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Les ruses de l’intelligence
La Techné, c’est à dire la technique est très souvent associée à la Mètis, qui signifie intelligence, en grec ancien. Bon nombre de cultures voient dans les figures de l’artisan forgeron ou de la tisserande, la manifestation de cette intelligence technique. Très souvent l’origine de cette intelligence est imaginée de nature divine. La déesse Athéna qui maîtrise l’art de la guerre maîtrise aussi l’art du tissage. Le récit d’Ovide met en scène Pallas Athéna, que les romains appelle Minerve face à Arachné.
Dans la mentalité grecque, le tissage est une activité réservée exclusivement aux femmes, que l’on destine plutôt à l’espace intérieur du foyer et au rôle de mère tandis que les hommes, de leur côtés, sont voués à la guerre ou toute autre activité publique dans l’espace de la cité. L'étoffe peut donc être la manifestation de la virginité, que de l'érotisme et de la fertilité.
Mais de nombreux mots se rapportant à cette activité vont petit à petit être employés pour désigner de façon métaphorique tout ce qui se rapporte au discours, au langage. Le mot texte est d’ailleurs d’origine latine, dérivé du verbe « texere » qui signifie « tisser ». Les expressions comme « ourdir une ruse, tramer un plan » ou « un tissu de mensonges » vont ainsi apparaître. Ulysse en est un parfait représentant.
La Techné, c’est à dire la technique est très souvent associée à la Mètis, qui signifie intelligence, en grec ancien. Bon nombre de cultures voient dans les figures de l’artisan forgeron ou de la tisserande, la manifestation de cette intelligence technique. Très souvent l’origine de cette intelligence est imaginée de nature divine. La déesse Athéna qui maîtrise l’art de la guerre maîtrise aussi l’art du tissage. Le récit d’Ovide met en scène Pallas Athéna, que les romains appelle Minerve face à Arachné.
Dans la mentalité grecque, le tissage est une activité réservée exclusivement aux femmes, que l’on destine plutôt à l’espace intérieur du foyer et au rôle de mère tandis que les hommes, de leur côtés, sont voués à la guerre ou toute autre activité publique dans l’espace de la cité. L'étoffe peut donc être la manifestation de la virginité, que de l'érotisme et de la fertilité.
Mais de nombreux mots se rapportant à cette activité vont petit à petit être employés pour désigner de façon métaphorique tout ce qui se rapporte au discours, au langage. Le mot texte est d’ailleurs d’origine latine, dérivé du verbe « texere » qui signifie « tisser ». Les expressions comme « ourdir une ruse, tramer un plan » ou « un tissu de mensonges » vont ainsi apparaître. Ulysse en est un parfait représentant.
Mais le fil a aussi très souvent été associé au temps et au destin dans de nombreux mythes et de nombreuses cultures.
Dans le cosmos aussi bien que dans la vie humaine, tout est lié par un vaste liage cosmique.
La vie elle-même est un tissu parfois magique ou un fil qui tient le destin de chacun. Les Moires, les Parques, le Nornes sont garantes du destin de chaque être humain.
L'espoir que nourrit Pénélope d'un jour revoir Ulysse, lui permet de préserver la place qui revient de droit à son époux et à ce roi, grâce à une ruse, un tissage dont chaque prétendant attend l'achèvement. De leur côté, des femmes tentatrices, expertes dans l'art des illusions mettent tout en œuvre pour le garder près d'elles et lui faire oublier son passé.
C'est aussi la ruse imaginée par Dédale et tout l'amour que porte Ariane à Thésée qui permettront au héros de réussir l'épreuve du labyrinthe grâce à la pelote de fil qui lui a été remis.
Le fil peut enfin être aussi la manifestation miraculeuse de la protection divine dont bénéficient le prophète Muhammad, le roi David ou Jésus dans l'islam, le judaïsme ou le christianisme à travers le motif de l'araignée ou du linceul).
Dans le cosmos aussi bien que dans la vie humaine, tout est lié par un vaste liage cosmique.
La vie elle-même est un tissu parfois magique ou un fil qui tient le destin de chacun. Les Moires, les Parques, le Nornes sont garantes du destin de chaque être humain.
L'espoir que nourrit Pénélope d'un jour revoir Ulysse, lui permet de préserver la place qui revient de droit à son époux et à ce roi, grâce à une ruse, un tissage dont chaque prétendant attend l'achèvement. De leur côté, des femmes tentatrices, expertes dans l'art des illusions mettent tout en œuvre pour le garder près d'elles et lui faire oublier son passé.
C'est aussi la ruse imaginée par Dédale et tout l'amour que porte Ariane à Thésée qui permettront au héros de réussir l'épreuve du labyrinthe grâce à la pelote de fil qui lui a été remis.
Le fil peut enfin être aussi la manifestation miraculeuse de la protection divine dont bénéficient le prophète Muhammad, le roi David ou Jésus dans l'islam, le judaïsme ou le christianisme à travers le motif de l'araignée ou du linceul).
La maîtrise technique peut s’avérer être tellement extraordinaire qu’on lui attribue souvent une nature divine. L’oeuvre possède alors parfois un caractère magique inégalé.
L’un des dieux qui incarne le mieux ce savoir faire est le dieu forgeron Héphaïstos.
Il, serait à la fois maître des talismans qui libèrent et le maître des liens indestructibles parfois invisibles. Zeus impose son autorité et instaure l'ordre dans le monde en attachant ses adversaires (les Titans, Typhon...) symbole de désordre et de chaos, et dont on peut difficilement se débarrasser. Zeus a aussi attaché Prométhée ou encore Héra, pour les punir momentanément d'avoir voulu rivaliser avec lui en leur donnant ainsi une bonne leçon.
L’utilisation de liens, de filets pour désarmer son adversaire se retrouvent dans de nombreuses autres cultures mettant souvent en scène une lutte entre le bien et le mal (en Mésopotamie, chez les hébreux, dans le christianisme comme lors de l'Apocalypse, dans la mythologie nordique, contre des adversaires qui se libèreront lors du Ragnarök ou dans l’Inde védique et en Perse, dans les luttes opposant le bien au mal).
L’un des dieux qui incarne le mieux ce savoir faire est le dieu forgeron Héphaïstos.
Il, serait à la fois maître des talismans qui libèrent et le maître des liens indestructibles parfois invisibles. Zeus impose son autorité et instaure l'ordre dans le monde en attachant ses adversaires (les Titans, Typhon...) symbole de désordre et de chaos, et dont on peut difficilement se débarrasser. Zeus a aussi attaché Prométhée ou encore Héra, pour les punir momentanément d'avoir voulu rivaliser avec lui en leur donnant ainsi une bonne leçon.
L’utilisation de liens, de filets pour désarmer son adversaire se retrouvent dans de nombreuses autres cultures mettant souvent en scène une lutte entre le bien et le mal (en Mésopotamie, chez les hébreux, dans le christianisme comme lors de l'Apocalypse, dans la mythologie nordique, contre des adversaires qui se libèreront lors du Ragnarök ou dans l’Inde védique et en Perse, dans les luttes opposant le bien au mal).
Athéna Arachnée
Le Fil, la trame tissée d’un tissus, les liens indestructibles, de nombreux mythes accordent à ces petits détails une place privilégiée dans leurs récits. Ces motifs que l’on retrouve à répétition dans les oeuvres, sont très souvent l’occasion d’aborder des sujets de sociétés ou existentiels dont ils deviennent les symboles privilégiés: le symbole de l’intelligence technique humaine, celui de la place qu’occupent les femmes dans la société, selon l’esprit grec de l’antiquité.
Très souvent l’origine de cette intelligence est imaginée de nature divine. Un dieu, une déesse ou une entité surnaturelle influente aurait alors accordée ce don à l’humanité ou lui aurait enseigné afin qu’elle puisse prospérer.
Mais le fruit de ce travail peut très souvent être considéré comme inégalable s’il appartient au domaine de prédilection d’une divinité. Dans les mains virtuoses et expertes d’êtres surnaturels, il peut aussi prendre un caractère magique et extraordinaire.
Très souvent l’origine de cette intelligence est imaginée de nature divine. Un dieu, une déesse ou une entité surnaturelle influente aurait alors accordée ce don à l’humanité ou lui aurait enseigné afin qu’elle puisse prospérer.
Mais le fruit de ce travail peut très souvent être considéré comme inégalable s’il appartient au domaine de prédilection d’une divinité. Dans les mains virtuoses et expertes d’êtres surnaturels, il peut aussi prendre un caractère magique et extraordinaire.
Athéna est non seulement la déesse de la sagesse et de la stratégie militaire mais aussi celle des artisans. Mètis, sa mère, personnification de l’intelligence, au don de clairvoyance, se métamorphosa en goutte d’eau et fut avalée par Zeus, pour éviter qu’un jour un fils né de cette union ne détrône Zeus. Dès lors, Mètis continuera à conseiller le souverain des dieux en demeurant éternellement en son sein. Née toute armée du crâne de Zeus, Athéna hérita de la même intelligence que sa mère, dit-on.
Mais la déesse qui maîtrise l’art de la guerre maîtrise aussi l’art du tissage.
Mais la déesse qui maîtrise l’art de la guerre maîtrise aussi l’art du tissage.
Le récit d’Ovide met en scène Minerve (Pallas Athéna) face à Arachné. N’étant illustre ni par sa patrie, ni par ses aïeux, Arachnée devait tout à son art. Face à son arrogance, Minerve accepte de se mesurer à elle afin de lui donner une bonne leçon et montrer qu'aucun mortel ne peut rivaliser avec un dieu et doit rester à sa place...
Les mythes marquent très souvent les esprits. Ils servent d’exemple et de morale en dissuadant de mal agir, en faisant réfléchir sur la condition humaine vis à vis de puissances qui lui seraient supérieures. Le châtiment infligé à Arachné rappelle ainsi aux humains qu’ils ne doivent pas se laisser emporter par leur orgueil mais être plus modestes.
Les mythes marquent très souvent les esprits. Ils servent d’exemple et de morale en dissuadant de mal agir, en faisant réfléchir sur la condition humaine vis à vis de puissances qui lui seraient supérieures. Le châtiment infligé à Arachné rappelle ainsi aux humains qu’ils ne doivent pas se laisser emporter par leur orgueil mais être plus modestes.
Héphaïstos
Tramer une ruse
Arts & Techniques
Intelligence - charme
Intelligence - charme
Héphaïstos
Héra - Aphrodite & Athéna
La maîtrise technique peut s’avérer être tellement extraordinaire qu’on lui attribue souvent une nature divine. L’oeuvre possède alors parfois un caractère magique inégalé.
L’un des dieux qui incarne le mieux ce savoir faire est le dieu forgeron Héphaïstos.
Héphaïstos, serait à la fois maître des talismans qui libèrent et le maître des liens indestructibles parfois invisibles.
Il serait né de l’union de Zeus avec Héra ou d’Héra, elle seule, selon les versions. Un mythe raconte en effet qu’après que Zeus ait donné naissance à Athéna, par sa seule pensée, tout droit sorti de son crâne, dépitée, Héra voulut en faire de même. toute seule, elle engendra le dieu technicien, mais le jeta de l’Olympe, en raison de sa laideur. Né tout entier du ressentiment féminin, il est la contrefaçon ironique de la jeune fille intelligente, née toute armée. Il est le frère disgracieux, boiteux et libidineux.
L’un des dieux qui incarne le mieux ce savoir faire est le dieu forgeron Héphaïstos.
Héphaïstos, serait à la fois maître des talismans qui libèrent et le maître des liens indestructibles parfois invisibles.
Il serait né de l’union de Zeus avec Héra ou d’Héra, elle seule, selon les versions. Un mythe raconte en effet qu’après que Zeus ait donné naissance à Athéna, par sa seule pensée, tout droit sorti de son crâne, dépitée, Héra voulut en faire de même. toute seule, elle engendra le dieu technicien, mais le jeta de l’Olympe, en raison de sa laideur. Né tout entier du ressentiment féminin, il est la contrefaçon ironique de la jeune fille intelligente, née toute armée. Il est le frère disgracieux, boiteux et libidineux.
Dans une grotte sous-marine où il installa sa première forge, il fabriqua toutes sortes d'objets et bijoux merveilleux et bientôt toutes les nymphes marines se parèrent de colliers et de bracelets magnifiques. Héra rencontra Téthys qui portait ce jour-là une belle broche qu'il lui avait façonnée; elle lui demanda où elle avait trouvé ce bijou merveilleux. Téthys finit par lui révéler que c’était le fils artisan qu’elle avait rejetée. Héra demanda à Héphaïstos de revenir immédiatement sur l’Olympe.
Une autre version rapporte qu’Héphaïstos voulut se venger de sa mère pour son abandon et lui envoya un magnifique trône en or qui possédait un mécanisme secret. Dès qu'Héra s'installa sur ce trône elle ne put plus se lever. Tous les dieux tentèrent en vain de la délivrer mais rien n'y fit ; finalement le conseil des dieux décida d'aller chercher Héphaïstos pour l'en délivrer. Arès fut le premier à essayer de le ramener mais sa tentative musclée se termina par un échec car le dieu forgeron utilisa les ressources de son art du feu pour le mettre en fuite. Enivré par Dionysos, Héphaïstos se laisse fléchir et revint dans l'Olympe délivrer sa mère. La déesse Héra aurait fini par lui consentir la main d’Aphrodite en contre-partie. De son côté, Dionysos, auréolé de sa réussite, obtint le droit d'entrer dans l'assemblée des dieux
Une autre version rapporte qu’Héphaïstos voulut se venger de sa mère pour son abandon et lui envoya un magnifique trône en or qui possédait un mécanisme secret. Dès qu'Héra s'installa sur ce trône elle ne put plus se lever. Tous les dieux tentèrent en vain de la délivrer mais rien n'y fit ; finalement le conseil des dieux décida d'aller chercher Héphaïstos pour l'en délivrer. Arès fut le premier à essayer de le ramener mais sa tentative musclée se termina par un échec car le dieu forgeron utilisa les ressources de son art du feu pour le mettre en fuite. Enivré par Dionysos, Héphaïstos se laisse fléchir et revint dans l'Olympe délivrer sa mère. La déesse Héra aurait fini par lui consentir la main d’Aphrodite en contre-partie. De son côté, Dionysos, auréolé de sa réussite, obtint le droit d'entrer dans l'assemblée des dieux
Maîtrisant parfaitement la technique du feu, Héphaïstos aurait excellé dans l’art de créer des liens ou filets réputés indestructibles. Un jour, le dieu aurait eu recours à une ruse en façonnant un filet magique pour piéger son épouse infidèle Aphrodite en compagnie de son amant Arès.
En effet, prévenu par le dieu du soleil Hélios, qui un matin surprit de ses rayons les amants enlacés, Héphaïstos réagit aussitôt en forgeant ce filet d’or magique. Héphaïstos devint la risée des dieux en exposant les amants ainsi piégés.
En effet, prévenu par le dieu du soleil Hélios, qui un matin surprit de ses rayons les amants enlacés, Héphaïstos réagit aussitôt en forgeant ce filet d’or magique. Héphaïstos devint la risée des dieux en exposant les amants ainsi piégés.
L'art de la séduction
Tramer une ruse
Arts & Techniques
Intelligence - charme
Intelligence - charme
L’art de la séduction
et autres tissus de mensonges
Dans la mentalité grecque, le tissage est une activité réservée exclusivement aux femmes, que l’on destine plutôt à l’espace intérieur du foyer et au rôle de mère tandis que les hommes, de leur côtés, sont voués à la guerre ou toute autre activité publique dans l’espace de la cité.
Bien que le tissage soit associé parfois à la virginité lorsqu’il concerne les déesses Artémis et Athéna, décrites toutes deux parfois avec une « quenouille d’or » à la main, comme dans l’Iliade, il revêt aussi est surtout très souvent une dimension érotique. Certes le péplos qu’Athéna s’est tissée pour elle-même garantit sa virginité mais la plupart du temps les vêtements féminins tissés sont décrits comme des parures extraordinaire de séduction. Athéna confectionne ainsi la somptueuse robe qu’Héra revêt pour inciter son époux à l’amour. Les ouvrages qui sortent des mains d’Hélène sont faits pour inspirer le désir amoureux. Elle offre à Télémaque la plus belle de ses étoffes afin que sa jeune épouse la porte au jour des noces. Quenouille et navette, qui fabriquent le voile de la mariée, sont productrices de charme et de séduction.
Bien que le tissage soit associé parfois à la virginité lorsqu’il concerne les déesses Artémis et Athéna, décrites toutes deux parfois avec une « quenouille d’or » à la main, comme dans l’Iliade, il revêt aussi est surtout très souvent une dimension érotique. Certes le péplos qu’Athéna s’est tissée pour elle-même garantit sa virginité mais la plupart du temps les vêtements féminins tissés sont décrits comme des parures extraordinaire de séduction. Athéna confectionne ainsi la somptueuse robe qu’Héra revêt pour inciter son époux à l’amour. Les ouvrages qui sortent des mains d’Hélène sont faits pour inspirer le désir amoureux. Elle offre à Télémaque la plus belle de ses étoffes afin que sa jeune épouse la porte au jour des noces. Quenouille et navette, qui fabriquent le voile de la mariée, sont productrices de charme et de séduction.
Les valeurs érotiques du filage se laissent entrevoir aussi dans le curieux déguisement que prend Aphrodite pour convaincre Hélène à rejoindre Pâris dans leur chambre: elle secoue un coin de son voile parfumé et prend les traits d’une vieille fileuse. Le subterfuge n’empêche nullement Hélène de reconnaître la gorge merveilleuse d’Aphrodite, sa poitrine désirable et ses yeux de lumière.
Ainsi, il est fréquent de trouver dans les représentation d’héroïnes ou de déesse un miroir ou une quenouille à la main pour insister sur leur beauté et la place qu’elles occupent dans le monde grec. Le tissage résulte de l’union des contraires: les fils de chaîne et les fils de trame, verticaux et horizontaux, l’un symbolise l’homme et l’autre la femme. De ce fait, le tissage symbolise aussi quelquefois l’union sexuelle par la même occasion. Dans le prolongement de cette idée, le tissage représente donc la création et la fabrication d’une matière vivante issue du corps féminin fécond.
C’est pour cela qu’on attribue au vêtement les charmes enchanteurs de la séduction qui incite à l’union sexuelle. Les plus belles étoffes se font miroitantes pour attirer à la fois la lumière et l’oeil.
Ainsi, il est fréquent de trouver dans les représentation d’héroïnes ou de déesse un miroir ou une quenouille à la main pour insister sur leur beauté et la place qu’elles occupent dans le monde grec. Le tissage résulte de l’union des contraires: les fils de chaîne et les fils de trame, verticaux et horizontaux, l’un symbolise l’homme et l’autre la femme. De ce fait, le tissage symbolise aussi quelquefois l’union sexuelle par la même occasion. Dans le prolongement de cette idée, le tissage représente donc la création et la fabrication d’une matière vivante issue du corps féminin fécond.
C’est pour cela qu’on attribue au vêtement les charmes enchanteurs de la séduction qui incite à l’union sexuelle. Les plus belles étoffes se font miroitantes pour attirer à la fois la lumière et l’oeil.
Un étrange récit témoigne de cette ambivalence entre virginité et fertilité dans le mythe relatant la naissance d’ Érichthonios, le quatrième roi légendaire d’Athènes.
Après avoir été abandonné par Aphrodite, Héphaïstos aurait poursuivi de ses avances Athéna. Bien que le dieu ait été repoussé, sa semence fertile se répandit sur la cuisse de la déesse qui l'essuie avec un flocon de la laine qu'elle jette à terre. Gaïa, la terre, en contact avec cette laine qui est présentée comme un substitut du corps d’Athéna, fut alors fécondée et donna naissance à Érichthonios, qu'Athéna recueille et élève. Les Athéniens sont ainsi parfois désignés d’« enfants d'Héphaïstos ». Mais Athéna choisi comme principale divinité protectrice de la cité par ses habitants, apparaît aussi, à travers ce récit, comme une mère par substitution des Athéniens.
Mais un autre récit témoigne aussi de l'image qu'a la société grecque de la femme. Pandore va incarner une nature ambivalente. Pour se venger de la désobéissance de Prométhée, Zeus ordonne à Héphaïstos de créer Pandore, la toute première femme sur terre. Créée à partir d'argile et d’eau, cette séductrice libérera tout les maux de l’humanité à cause de sa trop grande curiosité. Certes Pandore est semblable à une chaste vierge mais Hermès a logé en elle mensonges, mots trompeurs et coeur artificieux. En lui ajustant sa parure, Athéna lui enseigne ses travaux et le métier qui tisse mille couleurs.
Après avoir été abandonné par Aphrodite, Héphaïstos aurait poursuivi de ses avances Athéna. Bien que le dieu ait été repoussé, sa semence fertile se répandit sur la cuisse de la déesse qui l'essuie avec un flocon de la laine qu'elle jette à terre. Gaïa, la terre, en contact avec cette laine qui est présentée comme un substitut du corps d’Athéna, fut alors fécondée et donna naissance à Érichthonios, qu'Athéna recueille et élève. Les Athéniens sont ainsi parfois désignés d’« enfants d'Héphaïstos ». Mais Athéna choisi comme principale divinité protectrice de la cité par ses habitants, apparaît aussi, à travers ce récit, comme une mère par substitution des Athéniens.
Mais un autre récit témoigne aussi de l'image qu'a la société grecque de la femme. Pandore va incarner une nature ambivalente. Pour se venger de la désobéissance de Prométhée, Zeus ordonne à Héphaïstos de créer Pandore, la toute première femme sur terre. Créée à partir d'argile et d’eau, cette séductrice libérera tout les maux de l’humanité à cause de sa trop grande curiosité. Certes Pandore est semblable à une chaste vierge mais Hermès a logé en elle mensonges, mots trompeurs et coeur artificieux. En lui ajustant sa parure, Athéna lui enseigne ses travaux et le métier qui tisse mille couleurs.
