrent dans le monde souterrain et établirent leur demeures magiques sous les tumulus et les tertres qui se répandaient en terre d’Irlande.
Peu prolixes sur le monde réel, les celtes irlandais devenaient en revanche intarissables lorsqu’il s’agissait de décrire l’autre monde, celui où ils devaient aller après leur mort. Constitué d’îles situées quelque part à l’ouest dans le vaste océan, c’est un lieu paradisiaque, où le temps est suspendu.
Un jour, Bran, fils de Fébal, qui se promenait non loin de sa forteresse, entendit une musique si suave qu’il s’endormit. Lorsque’il se réveilla, une branche d’argent portant des fleurs blanches était posée près de lui. Le soir, alors que tout le château était réuni dans la grande salle, une femme que personne n’avait vu entrer s’avança vers lui et lui chanta la beauté et les merveilles de l’île d’émain, la terre des fées: un véritable enchantement. Elle disparut en emportant la branche et Bran, envoûté, prépara bateau et équipage et fit voile vers l’ouest. Il tomba d’abord sur l’île des Rieurs, où l’un de ses compagnons se mêla à une foule hilare et les oublia complètement, puis il accosta sur l’île des femmes. Il s’unit à la reine de ce pays de rêve, ses compagnons se trouvèrent chacun une fée et ils coulèrent des jours heureux jusqu’à ce que le mal du pays les rattrape. La reine les laissa partir, en les prévenant qu’en aucun cas ils ne devaient poser un pied sur leur terre. Ils arrivèrent en vue des rivages irlandais et Bran vit des gens le long des côtes depuis le navire. Ils ne le reconnurent pas lorsque’’il déclina son identité: Bran était parti depuis si longtemps, c’était une si vieille histoire qu’on eut le temps de l’oublier. Un homme s’échappa du navire et mit pied à terre: il fut immédiatement réduit en cendres. Bran leva l’ancre, et personne ne le revit. L’autre monde fut plus clément avec Maelduin.
Une nouvelle bataille eut lieu contre les Fomoires, cette fois-ci menée par Balor, propriétaire d’un redoutable oeil qui tuait tout ce qu’il regardait. Les Tuatha avaient pour dirigeant le lumineux Lug, petit-fils de Balor, qui d’un coup de fronde lui fit passer l’oeil de l’autre côté de la tête: les troupes fomoires qui se trouvaient derrière lui, furent décimées par son atroce regard.
Vinrent enfin les Gaëls, ou les celtes, cinquième et ultime peuple qui évinça les Thuatha. Ces derniers se retirèrent dans le monde souterrain et établirent leur demeures magiques sous les tumulus et les tertres qui se répandaient en terre d’Irlande.
Peu prolixes sur le monde réel, les celtes irlandais devenaient en revanche intarissables lorsqu’il s’agissait de décrire l’autre monde, celui où ils devaient aller après leur mort. Constitué d’îles situées quelque part à l’ouest dans le vaste océan, c’est un lieu paradisiaque, où le temps est suspendu.
Un jour, Bran, fils de Fébal, qui se promenait non loin de sa forteresse, entendit une musique si suave qu’il s’endormit. Lorsque’il se réveilla, une branche d’argent portant des fleurs blanches était posée près de lui. Le soir, alors que tout le château était réuni dans la grande salle, une femme que personne n’avait vu entrer s’avança vers lui et lui chanta la beauté et les merveilles de l’île d’émain, la terre des fées: un véritable enchantement. Elle disparut en emportant la branche et Bran, envoûté, prépara bateau et équipage et fit voile vers l’ouest. Il tomba d’abord sur l’île des Rieurs, où l’un de ses compagnons se mêla à une foule hilare et les oublia complètement, puis il accosta sur l’île des femmes. Il s’unit à la reine de ce pays de rêve, ses compagnons se trouvèrent chacun une fée et ils coulèrent des jours heureux jusqu’à ce que le mal du pays les rattrape. La reine les laissa partir, en les prévenant qu’en aucun cas ils ne devaient poser un pied sur leur terre. Ils arrivèrent en vue des rivages irlandais et Bran vit des gens le long des côtes depuis le navire. Ils ne le reconnurent pas lorsque’’il déclina son identité: Bran était parti depuis si longtemps, c’était une si vieille histoire qu’on eut le temps de l’oublier. Un homme s’échappa du navire et mit pied à terre: il fut immédiatement réduit en cendres. Bran leva l’ancre, et personne ne le revit. L’autre monde fut plus clément avec Maelduin.
Son père avait été assassiné et, sur les conseils d’un druide, il se lança à la poursuite de ses meurtriers, disparu quelque part dans les îles de l’ouest. Il ne devait prendre que dix-sept hommes avec lui mais, au moment du départ, ses trois frères le rejoignirent, ce qui était fort mauvais signe. Ils découvrirent une première île, où ils entendirent une voix mystérieuse se vanter du meurtre de Maelduin. Ils voulurent y accoster mais les courants les poussèrent au large et ils commencèrent un fabuleux périple à travers trente et une îles plus étranges les unes que les autres… l’une était habitée par une drôle de bête, entre chien et cheval, qui leur fit fête lorsqu’ils s’approchèrent tellement elle était contente à l’idée de les dévorer.
Une autre était peuplée de chevaux démoniaques et, sur une troisième, ils découvrirent une maison vide où la table était mise et où ils firent un grand festin. Ils explorèrent une île couverte de forêts où Maelduin coupa un rameau sur lequel poussèrent trois pommes qui nourrirent l’équipage pendant un mois. Ils débarquèrent sur une terre qui abritait une forteresse déserte où un chat s’amusait à sauter de pilier en pilier. Cette forteresse recelait un fabuleux trésor, mais quand un des frères de Maelduin tenta de prendre un bracelet, le chat le réduisit en cendres.
Ils passèrent au large d’une île coupée en deux par une palissade: d’un côté se trouvaient des moutons noirs, de l’autre des blancs. De temps en temps un gros homme faisait passer un mouton dans l’autre camp, et il changeait de couleur Maelduin perdit un autre frère dans l’île des Pleureurs, où il se mêla à une foule sanglotante et ne revint plus. Ils traversèrent une mer dont les eaux étaient si limpides qu’ils virent une ville engloutie, et une autre mer si semblable aux nuages qu’ils craignirent qu’elle ne supporte le poids de leur navire.
Ils abordèrent enfin l’île bienheureuse des femmes, où ils furent accueillis à bras ouverts par la reine et ses filles. Maelduin s’unit à la première, son équipage se partagea ses sujets et tous vécurent quelques mois de bonheur absolu. Mais le mal du pays les torturait eux aussi, et les hommes de Maelduin le pressèrent de repartir. Le bateau allait quitter ces célestes rivages quand la reine lança une pelote de fil qui se colla à la main de Maelduin: il n’eut plus qu’à tirer dessus pour revenir à elle. Son équipage refit une nouvelle tentative pour prendre la fuite. La reine lança la pelote mais ce fut un marin qui l’attrapa. Le barde de l’expédition n’eut aucun scrupule à lui couper la main et ils partirent pour l’Irlande. Ils perdirent en chemin le troisième et dernier frère de Maelduin dans l’île des Rieurs et ils purent débarquer dans leur île bien-aimée sans être réduits en cendres avec tant d’histoires à raconter…
Une autre était peuplée de chevaux démoniaques et, sur une troisième, ils découvrirent une maison vide où la table était mise et où ils firent un grand festin. Ils explorèrent une île couverte de forêts où Maelduin coupa un rameau sur lequel poussèrent trois pommes qui nourrirent l’équipage pendant un mois. Ils débarquèrent sur une terre qui abritait une forteresse déserte où un chat s’amusait à sauter de pilier en pilier. Cette forteresse recelait un fabuleux trésor, mais quand un des frères de Maelduin tenta de prendre un bracelet, le chat le réduisit en cendres.
Ils passèrent au large d’une île coupée en deux par une palissade: d’un côté se trouvaient des moutons noirs, de l’autre des blancs. De temps en temps un gros homme faisait passer un mouton dans l’autre camp, et il changeait de couleur Maelduin perdit un autre frère dans l’île des Pleureurs, où il se mêla à une foule sanglotante et ne revint plus. Ils traversèrent une mer dont les eaux étaient si limpides qu’ils virent une ville engloutie, et une autre mer si semblable aux nuages qu’ils craignirent qu’elle ne supporte le poids de leur navire.
Ils abordèrent enfin l’île bienheureuse des femmes, où ils furent accueillis à bras ouverts par la reine et ses filles. Maelduin s’unit à la première, son équipage se partagea ses sujets et tous vécurent quelques mois de bonheur absolu. Mais le mal du pays les torturait eux aussi, et les hommes de Maelduin le pressèrent de repartir. Le bateau allait quitter ces célestes rivages quand la reine lança une pelote de fil qui se colla à la main de Maelduin: il n’eut plus qu’à tirer dessus pour revenir à elle. Son équipage refit une nouvelle tentative pour prendre la fuite. La reine lança la pelote mais ce fut un marin qui l’attrapa. Le barde de l’expédition n’eut aucun scrupule à lui couper la main et ils partirent pour l’Irlande. Ils perdirent en chemin le troisième et dernier frère de Maelduin dans l’île des Rieurs et ils purent débarquer dans leur île bien-aimée sans être réduits en cendres avec tant d’histoires à raconter…
Vikings
Le monde selon les nordiques n’a pas jailli tout seul du chaos: il existait déjà un univers avant l’univers, un territoire nébuleux divisé en trois zones distinctes. La première, Niftheimur, était un pays du froid, du givre et de la glace perpétuelle. La deuxième, Muspell, était le domaine du chaud, du brûlant et de l’ardent. Entre les deux se trouvaient une vaste étendue parfaitement vide. Un courant glacé provenant de Niftheimur croisa le souffle incandescent issu de Muspell, et les particules de givres qu’il charriait se mirent à fondre.