L'art de la parole
Tramer une ruse
Arts & Techniques
Intelligence & Langage
Intelligence & Langage
L'art de la Parole
et autres tissus de mensonges
Si le tissage est envisagé comme une activité réservée exclusivement aux figures féminines, de nombreux mots se rapportant à cette activité vont toutefois petit à petit être employés pour désigner de façon métaphorique tout ce qui se rapporte au discours, au langage.
Le mot texte est d’ailleurs d’origine latine, dérivé du verbe « texere » qui signifie « tisser ». Les expressions comme « ourdir une ruse, tramer un plan » ou « un tissu de mensonges » vont ainsi apparaître, par exemple.
Si Hector renvoie Andromaque à sa quenouille, à son métier à tisser et oppose à ces fonctions féminines la guerre, affaire des hommes, l’image d’épouse modèle sous laquelle se rangent de nombreuses héroïnes ne les prive pas pour autant d’exprimer toute leur ruse, tout leur talent de persuasion ou de dissuasion pour tenter de fléchir le cours des choses.
Le mot texte est d’ailleurs d’origine latine, dérivé du verbe « texere » qui signifie « tisser ». Les expressions comme « ourdir une ruse, tramer un plan » ou « un tissu de mensonges » vont ainsi apparaître, par exemple.
Si Hector renvoie Andromaque à sa quenouille, à son métier à tisser et oppose à ces fonctions féminines la guerre, affaire des hommes, l’image d’épouse modèle sous laquelle se rangent de nombreuses héroïnes ne les prive pas pour autant d’exprimer toute leur ruse, tout leur talent de persuasion ou de dissuasion pour tenter de fléchir le cours des choses.
Il en va ainsi de deux figures féminines célèbres: Pénélope et Ariane. Le vertueux métier à tisser derrière lequel elles sont toutes deux rangées deviendra l’instrument d’une ruse qu’elle mettront au profit de leur amour et de leur loyauté.
Mais c’est aussi grâce à la toile qu’elle tisse que Philomèle révèle à sa soeur son calvaire. L’ouvrage révèle que le propre époux de sa soeur, éprit de désir pour elle, la viola et lui coupa la langue afin que cet acte demeure impuni. Le tissage dans ce récit est l’ultime moyen d’expression dont dispose Philomèle pour révéler ce terrible secret.
A contrario, dans l’Agamemnon d’Eschyle, le corps de Clytemnestre, lui, est assimilé à un filet qui enserrerait le roi des rois. Dans cette scène d’horreur tragique, l’épouse infidèle monstrueuse, comparée à l’araignée, fait sortir d’elle-même une toile, œuvre meurtrière dont sera victime son époux puisqu’elle demandera à son amant de l’assassiner.
Mais c’est aussi grâce à la toile qu’elle tisse que Philomèle révèle à sa soeur son calvaire. L’ouvrage révèle que le propre époux de sa soeur, éprit de désir pour elle, la viola et lui coupa la langue afin que cet acte demeure impuni. Le tissage dans ce récit est l’ultime moyen d’expression dont dispose Philomèle pour révéler ce terrible secret.
A contrario, dans l’Agamemnon d’Eschyle, le corps de Clytemnestre, lui, est assimilé à un filet qui enserrerait le roi des rois. Dans cette scène d’horreur tragique, l’épouse infidèle monstrueuse, comparée à l’araignée, fait sortir d’elle-même une toile, œuvre meurtrière dont sera victime son époux puisqu’elle demandera à son amant de l’assassiner.
Au chant III de l’Iliade, les vieux Troyens installés autour du roi Priam sur le mur de Troie pour assister au combat opposant Pâris à Ménélas, rapportèrent qu’Agamemnon et Ulysse avait jadis tenté de « tisser leurs paroles et leurs conseils » afin d’obtenir la restitution de la belle Hélène.
Ulysse est un héros très intéressant à cet égard car il est présenté comme très rusé et passé maître dans l’art du discours et du mensonge. S’illustrant de nombreuses fois par ses ruses dans l’Illiade, il ne sera hissé au statut de héros que dans le récit de ses errances. A chaque péripétie de son Odyssée, la principale menace qui ne cesse de planer sur le héros semble être l’oubli. Oublier son nom, ses exploits qui ne pourront être relatés s’il ne survit pas et ne revient pas dans ses terres d’Ithaque, oublier qui il est en tombant dans les pièges qui lui sont tendus (voir "Le fil du destin").
Ulysse est un héros très intéressant à cet égard car il est présenté comme très rusé et passé maître dans l’art du discours et du mensonge. S’illustrant de nombreuses fois par ses ruses dans l’Illiade, il ne sera hissé au statut de héros que dans le récit de ses errances. A chaque péripétie de son Odyssée, la principale menace qui ne cesse de planer sur le héros semble être l’oubli. Oublier son nom, ses exploits qui ne pourront être relatés s’il ne survit pas et ne revient pas dans ses terres d’Ithaque, oublier qui il est en tombant dans les pièges qui lui sont tendus (voir "Le fil du destin").
Les fileuses
Le fil a aussi très souvent été associé au temps et au destin dans de nombreux cultures. Dans le cosmos aussi bien que dans la vie humaine, tout est lié par un vaste liage cosmique.
La vie elle-même est un tissu parfois magique ou un fil qui tient le destin de chacun.
Les Moires créent le destin de chaque être humain. La naissance des Moires est confuse. Dans la Théogonie, elles seraient nées de Zeus et Thémis, l’auteur latin Cicéron mentionne qu’elles seraient nées de Nyx, la nuit et auraient Érèbe pour père. D'autres traditions les rattachent à des divinités primordiales Ouranos et Gaïa. Le poète crétois Épiménide, suppose qu’elles seraient nées de Cronos et d'Évonymé ; Dans sa République, Platon en fait les filles d'Ananké, déesse de la Nécessité. Elles seraient aussi vieilles que la Nuit, la Terre et le Ciel. La première des Moires, Clotho tisse le fil de la vie. C'est elle qui fabrique et tient le fil des destinées humaines. On la représente souvent portant une couronne formée de sept étoiles. Lachesis déroule le fil. Atropos est celle qui le coupe, dont le filage rend irréversible le destin. Elle est représentée comme la plus âgée des trois sœurs. Ce qui est filé ne peut être défait.
Dans la mythologie romaine, les Parques sont aussi trois soeurs Nona, Decima et Morta. Au départ, les Romains ne connaissaient qu'une Parque, Parca Maurtia, qui symbolisait la destinée, ainsi qu'une déesse appelée Neuna Fata, qui était associée à la naissance et qui deviendra au fil du temps la Parque Nona. C'est sous l'influence des Moires grecques, qui président respectivement à la naissance, au déroulement de la vie puis à la mort, que les Romains adopteront l'idée de trois Parques.
La vie elle-même est un tissu parfois magique ou un fil qui tient le destin de chacun.
Les Moires créent le destin de chaque être humain. La naissance des Moires est confuse. Dans la Théogonie, elles seraient nées de Zeus et Thémis, l’auteur latin Cicéron mentionne qu’elles seraient nées de Nyx, la nuit et auraient Érèbe pour père. D'autres traditions les rattachent à des divinités primordiales Ouranos et Gaïa. Le poète crétois Épiménide, suppose qu’elles seraient nées de Cronos et d'Évonymé ; Dans sa République, Platon en fait les filles d'Ananké, déesse de la Nécessité. Elles seraient aussi vieilles que la Nuit, la Terre et le Ciel. La première des Moires, Clotho tisse le fil de la vie. C'est elle qui fabrique et tient le fil des destinées humaines. On la représente souvent portant une couronne formée de sept étoiles. Lachesis déroule le fil. Atropos est celle qui le coupe, dont le filage rend irréversible le destin. Elle est représentée comme la plus âgée des trois sœurs. Ce qui est filé ne peut être défait.
Dans la mythologie romaine, les Parques sont aussi trois soeurs Nona, Decima et Morta. Au départ, les Romains ne connaissaient qu'une Parque, Parca Maurtia, qui symbolisait la destinée, ainsi qu'une déesse appelée Neuna Fata, qui était associée à la naissance et qui deviendra au fil du temps la Parque Nona. C'est sous l'influence des Moires grecques, qui président respectivement à la naissance, au déroulement de la vie puis à la mort, que les Romains adopteront l'idée de trois Parques.
Les Romains rendaient de grands honneurs aux Parques, et les invoquaient ordinairement après Apollon, parce que, comme ce dieu, elles pénétraient l’avenir. Elles auraient aidé Bacchus (Dionysos), Hercule (Héraclès), Thésée, Ulysse, Orphée à sortir du Tartare. C'est à elles encore que Pluton (Hadès) confia son épouse.
Dans la mythologie scandinave, on peut comparer Les trois Moires et Parques aux trois Nornes: Urd, Verdandi et Skuld. Elles règlent le destin de l'ensemble des habitants des neuf mondes et résident près du Puits d'Urd, le puits du Destin. Elles en tirent l'eau et en arrosent l'arbre Yggdrasil afin que ses branches ne pourrissent jamais. Il existe de nombreuses autres Nornes, qui arrivent lorsqu'une personne naît afin de fixer son avenir. Ces Nornes peuvent être bienveillantes ou malveillantes, responsables respectivement des événements heureux ou malheureux de la vie. Sur le bois de l'arbre Monde, elles y gravent le destin de chaque enfant en écriture runique. Ainsi, tout est prédéfini : même les dieux possèdent leur propre destin — ils sont mortels eux aussi.
Dans le Darradtharljodth, à la fin de la saga de Njáll le Brûlé (xie siècle), on peut lire une description sommaire des Nornes et de leur travail pour préparer la bataille de Clontarf:
« Dörrud vint à la maison, et regarda par une fente qui était là. Il vit des femmes auprès d'un métier à tisser. Ce métier avait des têtes d'hommes en guise de poids, et des boyaux humains, pour trame et pour fil. Les montants du métier étaient des épées, et les navettes, des flèches. Et les femmes chantaient : « Voyez, notre trame est tendue pour les guerriers qui vont tomber ».
L'origine du nom « norn » est incertaine. Il pourrait en effet être dérivé d'un mot signifiant « tresser », et se référer ainsi au fait qu'elles tissent les fils du destin.
Dans la mythologie scandinave, on peut comparer Les trois Moires et Parques aux trois Nornes: Urd, Verdandi et Skuld. Elles règlent le destin de l'ensemble des habitants des neuf mondes et résident près du Puits d'Urd, le puits du Destin. Elles en tirent l'eau et en arrosent l'arbre Yggdrasil afin que ses branches ne pourrissent jamais. Il existe de nombreuses autres Nornes, qui arrivent lorsqu'une personne naît afin de fixer son avenir. Ces Nornes peuvent être bienveillantes ou malveillantes, responsables respectivement des événements heureux ou malheureux de la vie. Sur le bois de l'arbre Monde, elles y gravent le destin de chaque enfant en écriture runique. Ainsi, tout est prédéfini : même les dieux possèdent leur propre destin — ils sont mortels eux aussi.
Dans le Darradtharljodth, à la fin de la saga de Njáll le Brûlé (xie siècle), on peut lire une description sommaire des Nornes et de leur travail pour préparer la bataille de Clontarf:
« Dörrud vint à la maison, et regarda par une fente qui était là. Il vit des femmes auprès d'un métier à tisser. Ce métier avait des têtes d'hommes en guise de poids, et des boyaux humains, pour trame et pour fil. Les montants du métier étaient des épées, et les navettes, des flèches. Et les femmes chantaient : « Voyez, notre trame est tendue pour les guerriers qui vont tomber ».
L'origine du nom « norn » est incertaine. Il pourrait en effet être dérivé d'un mot signifiant « tresser », et se référer ainsi au fait qu'elles tissent les fils du destin.
Les Norns peuvent être comparées aux Völvas* tisseuses de paix dans la mythologie germanique. Les Völvas étaient des prêtresses et prophétesses. Le mot « völva » viendrait de quenouille. On les appelle aussi « seiðkona », sorcières. Le seiðstafr, « bâton de seydr » (baguette magique en somme) est l'un des attributs de Freyja, symbole du pouvoir magique de la Völva. Celui qui est frappé avec ce bâton trois fois sur la joue perd ses souvenirs. Quand une sorcière défaisait un nœud dans son œuvre, elle pouvait par exemple délier les membres d'un héros-guerrier, ses bras, ses jambes… On a retrouvé dans certaines tombes de Norvège et Suède des femmes enterrées avec une quenouille, peut-être s’agissait-il de Völvas. Dans la société scandinave ancienne, son autorité était absolue et largement rémunérée.
Dans la littérature Scandinave, Freyja se rend au Walhalla avec l’une d’entre elles; le dieu Baldr consulte l'une d'entre elles après avoir rêvé de sa propre mort. Dans le roman ancien anglais Beowulf, des femmes sont appelées « tisseuses de paix » , une allusion aux sorcières, qui ont le pouvoir d’arrêter les armées mais l’expression peut aussi désigner plus largement toute femme qui tisse les liens entre les familles. La reine Wealhþeow, qui agit comme une Völva remet le collier, symbole de Freyja à Beowulf pour avoir tué Grendel.
La déesse Frigg est souvent représentée avec un rouet. En épousant Odin, la déesse de la fertilité, de l’amour et du mariage devint reine du ciel. Avec ses douze servantes, elle occupait ses journées à filer les nuages. D’ailleurs, elle était la patronne des devineresses (des sibylles) et des fées. Frigg était célèbre pour sa prescience. Elle avait la réputation de connaître la destinée de chaque individu, mais ne la révélait jamais. Un jour Odin se serait pendu à l’arbre Yggdrasil pour obtenir ce don.
Dans la littérature Scandinave, Freyja se rend au Walhalla avec l’une d’entre elles; le dieu Baldr consulte l'une d'entre elles après avoir rêvé de sa propre mort. Dans le roman ancien anglais Beowulf, des femmes sont appelées « tisseuses de paix » , une allusion aux sorcières, qui ont le pouvoir d’arrêter les armées mais l’expression peut aussi désigner plus largement toute femme qui tisse les liens entre les familles. La reine Wealhþeow, qui agit comme une Völva remet le collier, symbole de Freyja à Beowulf pour avoir tué Grendel.
La déesse Frigg est souvent représentée avec un rouet. En épousant Odin, la déesse de la fertilité, de l’amour et du mariage devint reine du ciel. Avec ses douze servantes, elle occupait ses journées à filer les nuages. D’ailleurs, elle était la patronne des devineresses (des sibylles) et des fées. Frigg était célèbre pour sa prescience. Elle avait la réputation de connaître la destinée de chaque individu, mais ne la révélait jamais. Un jour Odin se serait pendu à l’arbre Yggdrasil pour obtenir ce don.
Pénélope Ulysse
Le fil du Destin
Symbole du Temps
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Pénélope - Ulysse
Ne pas perdre le fil...
A chaque péripétie de son Odyssée, la principale menace qui ne cesse de planer sur Ulysse semble être l’oubli. Oublier son nom, ses exploits qui ne pourront être relatés s’il ne survit pas et ne revient pas dans ses terres d’Ithaque, oublier qui il est en tombant dans les pièges qui lui sont tendus.
L’intemporalité qui s’étend sur les îles des nymphes de Calypso et de Circé, menace Ulysse d’oublier d’où il vient. Entendant Circé chanter de sa belle voix, tout en tissant au métier une toile immense, immortelle » le héros fini par renoncer aux charmes des lieux et de chaque nymphe auxquels il avait un temps succombé pour poursuivre ses aventures.
Dans le récit d’Homère, Ulysse échappe aux charmes des sirènes grâce à la ruse. Le mot grec seirênès vient de seira “chaîne, corde, lasso”, d’où le sens de “celles qui attrapent, qui attachent” que l’on retrouve dans les mythes des dangereuses sirènes. Après avoir été mis en garde par Circé, Ulysse fit couler de la cire dans les oreilles de ses marins pour qu’ils ne puissent pas entendre les sirènes. Il eut l’idée de se faisait attacher au mât du navire. Ainsi quand il demanda à ses compagnons de le détacher ses liens fut serrés encore plus fort. Ulysse put écouter leur chant sans se précipiter vers elles malgré la tentation. Très souvent Ulysse veut demeurer lucide, témoin éveillé des dangers qu’il a à traverser.
L’intemporalité qui s’étend sur les îles des nymphes de Calypso et de Circé, menace Ulysse d’oublier d’où il vient. Entendant Circé chanter de sa belle voix, tout en tissant au métier une toile immense, immortelle » le héros fini par renoncer aux charmes des lieux et de chaque nymphe auxquels il avait un temps succombé pour poursuivre ses aventures.
Dans le récit d’Homère, Ulysse échappe aux charmes des sirènes grâce à la ruse. Le mot grec seirênès vient de seira “chaîne, corde, lasso”, d’où le sens de “celles qui attrapent, qui attachent” que l’on retrouve dans les mythes des dangereuses sirènes. Après avoir été mis en garde par Circé, Ulysse fit couler de la cire dans les oreilles de ses marins pour qu’ils ne puissent pas entendre les sirènes. Il eut l’idée de se faisait attacher au mât du navire. Ainsi quand il demanda à ses compagnons de le détacher ses liens fut serrés encore plus fort. Ulysse put écouter leur chant sans se précipiter vers elles malgré la tentation. Très souvent Ulysse veut demeurer lucide, témoin éveillé des dangers qu’il a à traverser.
Mais nous pourrions aussi envisager Ithaque, elle aussi, comme une île de l’oubli, bien plus menaçante pour Ulysse que l’île de calypso ou le pays des Lotophages. La mémoire du héros absent tient au fil de Pénélope, qui refuse d’accepter l’oubli.
Ce n’est que lorsque les prétendants envahissent la maison d’Ulysse que l’histoire de Pénélope, commence vraiment. Chaque prétendant exige que Pénélope choisisse celui qui remplacera Ulysse à ses côtés et qui lui succèdera en tant que roi. Pénélope ne peut refuser et déclare qu’elle annoncera sa décision après avoir tissé le suaire de son beau-père Laërte. Le tissage est dans ce récit une ruse qui permet à Pénélope d’échapper à l’impasse dans laquelle elle se trouve, en faisant durer l’attente autant que nécessaire. Ainsi, chaque nuit, la reine défaisait la toile tissée pendant la journée afin que son ouvrage ne se termine. Peu importe ce qu’elle tisse, elle est dans une position d’attente, prête à se marier, soumise à sa condition féminine et intouchable à la fois, tant que son métier demeure dressé.
Ce n’est que lorsque les prétendants envahissent la maison d’Ulysse que l’histoire de Pénélope, commence vraiment. Chaque prétendant exige que Pénélope choisisse celui qui remplacera Ulysse à ses côtés et qui lui succèdera en tant que roi. Pénélope ne peut refuser et déclare qu’elle annoncera sa décision après avoir tissé le suaire de son beau-père Laërte. Le tissage est dans ce récit une ruse qui permet à Pénélope d’échapper à l’impasse dans laquelle elle se trouve, en faisant durer l’attente autant que nécessaire. Ainsi, chaque nuit, la reine défaisait la toile tissée pendant la journée afin que son ouvrage ne se termine. Peu importe ce qu’elle tisse, elle est dans une position d’attente, prête à se marier, soumise à sa condition féminine et intouchable à la fois, tant que son métier demeure dressé.
Par cet acte, Pénélope perpétue indéfiniment ce rôle de fiancée virtuelle et protège ainsi sa position réelle de femme d’Ulysse, dans l’attente vertueuse de son retour. « Le mouvement du tissage » a ici le pouvoir, à la fois, de bloquer tout échange, ainsi que de promouvoir l’union familiale et sociale. Le temps se trouve ainsi figé dans une continuité du non-fait et du non-accompli.
De façon analogue à Calypso, Pénélope tient ses prétendants prisonniers sous son charme, les affaiblit et les aveugle. Au livre XIX de l’Odyssée, Pénélope présente à Ulysse, qui est enfin parvenu à rentré, mais encore déguisé en mendiant, sa ruse de la toile: « ils me pressent avec le mariage, et moi j’enroule les ruses en pelote » lui déclare-t-elle.
Ainsi dans l‘épopée homérique, Pénélope, tout comme son époux, est parvenu à « tisser des astuces et des ruses pour dévier le cours des évènements ».
De façon analogue à Calypso, Pénélope tient ses prétendants prisonniers sous son charme, les affaiblit et les aveugle. Au livre XIX de l’Odyssée, Pénélope présente à Ulysse, qui est enfin parvenu à rentré, mais encore déguisé en mendiant, sa ruse de la toile: « ils me pressent avec le mariage, et moi j’enroule les ruses en pelote » lui déclare-t-elle.
Ainsi dans l‘épopée homérique, Pénélope, tout comme son époux, est parvenu à « tisser des astuces et des ruses pour dévier le cours des évènements ».
Ariane Thésée
Le fil du Destin
Symbole du Temps
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Ariane - Thésée
Ne pas perdre le fil...
Mais Le récit le plus célèbre qui accorde à une pelote de fil un rôle incontestable est celui relatant la victoire de Thésée sur le Minotaure, un être mi homme mi taureau et la ruse qui lui a permis de sortir vivant du labyrinthe dans lequel il se trouvait.
Séduite par Thésée, Ariane, aide celui-ci à s'échapper du Labyrinthe, que le père de la jeune femme, Minos avait fait construire. C'est en effet le secours qu'elle apporte à Thésée qui permet à ce dernier d'obtenir la victoire sur le Minotaure : contre la promesse de l'épouser, elle lui fournit un fil qu'il dévide derrière lui afin de retrouver son chemin. Mais, après avoir tué le Minotaure, le héros l'abandonne sur l'île de Dia.
Dans une version, elle quitte finalement l'île pour suivre le dieu Dionysos.
Séduite par Thésée, Ariane, aide celui-ci à s'échapper du Labyrinthe, que le père de la jeune femme, Minos avait fait construire. C'est en effet le secours qu'elle apporte à Thésée qui permet à ce dernier d'obtenir la victoire sur le Minotaure : contre la promesse de l'épouser, elle lui fournit un fil qu'il dévide derrière lui afin de retrouver son chemin. Mais, après avoir tué le Minotaure, le héros l'abandonne sur l'île de Dia.
Dans une version, elle quitte finalement l'île pour suivre le dieu Dionysos.
Selon d'autres traditions, elle meurt de chagrin. Selon Homère, elle est tuée à Naxos par une flèche d'Artémis, sur ordre de Dionysos jaloux.
Dans un autre récit, Athéna serait apparue à Thésée pour lui apprendre qu'Ariane est promise à Dionysos et que par conséquent, il doit renoncer à elle. C'est le cœur déchiré que Thésée doit quitter Ariane. Par ailleurs, Aphrodite serait apparue à Ariane pour la réconforter en lui annonçant la nouvelle de ses noces proches. La déesse l’aurait coiffée d'une couronne d’or, oeuvre d'Héphaïstos, que par la suite les dieux changeront en constellation pour plaire à Dionysos.
Dans un autre récit, Athéna serait apparue à Thésée pour lui apprendre qu'Ariane est promise à Dionysos et que par conséquent, il doit renoncer à elle. C'est le cœur déchiré que Thésée doit quitter Ariane. Par ailleurs, Aphrodite serait apparue à Ariane pour la réconforter en lui annonçant la nouvelle de ses noces proches. La déesse l’aurait coiffée d'une couronne d’or, oeuvre d'Héphaïstos, que par la suite les dieux changeront en constellation pour plaire à Dionysos.
Une autre version présente l'abandon d'Ariane comme un accident : face à une tempête qui menace leur bateau, Thésée est obligé de lever l'ancre sans Ariane.
Cet abandon forcé serait la cause de l'oubli de Thésée de changer les voiles du navire (elles auraient dû être remplacées par des voiles blanches si le héros avait triomphé). En effet, un brouillard vient entourer le bateau et troubler la mémoire de Thésée, châtiment envoyé par les dieux pour punir sa trahison. Égée, le père du héros, guette le retour du navire. En apercevant les voiles noires, signe de deuil et d'échec contre le Minotaure, il se jette dans la mer qui désormais porte son nom. C'est donc en héros endeuillé, malgré sa victoire contre le monstre, que Thésée revient dans son royaume.
Cet abandon forcé serait la cause de l'oubli de Thésée de changer les voiles du navire (elles auraient dû être remplacées par des voiles blanches si le héros avait triomphé). En effet, un brouillard vient entourer le bateau et troubler la mémoire de Thésée, châtiment envoyé par les dieux pour punir sa trahison. Égée, le père du héros, guette le retour du navire. En apercevant les voiles noires, signe de deuil et d'échec contre le Minotaure, il se jette dans la mer qui désormais porte son nom. C'est donc en héros endeuillé, malgré sa victoire contre le monstre, que Thésée revient dans son royaume.
Miracles
Le fil du Destin
Miraculeuses manifestations divines
L'araignée - Le voile
Muhammad - St Félix - David - Jésus
Le tissage a inspiré quelques récits dans les traditions monothéistes de diverses cultures. Particulièrement autour des motifs de l’araignée, comme dans l’islam, le christianisme et le judaïsme mais aussi autour du voile, du linceul et du suaire qui inspireront certaines légendes chrétiennes.
Peu de miracles sont décrits dans les Hadiths qui racontent la vie du prophète Muhammad.
Il existe un anecdote relevant du miracle même si l’authenticité de ce récit est très souvent contesté: celle de l’araignée. Muhammad et Abou Bakr, son plus proche compagnon, se réfugièrent dans une grotte pour échapper à leurs poursuivants Qoraïchites. Une fois qu’ils furent à l’intérieur, une araignée tissa sa toile à l’entrée de la grotte et une colombe pondit ses œufs sur une branche qui barrait cette même entrée. Lorsque les soldats arrivèrent, ils crurent que personne n’avait pu y pénétrer sans déchirer la toile d’araignée ni faire fuir la colombe et ils rebroussèrent chemin.
Cette parabole de l’araignée aurait été racontée, presque mot pour mot, dans d'autres cultures non islamiques avant et après le VIIe siècle. Ibn Ishaq, qui est l'auteur de cette histoire dans la tradition islamique, avait des origines chrétiennes (par son grand père), il connaissait la culture syriaque de son époque et était surement au courant d'une autre histoire, célèbre: les araignées qui auraient sauvé Saint Félix de Nole au III ème siècle après J-C. des soldats romains.
Peu de miracles sont décrits dans les Hadiths qui racontent la vie du prophète Muhammad.
Il existe un anecdote relevant du miracle même si l’authenticité de ce récit est très souvent contesté: celle de l’araignée. Muhammad et Abou Bakr, son plus proche compagnon, se réfugièrent dans une grotte pour échapper à leurs poursuivants Qoraïchites. Une fois qu’ils furent à l’intérieur, une araignée tissa sa toile à l’entrée de la grotte et une colombe pondit ses œufs sur une branche qui barrait cette même entrée. Lorsque les soldats arrivèrent, ils crurent que personne n’avait pu y pénétrer sans déchirer la toile d’araignée ni faire fuir la colombe et ils rebroussèrent chemin.
Cette parabole de l’araignée aurait été racontée, presque mot pour mot, dans d'autres cultures non islamiques avant et après le VIIe siècle. Ibn Ishaq, qui est l'auteur de cette histoire dans la tradition islamique, avait des origines chrétiennes (par son grand père), il connaissait la culture syriaque de son époque et était surement au courant d'une autre histoire, célèbre: les araignées qui auraient sauvé Saint Félix de Nole au III ème siècle après J-C. des soldats romains.
Un épisode similaire se retrouve aussi dans la tradition juive mettant en scène le roi David. Celui-ci, voyant un jour une araignée dans son jardin, s’étonna devant Dieu: « Pourquoi avoir créé cette créature inutile? » Dieu répondit: « Le jour où tu comprendras viendra ». Il comprit en effet, lorsque plus tard, pourchassé par Saül, il se cacha dans une grotte. Une araignée tissa alors sa toile sur toute la surface de l’entrée. Saül, voyant la toile, en déduisit qu’aucun homme n’était dans cette grotte et s’en alla. David fut ainsi sauvé.
Dans le christianisme deux épisodes miraculeux vont se manifester au travers du linceul et du voile, issus eux aussi du tissage. Ils seront considérés comme la trace, le témoignage du sort réservé à Jésus Christ afin de racheter les hommes sur terre. Ils incarnent à la fois sa disparition et sa résurrection, sa réapparition. Tous deux annoncent le miracle de la résurrection qui aura lieu trente jours après la mort du christ sur la croix. Lorsque Marie-Madeleine puis quelques disciples comme Pierre, découvrent le tombeau de Jésus vide, ils remarquent les linges là, à plat, les bandelettes qui lient le linceul avec le corps, et le tissu qui recouvrait la tête de Jésus crucifié, le "suaire" qui lui été enroulé. Les tissus témoignent dans cet épisode à la fois de l’absence de corps mais préfigurent aussi le miracle de la résurrection, de la présence de Jésus au delà de sa crucifixion.
Selon la tradition, l'image du visage du Christ se serait imprimée durant son chemin de croix sur le voile de sainte Véronique. Cette légende se serait développée lorsque un voile fut exposé à la dévotion des pèlerins à Rome. Le voile était appelé la veronica (c'est-à-dire la vraie icône)« image fidèle ».
Dans le christianisme deux épisodes miraculeux vont se manifester au travers du linceul et du voile, issus eux aussi du tissage. Ils seront considérés comme la trace, le témoignage du sort réservé à Jésus Christ afin de racheter les hommes sur terre. Ils incarnent à la fois sa disparition et sa résurrection, sa réapparition. Tous deux annoncent le miracle de la résurrection qui aura lieu trente jours après la mort du christ sur la croix. Lorsque Marie-Madeleine puis quelques disciples comme Pierre, découvrent le tombeau de Jésus vide, ils remarquent les linges là, à plat, les bandelettes qui lient le linceul avec le corps, et le tissu qui recouvrait la tête de Jésus crucifié, le "suaire" qui lui été enroulé. Les tissus témoignent dans cet épisode à la fois de l’absence de corps mais préfigurent aussi le miracle de la résurrection, de la présence de Jésus au delà de sa crucifixion.
Selon la tradition, l'image du visage du Christ se serait imprimée durant son chemin de croix sur le voile de sainte Véronique. Cette légende se serait développée lorsque un voile fut exposé à la dévotion des pèlerins à Rome. Le voile était appelé la veronica (c'est-à-dire la vraie icône)« image fidèle ».
La légende de Véronique permettait d'expliquer la formation d’une représentation apparu sans l’intervention de la main de l’homme. Ce récit est aussi un moyen de justifier la place que le christianisme accorde aux images et aux reliques dans la manifestation de sa dévotion en rupture avec l’absence de toute représentation majoritairement adoptée dans le judaïsme et l’islam. L'histoire se répand entre les VIIe et VIIIe siècles. Dans sa version la plus connue, Véronique serait une femme pieuse de Jérusalem qui, poussée par la compassion lorsque Jésus-Christ portait sa croix au Golgotha, lui donna son voile pour qu'il puisse essuyer son front; Son visage s'y serait miraculeusement imprimée. Cet épisode n'apparaît pas dans le Nouveau Testament. Mais à partir du IVe siècle, le nom de Bérénice signifiant « qui porte la victoire », latinisé en « Véronique » est donné à la femme anonyme hémophile mentionnée dans les Evangiles. Souffrant d’hémorragies chroniques, cette femme aurait été miraculeusement guérie en touchant le vêtement que porte Jésus. Selon une version relatée au XIIIè siècle par Jacques de Voragine dans la Légende Dorée, Véronique se rendit plus tard à Rome pour présenter le tissu à l'empereur romain Tibère, avec lequel elle a guéri l’empereur souffrant. Le voile, possédant la grâce de Dieu, aurait été capable d'étancher la soif, de guérir la cécité et même de ressusciter les morts.
On retrouve aussi le thème de la face imprimée dans le récit du Mandylion « portrait » du Christ apporté à Abgar d’Edesse dès le VIème siècle à l’époque byzantine. Abgar, roi mourant, fait mander le Christ dans l’espoir d’être sauvé à son toucher. Le Christ ne peut se déplacer car il sent approcher l’heure de son martyre. Il accepte en revanche de se laisser portraiturer par le serviteur d’Abgar. Mais ce dernier n’y arrive pas –l’homme ne peut rendre trait pour trait la perfection divine. Le visage divin brillait d'un tel éclat que le peintre ébloui ne put travailler. – le Christ s’essuie le visage sur un pan de son manteau. Le visage s’imprima miraculeusement sur l’étoffe que Jésus remit ensuite au serviteur. Et Abgar sera guéri à sa vue !
On retrouve aussi le thème de la face imprimée dans le récit du Mandylion « portrait » du Christ apporté à Abgar d’Edesse dès le VIème siècle à l’époque byzantine. Abgar, roi mourant, fait mander le Christ dans l’espoir d’être sauvé à son toucher. Le Christ ne peut se déplacer car il sent approcher l’heure de son martyre. Il accepte en revanche de se laisser portraiturer par le serviteur d’Abgar. Mais ce dernier n’y arrive pas –l’homme ne peut rendre trait pour trait la perfection divine. Le visage divin brillait d'un tel éclat que le peintre ébloui ne put travailler. – le Christ s’essuie le visage sur un pan de son manteau. Le visage s’imprima miraculeusement sur l’étoffe que Jésus remit ensuite au serviteur. Et Abgar sera guéri à sa vue !
Zeus titans
Maître des liens
Souveraineté & Ordre
Zeus contre les Titans & Typhon
Lier les forces obscures pour garantir l’ordre du monde
Certains mythes grecs racontent une longue série d’épisodes où Zeus enchaîne ou libère les forces selon qu’elles lui sont hostiles ou profitables afin de légitimer sa souveraineté.
Dans la Théogonie, d’Hésiode, Zeus libère du ventre de Cronos ses propres frères et soeurs qui l'assisteront dans la lutte contre les Titans. Cronos dévorait chacun de ses enfant afin qu’aucun ne puisse un jour le détrôner. Avec l’aide de Gaïa et d’Ouranos, la mère de Zeus, Rhéa, remplaça ce dernier-né par une pierre recouverte de langes que son époux avala. L’océanide Métis apporta son aide en proposant un pharmakon afin que Cronos puisse vomir les frères et soeurs que Zeus venait libérer. Zeus délivra ensuite de leurs liens maudits les frères de son père, les fils d’Ouranos. Avaient-il été enchainés par leur frère Cronos ou par leur père Ouranos? Le texte est ambigu à ce sujet. Les Cyclopes et les Cent-bras furent donc délivrés par Zeus pour lui apporter un net avantage dans la bataille contre les Titans. Les Cyclopes mettent au service de Zeus leur magie métallurgique, en fabriquant le tonnerre, l’éclair et la foudre, qui deviendront ses armes et les Cent-Bras, détenteurs d’une magie guerrière écrasèrent les ennemis sous une masse de pierres.
C'est seulement après que les dieux leur eurent offert de partager avec eux le nectar et l'ambroisie - la nourriture d'immortalité dont ils ont le privilège exclusif- que les Cent-Bras, pleinement réconfortés, vont pouvoir jouer leur rôle d'agents décisifs de la victoire. Cette nourriture, décuplant chez les Cent-Bras une énergie divine qui s'était sans doute assoupie dans les liens où ils se trouvaient jusqu'alors confinés. Vaincus les Titans furent jetés dans le Tartare et les Cent-bras furent chargés de les garder.
Dans la Théogonie, d’Hésiode, Zeus libère du ventre de Cronos ses propres frères et soeurs qui l'assisteront dans la lutte contre les Titans. Cronos dévorait chacun de ses enfant afin qu’aucun ne puisse un jour le détrôner. Avec l’aide de Gaïa et d’Ouranos, la mère de Zeus, Rhéa, remplaça ce dernier-né par une pierre recouverte de langes que son époux avala. L’océanide Métis apporta son aide en proposant un pharmakon afin que Cronos puisse vomir les frères et soeurs que Zeus venait libérer. Zeus délivra ensuite de leurs liens maudits les frères de son père, les fils d’Ouranos. Avaient-il été enchainés par leur frère Cronos ou par leur père Ouranos? Le texte est ambigu à ce sujet. Les Cyclopes et les Cent-bras furent donc délivrés par Zeus pour lui apporter un net avantage dans la bataille contre les Titans. Les Cyclopes mettent au service de Zeus leur magie métallurgique, en fabriquant le tonnerre, l’éclair et la foudre, qui deviendront ses armes et les Cent-Bras, détenteurs d’une magie guerrière écrasèrent les ennemis sous une masse de pierres.
C'est seulement après que les dieux leur eurent offert de partager avec eux le nectar et l'ambroisie - la nourriture d'immortalité dont ils ont le privilège exclusif- que les Cent-Bras, pleinement réconfortés, vont pouvoir jouer leur rôle d'agents décisifs de la victoire. Cette nourriture, décuplant chez les Cent-Bras une énergie divine qui s'était sans doute assoupie dans les liens où ils se trouvaient jusqu'alors confinés. Vaincus les Titans furent jetés dans le Tartare et les Cent-bras furent chargés de les garder.
Métis devint alors la première épouse de Zeus. Pas de souveraineté sans Mètis. Sans le secours de la déesse, sans l'appui des armes de la ruse dont dispose sa science magique, le pouvoir suprême ne saurait ni être conquis , ni s'exercer, ni se conserver.
Zeus est toutefois face à un dilemme, Métis porte un enfant. On prédit alors que si un fils nait un jour de leur union, il lui réserverait le même sort que Zeus avait fait subir à Cronos pour le détrôner. Zeus défia la déesse dans un concours de métamorphose. Mètis, qui se changea en goutte d’eau, fut avalée par Zeus. Elle continuera à le conseiller, dit-on en son sein. Du crâne de Zeus naitra Athéna, fruit de cette union.
Après sa victoire sur les titans, Zeus dut encore mener une lutte contre une autre menace : Typhée ou Typhon. Chez Hésiode, Thyphée, monstre prodigieux, est le dernier rejeton qu’engendre Gaïa, unie à Tartaros. le type même d’énergie dont il dispose en fait une puissance de confusion et de désordre, un agent de chaos. Contrairement à l’Ullikumi hittite auquel on l’a souvent comparé et qui menace le roi du ciel par l’inertie de sa masse gigantesque, Typhée est toujours en mouvement, ses pieds sont infatigables.
Dans la version d'Épiménide: Typhon profite que Zeus ferme ses paupières un instant, pour s’introduire dans son palais ; il va mettre la main sur la royauté, mais au moment même où tout semble perdu, Zeus ouvre l'oeil: le monstre s'écroule foudroyé.
Zeus est toutefois face à un dilemme, Métis porte un enfant. On prédit alors que si un fils nait un jour de leur union, il lui réserverait le même sort que Zeus avait fait subir à Cronos pour le détrôner. Zeus défia la déesse dans un concours de métamorphose. Mètis, qui se changea en goutte d’eau, fut avalée par Zeus. Elle continuera à le conseiller, dit-on en son sein. Du crâne de Zeus naitra Athéna, fruit de cette union.
Après sa victoire sur les titans, Zeus dut encore mener une lutte contre une autre menace : Typhée ou Typhon. Chez Hésiode, Thyphée, monstre prodigieux, est le dernier rejeton qu’engendre Gaïa, unie à Tartaros. le type même d’énergie dont il dispose en fait une puissance de confusion et de désordre, un agent de chaos. Contrairement à l’Ullikumi hittite auquel on l’a souvent comparé et qui menace le roi du ciel par l’inertie de sa masse gigantesque, Typhée est toujours en mouvement, ses pieds sont infatigables.
Dans la version d'Épiménide: Typhon profite que Zeus ferme ses paupières un instant, pour s’introduire dans son palais ; il va mettre la main sur la royauté, mais au moment même où tout semble perdu, Zeus ouvre l'oeil: le monstre s'écroule foudroyé.
Chez Apollodore, lors de sa lutte contre Typhon. Zeus frappe son ennemi avec la harpè, l’arme de Cronos. Puis dans un corps à corps, Typhon immobilise Zeus en l'enserrant dans ses anneaux de serpent ; il lui coupe les nerfs des mains et des pieds ; il emporte le corps de Zeus paralysé en Cilicie. Les nerfs du dieu sont cachés dans la peau d’un ours placé sous la surveillance d’une femme-serpent. L'affaire paraît ainsi réglée. Zeus vaincu se trouve dans le même état de servitude qu'il a imposé à Cronos; immobilisé au fond d'une caverne, sans plus de force. Mais le salut de Zeus et le rétablissement de son pouvoir royal vont être assurés par l'intervention de deux « tricheurs », le rusé Hermès et son complice Égipan. Les deux compères réussissent, sans être vus, à dérober les nerfs de Zeus et à les réajuster sur le corps du dieu. Les nerfs des mains et des pieds remis en place, Zeus récupère toute la force qui lui est propre. Il surgit subitement devant Typhon éberlué et, monté sur son char, jetant sur lui la foudre, il poursuit le monstre dans sa fuite. Le combat cependant serait demeuré indécis si une ruse nouvelle, une seconde tromperie n'avait été machinée par les Moires. Elles persuadent Typhon de mordre dans un fruit dont elles l'assurent qu'il lui apportera une puissance inégalable. Mais cette prétendue drogue d'invincibilité, ce pharmakon est en réalité un « fruit éphémère», le contraire d'une nourriture d'immortalité, un aliment dont on ne peut goûter sans connaître l'usure de ses forces et la mort. La violence primordiale du monstre fut ainsi désarmée.
Zeus Héra Prométhée
Selon le mythe où Héra engendra seule Héphaïstos, ce ne serait pas son fils qui l'aurait placé sur une chaise mécanique, confectionnée pour se venger d'avoir été rejeté (voir "Les ruses de l'intelligence") mais Zeus lui-même. Les bras de cette chaise se repliaient et enserraient la personne qui était assise dessus. Ne pouvant croire qu’Héra ait enfanté seule Héphaïstos il l’aurait ainsi emprisonné pour la contraindre de jurer par le Styx, serment inviolable, que c'était la stricte vérité. La déesse Héra aurait fini par consentir à Héphaïstos la main d’Aphrodite pour l’avoir délivré.
Un autre mythe raconte, qu’un jour, lassée de ses infidélités, Héra fomenta une révolte contre Zeus avec Poséidon, Apollon et quelques autres habitants de l’Olympe, comme Athéna à l’exception de la sage Hestia.
Ces dieux entourèrent Zeus par surprise tandis qu'il était endormi sur sa couche, l'attachèrent avec des lanières de cuir et firent cent nœuds afin qu'il ne puisse plus bouger.
Il les menaça de les tuer sur-le-champ mais comme ils avaient mis son foudre hors de sa portée, ils se moquèrent de lui. Alors qu'ils célébraient leur victoire et discutaient âprement pour savoir qui serait son successeur, Thétis la Néréide, prévoyant une guerre civile sur l'Olympe, alla chercher Briarée aux cent bras. Il le libéra de toutes ses lanières en se servant de toutes ses mains à la fois.
Comme Héra était à l'instigatrice de la conspiration dirigée contre lui, Zeus la suspendit dans le ciel, une chaîne d'or attachée au poignet et une enclume à chaque cheville. Les autres dieux étaient furieux mais n'osaient pas lui porter secours malgré ses cris déchirants.
Un autre mythe raconte, qu’un jour, lassée de ses infidélités, Héra fomenta une révolte contre Zeus avec Poséidon, Apollon et quelques autres habitants de l’Olympe, comme Athéna à l’exception de la sage Hestia.
Ces dieux entourèrent Zeus par surprise tandis qu'il était endormi sur sa couche, l'attachèrent avec des lanières de cuir et firent cent nœuds afin qu'il ne puisse plus bouger.
Il les menaça de les tuer sur-le-champ mais comme ils avaient mis son foudre hors de sa portée, ils se moquèrent de lui. Alors qu'ils célébraient leur victoire et discutaient âprement pour savoir qui serait son successeur, Thétis la Néréide, prévoyant une guerre civile sur l'Olympe, alla chercher Briarée aux cent bras. Il le libéra de toutes ses lanières en se servant de toutes ses mains à la fois.