Des gouttes d’eau tombèrent, donnant naissance au géant Ymir qui réussit à enfanter lui seul: il transpira, pendant son sommeil et un couple de géants naquit de l’humidité de son aisselle gauche. En se frottant ses pieds l’un contre l’autre il produisit ensuite un troisième enfant. Ymir se nourrissait aux pis gonflés de lait de la vache Audhumla, née elle aussi de la fonte des glaces. Elle se régalait du sel mêlé au givre recouvrant les cailloux de ce monde primitif et, un jour qu’elle léchait avidement un rocher, sa langue dégagea de de la pierre une chevelure, puis une tête, puis un homme tout entier: Buri.
Il engendra un mâle nommé Bor, qui épousa une géante et en eut trois fils, Odin, Vili et Vé. Ces trois nouveaux venus éliminèrent les géants qui habitaient alors ce monde et tuèrent aussi Ymir. Son sang noya les terres des commencements et tous ses fils périrent dans l’inondation. Odin et ses frères récupérèrent le corps d’Ymir et entreprirent de le dépecer. Sa chair devint la terre, son sang se transforma en mers, ses os donnèrent les montagnes et ses dents se dispersèrent sous forme de roches. Son crâne, maintenu en équilibre au-dessus de la terre par quatre nains, placés aux quatre coins cardinaux, servit de ciel.
Les trois créateurs prirent les étincelles provenant de Muspell et les jetèrent en l’air pour forger les étoiles. La cervelle d’Ymir suivit le même chemin, et ses morceaux s’évaporèrent en nuages. Les cils du géant permirent d’édifier une solide clôture autour d’un vaste territoire appelé Midgardur, forteresse destinée à accueillir les humains, eux-même fabriqués à partir de deux souches d’arbre. Le centre du monde était occupé par un frère gigantesque, Yggdrasil, symbole et incarnation de l’harmonie, de l’unité du monde, du lien entre chacun qui le composent. Son feuillage recouvrait toute la terre et sous ses racines se trouvaient deux sources: celle de Mimir, dispensatrice de sagesse, et celle du destin,
Des gouttes d’eau tombèrent, donnant naissance au géant Ymir qui réussit à enfanter lui seul: il transpira, pendant son sommeil et un couple de géants naquit de l’humidité de son aisselle gauche. En se frottant ses pieds l’un contre l’autre il produisit ensuite un troisième enfant. Ymir se nourrissait aux pis gonflés de lait de la vache Audhumla, née elle aussi de la fonte des glaces. Elle se régalait du sel mêlé au givre recouvrant les cailloux de ce monde primitif et, un jour qu’elle léchait avidement un rocher, sa langue dégagea de de la pierre une chevelure, puis une tête, puis un homme tout entier: Buri.
Il engendra un mâle nommé Bor, qui épousa une géante et en eut trois fils, Odin, Vili et Vé. Ces trois nouveaux venus éliminèrent les géants qui habitaient alors ce monde et tuèrent aussi Ymir. Son sang noya les terres des commencements et tous ses fils périrent dans l’inondation. Odin et ses frères récupérèrent le corps d’Ymir et entreprirent de le dépecer. Sa chair devint la terre, son sang se transforma en mers, ses os donnèrent les montagnes et ses dents se dispersèrent sous forme de roches. Son crâne, maintenu en équilibre au-dessus de la terre par quatre nains, placés aux quatre coins cardinaux, servit de ciel.
Les trois créateurs prirent les étincelles provenant de Muspell et les jetèrent en l’air pour forger les étoiles. La cervelle d’Ymir suivit le même chemin, et ses morceaux s’évaporèrent en nuages. Les cils du géant permirent d’édifier une solide clôture autour d’un vaste territoire appelé Midgardur, forteresse destinée à accueillir les humains, eux-même fabriqués à partir de deux souches d’arbre. Le centre du monde était occupé par un frère gigantesque, Yggdrasil, symbole et incarnation de l’harmonie, de l’unité du monde, du lien entre chacun qui le composent. Son feuillage recouvrait toute la terre et sous ses racines se trouvaient deux sources: celle de Mimir, dispensatrice de sagesse, et celle du destin,
près de laquelle vivaient les N’ornes, trois demi-déesses qui modelaient le cours des existences des vivants.
Une fois le monde organisé, les dieux - à la tête desquels se trouvait Odin, patron des magiciens et des guerriers- se retirèrent à Asgardur, dans leur palais, et se mirent à attendre leur fin.
À peine né, ce monde était déjà condamné, voué à disparaitre lors du Ragnarök. Situé dans un avenir indéterminé, il sera provoqué par le dieu Loki. Celui-ci avait eut une liaison avec une géante qui engendra trois abominations: le loup Fenrir, le serpent cosmique Jörmungand et une créature féminine nommée Tel. Quand ils apprirent leur existence, les dieux consultèrent les oracles et découvrirent que cette sinistre descendance serait la raison de leur mort. Ils tentèrent malgré tout de tordre le destin et Odin expédia le serpent dans l’océan, où il grandit tant et si bien qu’il finit par encercler la terre dans ses anneaux. Il jeta Hel dans le monde des morts dont elle devint la sinistre régente, et Fenrir fut mis étroite surveillance. Nourri par le dieu Tyr, il devint gigantesque et les dieux décidèrent de l’enchaîner. Aucun lien ne pouvait lui résister, et Odin demanda alors aux nains - les meilleurs artisans de ce monde- de fabriquer une chaîne avec des éléments aussi improbables que les bruits de pas d’un chat errant, la barbe d’une femme, les racines d’une montagne, le souffle d’un poisson et la salive d’un oiseau… les nains s’exécutèrent et les dieux mirent Fenrir au défi de briser leur oeuvre. Méfiant, le loup accepta de se laisser enchaîner à la condition qu’un dieu mette sa main dans sa gueule, ce que seul Thor accepta de faire. Fenrir ne réussit pas à se dégager de ses liens magiques mais Thor devint manchot. Le monstre fut solidement attaché à un rocher, une épée entre ses mâchoires pour l’empêcher de mordre.
Loki connut pratiquement le même sort. Odin avait un fils d’une grande beauté, Baldur, qui une nuit rêva de sa propre mort. Il en parla à sa mère Frigg, qui interpréta le songe comme un funeste présage et décida de tout mettre en oeuvre pour sauver son enfant. Elle réussit à arracher à toutes les créatures vivantes et aux choses inertes de ce monde la promesse qu’aucune d’entre elles ne lui ferait jamais de mal, et Baldur devint invulnérable. Cela amusait beaucoup les autres dieux qui pouvaient sans crainte lui jeter à la tête couteaux, haches, troncs d’arbres, rochers…
Une fois le monde organisé, les dieux - à la tête desquels se trouvait Odin, patron des magiciens et des guerriers- se retirèrent à Asgardur, dans leur palais, et se mirent à attendre leur fin.
À peine né, ce monde était déjà condamné, voué à disparaitre lors du Ragnarök. Situé dans un avenir indéterminé, il sera provoqué par le dieu Loki. Celui-ci avait eut une liaison avec une géante qui engendra trois abominations: le loup Fenrir, le serpent cosmique Jörmungand et une créature féminine nommée Tel. Quand ils apprirent leur existence, les dieux consultèrent les oracles et découvrirent que cette sinistre descendance serait la raison de leur mort. Ils tentèrent malgré tout de tordre le destin et Odin expédia le serpent dans l’océan, où il grandit tant et si bien qu’il finit par encercler la terre dans ses anneaux. Il jeta Hel dans le monde des morts dont elle devint la sinistre régente, et Fenrir fut mis étroite surveillance. Nourri par le dieu Tyr, il devint gigantesque et les dieux décidèrent de l’enchaîner. Aucun lien ne pouvait lui résister, et Odin demanda alors aux nains - les meilleurs artisans de ce monde- de fabriquer une chaîne avec des éléments aussi improbables que les bruits de pas d’un chat errant, la barbe d’une femme, les racines d’une montagne, le souffle d’un poisson et la salive d’un oiseau… les nains s’exécutèrent et les dieux mirent Fenrir au défi de briser leur oeuvre. Méfiant, le loup accepta de se laisser enchaîner à la condition qu’un dieu mette sa main dans sa gueule, ce que seul Thor accepta de faire. Fenrir ne réussit pas à se dégager de ses liens magiques mais Thor devint manchot. Le monstre fut solidement attaché à un rocher, une épée entre ses mâchoires pour l’empêcher de mordre.
Loki connut pratiquement le même sort. Odin avait un fils d’une grande beauté, Baldur, qui une nuit rêva de sa propre mort. Il en parla à sa mère Frigg, qui interpréta le songe comme un funeste présage et décida de tout mettre en oeuvre pour sauver son enfant. Elle réussit à arracher à toutes les créatures vivantes et aux choses inertes de ce monde la promesse qu’aucune d’entre elles ne lui ferait jamais de mal, et Baldur devint invulnérable. Cela amusait beaucoup les autres dieux qui pouvaient sans crainte lui jeter à la tête couteaux, haches, troncs d’arbres, rochers…
intrigué par ces petits jeux innocents, Loki mena son enquête et découvrit qu’une petite plante, le gui, avait été négligée par Frigg: elle n’avait pas prêté le serment de ne pas toucher à Balder. Loki l’arracha donc et le tailla en flèche qu’il donna au dieu aveugle Höd, frère de Baldur.