Comme Héra était à l'instigatrice de la conspiration dirigée contre lui, Zeus la suspendit dans le ciel, une chaîne d'or attachée au poignet et une enclume à chaque cheville. Les autres dieux étaient furieux mais n'osaient pas lui porter secours malgré ses cris déchirants.
Il ne faisait pas bon d'ailleurs de venir s'interposer dans les disputes du couple. Héphaïstos en fit l'amère expérience quand Zeus le jeta du haut de l’Olympe une seconde fois, pour avoir pris la défense de sa mère. Zeus finit par libérer Héra après que chaque dieu ait fait le serment de ne plus jamais s'insurger contre lui; ils obéirent à contrecœur. Apollon et Poséidon furent toutefois placés au service d’un roi pendant un an pour expier leur faute.
Héra aurait aussi donné naissance seule, une seconde fois, à une autre enfant. Considérant comme un outrage l’enfantement d’Athéna par Zeus, lui seul ou ses infidélités avec Léto, dans sa colère, Héra invoqua la terre, le vaste ciel et les Titans enfermés dans le Tartare, et leur demanda la faveur d'enfanter, elle aussi, seule. Ses voeux furent exaucés, et elle mit au monde « non un fils semblable aux dieux et aux hommes, mais l'effroyable Typhon, fléau des mortels ». Même s’il porte le même nom, il diffère de Typhon , fils de Gaïa et du Tartare, contre lequel Zeus eut à se battre.
De son côté, l’un des fils du Titan Japet, Prométhée est un personnage très ambigu et certains récits diffèrent à son sujet. Après Mètis, Prométhée est le seul Titan qui puisse prétendre jouer de ruse avec Zeus comme l’Océanide elle-même. Prométhée est le « prévoyant ».
Dans la version d'Eschyle de Prométhée, qui ignore délibérément le personnage de Mètis, le titan tient la place et joue le rôle qu'Hésiode assigne à la déesse.
Héra aurait aussi donné naissance seule, une seconde fois, à une autre enfant. Considérant comme un outrage l’enfantement d’Athéna par Zeus, lui seul ou ses infidélités avec Léto, dans sa colère, Héra invoqua la terre, le vaste ciel et les Titans enfermés dans le Tartare, et leur demanda la faveur d'enfanter, elle aussi, seule. Ses voeux furent exaucés, et elle mit au monde « non un fils semblable aux dieux et aux hommes, mais l'effroyable Typhon, fléau des mortels ». Même s’il porte le même nom, il diffère de Typhon , fils de Gaïa et du Tartare, contre lequel Zeus eut à se battre.
De son côté, l’un des fils du Titan Japet, Prométhée est un personnage très ambigu et certains récits diffèrent à son sujet. Après Mètis, Prométhée est le seul Titan qui puisse prétendre jouer de ruse avec Zeus comme l’Océanide elle-même. Prométhée est le « prévoyant ».
Dans la version d'Eschyle de Prométhée, qui ignore délibérément le personnage de Mètis, le titan tient la place et joue le rôle qu'Hésiode assigne à la déesse.
Les Titans en leur brutalité présomptueuse crurent qu'ils n'auraient pas de peine à triompher des Olympiens par la force. Pour les persuader du contraire, Prométhée leur prodigue ses plus savants avis. En vain, Cronos et les Titans ne veulent rien entendre ; ils se refusent même à examiner la question. Il ne reste alors à Prométhée qu'à porter sa mètis dans l'autre camp et à se ranger du côté de Zeus. L'Olympien accueille volontiers les services du titan dont les plans allaient assurer sa victoire et consacrer ses privilèges en permettant d'enchaîner au fond du Tartare le vieux Cronos et ses alliés.
Comme les cent-bras et les cyclopes, Prométhée va être enchainé puis délivré. Il avait réussi à voler le feu dont Zeus avait privé les hommes grâce à sa ruse. Contre cette rébellion, Zeus ordonna à Héphaïstos de créer des liens indestructible pour enchainer Prométhée à un rocher. Un aigle lui dévorant le foie continuellement en guise de châtiment. Le titan prédit alors que le souverain des dieux aura un jour besoin de lui. Si Zeus souhaite apprendre quel destin hasardeux doit le dépouiller de son sceptre et de ses honneurs, le maître de l’Olympe devra délier Prométhée de ses chaînes ». Zeus demande alors à Héraclès de partir le délivrer. En contrepartie de sa liberté retrouvée, Prométhée, révéla à Zeus que le fils qui naîtrait de son union avec Thétis le renverserait.
Zeus qui désirait en effet la Néréide Thétis, dût renoncer à elle et la maria au mortel Pélée. Un fils exceptionnel naîtra de cette union : Achille, à qui il manqua l’immortalité de peu.
Comme les cent-bras et les cyclopes, Prométhée va être enchainé puis délivré. Il avait réussi à voler le feu dont Zeus avait privé les hommes grâce à sa ruse. Contre cette rébellion, Zeus ordonna à Héphaïstos de créer des liens indestructible pour enchainer Prométhée à un rocher. Un aigle lui dévorant le foie continuellement en guise de châtiment. Le titan prédit alors que le souverain des dieux aura un jour besoin de lui. Si Zeus souhaite apprendre quel destin hasardeux doit le dépouiller de son sceptre et de ses honneurs, le maître de l’Olympe devra délier Prométhée de ses chaînes ». Zeus demande alors à Héraclès de partir le délivrer. En contrepartie de sa liberté retrouvée, Prométhée, révéla à Zeus que le fils qui naîtrait de son union avec Thétis le renverserait.
Zeus qui désirait en effet la Néréide Thétis, dût renoncer à elle et la maria au mortel Pélée. Un fils exceptionnel naîtra de cette union : Achille, à qui il manqua l’immortalité de peu.
Bien contre mal
Maître des liens
Souveraineté & Ordre
La lutte du bien et du mal
Mésopotamie - Inde - Perse
L’utilisation de liens, de filets pour désarmer son adversaire se retrouvent dans de nombreuses autres cultures mettant souvent en scène une lutte entre le bien et le mal.
En Mésopotamie, Enlil, dieu du vent et son épouse Ninkhursag (Ninlil), déesse de la terre ou encore les dieux lunaires comme En-zu (Sin) prennent dans leurs filets ceux qui se rendent coupables de parjure. Shamash, dieu solaire, est armé lui aussi de lacets et de cordes.
La déesse Nisaba, déesse de l‘écriture et scribe des dieux, associée aussi à la fertilité et à l’agriculture, elle, ficelle les démons des maladies qui possèdent eux aussi des lacets.
On prie Marduk pour qu’il délivre ceux qui sont pris dans ses chaines et ses lacets car il est aussi un maître lieur. On dit au dieu Bêl (Enlil) que chacun des lacets qu’il lance est un lacet hostile. Le dieu de la végétation Tammuz est lui aussi surnommé seigneur des lacets, mais dans le mythe où il doit regagner le royaume des morts, il est lui-même lié et demande à être sauvé des lacets. Ea, le dieu des eaux et de la sagesse, ne lutte pas héroïquement avec les monstres primordiaux Apsû et Mummu, il les lie par des incantations magiques pour les tuer.
En Mésopotamie, Enlil, dieu du vent et son épouse Ninkhursag (Ninlil), déesse de la terre ou encore les dieux lunaires comme En-zu (Sin) prennent dans leurs filets ceux qui se rendent coupables de parjure. Shamash, dieu solaire, est armé lui aussi de lacets et de cordes.
La déesse Nisaba, déesse de l‘écriture et scribe des dieux, associée aussi à la fertilité et à l’agriculture, elle, ficelle les démons des maladies qui possèdent eux aussi des lacets.
On prie Marduk pour qu’il délivre ceux qui sont pris dans ses chaines et ses lacets car il est aussi un maître lieur. On dit au dieu Bêl (Enlil) que chacun des lacets qu’il lance est un lacet hostile. Le dieu de la végétation Tammuz est lui aussi surnommé seigneur des lacets, mais dans le mythe où il doit regagner le royaume des morts, il est lui-même lié et demande à être sauvé des lacets. Ea, le dieu des eaux et de la sagesse, ne lutte pas héroïquement avec les monstres primordiaux Apsû et Mummu, il les lie par des incantations magiques pour les tuer.
L’arme capitale du dieu agraire Marduk, reste le filet « don du dieu Anu père de tous les dieux», et du ciel. Dans le combat qu’il entreprend avec le monstre marin Tiamat du chaos, Marduk lie Tiamat, l’enchaine et lui arrache la vie. Il enchaine ensuite tous les dieux et démons qui avaient aidé Tiamat. Jetés dans des filets, ils restèrent dans des nasses et furent ensuite mis dans des cavernes. Marduk pour les Babylonien deviendra ainsi souverain des dieux.
Dans l’Inde védique, Varuna, le plus invincible des dieux, est présenté comme maître des liens. De nombreux hymnes et cérémonies n’ont d’autre objet que de protéger ou libérer l’homme des « lacets de Varuna ». Indra, dieu guerrier manieur de foudre, héros des duels innombrables, sauve, en les déliant, les victimes liées par Varuna.
Indra est censé pouvoir délivrer non seulement des liens de Varuna, mais aussi du liage des démons de la mort, comme de la démone Viervavara. Les maladies sont des lacets et la mort n’est que le lien suprême.
Dans l’Inde védique, Varuna, le plus invincible des dieux, est présenté comme maître des liens. De nombreux hymnes et cérémonies n’ont d’autre objet que de protéger ou libérer l’homme des « lacets de Varuna ». Indra, dieu guerrier manieur de foudre, héros des duels innombrables, sauve, en les déliant, les victimes liées par Varuna.
Indra est censé pouvoir délivrer non seulement des liens de Varuna, mais aussi du liage des démons de la mort, comme de la démone Viervavara. Les maladies sont des lacets et la mort n’est que le lien suprême.
En Perse, certains démons comme certaines divinités indiennes de la mort ficellent le défunt avant de l’emporter vers le pont Cinvat, qui mettra à l’épreuve l’âme jugée juste ou mauvaise. Tahmuras, le troisième Shah d’Iran, a utilisé la magie pour maîtriser Ahriman et en a fait son esclave. Il monte sur son dos comme sur un cheval. Les démons se sont rebellés contre Tahmuras. Par magie, il a lié les deux tiers des démons les réduisant à l’esclavage. Il écrasa le tiers restant avec sa masse. Tahmuras fut un grand inventeur des arts pour soulager la condition humaine. Il inventa entre autre le filage et le tissage de la laine. Ahriman lui tendit un jour un piège. En se cabrant, il jette Tahmuras au sol et avale le malheureux roi en entier. Pendant ce temps, Jamshid , le frère dévoué de Tahmuras (non son fils, comme dans le Shahnameh), parcourt le monde à la recherche de son corps jusqu'à ce qu'il apprenne finalement de Srosh, le confident presque omniscient d'Ahura Mazda , qu'il est caché dans les entrailles d'Ahriman. Jamshid récupère le corps, construit la tour prototypique du silence et place le corps dessus pour être excarné par des oiseaux de proie, selon le rituel zoroastrien.
De son côté, le héros Fereydoun, s'est révolté contre le roi tyrannique Zahhak, incarnation du mal et fidèle d’Ahriman. Il l’enchaînera sur la chaîne de montagne la plus haute d’Iran, où se trouve le volcan semi-actif: le mont Damavand.
dragons
Maître des liens
Souveraineté & Ordre
Manifestations de la fin des temps
Manifestations de la fin des temps
Enchaîner le Dragon
les filets de Yahvé - St Michel - St Georges
Chez les hébreux, la Bible parle des filets de la mort « les liens du séjour des morts m’avaient entouré, les filets de la mort m’avaient surpris » Mais le maitre terrible de ces liens, c’est parfois Yahvé lui-même, et les prophètes le figure avec des filets dans la main, pour punir les coupables: Dans le livre d’Osée, il déclare « pendant qu’ils s’y rendront, j’étendais mon filet sur eux, je les ferai tomber dans un filet comme des oiseaux du ciel ». Dans le livre d’Ezéchiel, il dit « j’étendrai mon filet sur lui; il sera pris dans mes filets et je l’emmènerai à Babylone ». Et l’expérience religieuse, si profonde et si authentique, de Job retrouve la même image pour exprimer la toute puissance de dieu: « sachez donc que c’est dieu qui m’a accablé, et qui a étendu ses filets autour de moi! Job 19,6. Les judéo-chrétiens, qui savaient, eux aussi, que c’est le démon qui lie les malades (ex: Luc 13,16), parlaient cependant aussi du Dieu suprême comme maître des liens.
Dans le christianisme, l’auteur de l'Apocalypse de Jean décrit, un ange qui tenait dans sa main la clef de l’abîme et une grande chaîne ; il saisit le dragon, le serpent ancien, qui est le diable et Satan, et il l’enchaîna pour une période de mille ans. Il le jeta dans l’abîme, qu’il ferma à clef afin qu’il ne séduise plus les nations. À la fin du millénium, Dieu relâchera Satan de l’abîme (20.7). Satan tentera alors de réunir les nations des quatre extrémités de la terre, Gog et Magog pour une ultime révolte dans un combat final. Mais pourquoi Dieu relâche-t-il Satan ? Aucune réponse explicite n’est donnée. Peut-être ce passage démontre-t-il qu’une très longue durée n’est pas suffisante pour renverser l’allégeance de l’homme à Satan. Jean voit ensuite « un grand trône blanc » c’est le jugement final. Celui qui siège sur le trône est Jésus, à qui le jugement est confié. Les morts qui se tiennent devant le trône sont à l’évidence les incrédules de tous les temps qui sont ressuscités. Ils subiront un châtiment éternel proportionnel à leurs actions.
Les récits de lutte contre un dragon sont nombreux dans la tradition chrétienne. Dans la légende dorée, Jacques de Voragine décrit la lutte de Saint Georges contre le dragon.
Lorsque le saint arriva dans une ville de la Libye, un dragon menace la région depuis quelques temps. Vêtue d'une robe de mariée, attachée à un rocher aux marches de la ville, la princesse sacrifiée à contre coeur par le roi, attend la mort. Georges pose d'abord une condition avant d'en finir avec le monstre: Il ne tuera le dragon que si le peuple se convertit au christianisme. Contraint, le peuple se soumet à cette demande. Alors que, dans la légende orientale, Georges terrasse tout simplement le dragon avec sa lance (parfois avec son épée) comme tout légionnaire romain qui se respecte, dans la Légende dorée, l'arme de l'exploit est un signe de croix :
Le dragon souleva sa tête au-dessus de l'étang et Saint Georges, après être monté sur son cheval et s'être muni du signe de la croix, assaillit bravement le dragon qui s'avance vers lui. Il brandit haut sa lance, fit au monstre une blessure qui le renverse sur le sol. Et le saint dit à la princesse d’attacher sa ceinture autour du cou du monstre" La princesse fit ainsi et le dragon, se redressant, se mit à la suivre comme un petit chien qu'on mènerait en laisse. La bête fut ensuite conduite par la princesse jusqu'à la ville où elle fut décapitée. »
Lorsque le saint arriva dans une ville de la Libye, un dragon menace la région depuis quelques temps. Vêtue d'une robe de mariée, attachée à un rocher aux marches de la ville, la princesse sacrifiée à contre coeur par le roi, attend la mort. Georges pose d'abord une condition avant d'en finir avec le monstre: Il ne tuera le dragon que si le peuple se convertit au christianisme. Contraint, le peuple se soumet à cette demande. Alors que, dans la légende orientale, Georges terrasse tout simplement le dragon avec sa lance (parfois avec son épée) comme tout légionnaire romain qui se respecte, dans la Légende dorée, l'arme de l'exploit est un signe de croix :
Le dragon souleva sa tête au-dessus de l'étang et Saint Georges, après être monté sur son cheval et s'être muni du signe de la croix, assaillit bravement le dragon qui s'avance vers lui. Il brandit haut sa lance, fit au monstre une blessure qui le renverse sur le sol. Et le saint dit à la princesse d’attacher sa ceinture autour du cou du monstre" La princesse fit ainsi et le dragon, se redressant, se mit à la suivre comme un petit chien qu'on mènerait en laisse. La bête fut ensuite conduite par la princesse jusqu'à la ville où elle fut décapitée. »
Ragnarök
Maître des liens
Souveraineté & Ordre
Manifestations de la fin des temps
Manifestations de la fin des temps
Le Ragnarök
Le loup Fenrir enchaîné- mythe nordique
Tout comme l’apocalypse, la fin du monde est elle aussi prophétisée dans les mythes nordiques. Le Ragnarok sera le jour où de nombreux dangers parviendront à se libérer de leurs liens participant à la destruction du monde. Ces créatures sont nombreuses et certains récits expliquent les circonstances de leur enchaînement.
Le poème eddique Völuspá décrit en détail les évènements du Ragnarök. À la fin des temps les deux loups Hati (« Haine ») et « Sköll » seront censés manger la lune et le soleil, alors que les astres seront engloutis par Fenrir.
Dans le poème eddique Vafþrúðnismál (3ème poème de l’Edda poétique), le dieu Odin et le géant Vafþrúðnir jouent à un classique jeu de questions où ils s'interrogent sur les choses des mondes, testant ainsi mutuellement leur sagesse. Odin demande au géant ce qui causera sa mort au Ragnarök, et celui-ci répond que le loup Fenrir l'engloutira, mais Vidar le vengera en fendant la gueule du loup.
Le poème eddique Völuspá décrit en détail les évènements du Ragnarök. À la fin des temps les deux loups Hati (« Haine ») et « Sköll » seront censés manger la lune et le soleil, alors que les astres seront engloutis par Fenrir.
Dans le poème eddique Vafþrúðnismál (3ème poème de l’Edda poétique), le dieu Odin et le géant Vafþrúðnir jouent à un classique jeu de questions où ils s'interrogent sur les choses des mondes, testant ainsi mutuellement leur sagesse. Odin demande au géant ce qui causera sa mort au Ragnarök, et celui-ci répond que le loup Fenrir l'engloutira, mais Vidar le vengera en fendant la gueule du loup.
Fenrir est un loup gigantesque, fils du dieu Loki et de la géante Angrboda, messagère du malheur. Il a pour frère Jörmungandr, le serpent de Midgard, et pour sœur Hel, qui règne sur le monde des morts. Considéré trop puissant et dangereux par les dieux, Fenrir est enchaîné par ruse. Ils fabriquent une chaîne (Loeding) et mettent le loup au défi de se libérer ; celui-ci, voulant accroître son prestige, s'y soumet et y parvient. Alors les dieux en fabriquent une autre plus solide (Dromi) mais elle cède aussitôt. Craignant de ne pouvoir l'emprisonner, les dieux envoient le messager Skirnir à Svartalfaheimr, chez les elfes sombres, pour fabriquer un lien magique : Gleipnir, faite par des ingrédients qui depuis n'existent plus: bruits de pas de chat, barbe de femme, racines de montagnes, nerfs d'ours, haleine de poisson et crachat d'oiseau. Une autre version prétend que ces liens furent façonné par les Nains dans leur royaume souterrain de Niðavellir. Ils ont alors l'aspect d'un ruban de soie. Les dieux demandent à Fenrir de se soumettre une fois de plus à l'épreuve mais celui-ci leur répond qu'il n'a rien à gagner à briser un simple ruban et, s'il était magique, il ne leur fait pas confiance pour se libérer. Il n'accepte de le faire que si l'un d'eux met sa main dans sa gueule en guise de bonne foi.
Seul Týr, dieu de la guerre juste, de la justice, de la victoire et de la stratégie, a le courage d'accepter la proposition, et il s'exécute. Fenrir attaché se démène mais plus il essaye de se libérer, plus le lacet se raidit. Alors tous les dieux éclatent de rire, sauf Týr, qui venait de perdre sa main. Les dieux attachent les liens au sol tandis que Fenrir se débat et tente de les mordre. Pour l'en empêcher, les dieux lui mettent une épée en travers de la mâchoire. Depuis, le loup ne cesse de rugir, et de la bave qui s'écoule se formèrent les fleuves Ván (espoir) et Víl (volonté). Il restera ainsi attaché jusqu'à la bataille prophétique du Ragnarök.
Lors du Ragnarök. Toutes les chaînes se briseront, et le loup Fenrir, comme son père Loki, seront libéré. dans l'Edda de Snorri, un texte littéraire en vieil islandais rédigé à partir de 1220 par Snorri Sturluson, « Le loup Fenrir marchera la gueule béante, la mâchoire inférieure rasant la terre et la mâchoire supérieure touchant le ciel. Des flammes jailliront de ses yeux et de ses narines. »
Le géant du feu Surt combattra aux côtés des autres forces du chaos et enflammera le monde, qui coulera dans l'océan. Au cours de cette bataille, la majorité des dieux, et tous les hommes hormis un couple, Líf et Lífþrasir, périront. Fenrir avalera Odin puis sera abattu violemment par Vidar, un des fils du dieu.
Lors du Ragnarök. Toutes les chaînes se briseront, et le loup Fenrir, comme son père Loki, seront libéré. dans l'Edda de Snorri, un texte littéraire en vieil islandais rédigé à partir de 1220 par Snorri Sturluson, « Le loup Fenrir marchera la gueule béante, la mâchoire inférieure rasant la terre et la mâchoire supérieure touchant le ciel. Des flammes jailliront de ses yeux et de ses narines. »
Le géant du feu Surt combattra aux côtés des autres forces du chaos et enflammera le monde, qui coulera dans l'océan. Au cours de cette bataille, la majorité des dieux, et tous les hommes hormis un couple, Líf et Lífþrasir, périront. Fenrir avalera Odin puis sera abattu violemment par Vidar, un des fils du dieu.
Loki
Maître des liens
Souveraineté & Ordre
Manifestations de la fin des temps
Manifestations de la fin des temps
Loki
farceur puis enchaîné - mythes nordiques
Loki, le père de Fenrir, lui, est capable de métamorphoses ; changeant sa forme parfois en saumon, en cheval, en oiseau, en phoque ou encore en mouche. Il peut également changer de sexe, se métamorphosant en jument ou en femme.
Il est aussi impulsif et irresponsable que malin et rusé. Les dieux Ases ont souvent recours à lui pour régler des problèmes dont il est bien souvent lui-même la cause. Splendide d'apparence, il est pourtant de nature fondamentalement négative et traître, sa jalousie l'amène à causer la mort du dieu Baldr.
On observe néanmoins une évolution chez Loki : fils d'un couple de géants, Loki est un géant de naissance mais qui passe du côté des Ases. Il devient ainsi « frère de sang » d'Odin et épouse la déesse Sigyn. Dans plusieurs histoires, il est dévoué aux dieux, même s'il commet des imprudences qui les met en danger. Il se montre hostile aux géants. Puis progressivement, il se transforme en « dangereux ami », évolution qui culmine jusqu'au meurtre de Baldr et au Ragnarök où il rejoint ses congénères achevant un cycle.
Mais les ruses de Loki le rendent parfois attachant. Dans l'Edda de Snorri le farceur Loki coupe la chevelure de la déesse Sif, épouse de Thor, pendant son sommeil. Lorsque Thor menace Loki de le broyer, ce dernier propose de récupérer chez les nains une chevelure d’or et la déesse pu ainsi en avoir une plus exceptionnelle.
Il est aussi impulsif et irresponsable que malin et rusé. Les dieux Ases ont souvent recours à lui pour régler des problèmes dont il est bien souvent lui-même la cause. Splendide d'apparence, il est pourtant de nature fondamentalement négative et traître, sa jalousie l'amène à causer la mort du dieu Baldr.
On observe néanmoins une évolution chez Loki : fils d'un couple de géants, Loki est un géant de naissance mais qui passe du côté des Ases. Il devient ainsi « frère de sang » d'Odin et épouse la déesse Sigyn. Dans plusieurs histoires, il est dévoué aux dieux, même s'il commet des imprudences qui les met en danger. Il se montre hostile aux géants. Puis progressivement, il se transforme en « dangereux ami », évolution qui culmine jusqu'au meurtre de Baldr et au Ragnarök où il rejoint ses congénères achevant un cycle.
Mais les ruses de Loki le rendent parfois attachant. Dans l'Edda de Snorri le farceur Loki coupe la chevelure de la déesse Sif, épouse de Thor, pendant son sommeil. Lorsque Thor menace Loki de le broyer, ce dernier propose de récupérer chez les nains une chevelure d’or et la déesse pu ainsi en avoir une plus exceptionnelle.
Les nains fabriquèrent pour les dieux de nombreux autres objets magiques: le bateau pour Freyr, la lance d'Odin Gungnir... Un jour Loki défia les nains Brokk et son frère Eitri en prétendant qu'ils ne pourraient fabriquer des objets aussi précieux. Il parie alors sa tête s’ils réussissaient. À la forge, Eitri demande à Brokk d'actionner le soufflet sans s'arrêter avant qu'il n'ait retiré l'objet qu'il a fabriqué. Afin de gagner son pari, Loki métamorphosé en mouche vient piquer Brokk pour le distraire mais ce dernier continue à actionner le soufflet jusqu'au bout, et le forgeron retire du fourneau le verrat aux soies d'or Gullinbursti pour Freyr. Pour le second objet, Eitri place de l'or dans le fourneau et Brokk ne cède pas aux piqures de Loki avant qu'Eitri ne retire du fourneau un anneau d'or appelé Draupnir, pour Odin. Ensuite Eitri place du fer dans le fourneau en exigeant à Brokk de ne pas arrêter d'actionner le soufflet sinon tout serait gâché. Mais Loki en mouche le pique entre les paupières jusqu'au sang, alors Brokk s'arrête un court instant, et il en a fallu de peu pour que tout soit gâché. Ils sortent du fourneau le marteau Mjöllnir pour Thor, mais à cause de Loki le manche du marteau est trop court. Brokk et Loki présentent les objets aux Ases pour qu'ils décident lequel est les plus précieux. Les Ases désignent le marteau. Ainsi le nain a gagné le pari pour la tête de Loki. Ce dernier essaie de s'échapper grâce à ses chaussures qui lui permettent de courir à travers les airs et la mer, mais Thor le rattrape pour qu'il honore son engagement. Afin de sauver sa peau, Loki déclare qu'il avait mis sa tête en gage et non pas son cou. Finalement, le nain Brokk se contente de lui coudre les lèvres.
Lorsque les dieux, excédés par le meurtre de Baldr, décidèrent de rechercher Loki pour le punir, ce dernier s'était caché sur une montagne. Il s'y construit une maison dotée de quatre portes, une sur chaque façade, afin de pouvoir surveiller toutes les directions. Il se transforme en saumon dans les cascades de la rivière. Réfléchissant à la manière dont les Ases pourraient l'attraper sous sa forme de poisson, il invente le premier filet de pêche avec des fibres de lin. Il voit alors les Ases s'approcher, il jette le filet au feu avant de bondir dans la rivière. en voyant les cendres laissés par le filet les dieux comprirent son utilité pour pêcher les poissons et en fabriquèrent un à leur tour. Les Ases se divisent en deux groupes et remontent la rivière, finissant ainsi par capturer Loki. Thor l'attrape par la queue. Les Ases emmènent Loki dans une caverne, ainsi que ses fils Narfi (ou Nari) et Vali. Ils métamorphosent Vali en loup qui déchire son frère Narfi, et avec les boyaux de ce dernier ils attachent Loki à trois pierres. Skaði place un serpent au-dessus de lui, de manière que le venin coule sur son visage. Sigyn, la femme de Loki, recueille le venin dans une cuvette. Toutefois, lorsqu'elle vide la cuvette pleine, du venin coule sur le visage de Loki ce qui le fait se tordre de douleur et causer les tremblements de terre. Il en sera ainsi jusqu'à la fin prophétique du monde, le Ragnarök, où Loki se libèrera et mènera les géants à l'assaut contre les dieux et les hommes. Loki et son dieu opposé, Heimdall, s'entretueront pendant la bataille.
Athéna Arachnée
Les Titans en leur brutalité présomptueuse crurent qu'ils n'auraient pas de peine à triompher des Olympiens par la force. Pour les persuader du contraire, Prométhée leur prodigue ses plus savants avis. En vain, Cronos et les Titans ne veulent rien entendre ; ils se refusent même à examiner la question. Il ne reste alors à Prométhée qu'à porter sa mètis dans l'autre camp et à se ranger du côté de Zeus. L'Olympien accueille volontiers les services du titan dont les plans allaient assurer sa victoire et consacrer ses privilèges en permettant d'enchaîner au fond du Tartare le vieux Cronos et ses alliés.
Comme les cent-bras et les cyclopes, Prométhée va être enchainé puis délivré. Il avait réussi à voler le feu dont Zeus avait privé les hommes grâce à sa ruse. Contre cette rébellion, Zeus ordonna à Héphaïstos de créer des liens indestructible pour enchainer Prométhée à un rocher. Un aigle lui dévorant le foie continuellement en guise de châtiment. Le titan prédit alors que le souverain des dieux aura un jour besoin de lui. Si Zeus souhaite apprendre quel destin hasardeux doit le dépouiller de son sceptre et de ses honneurs, le maître de l’Olympe devra délier Prométhée de ses chaînes ». Zeus demande alors à Héraclès de partir le délivrer. En contrepartie de sa liberté retrouvée, Prométhée, révéla à Zeus que le fils qui naîtrait de son union avec Thétis le renverserait.
Zeus qui désirait en effet la Néréide Thétis, dût renoncer à elle et la maria au mortel Pélée. Un fils exceptionnel naîtra de cette union : Achille, à qui il manqua l’immortalité de peu.
Comme les cent-bras et les cyclopes, Prométhée va être enchainé puis délivré. Il avait réussi à voler le feu dont Zeus avait privé les hommes grâce à sa ruse. Contre cette rébellion, Zeus ordonna à Héphaïstos de créer des liens indestructible pour enchainer Prométhée à un rocher. Un aigle lui dévorant le foie continuellement en guise de châtiment. Le titan prédit alors que le souverain des dieux aura un jour besoin de lui. Si Zeus souhaite apprendre quel destin hasardeux doit le dépouiller de son sceptre et de ses honneurs, le maître de l’Olympe devra délier Prométhée de ses chaînes ». Zeus demande alors à Héraclès de partir le délivrer. En contrepartie de sa liberté retrouvée, Prométhée, révéla à Zeus que le fils qui naîtrait de son union avec Thétis le renverserait.
Zeus qui désirait en effet la Néréide Thétis, dût renoncer à elle et la maria au mortel Pélée. Un fils exceptionnel naîtra de cette union : Achille, à qui il manqua l’immortalité de peu.
















Menu le fil
Tramer une ruse
Arts & Techniques
Intelligence - charme & Langage
Intelligence - charme & Langage
Les ruses de l’intelligence
La Techné, c’est à dire la technique est très souvent associée à la Mètis, qui signifie intelligence, en grec ancien. Bon nombre de cultures voient dans les figures de l’artisan forgeron ou de la tisserande, la manifestation de cette intelligence technique. Très souvent l’origine de cette intelligence est imaginée de nature divine. La déesse Athéna qui maîtrise l’art de la guerre maîtrise aussi l’art du tissage. Le récit d’Ovide met en scène Pallas Athéna, que les romains appelle Minerve face à Arachné.
Dans la mentalité grecque, le tissage est une activité réservée exclusivement aux femmes, que l’on destine plutôt à l’espace intérieur du foyer et au rôle de mère tandis que les hommes, de leur côtés, sont voués à la guerre ou toute autre activité publique dans l’espace de la cité. L'étoffe peut donc être la manifestation de la virginité, que de l'érotisme et de la fertilité.
Mais de nombreux mots se rapportant à cette activité vont petit à petit être employés pour désigner de façon métaphorique tout ce qui se rapporte au discours, au langage. Le mot texte est d’ailleurs d’origine latine, dérivé du verbe « texere » qui signifie « tisser ». Les expressions comme « ourdir une ruse, tramer un plan » ou « un tissu de mensonges » vont ainsi apparaître. Ulysse en est un parfait représentant.
La Techné, c’est à dire la technique est très souvent associée à la Mètis, qui signifie intelligence, en grec ancien. Bon nombre de cultures voient dans les figures de l’artisan forgeron ou de la tisserande, la manifestation de cette intelligence technique. Très souvent l’origine de cette intelligence est imaginée de nature divine. La déesse Athéna qui maîtrise l’art de la guerre maîtrise aussi l’art du tissage. Le récit d’Ovide met en scène Pallas Athéna, que les romains appelle Minerve face à Arachné.
Dans la mentalité grecque, le tissage est une activité réservée exclusivement aux femmes, que l’on destine plutôt à l’espace intérieur du foyer et au rôle de mère tandis que les hommes, de leur côtés, sont voués à la guerre ou toute autre activité publique dans l’espace de la cité. L'étoffe peut donc être la manifestation de la virginité, que de l'érotisme et de la fertilité.
Mais de nombreux mots se rapportant à cette activité vont petit à petit être employés pour désigner de façon métaphorique tout ce qui se rapporte au discours, au langage. Le mot texte est d’ailleurs d’origine latine, dérivé du verbe « texere » qui signifie « tisser ». Les expressions comme « ourdir une ruse, tramer un plan » ou « un tissu de mensonges » vont ainsi apparaître. Ulysse en est un parfait représentant.
Le fil du Destin
Symbole du Temps
Ourdir une intrigue en secret & miracles
Ourdir une intrigue en secret & miracles
Mais le fil a aussi très souvent été associé au temps et au destin dans de nombreux mythes et de nombreuses cultures.
Dans le cosmos aussi bien que dans la vie humaine, tout est lié par un vaste liage cosmique.
La vie elle-même est un tissu parfois magique ou un fil qui tient le destin de chacun. Les Moires, les Parques, le Nornes sont garantes du destin de chaque être humain.
L'espoir que nourrit Pénélope d'un jour revoir Ulysse, lui permet de préserver la place qui revient de droit à son époux et à ce roi, grâce à une ruse, un tissage dont chaque prétendant attend l'achèvement. De leur côté, des femmes tentatrices, expertes dans l'art des illusions mettent tout en œuvre pour le garder près d'elles et lui faire oublier son passé.
C'est aussi la ruse imaginée par Dédale et tout l'amour que porte Ariane à Thésée qui permettront au héros de réussir l'épreuve du labyrinthe grâce à la pelote de fil qui lui a été remis.
Le fil peut enfin être aussi la manifestation miraculeuse de la protection divine dont bénéficient le prophète Muhammad, le roi David ou Jésus dans l'islam, le judaïsme ou le christianisme à travers le motif de l'araignée ou du linceul).
Dans le cosmos aussi bien que dans la vie humaine, tout est lié par un vaste liage cosmique.
La vie elle-même est un tissu parfois magique ou un fil qui tient le destin de chacun. Les Moires, les Parques, le Nornes sont garantes du destin de chaque être humain.
L'espoir que nourrit Pénélope d'un jour revoir Ulysse, lui permet de préserver la place qui revient de droit à son époux et à ce roi, grâce à une ruse, un tissage dont chaque prétendant attend l'achèvement. De leur côté, des femmes tentatrices, expertes dans l'art des illusions mettent tout en œuvre pour le garder près d'elles et lui faire oublier son passé.
C'est aussi la ruse imaginée par Dédale et tout l'amour que porte Ariane à Thésée qui permettront au héros de réussir l'épreuve du labyrinthe grâce à la pelote de fil qui lui a été remis.
Le fil peut enfin être aussi la manifestation miraculeuse de la protection divine dont bénéficient le prophète Muhammad, le roi David ou Jésus dans l'islam, le judaïsme ou le christianisme à travers le motif de l'araignée ou du linceul).
Maître des liens
Souveraineté & Ordre
Manifestations de la fin des temps
Manifestations de la fin des temps
La maîtrise technique peut s’avérer être tellement extraordinaire qu’on lui attribue souvent une nature divine. L’oeuvre possède alors parfois un caractère magique inégalé.
L’un des dieux qui incarne le mieux ce savoir faire est le dieu forgeron Héphaïstos.
Il, serait à la fois maître des talismans qui libèrent et le maître des liens indestructibles parfois invisibles. Zeus impose son autorité et instaure l'ordre dans le monde en attachant ses adversaires (les Titans, Typhon...) symbole de désordre et de chaos, et dont on peut difficilement se débarrasser. Zeus a aussi attaché Prométhée ou encore Héra, pour les punir momentanément d'avoir voulu rivaliser avec lui en leur donnant ainsi une bonne leçon.
L’utilisation de liens, de filets pour désarmer son adversaire se retrouvent dans de nombreuses autres cultures mettant souvent en scène une lutte entre le bien et le mal (en Mésopotamie, chez les hébreux, dans le christianisme comme lors de l'Apocalypse, dans la mythologie nordique, contre des adversaires qui se libèreront lors du Ragnarök ou dans l’Inde védique et en Perse, dans les luttes opposant le bien au mal).
L’un des dieux qui incarne le mieux ce savoir faire est le dieu forgeron Héphaïstos.
Il, serait à la fois maître des talismans qui libèrent et le maître des liens indestructibles parfois invisibles. Zeus impose son autorité et instaure l'ordre dans le monde en attachant ses adversaires (les Titans, Typhon...) symbole de désordre et de chaos, et dont on peut difficilement se débarrasser. Zeus a aussi attaché Prométhée ou encore Héra, pour les punir momentanément d'avoir voulu rivaliser avec lui en leur donnant ainsi une bonne leçon.
L’utilisation de liens, de filets pour désarmer son adversaire se retrouvent dans de nombreuses autres cultures mettant souvent en scène une lutte entre le bien et le mal (en Mésopotamie, chez les hébreux, dans le christianisme comme lors de l'Apocalypse, dans la mythologie nordique, contre des adversaires qui se libèreront lors du Ragnarök ou dans l’Inde védique et en Perse, dans les luttes opposant le bien au mal).
Athéna Arachnée
Tramer une ruse
Arts & Techniques
Intelligence
Intelligence
Le Fil, la trame tissée d’un tissus, les liens indestructibles, de nombreux mythes accordent à ces petits détails une place privilégiée dans leurs récits. Ces motifs que l’on retrouve à répétition dans les oeuvres, sont très souvent l’occasion d’aborder des sujets de sociétés ou existentiels dont ils deviennent les symboles privilégiés: le symbole de l’intelligence technique humaine, celui de la place qu’occupent les femmes dans la société, selon l’esprit grec de l’antiquité.
Très souvent l’origine de cette intelligence est imaginée de nature divine. Un dieu, une déesse ou une entité surnaturelle influente aurait alors accordée ce don à l’humanité ou lui aurait enseigné afin qu’elle puisse prospérer.
Mais le fruit de ce travail peut très souvent être considéré comme inégalable s’il appartient au domaine de prédilection d’une divinité. Dans les mains virtuoses et expertes d’êtres surnaturels, il peut aussi prendre un caractère magique et extraordinaire.
Très souvent l’origine de cette intelligence est imaginée de nature divine. Un dieu, une déesse ou une entité surnaturelle influente aurait alors accordée ce don à l’humanité ou lui aurait enseigné afin qu’elle puisse prospérer.
Mais le fruit de ce travail peut très souvent être considéré comme inégalable s’il appartient au domaine de prédilection d’une divinité. Dans les mains virtuoses et expertes d’êtres surnaturels, il peut aussi prendre un caractère magique et extraordinaire.
Athéna
Métis & Arachnée
Athéna est non seulement la déesse de la sagesse et de la stratégie militaire mais aussi celle des artisans. Mètis, sa mère, personnification de l’intelligence, au don de clairvoyance, se métamorphosa en goutte d’eau et fut avalée par Zeus, pour éviter qu’un jour un fils né de cette union ne détrône Zeus. Dès lors, Mètis continuera à conseiller le souverain des dieux en demeurant éternellement en son sein. Née toute armée du crâne de Zeus, Athéna hérita de la même intelligence que sa mère, dit-on.
Mais la déesse qui maîtrise l’art de la guerre maîtrise aussi l’art du tissage.
Mais la déesse qui maîtrise l’art de la guerre maîtrise aussi l’art du tissage.
Le récit d’Ovide met en scène Minerve (Pallas Athéna) face à Arachné. N’étant illustre ni par sa patrie, ni par ses aïeux, Arachnée devait tout à son art. Face à son arrogance, Minerve accepte de se mesurer à elle afin de lui donner une bonne leçon et montrer qu'aucun mortel ne peut rivaliser avec un dieu et doit rester à sa place...
Les mythes marquent très souvent les esprits. Ils servent d’exemple et de morale en dissuadant de mal agir, en faisant réfléchir sur la condition humaine vis à vis de puissances qui lui seraient supérieures. Le châtiment infligé à Arachné rappelle ainsi aux humains qu’ils ne doivent pas se laisser emporter par leur orgueil mais être plus modestes.
Les mythes marquent très souvent les esprits. Ils servent d’exemple et de morale en dissuadant de mal agir, en faisant réfléchir sur la condition humaine vis à vis de puissances qui lui seraient supérieures. Le châtiment infligé à Arachné rappelle ainsi aux humains qu’ils ne doivent pas se laisser emporter par leur orgueil mais être plus modestes.
Héphaïstos
Tramer une ruse
Arts & Techniques
Intelligence - charme
Intelligence - charme
La maîtrise technique peut s’avérer être tellement extraordinaire qu’on lui attribue souvent une nature divine. L’oeuvre possède alors parfois un caractère magique inégalé.
L’un des dieux qui incarne le mieux ce savoir faire est le dieu forgeron Héphaïstos.
Héphaïstos, serait à la fois maître des talismans qui libèrent et le maître des liens indestructibles parfois invisibles.
Il serait né de l’union de Zeus avec Héra ou d’Héra, elle seule, selon les versions. Un mythe raconte en effet qu’après que Zeus ait donné naissance à Athéna, par sa seule pensée, tout droit sorti de son crâne, dépitée, Héra voulut en faire de même. toute seule, elle engendra le dieu technicien, mais le jeta de l’Olympe, en raison de sa laideur. Né tout entier du ressentiment féminin, il est la contrefaçon ironique de la jeune fille intelligente, née toute armée. Il est le frère disgracieux, boiteux et libidineux.
L’un des dieux qui incarne le mieux ce savoir faire est le dieu forgeron Héphaïstos.
Héphaïstos, serait à la fois maître des talismans qui libèrent et le maître des liens indestructibles parfois invisibles.
Il serait né de l’union de Zeus avec Héra ou d’Héra, elle seule, selon les versions. Un mythe raconte en effet qu’après que Zeus ait donné naissance à Athéna, par sa seule pensée, tout droit sorti de son crâne, dépitée, Héra voulut en faire de même. toute seule, elle engendra le dieu technicien, mais le jeta de l’Olympe, en raison de sa laideur. Né tout entier du ressentiment féminin, il est la contrefaçon ironique de la jeune fille intelligente, née toute armée. Il est le frère disgracieux, boiteux et libidineux.
Héphaïstos
Héra - Aphrodite & Athéna
Dans une grotte sous-marine où il installa sa première forge, il fabriqua toutes sortes d'objets et bijoux merveilleux et bientôt toutes les nymphes marines se parèrent de colliers et de bracelets magnifiques. Héra rencontra Téthys qui portait ce jour-là une belle broche qu'il lui avait façonnée; elle lui demanda où elle avait trouvé ce bijou merveilleux. Téthys finit par lui révéler que c’était le fils artisan qu’elle avait rejetée. Héra demanda à Héphaïstos de revenir immédiatement sur l’Olympe.