Le gui tua Baldur, à la grande horreur de Frigg qui essaya une nouvelle fois de le sauver. Elle supplia Hel de lui rendre son fils et la reine des morts lui proposa un marché: si toutes les créatures de ce monde le pleuraient, alors Baldur pourrait revenir dans le monde des vivants. Tous acceptèrent sauf une géante du nom de Thökk- qui n’était autre que Loki métamorphosé- qui refusa de pleurer le défunt. baldur resta chez Hel et Loki préféra se cacher dans une maison isolée.
Il se transforma un jour en saumon afin de mieux se dissimuler dans les eaux. Il provoqua lui-même sa perte en voulant l’anticiper: un jour qu’il s’interrogeait sur les moyens que pouvaient employer les dieux pour l’attraper, il imagina et fabriqua le premier filet de pêche. A peine l’avait-il achevé que les dieux arrivèrent et il eut juste le temps de le jeter au feu et de se transformer en saumon. Ses poursuivants virent les marques laissées dans la cendre par son invention et la copièrent. Loki fut pris dans son propre filet et attaché sur trois grosses pierres. Un serpent l’arrosait de venin en permanence, que la dévouée épouse de Loki, Sigyn, s’épuisait à recueillir. Elle devait régulièrement s’interrompre pour vider son récipient, et des gouttes de poison tombaient alors sur Loki, le brûlant terriblement.
Ragnarök, la fin prévu du monde, sera annoncé par de terribles catastrophes: inondations, cataclysmes naturels, guerre féroce, hivers de trois ans… la lune et le soleil disparaitront dans la gueule de deux loups monstrueux, les étoiles tomberont sur terre, les montagnes vacilleront et Fenrir se libèrera enfin de ses liens. Le serpent cosmique quittera sa prison marine et Loki prendra le commandement d’un sinistre navire construit avec les ongles des morts, rempli de géants. Les démons du feu Surtur et ses légions se mettront en marche vers Asgard où aura lieu l’ultime bataille. Fenir dévorera Odin, le serpent empoisonnera Thor, le dieu du tonnerre et de l’orage, après avoir été tué de ses mains, et le monde sera réduit en centres dans un gigantesque brasier allumé par Surtur…
Le gui tua Baldur, à la grande horreur de Frigg qui essaya une nouvelle fois de le sauver. Elle supplia Hel de lui rendre son fils et la reine des morts lui proposa un marché: si toutes les créatures de ce monde le pleuraient, alors Baldur pourrait revenir dans le monde des vivants. Tous acceptèrent sauf une géante du nom de Thökk- qui n’était autre que Loki métamorphosé- qui refusa de pleurer le défunt. baldur resta chez Hel et Loki préféra se cacher dans une maison isolée.
Il se transforma un jour en saumon afin de mieux se dissimuler dans les eaux. Il provoqua lui-même sa perte en voulant l’anticiper: un jour qu’il s’interrogeait sur les moyens que pouvaient employer les dieux pour l’attraper, il imagina et fabriqua le premier filet de pêche. A peine l’avait-il achevé que les dieux arrivèrent et il eut juste le temps de le jeter au feu et de se transformer en saumon. Ses poursuivants virent les marques laissées dans la cendre par son invention et la copièrent. Loki fut pris dans son propre filet et attaché sur trois grosses pierres. Un serpent l’arrosait de venin en permanence, que la dévouée épouse de Loki, Sigyn, s’épuisait à recueillir. Elle devait régulièrement s’interrompre pour vider son récipient, et des gouttes de poison tombaient alors sur Loki, le brûlant terriblement.
Ragnarök, la fin prévu du monde, sera annoncé par de terribles catastrophes: inondations, cataclysmes naturels, guerre féroce, hivers de trois ans… la lune et le soleil disparaitront dans la gueule de deux loups monstrueux, les étoiles tomberont sur terre, les montagnes vacilleront et Fenrir se libèrera enfin de ses liens. Le serpent cosmique quittera sa prison marine et Loki prendra le commandement d’un sinistre navire construit avec les ongles des morts, rempli de géants. Les démons du feu Surtur et ses légions se mettront en marche vers Asgard où aura lieu l’ultime bataille. Fenir dévorera Odin, le serpent empoisonnera Thor, le dieu du tonnerre et de l’orage, après avoir été tué de ses mains, et le monde sera réduit en centres dans un gigantesque brasier allumé par Surtur…
Yakoutes
En Sibérie, le monde d’alors se résumait à une vaste étendue aquatique, et Ajy Tolon, le démiurge yakoute, décida de créer la terre. Comme il ne disposait d’aucun matériau, il fit naître deux oiseaux, le rouge-gorge plongeur et le canard sauvage. Il leur ordonna de plonger dans la mer primordiale, de nager jusqu’au fond et de recueillir dans leur bec un peu de limon. Le canard s’exécuta et émergea le premier de l’eau avec un peu de terre. Le rouge-gorge parut à son tour, le bec vide et le démiurge comprit qu’il n’avait pas plongé alors qu’il avait le bec plus long et pus de force que le canard. Le dieu le punit pour l’avoir trompé et, depuis, il doit plonger sans relâche pour se nourrir. Ajy Tolon récupéra le limon ramassé par le canard, le façonna en terre et le posa sur la mer, flottant comme un radeau. Comme beaucoup de sibériens, les yakoutes vivent dans un monde vertical comptant plusieurs étages célestes où s’ébattent les innombrables esprits animant la création. Ils placent un gigantesque arbre en fer au centre de la terre, qui fait communiquer entre eux les différents niveaux de l’univers et sert parfois d’échelle au chaman pour passer de l’un à l’autre.
Cet arbre traverse le ciel et il se raconte qu’une source éternelle jaillissait de ses racines, répandant un liquide jaune qui débarrassait tous ceux qui en buvaient de leur fatigue et de leur faim. Le premier homme fut d’ailleurs nourri par une femme qui apparut dans cet arbre cosmique.
Chez les toungouzes, c’est Ekseri, la divinité du ciel, qui demanda à un oiseau d’aller chercher la matière avec laquelle il façonna la terre. Il fabriqua ensuite les humains et, pour qu’ils soient complets, il décida de leur donner une âme. Ekseri prit de la terre et des pierres, les amalgama en une espèce de conglomérat humide qu’il mit ensuite à sécher sur une planche. Il en confia la garde à un chien, qui à l’époque n’avait pas un poil sur le corps. Malheureusement, ekseri avait un frère aîné qui n’aimait rien tant que de gâcher tout ce qu’il faisait. Il soudoya le chien en lui promettant de beaux manteaux de fourrure bien chaud s’il le laissait jeter un regard aux âmes humaines. Dès qu’il les vit, il cracha dessus et leur inocula une maladie qui n’a toujours pas trouvé de remède: la mort… Ekseri ne put rien faire contre cette malédiction et se contenta de punir le chien, condamné depuis à se nourrir d’ordures.
Chez les toungouzes, c’est Ekseri, la divinité du ciel, qui demanda à un oiseau d’aller chercher la matière avec laquelle il façonna la terre. Il fabriqua ensuite les humains et, pour qu’ils soient complets, il décida de leur donner une âme. Ekseri prit de la terre et des pierres, les amalgama en une espèce de conglomérat humide qu’il mit ensuite à sécher sur une planche. Il en confia la garde à un chien, qui à l’époque n’avait pas un poil sur le corps. Malheureusement, ekseri avait un frère aîné qui n’aimait rien tant que de gâcher tout ce qu’il faisait. Il soudoya le chien en lui promettant de beaux manteaux de fourrure bien chaud s’il le laissait jeter un regard aux âmes humaines. Dès qu’il les vit, il cracha dessus et leur inocula une maladie qui n’a toujours pas trouvé de remède: la mort… Ekseri ne put rien faire contre cette malédiction et se contenta de punir le chien, condamné depuis à se nourrir d’ordures.
Il existe une variante de ce mythe chez les mongols, selon laquelle le dieu créateur des humains confia leurs corps fraîchement façonnés à la garde d’un chien et d’un chat pendant qu’il allait chercher l’eau d’éternelle jouvence. Arriva alors le démon qui détourna les deux animaux de leur devoir en leur donnant abondance de viande et de lait. Il urina sur les hommes à peine nés et s’enfuit en courant. De retour avec son eau, le créateur se mit en colère devant les corps souillés et ordonna au chat de les nettoyer. Les humains étaient alors recouverts d’une fine fourrure que la langue du chat, devenue râpeuse à force de la lécher, arracha presque entièrement. Le dieu prit tous les poils salis et les colla sur le chien. Il arrosa ensuite ses créatures avec l’eau qu’il était allé chercher et qui était censée leur conférer l’immortalité, mais, hélas, elle était devenue inefficace.
Inuits
Un jour, ou plutôt une nuit, le jour était encore inconnu en ces temps primordiaux, le ciel jeta dans le vide un peu de terre, de poussière et de roches qui s’agglutinèrent et formèrent notre monde. Les humains sortirent de sous la terre inuite et émergèrent au milieu de buissons de saules sous la forme de bébés aux yeux clos, recouverts de feuilles. Incapables de ramper, ces avortons se nourrissaient de terre. Une femme vint alors les récupérer. Elle les revêtit d’habits de sa fabrication, les emmena chez elle et en fit des humains digne de ce nom. Selon un autre mythe, la terre des origines n’était peuplée que par deux hommes, qui étaient aussi de grands magiciens. Ils voulurent engendrer et l’un d’eux se transforma en femme et accoucha. Selon une autre version, à l’issu de l’union des deux hommes, celui qui serait tombé enceinte aurait été aidé pour accoucher, alors que sa nature ne le permettait, grâce aux sortilèges de l’autre sorcier.