Une autre version rapporte qu’Héphaïstos voulut se venger de sa mère pour son abandon et lui envoya un magnifique trône en or qui possédait un mécanisme secret. Dès qu'Héra s'installa sur ce trône elle ne put plus se lever. Tous les dieux tentèrent en vain de la délivrer mais rien n'y fit ; finalement le conseil des dieux décida d'aller chercher Héphaïstos pour l'en délivrer. Arès fut le premier à essayer de le ramener mais sa tentative musclée se termina par un échec car le dieu forgeron utilisa les ressources de son art du feu pour le mettre en fuite. Enivré par Dionysos, Héphaïstos se laisse fléchir et revint dans l'Olympe délivrer sa mère. La déesse Héra aurait fini par lui consentir la main d’Aphrodite en contre-partie. De son côté, Dionysos, auréolé de sa réussite, obtint le droit d'entrer dans l'assemblée des dieux
Une autre version rapporte qu’Héphaïstos voulut se venger de sa mère pour son abandon et lui envoya un magnifique trône en or qui possédait un mécanisme secret. Dès qu'Héra s'installa sur ce trône elle ne put plus se lever. Tous les dieux tentèrent en vain de la délivrer mais rien n'y fit ; finalement le conseil des dieux décida d'aller chercher Héphaïstos pour l'en délivrer. Arès fut le premier à essayer de le ramener mais sa tentative musclée se termina par un échec car le dieu forgeron utilisa les ressources de son art du feu pour le mettre en fuite. Enivré par Dionysos, Héphaïstos se laisse fléchir et revint dans l'Olympe délivrer sa mère. La déesse Héra aurait fini par lui consentir la main d’Aphrodite en contre-partie. De son côté, Dionysos, auréolé de sa réussite, obtint le droit d'entrer dans l'assemblée des dieux
Maîtrisant parfaitement la technique du feu, Héphaïstos aurait excellé dans l’art de créer des liens ou filets réputés indestructibles. Un jour, le dieu aurait eu recours à une ruse en façonnant un filet magique pour piéger son épouse infidèle Aphrodite en compagnie de son amant Arès.
En effet, prévenu par le dieu du soleil Hélios, qui un matin surprit de ses rayons les amants enlacés, Héphaïstos réagit aussitôt en forgeant ce filet d’or magique. Héphaïstos devint la risée des dieux en exposant les amants ainsi piégés.
En effet, prévenu par le dieu du soleil Hélios, qui un matin surprit de ses rayons les amants enlacés, Héphaïstos réagit aussitôt en forgeant ce filet d’or magique. Héphaïstos devint la risée des dieux en exposant les amants ainsi piégés.
L'art de la séduction
Tramer une ruse
Arts & Techniques
Intelligence - charme
Intelligence - charme
Dans la mentalité grecque, le tissage est une activité réservée exclusivement aux femmes, que l’on destine plutôt à l’espace intérieur du foyer et au rôle de mère tandis que les hommes, de leur côtés, sont voués à la guerre ou toute autre activité publique dans l’espace de la cité.
Bien que le tissage soit associé parfois à la virginité lorsqu’il concerne les déesses Artémis et Athéna, décrites toutes deux parfois avec une « quenouille d’or » à la main, comme dans l’Iliade, il revêt aussi est surtout très souvent une dimension érotique. Certes le péplos qu’Athéna s’est tissée pour elle-même garantit sa virginité mais la plupart du temps les vêtements féminins tissés sont décrits comme des parures extraordinaire de séduction. Athéna confectionne ainsi la somptueuse robe qu’Héra revêt pour inciter son époux à l’amour. Les ouvrages qui sortent des mains d’Hélène sont faits pour inspirer le désir amoureux. Elle offre à Télémaque la plus belle de ses étoffes afin que sa jeune épouse la porte au jour des noces. Quenouille et navette, qui fabriquent le voile de la mariée, sont productrices de charme et de séduction.
Bien que le tissage soit associé parfois à la virginité lorsqu’il concerne les déesses Artémis et Athéna, décrites toutes deux parfois avec une « quenouille d’or » à la main, comme dans l’Iliade, il revêt aussi est surtout très souvent une dimension érotique. Certes le péplos qu’Athéna s’est tissée pour elle-même garantit sa virginité mais la plupart du temps les vêtements féminins tissés sont décrits comme des parures extraordinaire de séduction. Athéna confectionne ainsi la somptueuse robe qu’Héra revêt pour inciter son époux à l’amour. Les ouvrages qui sortent des mains d’Hélène sont faits pour inspirer le désir amoureux. Elle offre à Télémaque la plus belle de ses étoffes afin que sa jeune épouse la porte au jour des noces. Quenouille et navette, qui fabriquent le voile de la mariée, sont productrices de charme et de séduction.
L’art de la séduction
et autres tissus de mensonges
Les valeurs érotiques du filage se laissent entrevoir aussi dans le curieux déguisement que prend Aphrodite pour convaincre Hélène à rejoindre Pâris dans leur chambre: elle secoue un coin de son voile parfumé et prend les traits d’une vieille fileuse. Le subterfuge n’empêche nullement Hélène de reconnaître la gorge merveilleuse d’Aphrodite, sa poitrine désirable et ses yeux de lumière.
Ainsi, il est fréquent de trouver dans les représentation d’héroïnes ou de déesse un miroir ou une quenouille à la main pour insister sur leur beauté et la place qu’elles occupent dans le monde grec. Le tissage résulte de l’union des contraires: les fils de chaîne et les fils de trame, verticaux et horizontaux, l’un symbolise l’homme et l’autre la femme. De ce fait, le tissage symbolise aussi quelquefois l’union sexuelle par la même occasion. Dans le prolongement de cette idée, le tissage représente donc la création et la fabrication d’une matière vivante issue du corps féminin fécond.
C’est pour cela qu’on attribue au vêtement les charmes enchanteurs de la séduction qui incite à l’union sexuelle. Les plus belles étoffes se font miroitantes pour attirer à la fois la lumière et l’oeil.
Ainsi, il est fréquent de trouver dans les représentation d’héroïnes ou de déesse un miroir ou une quenouille à la main pour insister sur leur beauté et la place qu’elles occupent dans le monde grec. Le tissage résulte de l’union des contraires: les fils de chaîne et les fils de trame, verticaux et horizontaux, l’un symbolise l’homme et l’autre la femme. De ce fait, le tissage symbolise aussi quelquefois l’union sexuelle par la même occasion. Dans le prolongement de cette idée, le tissage représente donc la création et la fabrication d’une matière vivante issue du corps féminin fécond.
C’est pour cela qu’on attribue au vêtement les charmes enchanteurs de la séduction qui incite à l’union sexuelle. Les plus belles étoffes se font miroitantes pour attirer à la fois la lumière et l’oeil.
Un étrange récit témoigne de cette ambivalence entre virginité et fertilité dans le mythe relatant la naissance d’ Érichthonios, le quatrième roi légendaire d’Athènes.
Après avoir été abandonné par Aphrodite, Héphaïstos aurait poursuivi de ses avances Athéna. Bien que le dieu ait été repoussé, sa semence fertile se répandit sur la cuisse de la déesse qui l'essuie avec un flocon de la laine qu'elle jette à terre. Gaïa, la terre, en contact avec cette laine qui est présentée comme un substitut du corps d’Athéna, fut alors fécondée et donna naissance à Érichthonios, qu'Athéna recueille et élève. Les Athéniens sont ainsi parfois désignés d’« enfants d'Héphaïstos ». Mais Athéna choisi comme principale divinité protectrice de la cité par ses habitants, apparaît aussi, à travers ce récit, comme une mère par substitution des Athéniens.
Mais un autre récit témoigne aussi de l'image qu'a la société grecque de la femme. Pandore va incarner une nature ambivalente. Pour se venger de la désobéissance de Prométhée, Zeus ordonne à Héphaïstos de créer Pandore, la toute première femme sur terre. Créée à partir d'argile et d’eau, cette séductrice libérera tout les maux de l’humanité à cause de sa trop grande curiosité. Certes Pandore est semblable à une chaste vierge mais Hermès a logé en elle mensonges, mots trompeurs et coeur artificieux. En lui ajustant sa parure, Athéna lui enseigne ses travaux et le métier qui tisse mille couleurs.
Après avoir été abandonné par Aphrodite, Héphaïstos aurait poursuivi de ses avances Athéna. Bien que le dieu ait été repoussé, sa semence fertile se répandit sur la cuisse de la déesse qui l'essuie avec un flocon de la laine qu'elle jette à terre. Gaïa, la terre, en contact avec cette laine qui est présentée comme un substitut du corps d’Athéna, fut alors fécondée et donna naissance à Érichthonios, qu'Athéna recueille et élève. Les Athéniens sont ainsi parfois désignés d’« enfants d'Héphaïstos ». Mais Athéna choisi comme principale divinité protectrice de la cité par ses habitants, apparaît aussi, à travers ce récit, comme une mère par substitution des Athéniens.
Mais un autre récit témoigne aussi de l'image qu'a la société grecque de la femme. Pandore va incarner une nature ambivalente. Pour se venger de la désobéissance de Prométhée, Zeus ordonne à Héphaïstos de créer Pandore, la toute première femme sur terre. Créée à partir d'argile et d’eau, cette séductrice libérera tout les maux de l’humanité à cause de sa trop grande curiosité. Certes Pandore est semblable à une chaste vierge mais Hermès a logé en elle mensonges, mots trompeurs et coeur artificieux. En lui ajustant sa parure, Athéna lui enseigne ses travaux et le métier qui tisse mille couleurs.
L'art de la parole
Tramer une ruse
Arts & Techniques
Intelligence & Langage
Intelligence & Langage
Si le tissage est envisagé comme une activité réservée exclusivement aux figures féminines, de nombreux mots se rapportant à cette activité vont toutefois petit à petit être employés pour désigner de façon métaphorique tout ce qui se rapporte au discours, au langage.
Le mot texte est d’ailleurs d’origine latine, dérivé du verbe « texere » qui signifie « tisser ». Les expressions comme « ourdir une ruse, tramer un plan » ou « un tissu de mensonges » vont ainsi apparaître, par exemple.
Si Hector renvoie Andromaque à sa quenouille, à son métier à tisser et oppose à ces fonctions féminines la guerre, affaire des hommes, l’image d’épouse modèle sous laquelle se rangent de nombreuses héroïnes ne les prive pas pour autant d’exprimer toute leur ruse, tout leur talent de persuasion ou de dissuasion pour tenter de fléchir le cours des choses.
Le mot texte est d’ailleurs d’origine latine, dérivé du verbe « texere » qui signifie « tisser ». Les expressions comme « ourdir une ruse, tramer un plan » ou « un tissu de mensonges » vont ainsi apparaître, par exemple.
Si Hector renvoie Andromaque à sa quenouille, à son métier à tisser et oppose à ces fonctions féminines la guerre, affaire des hommes, l’image d’épouse modèle sous laquelle se rangent de nombreuses héroïnes ne les prive pas pour autant d’exprimer toute leur ruse, tout leur talent de persuasion ou de dissuasion pour tenter de fléchir le cours des choses.
L'art de la Parole
et autres tissus de mensonges
Il en va ainsi de deux figures féminines célèbres: Pénélope et Ariane. Le vertueux métier à tisser derrière lequel elles sont toutes deux rangées deviendra l’instrument d’une ruse qu’elle mettront au profit de leur amour et de leur loyauté.
Mais c’est aussi grâce à la toile qu’elle tisse que Philomèle révèle à sa soeur son calvaire. L’ouvrage révèle que le propre époux de sa soeur, éprit de désir pour elle, la viola et lui coupa la langue afin que cet acte demeure impuni. Le tissage dans ce récit est l’ultime moyen d’expression dont dispose Philomèle pour révéler ce terrible secret.
A contrario, dans l’Agamemnon d’Eschyle, le corps de Clytemnestre, lui, est assimilé à un filet qui enserrerait le roi des rois. Dans cette scène d’horreur tragique, l’épouse infidèle monstrueuse, comparée à l’araignée, fait sortir d’elle-même une toile, œuvre meurtrière dont sera victime son époux puisqu’elle demandera à son amant de l’assassiner.
Mais c’est aussi grâce à la toile qu’elle tisse que Philomèle révèle à sa soeur son calvaire. L’ouvrage révèle que le propre époux de sa soeur, éprit de désir pour elle, la viola et lui coupa la langue afin que cet acte demeure impuni. Le tissage dans ce récit est l’ultime moyen d’expression dont dispose Philomèle pour révéler ce terrible secret.
A contrario, dans l’Agamemnon d’Eschyle, le corps de Clytemnestre, lui, est assimilé à un filet qui enserrerait le roi des rois. Dans cette scène d’horreur tragique, l’épouse infidèle monstrueuse, comparée à l’araignée, fait sortir d’elle-même une toile, œuvre meurtrière dont sera victime son époux puisqu’elle demandera à son amant de l’assassiner.
Au chant III de l’Iliade, les vieux Troyens installés autour du roi Priam sur le mur de Troie pour assister au combat opposant Pâris à Ménélas, rapportèrent qu’Agamemnon et Ulysse avait jadis tenté de « tisser leurs paroles et leurs conseils » afin d’obtenir la restitution de la belle Hélène.
Ulysse est un héros très intéressant à cet égard car il est présenté comme très rusé et passé maître dans l’art du discours et du mensonge. S’illustrant de nombreuses fois par ses ruses dans l’Illiade, il ne sera hissé au statut de héros que dans le récit de ses errances. A chaque péripétie de son Odyssée, la principale menace qui ne cesse de planer sur le héros semble être l’oubli. Oublier son nom, ses exploits qui ne pourront être relatés s’il ne survit pas et ne revient pas dans ses terres d’Ithaque, oublier qui il est en tombant dans les pièges qui lui sont tendus (voir "Le fil du destin").
Ulysse est un héros très intéressant à cet égard car il est présenté comme très rusé et passé maître dans l’art du discours et du mensonge. S’illustrant de nombreuses fois par ses ruses dans l’Illiade, il ne sera hissé au statut de héros que dans le récit de ses errances. A chaque péripétie de son Odyssée, la principale menace qui ne cesse de planer sur le héros semble être l’oubli. Oublier son nom, ses exploits qui ne pourront être relatés s’il ne survit pas et ne revient pas dans ses terres d’Ithaque, oublier qui il est en tombant dans les pièges qui lui sont tendus (voir "Le fil du destin").
Les fileuses
Le fil du Destin
Symbole du Temps
Le fil a aussi très souvent été associé au temps et au destin dans de nombreux cultures. Dans le cosmos aussi bien que dans la vie humaine, tout est lié par un vaste liage cosmique.
La vie elle-même est un tissu parfois magique ou un fil qui tient le destin de chacun.
Les Moires créent le destin de chaque être humain. La naissance des Moires est confuse. Dans la Théogonie, elles seraient nées de Zeus et Thémis, l’auteur latin Cicéron mentionne qu’elles seraient nées de Nyx, la nuit et auraient Érèbe pour père. D'autres traditions les rattachent à des divinités primordiales Ouranos et Gaïa. Le poète crétois Épiménide, suppose qu’elles seraient nées de Cronos et d'Évonymé ; Dans sa République, Platon en fait les filles d'Ananké, déesse de la Nécessité. Elles seraient aussi vieilles que la Nuit, la Terre et le Ciel. La première des Moires, Clotho tisse le fil de la vie. C'est elle qui fabrique et tient le fil des destinées humaines. On la représente souvent portant une couronne formée de sept étoiles. Lachesis déroule le fil. Atropos est celle qui le coupe, dont le filage rend irréversible le destin. Elle est représentée comme la plus âgée des trois sœurs. Ce qui est filé ne peut être défait.
Dans la mythologie romaine, les Parques sont aussi trois soeurs Nona, Decima et Morta. Au départ, les Romains ne connaissaient qu'une Parque, Parca Maurtia, qui symbolisait la destinée, ainsi qu'une déesse appelée Neuna Fata, qui était associée à la naissance et qui deviendra au fil du temps la Parque Nona. C'est sous l'influence des Moires grecques, qui président respectivement à la naissance, au déroulement de la vie puis à la mort, que les Romains adopteront l'idée de trois Parques.
La vie elle-même est un tissu parfois magique ou un fil qui tient le destin de chacun.
Les Moires créent le destin de chaque être humain. La naissance des Moires est confuse. Dans la Théogonie, elles seraient nées de Zeus et Thémis, l’auteur latin Cicéron mentionne qu’elles seraient nées de Nyx, la nuit et auraient Érèbe pour père. D'autres traditions les rattachent à des divinités primordiales Ouranos et Gaïa. Le poète crétois Épiménide, suppose qu’elles seraient nées de Cronos et d'Évonymé ; Dans sa République, Platon en fait les filles d'Ananké, déesse de la Nécessité. Elles seraient aussi vieilles que la Nuit, la Terre et le Ciel. La première des Moires, Clotho tisse le fil de la vie. C'est elle qui fabrique et tient le fil des destinées humaines. On la représente souvent portant une couronne formée de sept étoiles. Lachesis déroule le fil. Atropos est celle qui le coupe, dont le filage rend irréversible le destin. Elle est représentée comme la plus âgée des trois sœurs. Ce qui est filé ne peut être défait.
Dans la mythologie romaine, les Parques sont aussi trois soeurs Nona, Decima et Morta. Au départ, les Romains ne connaissaient qu'une Parque, Parca Maurtia, qui symbolisait la destinée, ainsi qu'une déesse appelée Neuna Fata, qui était associée à la naissance et qui deviendra au fil du temps la Parque Nona. C'est sous l'influence des Moires grecques, qui président respectivement à la naissance, au déroulement de la vie puis à la mort, que les Romains adopteront l'idée de trois Parques.
Les fileuses
Moires-Parques-Nornes-Völvas
Les Romains rendaient de grands honneurs aux Parques, et les invoquaient ordinairement après Apollon, parce que, comme ce dieu, elles pénétraient l’avenir. Elles auraient aidé Bacchus (Dionysos), Hercule (Héraclès), Thésée, Ulysse, Orphée à sortir du Tartare. C'est à elles encore que Pluton (Hadès) confia son épouse.
Dans la mythologie scandinave, on peut comparer Les trois Moires et Parques aux trois Nornes: Urd, Verdandi et Skuld. Elles règlent le destin de l'ensemble des habitants des neuf mondes et résident près du Puits d'Urd, le puits du Destin. Elles en tirent l'eau et en arrosent l'arbre Yggdrasil afin que ses branches ne pourrissent jamais. Il existe de nombreuses autres Nornes, qui arrivent lorsqu'une personne naît afin de fixer son avenir. Ces Nornes peuvent être bienveillantes ou malveillantes, responsables respectivement des événements heureux ou malheureux de la vie. Sur le bois de l'arbre Monde, elles y gravent le destin de chaque enfant en écriture runique. Ainsi, tout est prédéfini : même les dieux possèdent leur propre destin — ils sont mortels eux aussi.
Dans le Darradtharljodth, à la fin de la saga de Njáll le Brûlé (xie siècle), on peut lire une description sommaire des Nornes et de leur travail pour préparer la bataille de Clontarf:
« Dörrud vint à la maison, et regarda par une fente qui était là. Il vit des femmes auprès d'un métier à tisser. Ce métier avait des têtes d'hommes en guise de poids, et des boyaux humains, pour trame et pour fil. Les montants du métier étaient des épées, et les navettes, des flèches. Et les femmes chantaient : « Voyez, notre trame est tendue pour les guerriers qui vont tomber ».
L'origine du nom « norn » est incertaine. Il pourrait en effet être dérivé d'un mot signifiant « tresser », et se référer ainsi au fait qu'elles tissent les fils du destin.
Dans la mythologie scandinave, on peut comparer Les trois Moires et Parques aux trois Nornes: Urd, Verdandi et Skuld. Elles règlent le destin de l'ensemble des habitants des neuf mondes et résident près du Puits d'Urd, le puits du Destin. Elles en tirent l'eau et en arrosent l'arbre Yggdrasil afin que ses branches ne pourrissent jamais. Il existe de nombreuses autres Nornes, qui arrivent lorsqu'une personne naît afin de fixer son avenir. Ces Nornes peuvent être bienveillantes ou malveillantes, responsables respectivement des événements heureux ou malheureux de la vie. Sur le bois de l'arbre Monde, elles y gravent le destin de chaque enfant en écriture runique. Ainsi, tout est prédéfini : même les dieux possèdent leur propre destin — ils sont mortels eux aussi.
Dans le Darradtharljodth, à la fin de la saga de Njáll le Brûlé (xie siècle), on peut lire une description sommaire des Nornes et de leur travail pour préparer la bataille de Clontarf:
« Dörrud vint à la maison, et regarda par une fente qui était là. Il vit des femmes auprès d'un métier à tisser. Ce métier avait des têtes d'hommes en guise de poids, et des boyaux humains, pour trame et pour fil. Les montants du métier étaient des épées, et les navettes, des flèches. Et les femmes chantaient : « Voyez, notre trame est tendue pour les guerriers qui vont tomber ».
L'origine du nom « norn » est incertaine. Il pourrait en effet être dérivé d'un mot signifiant « tresser », et se référer ainsi au fait qu'elles tissent les fils du destin.
Les Norns peuvent être comparées aux Völvas* tisseuses de paix dans la mythologie germanique. Les Völvas étaient des prêtresses et prophétesses. Le mot « völva » viendrait de quenouille. On les appelle aussi « seiðkona », sorcières. Le seiðstafr, « bâton de seydr » (baguette magique en somme) est l'un des attributs de Freyja, symbole du pouvoir magique de la Völva. Celui qui est frappé avec ce bâton trois fois sur la joue perd ses souvenirs. Quand une sorcière défaisait un nœud dans son œuvre, elle pouvait par exemple délier les membres d'un héros-guerrier, ses bras, ses jambes… On a retrouvé dans certaines tombes de Norvège et Suède des femmes enterrées avec une quenouille, peut-être s’agissait-il de Völvas. Dans la société scandinave ancienne, son autorité était absolue et largement rémunérée.
Dans la littérature Scandinave, Freyja se rend au Walhalla avec l’une d’entre elles; le dieu Baldr consulte l'une d'entre elles après avoir rêvé de sa propre mort. Dans le roman ancien anglais Beowulf, des femmes sont appelées « tisseuses de paix » , une allusion aux sorcières, qui ont le pouvoir d’arrêter les armées mais l’expression peut aussi désigner plus largement toute femme qui tisse les liens entre les familles. La reine Wealhþeow, qui agit comme une Völva remet le collier, symbole de Freyja à Beowulf pour avoir tué Grendel.