Immédiatement après les hommes, naquirent les chiens en sortant à leur tour du sol. Les habitants de ce monde primitif ignoraient la mort et la vieillesse. Ils devinrent si nombreux que sous leur poids, la terre commença à couler, s’enfonçant dans la mer. Il s’ensuivit une terrible inondation et une bonne partie des hommes fut noyée. Débarrassée de sa surcharge humaine, la terre remonta et l’équilibre se rétablit. Peu de temps après, deux vieilles dames se mirent à discuter ensemble de la situation.
Quelque chose ne tournait pas rond dans cet univers immortel, plongé en permanence dans l’obscurité, à peine éclairé par l’eau, qui à cette époque avait encore le pouvoir de se consumer… l’une des dames s’écria frileusement: « continuons à vivre dans l’obscurité, si cela nous évite la mort! - Non! Répondit la seconde. Nous aurons les deux: la mort et la lumière. A peine eut-elle fini de prononcer ces mots que la lumière parut, accompagnée de la sinistre mort. Soleil- de sexe féminin- et son frère Lune apparurent au même moment.
Immédiatement après les hommes, naquirent les chiens en sortant à leur tour du sol. Les habitants de ce monde primitif ignoraient la mort et la vieillesse. Ils devinrent si nombreux que sous leur poids, la terre commença à couler, s’enfonçant dans la mer. Il s’ensuivit une terrible inondation et une bonne partie des hommes fut noyée. Débarrassée de sa surcharge humaine, la terre remonta et l’équilibre se rétablit. Peu de temps après, deux vieilles dames se mirent à discuter ensemble de la situation.
Quelque chose ne tournait pas rond dans cet univers immortel, plongé en permanence dans l’obscurité, à peine éclairé par l’eau, qui à cette époque avait encore le pouvoir de se consumer… l’une des dames s’écria frileusement: « continuons à vivre dans l’obscurité, si cela nous évite la mort! - Non! Répondit la seconde. Nous aurons les deux: la mort et la lumière. A peine eut-elle fini de prononcer ces mots que la lumière parut, accompagnée de la sinistre mort. Soleil- de sexe féminin- et son frère Lune apparurent au même moment.
Tous deux vécurent en compagnie des hommes et partageaient leurs vices, du moins en ce qui concerne lune. Une nuit, il se jeta sur sa soeur et tenta de la violer. Soleil se débattit, fit tomber une lampe à huile et macula de taches noires le visage de son agresseur. Elle se saisit d’une torche et réussit à s’enfuir dans le ciel, mais son odieux frère l’y suivit. Lune trébucha et perdit sa propre torche, ce qui explique pourquoi il n’émet pas de lumière lui-même, mais cela ne l’empêcha pas de continuer à courir derrière soleil. Lune réussit parfois à la rattraper, se jette dessus et la viole comme en témoignent les éclipses et ainsi soleil disparait momentanément. Le plus souvent, lune poursuit sa soeur sans prendre le temps de se nourrir, maigrissant alors progressivement. Parfois lune est alors contraint de disparaitre quelques nuits afin de chasser afin de se rapprovisionner. On dit qu’il part chercher les âmes mâles décédées pour les emmener avec lui à cette occasion.
Le premier décès naturel fut un évènement et le corps du défunt fut soigneusement recouvert de pierre. Ne comprenant absolument pas ce qui lui arrivait, à peine enterré, ce corps voulut revenir. Il sortit la tête de son tombeau et tentait de dégager le reste quand une veille femme le vit. Elle le repoussa avec autorité dans sa fosse et lui intima l’ordre d’y rester, ce que font depuis tous les morts.
La venue de la lumière changea radicalement la vie des hommes qui purent enfin aller chasser le phoque et manger autre chose que la terre dont ils se nourrissaient jusqu’ici. Leur subsistance dépendait totalement de la toute puissance. De Sedna, l’esprit de la mer, qui régnait sur tous les animaux et qui décidait si la chasse serait bonne ou non. À l’origine, elle était une jeune fille têtue qui, lorsqu’elle fut en âge d’être mariée, refusa tous les fiancés que lui présentait sa famille. Son père excédé l’obligea à épouser un chien. Aussi incongrue que cette union puisse paraître, elle fut plutôt heureuse et le couple eut plusieurs enfants. Leur histoire aurait pu durer si le père, pris de remords, n’avait tué son curieux gendre.