La déesse Frigg est souvent représentée avec un rouet. En épousant Odin, la déesse de la fertilité, de l’amour et du mariage devint reine du ciel. Avec ses douze servantes, elle occupait ses journées à filer les nuages. D’ailleurs, elle était la patronne des devineresses (des sibylles) et des fées. Frigg était célèbre pour sa prescience. Elle avait la réputation de connaître la destinée de chaque individu, mais ne la révélait jamais. Un jour Odin se serait pendu à l’arbre Yggdrasil pour obtenir ce don.
Dans la littérature Scandinave, Freyja se rend au Walhalla avec l’une d’entre elles; le dieu Baldr consulte l'une d'entre elles après avoir rêvé de sa propre mort. Dans le roman ancien anglais Beowulf, des femmes sont appelées « tisseuses de paix » , une allusion aux sorcières, qui ont le pouvoir d’arrêter les armées mais l’expression peut aussi désigner plus largement toute femme qui tisse les liens entre les familles. La reine Wealhþeow, qui agit comme une Völva remet le collier, symbole de Freyja à Beowulf pour avoir tué Grendel.
La déesse Frigg est souvent représentée avec un rouet. En épousant Odin, la déesse de la fertilité, de l’amour et du mariage devint reine du ciel. Avec ses douze servantes, elle occupait ses journées à filer les nuages. D’ailleurs, elle était la patronne des devineresses (des sibylles) et des fées. Frigg était célèbre pour sa prescience. Elle avait la réputation de connaître la destinée de chaque individu, mais ne la révélait jamais. Un jour Odin se serait pendu à l’arbre Yggdrasil pour obtenir ce don.
Pénélope Ulysse
Le fil du Destin
Symbole du Temps
Ourdir une intrigue en secret
Ourdir une intrigue en secret
A chaque péripétie de son Odyssée, la principale menace qui ne cesse de planer sur Ulysse semble être l’oubli. Oublier son nom, ses exploits qui ne pourront être relatés s’il ne survit pas et ne revient pas dans ses terres d’Ithaque, oublier qui il est en tombant dans les pièges qui lui sont tendus.
L’intemporalité qui s’étend sur les îles des nymphes de Calypso et de Circé, menace Ulysse d’oublier d’où il vient. Entendant Circé chanter de sa belle voix, tout en tissant au métier une toile immense, immortelle » le héros fini par renoncer aux charmes des lieux et de chaque nymphe auxquels il avait un temps succombé pour poursuivre ses aventures.
Dans le récit d’Homère, Ulysse échappe aux charmes des sirènes grâce à la ruse. Le mot grec seirênès vient de seira “chaîne, corde, lasso”, d’où le sens de “celles qui attrapent, qui attachent” que l’on retrouve dans les mythes des dangereuses sirènes. Après avoir été mis en garde par Circé, Ulysse fit couler de la cire dans les oreilles de ses marins pour qu’ils ne puissent pas entendre les sirènes. Il eut l’idée de se faisait attacher au mât du navire. Ainsi quand il demanda à ses compagnons de le détacher ses liens fut serrés encore plus fort. Ulysse put écouter leur chant sans se précipiter vers elles malgré la tentation. Très souvent Ulysse veut demeurer lucide, témoin éveillé des dangers qu’il a à traverser.
Pénélope - Ulysse
Ne pas perdre le fil...
Mais nous pourrions aussi envisager Ithaque, elle aussi, comme une île de l’oubli, bien plus menaçante pour Ulysse que l’île de calypso ou le pays des Lotophages. La mémoire du héros absent tient au fil de Pénélope, qui refuse d’accepter l’oubli.
Ce n’est que lorsque les prétendants envahissent la maison d’Ulysse que l’histoire de Pénélope, commence vraiment. Chaque prétendant exige que Pénélope choisisse celui qui remplacera Ulysse à ses côtés et qui lui succèdera en tant que roi. Pénélope ne peut refuser et déclare qu’elle annoncera sa décision après avoir tissé le suaire de son beau-père Laërte. Le tissage est dans ce récit une ruse qui permet à Pénélope d’échapper à l’impasse dans laquelle elle se trouve, en faisant durer l’attente autant que nécessaire. Ainsi, chaque nuit, la reine défaisait la toile tissée pendant la journée afin que son ouvrage ne se termine. Peu importe ce qu’elle tisse, elle est dans une position d’attente, prête à se marier, soumise à sa condition féminine et intouchable à la fois, tant que son métier demeure dressé.
Par cet acte, Pénélope perpétue indéfiniment ce rôle de fiancée virtuelle et protège ainsi sa position réelle de femme d’Ulysse, dans l’attente vertueuse de son retour. « Le mouvement du tissage » a ici le pouvoir, à la fois, de bloquer tout échange, ainsi que de promouvoir l’union familiale et sociale. Le temps se trouve ainsi figé dans une continuité du non-fait et du non-accompli.
De façon analogue à Calypso, Pénélope tient ses prétendants prisonniers sous son charme, les affaiblit et les aveugle. Au livre XIX de l’Odyssée, Pénélope présente à Ulysse, qui est enfin parvenu à rentré, mais encore déguisé en mendiant, sa ruse de la toile: « ils me pressent avec le mariage, et moi j’enroule les ruses en pelote » lui déclare-t-elle.
Ainsi dans l‘épopée homérique, Pénélope, tout comme son époux, est parvenu à « tisser des astuces et des ruses pour dévier le cours des évènements ».
De façon analogue à Calypso, Pénélope tient ses prétendants prisonniers sous son charme, les affaiblit et les aveugle. Au livre XIX de l’Odyssée, Pénélope présente à Ulysse, qui est enfin parvenu à rentré, mais encore déguisé en mendiant, sa ruse de la toile: « ils me pressent avec le mariage, et moi j’enroule les ruses en pelote » lui déclare-t-elle.
Ainsi dans l‘épopée homérique, Pénélope, tout comme son époux, est parvenu à « tisser des astuces et des ruses pour dévier le cours des évènements ».
Ariane Thésée
Le fil du Destin
Symbole du Temps
Ourdir une intrigue en secret
Ourdir une intrigue en secret
Mais Le récit le plus célèbre qui accorde à une pelote de fil un rôle incontestable est celui relatant la victoire de Thésée sur le Minotaure, un être mi homme mi taureau et la ruse qui lui a permis de sortir vivant du labyrinthe dans lequel il se trouvait.
Séduite par Thésée, Ariane, aide celui-ci à s'échapper du Labyrinthe, que le père de la jeune femme, Minos avait fait construire. C'est en effet le secours qu'elle apporte à Thésée qui permet à ce dernier d'obtenir la victoire sur le Minotaure : contre la promesse de l'épouser, elle lui fournit un fil qu'il dévide derrière lui afin de retrouver son chemin. Mais, après avoir tué le Minotaure, le héros l'abandonne sur l'île de Dia.
Dans une version, elle quitte finalement l'île pour suivre le dieu Dionysos.
Ariane - Thésée
Ne pas perdre le fil...
Selon d'autres traditions, elle meurt de chagrin. Selon Homère, elle est tuée à Naxos par une flèche d'Artémis, sur ordre de Dionysos jaloux.
Dans un autre récit, Athéna serait apparue à Thésée pour lui apprendre qu'Ariane est promise à Dionysos et que par conséquent, il doit renoncer à elle. C'est le cœur déchiré que Thésée doit quitter Ariane. Par ailleurs, Aphrodite serait apparue à Ariane pour la réconforter en lui annonçant la nouvelle de ses noces proches. La déesse l’aurait coiffée d'une couronne d’or, oeuvre d'Héphaïstos, que par la suite les dieux changeront en constellation pour plaire à Dionysos.
Une autre version présente l'abandon d'Ariane comme un accident : face à une tempête qui menace leur bateau, Thésée est obligé de lever l'ancre sans Ariane.
Cet abandon forcé serait la cause de l'oubli de Thésée de changer les voiles du navire (elles auraient dû être remplacées par des voiles blanches si le héros avait triomphé). En effet, un brouillard vient entourer le bateau et troubler la mémoire de Thésée, châtiment envoyé par les dieux pour punir sa trahison. Égée, le père du héros, guette le retour du navire. En apercevant les voiles noires, signe de deuil et d'échec contre le Minotaure, il se jette dans la mer qui désormais porte son nom. C'est donc en héros endeuillé, malgré sa victoire contre le monstre, que Thésée revient dans son royaume.
Cet abandon forcé serait la cause de l'oubli de Thésée de changer les voiles du navire (elles auraient dû être remplacées par des voiles blanches si le héros avait triomphé). En effet, un brouillard vient entourer le bateau et troubler la mémoire de Thésée, châtiment envoyé par les dieux pour punir sa trahison. Égée, le père du héros, guette le retour du navire. En apercevant les voiles noires, signe de deuil et d'échec contre le Minotaure, il se jette dans la mer qui désormais porte son nom. C'est donc en héros endeuillé, malgré sa victoire contre le monstre, que Thésée revient dans son royaume.
Miracles
Le fil du Destin
Miraculeuses manifestations divines
Le tissage a inspiré quelques récits dans les traditions monothéistes de diverses cultures. Particulièrement autour des motifs de l’araignée, comme dans l’islam, le christianisme et le judaïsme mais aussi autour du voile, du linceul et du suaire qui inspireront certaines légendes chrétiennes.
Peu de miracles sont décrits dans les Hadiths qui racontent la vie du prophète Muhammad.
Il existe un anecdote relevant du miracle même si l’authenticité de ce récit est très souvent contesté: celle de l’araignée. Muhammad et Abou Bakr, son plus proche compagnon, se réfugièrent dans une grotte pour échapper à leurs poursuivants Qoraïchites. Une fois qu’ils furent à l’intérieur, une araignée tissa sa toile à l’entrée de la grotte et une colombe pondit ses œufs sur une branche qui barrait cette même entrée. Lorsque les soldats arrivèrent, ils crurent que personne n’avait pu y pénétrer sans déchirer la toile d’araignée ni faire fuir la colombe et ils rebroussèrent chemin.
Cette parabole de l’araignée aurait été racontée, presque mot pour mot, dans d'autres cultures non islamiques avant et après le VIIe siècle. Ibn Ishaq, qui est l'auteur de cette histoire dans la tradition islamique, avait des origines chrétiennes (par son grand père), il connaissait la culture syriaque de son époque et était surement au courant d'une autre histoire, célèbre: les araignées qui auraient sauvé Saint Félix de Nole au III ème siècle après J-C. des soldats romains.
L'araignée - Le voile
Muhammad - St Félix - David - Jésus
Un épisode similaire se retrouve aussi dans la tradition juive mettant en scène le roi David. Celui-ci, voyant un jour une araignée dans son jardin, s’étonna devant Dieu: « Pourquoi avoir créé cette créature inutile? » Dieu répondit: « Le jour où tu comprendras viendra ». Il comprit en effet, lorsque plus tard, pourchassé par Saül, il se cacha dans une grotte. Une araignée tissa alors sa toile sur toute la surface de l’entrée. Saül, voyant la toile, en déduisit qu’aucun homme n’était dans cette grotte et s’en alla. David fut ainsi sauvé.
Dans le christianisme deux épisodes miraculeux vont se manifester au travers du linceul et du voile, issus eux aussi du tissage. Ils seront considérés comme la trace, le témoignage du sort réservé à Jésus Christ afin de racheter les hommes sur terre. Ils incarnent à la fois sa disparition et sa résurrection, sa réapparition. Tous deux annoncent le miracle de la résurrection qui aura lieu trente jours après la mort du christ sur la croix. Lorsque Marie-Madeleine puis quelques disciples comme Pierre, découvrent le tombeau de Jésus vide, ils remarquent les linges là, à plat, les bandelettes qui lient le linceul avec le corps, et le tissu qui recouvrait la tête de Jésus crucifié, le "suaire" qui lui été enroulé. Les tissus témoignent dans cet épisode à la fois de l’absence de corps mais préfigurent aussi le miracle de la résurrection, de la présence de Jésus au delà de sa crucifixion.
Selon la tradition, l'image du visage du Christ se serait imprimée durant son chemin de croix sur le voile de sainte Véronique. Cette légende se serait développée lorsque un voile fut exposé à la dévotion des pèlerins à Rome. Le voile était appelé la veronica (c'est-à-dire la vraie icône)« image fidèle ».
La légende de Véronique permettait d'expliquer la formation d’une représentation apparu sans l’intervention de la main de l’homme. Ce récit est aussi un moyen de justifier la place que le christianisme accorde aux images et aux reliques dans la manifestation de sa dévotion en rupture avec l’absence de toute représentation majoritairement adoptée dans le judaïsme et l’islam. L'histoire se répand entre les VIIe et VIIIe siècles. Dans sa version la plus connue, Véronique serait une femme pieuse de Jérusalem qui, poussée par la compassion lorsque Jésus-Christ portait sa croix au Golgotha, lui donna son voile pour qu'il puisse essuyer son front; Son visage s'y serait miraculeusement imprimée. Cet épisode n'apparaît pas dans le Nouveau Testament. Mais à partir du IVe siècle, le nom de Bérénice signifiant « qui porte la victoire », latinisé en « Véronique » est donné à la femme anonyme hémophile mentionnée dans les Evangiles. Souffrant d’hémorragies chroniques, cette femme aurait été miraculeusement guérie en touchant le vêtement que porte Jésus. Selon une version relatée au XIIIè siècle par Jacques de Voragine dans la Légende Dorée, Véronique se rendit plus tard à Rome pour présenter le tissu à l'empereur romain Tibère, avec lequel elle a guéri l’empereur souffrant. Le voile, possédant la grâce de Dieu, aurait été capable d'étancher la soif, de guérir la cécité et même de ressusciter les morts.
On retrouve aussi le thème de la face imprimée dans le récit du Mandylion « portrait » du Christ apporté à Abgar d’Edesse dès le VIème siècle à l’époque byzantine. Abgar, roi mourant, fait mander le Christ dans l’espoir d’être sauvé à son toucher. Le Christ ne peut se déplacer car il sent approcher l’heure de son martyre. Il accepte en revanche de se laisser portraiturer par le serviteur d’Abgar. Mais ce dernier n’y arrive pas –l’homme ne peut rendre trait pour trait la perfection divine. Le visage divin brillait d'un tel éclat que le peintre ébloui ne put travailler. – le Christ s’essuie le visage sur un pan de son manteau. Le visage s’imprima miraculeusement sur l’étoffe que Jésus remit ensuite au serviteur. Et Abgar sera guéri à sa vue !
On retrouve aussi le thème de la face imprimée dans le récit du Mandylion « portrait » du Christ apporté à Abgar d’Edesse dès le VIème siècle à l’époque byzantine. Abgar, roi mourant, fait mander le Christ dans l’espoir d’être sauvé à son toucher. Le Christ ne peut se déplacer car il sent approcher l’heure de son martyre. Il accepte en revanche de se laisser portraiturer par le serviteur d’Abgar. Mais ce dernier n’y arrive pas –l’homme ne peut rendre trait pour trait la perfection divine. Le visage divin brillait d'un tel éclat que le peintre ébloui ne put travailler. – le Christ s’essuie le visage sur un pan de son manteau. Le visage s’imprima miraculeusement sur l’étoffe que Jésus remit ensuite au serviteur. Et Abgar sera guéri à sa vue !
Zeus titans
Maître des liens
Souveraineté & Ordre
Certains mythes grecs racontent une longue série d’épisodes où Zeus enchaîne ou libère les forces selon qu’elles lui sont hostiles ou profitables afin de légitimer sa souveraineté.
Dans la Théogonie, d’Hésiode, Zeus libère du ventre de Cronos ses propres frères et soeurs qui l'assisteront dans la lutte contre les Titans. Cronos dévorait chacun de ses enfant afin qu’aucun ne puisse un jour le détrôner. Avec l’aide de Gaïa et d’Ouranos, la mère de Zeus, Rhéa, remplaça ce dernier-né par une pierre recouverte de langes que son époux avala. L’océanide Métis apporta son aide en proposant un pharmakon afin que Cronos puisse vomir les frères et soeurs que Zeus venait libérer. Zeus délivra ensuite de leurs liens maudits les frères de son père, les fils d’Ouranos. Avaient-il été enchainés par leur frère Cronos ou par leur père Ouranos? Le texte est ambigu à ce sujet. Les Cyclopes et les Cent-bras furent donc délivrés par Zeus pour lui apporter un net avantage dans la bataille contre les Titans. Les Cyclopes mettent au service de Zeus leur magie métallurgique, en fabriquant le tonnerre, l’éclair et la foudre, qui deviendront ses armes et les Cent-Bras, détenteurs d’une magie guerrière écrasèrent les ennemis sous une masse de pierres.
C'est seulement après que les dieux leur eurent offert de partager avec eux le nectar et l'ambroisie - la nourriture d'immortalité dont ils ont le privilège exclusif- que les Cent-Bras, pleinement réconfortés, vont pouvoir jouer leur rôle d'agents décisifs de la victoire. Cette nourriture, décuplant chez les Cent-Bras une énergie divine qui s'était sans doute assoupie dans les liens où ils se trouvaient jusqu'alors confinés. Vaincus les Titans furent jetés dans le Tartare et les Cent-bras furent chargés de les garder.
Zeus contre les Titans & Typhon
Lier les forces obscures pour garantir l’ordre du monde
Métis devint alors la première épouse de Zeus. Pas de souveraineté sans Mètis. Sans le secours de la déesse, sans l'appui des armes de la ruse dont dispose sa science magique, le pouvoir suprême ne saurait ni être conquis , ni s'exercer, ni se conserver.
Zeus est toutefois face à un dilemme, Métis porte un enfant. On prédit alors que si un fils nait un jour de leur union, il lui réserverait le même sort que Zeus avait fait subir à Cronos pour le détrôner. Zeus défia la déesse dans un concours de métamorphose. Mètis, qui se changea en goutte d’eau, fut avalée par Zeus. Elle continuera à le conseiller, dit-on en son sein. Du crâne de Zeus naitra Athéna, fruit de cette union.
Après sa victoire sur les titans, Zeus dut encore mener une lutte contre une autre menace : Typhée ou Typhon. Chez Hésiode, Thyphée, monstre prodigieux, est le dernier rejeton qu’engendre Gaïa, unie à Tartaros. le type même d’énergie dont il dispose en fait une puissance de confusion et de désordre, un agent de chaos. Contrairement à l’Ullikumi hittite auquel on l’a souvent comparé et qui menace le roi du ciel par l’inertie de sa masse gigantesque, Typhée est toujours en mouvement, ses pieds sont infatigables.
Dans la version d'Épiménide: Typhon profite que Zeus ferme ses paupières un instant, pour s’introduire dans son palais ; il va mettre la main sur la royauté, mais au moment même où tout semble perdu, Zeus ouvre l'oeil: le monstre s'écroule foudroyé.
Chez Apollodore, lors de sa lutte contre Typhon. Zeus frappe son ennemi avec la harpè, l’arme de Cronos. Puis dans un corps à corps, Typhon immobilise Zeus en l'enserrant dans ses anneaux de serpent ; il lui coupe les nerfs des mains et des pieds ; il emporte le corps de Zeus paralysé en Cilicie. Les nerfs du dieu sont cachés dans la peau d’un ours placé sous la surveillance d’une femme-serpent. L'affaire paraît ainsi réglée. Zeus vaincu se trouve dans le même état de servitude qu'il a imposé à Cronos; immobilisé au fond d'une caverne, sans plus de force. Mais le salut de Zeus et le rétablissement de son pouvoir royal vont être assurés par l'intervention de deux « tricheurs », le rusé Hermès et son complice Égipan. Les deux compères réussissent, sans être vus, à dérober les nerfs de Zeus et à les réajuster sur le corps du dieu. Les nerfs des mains et des pieds remis en place, Zeus récupère toute la force qui lui est propre. Il surgit subitement devant Typhon éberlué et, monté sur son char, jetant sur lui la foudre, il poursuit le monstre dans sa fuite. Le combat cependant serait demeuré indécis si une ruse nouvelle, une seconde tromperie n'avait été machinée par les Moires. Elles persuadent Typhon de mordre dans un fruit dont elles l'assurent qu'il lui apportera une puissance inégalable. Mais cette prétendue drogue d'invincibilité, ce pharmakon est en réalité un « fruit éphémère», le contraire d'une nourriture d'immortalité, un aliment dont on ne peut goûter sans connaître l'usure de ses forces et la mort. La violence primordiale du monstre fut ainsi désarmée.
Zeus Héra Prométhée
Maître des liens
Souveraineté & Ordre
Selon le mythe où Héra engendra seule Héphaïstos, ce ne serait pas son fils qui l'aurait placé sur une chaise mécanique, confectionnée pour se venger d'avoir été rejeté (voir "Les ruses de l'intelligence") mais Zeus lui-même. Les bras de cette chaise se repliaient et enserraient la personne qui était assise dessus. Ne pouvant croire qu’Héra ait enfanté seule Héphaïstos il l’aurait ainsi emprisonné pour la contraindre de jurer par le Styx, serment inviolable, que c'était la stricte vérité. La déesse Héra aurait fini par consentir à Héphaïstos la main d’Aphrodite pour l’avoir délivré.
Un autre mythe raconte, qu’un jour, lassée de ses infidélités, Héra fomenta une révolte contre Zeus avec Poséidon, Apollon et quelques autres habitants de l’Olympe, comme Athéna à l’exception de la sage Hestia.
Ces dieux entourèrent Zeus par surprise tandis qu'il était endormi sur sa couche, l'attachèrent avec des lanières de cuir et firent cent nœuds afin qu'il ne puisse plus bouger.
Il les menaça de les tuer sur-le-champ mais comme ils avaient mis son foudre hors de sa portée, ils se moquèrent de lui. Alors qu'ils célébraient leur victoire et discutaient âprement pour savoir qui serait son successeur, Thétis la Néréide, prévoyant une guerre civile sur l'Olympe, alla chercher Briarée aux cent bras. Il le libéra de toutes ses lanières en se servant de toutes ses mains à la fois.