Le premier décès naturel fut un évènement et le corps du défunt fut soigneusement recouvert de pierre. Ne comprenant absolument pas ce qui lui arrivait, à peine enterré, ce corps voulut revenir. Il sortit la tête de son tombeau et tentait de dégager le reste quand une veille femme le vit. Elle le repoussa avec autorité dans sa fosse et lui intima l’ordre d’y rester, ce que font depuis tous les morts.
La venue de la lumière changea radicalement la vie des hommes qui purent enfin aller chasser le phoque et manger autre chose que la terre dont ils se nourrissaient jusqu’ici. Leur subsistance dépendait totalement de la toute puissance. De Sedna, l’esprit de la mer, qui régnait sur tous les animaux et qui décidait si la chasse serait bonne ou non. À l’origine, elle était une jeune fille têtue qui, lorsqu’elle fut en âge d’être mariée, refusa tous les fiancés que lui présentait sa famille. Son père excédé l’obligea à épouser un chien. Aussi incongrue que cette union puisse paraître, elle fut plutôt heureuse et le couple eut plusieurs enfants. Leur histoire aurait pu durer si le père, pris de remords, n’avait tué son curieux gendre.
Un jour, un homme se présenta à elle et demanda sa main. Elle accepta mais malheureusement l’homme n’en était pas un : c’était un oiseau déguisé en humain. Lorsque le père de Sedna s’aperçut de la supercherie, il s’en alla voir sa fille et la convainquit de s’enfuir avec lui dans son kayak. L’oiseau eut tôt fait de les repérer et il déclencha une monstrueuse tempête qui faillit les faire chavirer. Affolé, le père essaya de se débarrasser de sa fille en la lançant à l’oiseau, mais Sedna s’accrocha de toutes ses forces au rebord de l’embarcation. Avec une rare cruauté, il lui trancha alors successivement tous les doigts, jusque’à ce qu’elle tombe dans la mer. Sedna coula au fond de l’océan, où elle devint l’esprit de la mer. Les phoques et les morses sont nés des morceaux coupés de ses doigts et son père indigne la rejoignit dans sa nouvelle résidence où il devint étonnamment le sourcilleux gardien des règles de bonne conduite, dit-on. Le premier mari de Sedna, le chien ressuscita à ses côtés et veilla sur elle.
Les Inuits de Sibérie racontent qu’au commencement le dieu corbeau et son épouse vivaient dans un minuscule espace, à peine suffisant pour bouger leurs ailes. Madame en eux un jour assez et exigea que corbeau créé la terre pour qu’ils puissent un peu prendre leur aises. Elle fut horriblement déçue quand son mari lui avoua en être parfaitement incapable et se moqua de lui: s’il ne pouvait créer la terre, alors peut-être serait-elle plus efficace. Elle s’endormit et changea petit à petit d’aspect. Elle perdit ses plumes, devint énorme puis mit au monde deux jumeaux aussi nus que des vers. Ces derniers aperçurent corbeau, muet d’horreur et ils hurlèrent de rire. Corbeau se dit alors qu’il se devait de créer une terre maintenant qu’il y avait des hommes. Il demanda conseil aux dieux qui ne surent quoi lui dire. Corbeau rencontra alors d’étranges créatures qui lui avouèrent être des graines d’un nouveau peuple. Elles avaient besoin d’une terre et corbeau les amena avec lui dans les airs. Pris d’une envie pressante, il urina et déféqua en vol: sa fiente devint la terre et son urine les rivières et les mers. Corbeau planta les graines et les Tchouktches naquirent. Il n’y avait alors que des mâles et c’est femme-araignée qui fabriqua la première femme.
Les Inuits de Sibérie racontent qu’au commencement le dieu corbeau et son épouse vivaient dans un minuscule espace, à peine suffisant pour bouger leurs ailes. Madame en eux un jour assez et exigea que corbeau créé la terre pour qu’ils puissent un peu prendre leur aises. Elle fut horriblement déçue quand son mari lui avoua en être parfaitement incapable et se moqua de lui: s’il ne pouvait créer la terre, alors peut-être serait-elle plus efficace. Elle s’endormit et changea petit à petit d’aspect. Elle perdit ses plumes, devint énorme puis mit au monde deux jumeaux aussi nus que des vers. Ces derniers aperçurent corbeau, muet d’horreur et ils hurlèrent de rire. Corbeau se dit alors qu’il se devait de créer une terre maintenant qu’il y avait des hommes. Il demanda conseil aux dieux qui ne surent quoi lui dire. Corbeau rencontra alors d’étranges créatures qui lui avouèrent être des graines d’un nouveau peuple. Elles avaient besoin d’une terre et corbeau les amena avec lui dans les airs. Pris d’une envie pressante, il urina et déféqua en vol: sa fiente devint la terre et son urine les rivières et les mers. Corbeau planta les graines et les Tchouktches naquirent. Il n’y avait alors que des mâles et c’est femme-araignée qui fabriqua la première femme.




