Comme Héra était à l'instigatrice de la conspiration dirigée contre lui, Zeus la suspendit dans le ciel, une chaîne d'or attachée au poignet et une enclume à chaque cheville. Les autres dieux étaient furieux mais n'osaient pas lui porter secours malgré ses cris déchirants.
La punition d'Héra & de Prométhée
par Zeus
Il ne faisait pas bon d'ailleurs de venir s'interposer dans les disputes du couple. Héphaïstos en fit l'amère expérience quand Zeus le jeta du haut de l’Olympe une seconde fois, pour avoir pris la défense de sa mère. Zeus finit par libérer Héra après que chaque dieu ait fait le serment de ne plus jamais s'insurger contre lui; ils obéirent à contrecœur. Apollon et Poséidon furent toutefois placés au service d’un roi pendant un an pour expier leur faute.
Héra aurait aussi donné naissance seule, une seconde fois, à une autre enfant. Considérant comme un outrage l’enfantement d’Athéna par Zeus, lui seul ou ses infidélités avec Léto, dans sa colère, Héra invoqua la terre, le vaste ciel et les Titans enfermés dans le Tartare, et leur demanda la faveur d'enfanter, elle aussi, seule. Ses voeux furent exaucés, et elle mit au monde « non un fils semblable aux dieux et aux hommes, mais l'effroyable Typhon, fléau des mortels ». Même s’il porte le même nom, il diffère de Typhon , fils de Gaïa et du Tartare, contre lequel Zeus eut à se battre.
De son côté, l’un des fils du Titan Japet, Prométhée est un personnage très ambigu et certains récits diffèrent à son sujet. Après Mètis, Prométhée est le seul Titan qui puisse prétendre jouer de ruse avec Zeus comme l’Océanide elle-même. Prométhée est le « prévoyant ».
Dans la version d'Eschyle de Prométhée, qui ignore délibérément le personnage de Mètis, le titan tient la place et joue le rôle qu'Hésiode assigne à la déesse.
Les Titans en leur brutalité présomptueuse crurent qu'ils n'auraient pas de peine à triompher des Olympiens par la force. Pour les persuader du contraire, Prométhée leur prodigue ses plus savants avis. En vain, Cronos et les Titans ne veulent rien entendre ; ils se refusent même à examiner la question. Il ne reste alors à Prométhée qu'à porter sa mètis dans l'autre camp et à se ranger du côté de Zeus. L'Olympien accueille volontiers les services du titan dont les plans allaient assurer sa victoire et consacrer ses privilèges en permettant d'enchaîner au fond du Tartare le vieux Cronos et ses alliés.
Comme les cent-bras et les cyclopes, Prométhée va être enchainé puis délivré. Il avait réussi à voler le feu dont Zeus avait privé les hommes grâce à sa ruse. Contre cette rébellion, Zeus ordonna à Héphaïstos de créer des liens indestructible pour enchainer Prométhée à un rocher. Un aigle lui dévorant le foie continuellement en guise de châtiment. Le titan prédit alors que le souverain des dieux aura un jour besoin de lui. Si Zeus souhaite apprendre quel destin hasardeux doit le dépouiller de son sceptre et de ses honneurs, le maître de l’Olympe devra délier Prométhée de ses chaînes ». Zeus demande alors à Héraclès de partir le délivrer. En contrepartie de sa liberté retrouvée, Prométhée, révéla à Zeus que le fils qui naîtrait de son union avec Thétis le renverserait.
Zeus qui désirait en effet la Néréide Thétis, dût renoncer à elle et la maria au mortel Pélée. Un fils exceptionnel naîtra de cette union : Achille, à qui il manqua l’immortalité de peu.
Comme les cent-bras et les cyclopes, Prométhée va être enchainé puis délivré. Il avait réussi à voler le feu dont Zeus avait privé les hommes grâce à sa ruse. Contre cette rébellion, Zeus ordonna à Héphaïstos de créer des liens indestructible pour enchainer Prométhée à un rocher. Un aigle lui dévorant le foie continuellement en guise de châtiment. Le titan prédit alors que le souverain des dieux aura un jour besoin de lui. Si Zeus souhaite apprendre quel destin hasardeux doit le dépouiller de son sceptre et de ses honneurs, le maître de l’Olympe devra délier Prométhée de ses chaînes ». Zeus demande alors à Héraclès de partir le délivrer. En contrepartie de sa liberté retrouvée, Prométhée, révéla à Zeus que le fils qui naîtrait de son union avec Thétis le renverserait.
Zeus qui désirait en effet la Néréide Thétis, dût renoncer à elle et la maria au mortel Pélée. Un fils exceptionnel naîtra de cette union : Achille, à qui il manqua l’immortalité de peu.
Bien contre mal
Maître des liens
Souveraineté & Ordre
L’utilisation de liens, de filets pour désarmer son adversaire se retrouvent dans de nombreuses autres cultures mettant souvent en scène une lutte entre le bien et le mal.
En Mésopotamie, Enlil, dieu du vent et son épouse Ninkhursag (Ninlil), déesse de la terre ou encore les dieux lunaires comme En-zu (Sin) prennent dans leurs filets ceux qui se rendent coupables de parjure. Shamash, dieu solaire, est armé lui aussi de lacets et de cordes.
La déesse Nisaba, déesse de l‘écriture et scribe des dieux, associée aussi à la fertilité et à l’agriculture, elle, ficelle les démons des maladies qui possèdent eux aussi des lacets.
On prie Marduk pour qu’il délivre ceux qui sont pris dans ses chaines et ses lacets car il est aussi un maître lieur. On dit au dieu Bêl (Enlil) que chacun des lacets qu’il lance est un lacet hostile. Le dieu de la végétation Tammuz est lui aussi surnommé seigneur des lacets, mais dans le mythe où il doit regagner le royaume des morts, il est lui-même lié et demande à être sauvé des lacets. Ea, le dieu des eaux et de la sagesse, ne lutte pas héroïquement avec les monstres primordiaux Apsû et Mummu, il les lie par des incantations magiques pour les tuer.
La lutte du bien et du mal
Mésopotamie - Inde - Perse
L’arme capitale du dieu agraire Marduk, reste le filet « don du dieu Anu père de tous les dieux», et du ciel. Dans le combat qu’il entreprend avec le monstre marin Tiamat du chaos, Marduk lie Tiamat, l’enchaine et lui arrache la vie. Il enchaine ensuite tous les dieux et démons qui avaient aidé Tiamat. Jetés dans des filets, ils restèrent dans des nasses et furent ensuite mis dans des cavernes. Marduk pour les Babylonien deviendra ainsi souverain des dieux.
Dans l’Inde védique, Varuna, le plus invincible des dieux, est présenté comme maître des liens. De nombreux hymnes et cérémonies n’ont d’autre objet que de protéger ou libérer l’homme des « lacets de Varuna ». Indra, dieu guerrier manieur de foudre, héros des duels innombrables, sauve, en les déliant, les victimes liées par Varuna.
Indra est censé pouvoir délivrer non seulement des liens de Varuna, mais aussi du liage des démons de la mort, comme de la démone Viervavara. Les maladies sont des lacets et la mort n’est que le lien suprême.
En Perse, certains démons comme certaines divinités indiennes de la mort ficellent le défunt avant de l’emporter vers le pont Cinvat, qui mettra à l’épreuve l’âme jugée juste ou mauvaise. Tahmuras, le troisième Shah d’Iran, a utilisé la magie pour maîtriser Ahriman et en a fait son esclave. Il monte sur son dos comme sur un cheval. Les démons se sont rebellés contre Tahmuras. Par magie, il a lié les deux tiers des démons les réduisant à l’esclavage. Il écrasa le tiers restant avec sa masse. Tahmuras fut un grand inventeur des arts pour soulager la condition humaine. Il inventa entre autre le filage et le tissage de la laine. Ahriman lui tendit un jour un piège. En se cabrant, il jette Taxmoruw au sol et avale le malheureux roi en entier. Pendant ce temps, Jamshid , le frère dévoué de Taxmoruw (non son fils, comme dans le Shahnameh), parcourt le monde à la recherche de son corps jusqu'à ce qu'il apprenne finalement de Srosh, le confident presque omniscient d'Ahura Mazda , qu'il est caché dans les entrailles d'Ahriman. Jamshid récupère le corps, construit la tour prototypique du silence et place le corps dessus pour être excarné par des oiseaux de proie, selon le rituel zoroastrien.
De son côté, le héros Fereydoun, s'est révolté contre le roi tyrannique Zahhak, incarnation du mal et fidèle d’Ahriman. Il l’enchaînera sur la chaîne de montagne la plus haute d’Iran, où se trouve le volcan semi-actif: le mont Damavand.
dragons
Maître des liens
Souveraineté & Ordre
Manifestations de la fin des temps
Manifestations de la fin des temps
Chez les hébreux, la Bible parle des filets de la mort « les liens du séjour des morts m’avaient entouré, les filets de la mort m’avaient surpris » Mais le maitre terrible de ces liens, c’est parfois Yahvé lui-même, et les prophètes le figure avec des filets dans la main, pour punir les coupables: Dans le livre d’Osée, il déclare « pendant qu’ils s’y rendront, j’étendais mon filet sur eux, je les ferai tomber dans un filet comme des oiseaux du ciel ». Dans le livre d’Ezéchiel, il dit « j’étendrai mon filet sur lui; il sera pris dans mes filets et je l’emmènerai à Babylone ». Et l’expérience religieuse, si profonde et si authentique, de Job retrouve la même image pour exprimer la toute puissance de dieu: « sachez donc que c’est dieu qui m’a accablé, et qui a étendu ses filets autour de moi! Job 19,6. Les judéo-chrétiens, qui savaient, eux aussi, que c’est le démon qui lie les malades (ex: Luc 13,16), parlaient cependant aussi du Dieu suprême comme maître des liens.
Enchaîner le Dragon
les filets de Yahvé - St Michel - St Georges
Dans le christianisme, l’auteur de l'Apocalypse de Jean décrit, un ange qui tenait dans sa main la clef de l’abîme et une grande chaîne ; il saisit le dragon, le serpent ancien, qui est le diable et Satan, et il l’enchaîna pour une période de mille ans. Il le jeta dans l’abîme, qu’il ferma à clef afin qu’il ne séduise plus les nations. À la fin du millénium, Dieu relâchera Satan de l’abîme (20.7). Satan tentera alors de réunir les nations des quatre extrémités de la terre, Gog et Magog pour une ultime révolte dans un combat final. Mais pourquoi Dieu relâche-t-il Satan ? Aucune réponse explicite n’est donnée. Peut-être ce passage démontre-t-il qu’une très longue durée n’est pas suffisante pour renverser l’allégeance de l’homme à Satan. Jean voit ensuite « un grand trône blanc » c’est le jugement final. Celui qui siège sur le trône est Jésus, à qui le jugement est confié. Les morts qui se tiennent devant le trône sont à l’évidence les incrédules de tous les temps qui sont ressuscités. Ils subiront un châtiment éternel proportionnel à leurs actions.
Les récits de lutte contre un dragon sont nombreux dans la tradition chrétienne. Dans la légende dorée, Jacques de Voragine décrit la lutte de Saint Georges contre le dragon.
Lorsque le saint arriva dans une ville de la Libye, un dragon menace la région depuis quelques temps. Vêtue d'une robe de mariée, attachée à un rocher aux marches de la ville, la princesse sacrifiée à contre coeur par le roi, attend la mort. Georges pose d'abord une condition avant d'en finir avec le monstre: Il ne tuera le dragon que si le peuple se convertit au christianisme. Contraint, le peuple se soumet à cette demande. Alors que, dans la légende orientale, Georges terrasse tout simplement le dragon avec sa lance (parfois avec son épée) comme tout légionnaire romain qui se respecte, dans la Légende dorée, l'arme de l'exploit est un signe de croix :
Le dragon souleva sa tête au-dessus de l'étang et Saint Georges, après être monté sur son cheval et s'être muni du signe de la croix, assaillit bravement le dragon qui s'avance vers lui. Il brandit haut sa lance, fit au monstre une blessure qui le renverse sur le sol. Et le saint dit à la princesse d’attacher sa ceinture autour du cou du monstre" La princesse fit ainsi et le dragon, se redressant, se mit à la suivre comme un petit chien qu'on mènerait en laisse. La bête fut ensuite conduite par la princesse jusqu'à la ville où elle fut décapitée. »
Lorsque le saint arriva dans une ville de la Libye, un dragon menace la région depuis quelques temps. Vêtue d'une robe de mariée, attachée à un rocher aux marches de la ville, la princesse sacrifiée à contre coeur par le roi, attend la mort. Georges pose d'abord une condition avant d'en finir avec le monstre: Il ne tuera le dragon que si le peuple se convertit au christianisme. Contraint, le peuple se soumet à cette demande. Alors que, dans la légende orientale, Georges terrasse tout simplement le dragon avec sa lance (parfois avec son épée) comme tout légionnaire romain qui se respecte, dans la Légende dorée, l'arme de l'exploit est un signe de croix :
Le dragon souleva sa tête au-dessus de l'étang et Saint Georges, après être monté sur son cheval et s'être muni du signe de la croix, assaillit bravement le dragon qui s'avance vers lui. Il brandit haut sa lance, fit au monstre une blessure qui le renverse sur le sol. Et le saint dit à la princesse d’attacher sa ceinture autour du cou du monstre" La princesse fit ainsi et le dragon, se redressant, se mit à la suivre comme un petit chien qu'on mènerait en laisse. La bête fut ensuite conduite par la princesse jusqu'à la ville où elle fut décapitée. »
Ragnarök
Maître des liens
Souveraineté & Ordre
Manifestations de la fin des temps
Manifestations de la fin des temps
Tout comme l’apocalypse, la fin du monde est elle aussi prophétisée dans les mythes nordiques. Le Ragnarok sera le jour où de nombreux dangers parviendront à se libérer de leurs liens participant à la destruction du monde. Ces créatures sont nombreuses et certains récits expliquent les circonstances de leur enchaînement.
Le poème eddique Völuspá décrit en détail les évènements du Ragnarök. À la fin des temps les deux loups Hati (« Haine ») et « Sköll » seront censés manger la lune et le soleil, alors que les astres seront engloutis par Fenrir.
Dans le poème eddique Vafþrúðnismál (3ème poème de l’Edda poétique), le dieu Odin et le géant Vafþrúðnir jouent à un classique jeu de questions où ils s'interrogent sur les choses des mondes, testant ainsi mutuellement leur sagesse. Odin demande au géant ce qui causera sa mort au Ragnarök, et celui-ci répond que le loup Fenrir l'engloutira, mais Vidar le vengera en fendant la gueule du loup.
Le Ragnarök
Le loup Fenrir enchaîné- mythe nordique
Fenrir est un loup gigantesque, fils du dieu Loki et de la géante Angrboda, messagère du malheur. Il a pour frère Jörmungandr, le serpent de Midgard, et pour sœur Hel, qui règne sur le monde des morts. Considéré trop puissant et dangereux par les dieux, Fenrir est enchaîné par ruse. Ils fabriquent une chaîne (Loeding) et mettent le loup au défi de se libérer ; celui-ci, voulant accroître son prestige, s'y soumet et y parvient. Alors les dieux en fabriquent une autre plus solide (Dromi) mais elle cède aussitôt. Craignant de ne pouvoir l'emprisonner, les dieux envoient le messager Skirnir à Svartalfaheimr, chez les elfes sombres, pour fabriquer un lien magique : Gleipnir, faite par des ingrédients qui depuis n'existent plus: bruits de pas de chat, barbe de femme, racines de montagnes, nerfs d'ours, haleine de poisson et crachat d'oiseau. Une autre version prétend que ces liens furent façonné par les Nains dans leur royaume souterrain de Niðavellir. Ils ont alors l'aspect d'un ruban de soie. Les dieux demandent à Fenrir de se soumettre une fois de plus à l'épreuve mais celui-ci leur répond qu'il n'a rien à gagner à briser un simple ruban et, s'il était magique, il ne leur fait pas confiance pour se libérer. Il n'accepte de le faire que si l'un d'eux met sa main dans sa gueule en guise de bonne foi.
Seul Týr, dieu de la guerre juste, de la justice, de la victoire et de la stratégie, a le courage d'accepter la proposition, et il s'exécute. Fenrir attaché se démène mais plus il essaye de se libérer, plus le lacet se raidit. Alors tous les dieux éclatent de rire, sauf Týr, qui venait de perdre sa main. Les dieux attachent les liens au sol tandis que Fenrir se débat et tente de les mordre. Pour l'en empêcher, les dieux lui mettent une épée en travers de la mâchoire. Depuis, le loup ne cesse de rugir, et de la bave qui s'écoule se formèrent les fleuves Ván (espoir) et Víl (volonté). Il restera ainsi attaché jusqu'à la bataille prophétique du Ragnarök.
Lors du Ragnarök. Toutes les chaînes se briseront, et le loup Fenrir, comme son père Loki, seront libéré. dans l'Edda de Snorri, un texte littéraire en vieil islandais rédigé à partir de 1220 par Snorri Sturluson, « Le loup Fenrir marchera la gueule béante, la mâchoire inférieure rasant la terre et la mâchoire supérieure touchant le ciel. Des flammes jailliront de ses yeux et de ses narines. »
Le géant du feu Surt combattra aux côtés des autres forces du chaos et enflammera le monde, qui coulera dans l'océan. Au cours de cette bataille, la majorité des dieux, et tous les hommes hormis un couple, Líf et Lífþrasir, périront. Fenrir avalera Odin puis sera abattu violemment par Vidar, un des fils du dieu.
Lors du Ragnarök. Toutes les chaînes se briseront, et le loup Fenrir, comme son père Loki, seront libéré. dans l'Edda de Snorri, un texte littéraire en vieil islandais rédigé à partir de 1220 par Snorri Sturluson, « Le loup Fenrir marchera la gueule béante, la mâchoire inférieure rasant la terre et la mâchoire supérieure touchant le ciel. Des flammes jailliront de ses yeux et de ses narines. »
Le géant du feu Surt combattra aux côtés des autres forces du chaos et enflammera le monde, qui coulera dans l'océan. Au cours de cette bataille, la majorité des dieux, et tous les hommes hormis un couple, Líf et Lífþrasir, périront. Fenrir avalera Odin puis sera abattu violemment par Vidar, un des fils du dieu.
Loki
Maître des liens
Souveraineté & Ordre
Manifestations de la fin des temps
Manifestations de la fin des temps
Loki, le père de Fenrir, lui, est capable de métamorphoses ; changeant sa forme parfois en saumon, en cheval, en oiseau, en phoque ou encore en mouche. Il peut également changer de sexe, se métamorphosant en jument ou en femme.
Il est aussi impulsif et irresponsable que malin et rusé. Les dieux Ases ont souvent recours à lui pour régler des problèmes dont il est bien souvent lui-même la cause. Splendide d'apparence, il est pourtant de nature fondamentalement négative et traître, sa jalousie l'amène à causer la mort du dieu Baldr.
On observe néanmoins une évolution chez Loki : fils d'un couple de géants, Loki est un géant de naissance mais qui passe du côté des Ases. Il devient ainsi « frère de sang » d'Odin et épouse la déesse Sigyn. Dans plusieurs histoires, il est dévoué aux dieux, même s'il commet des imprudences qui les met en danger. Il se montre hostile aux géants. Puis progressivement, il se transforme en « dangereux ami », évolution qui culmine jusqu'au meurtre de Baldr et au Ragnarök où il rejoint ses congénères achevant un cycle.
Mais les ruses de Loki le rendent parfois attachant. Dans l'Edda de Snorri le farceur Loki coupe la chevelure de la déesse Sif, épouse de Thor, pendant son sommeil. Lorsque Thor menace Loki de le broyer, ce dernier propose de récupérer chez les nains une chevelure d’or et la déesse pu ainsi en avoir une plus exceptionnelle.
Loki
farceur puis enchaîné - mythes nordiques
Les nains fabriquèrent pour les dieux de nombreux autres objets magiques: le bateau pour Freyr, la lance d'Odin Gungnir... Un jour Loki défia les nains Brokk et son frère Eitri en prétendant qu'ils ne pourraient fabriquer des objets aussi précieux. Il parie alors sa tête s’ils réussissaient. À la forge, Eitri demande à Brokk d'actionner le soufflet sans s'arrêter avant qu'il n'ait retiré l'objet qu'il a fabriqué. Afin de gagner son pari, Loki métamorphosé en mouche vient piquer Brokk pour le distraire mais ce dernier continue à actionner le soufflet jusqu'au bout, et le forgeron retire du fourneau le verrat aux soies d'or Gullinbursti pour Freyr. Pour le second objet, Eitri place de l'or dans le fourneau et Brokk ne cède pas aux piqures de Loki avant qu'Eitri ne retire du fourneau un anneau d'or appelé Draupnir, pour Odin. Ensuite Eitri place du fer dans le fourneau en exigeant à Brokk de ne pas arrêter d'actionner le soufflet sinon tout serait gâché. Mais Loki en mouche le pique entre les paupières jusqu'au sang, alors Brokk s'arrête un court instant, et il en a fallu de peu pour que tout soit gâché. Ils sortent du fourneau le marteau Mjöllnir pour Thor, mais à cause de Loki le manche du marteau est trop court. Brokk et Loki présentent les objets aux Ases pour qu'ils décident lequel est les plus précieux. Les Ases désignent le marteau. Ainsi le nain a gagné le pari pour la tête de Loki. Ce dernier essaie de s'échapper grâce à ses chaussures qui lui permettent de courir à travers les airs et la mer, mais Thor le rattrape pour qu'il honore son engagement. Afin de sauver sa peau, Loki déclare qu'il avait mis sa tête en gage et non pas son cou. Finalement, le nain Brokk se contente de lui coudre les lèvres.
Lorsque les dieux, excédés par le meurtre de Baldr, décidèrent de rechercher Loki pour le punir, ce dernier s'était caché sur une montagne. Il s'y construit une maison dotée de quatre portes, une sur chaque façade, afin de pouvoir surveiller toutes les directions. Il se transforme en saumon dans les cascades de la rivière. Réfléchissant à la manière dont les Ases pourraient l'attraper sous sa forme de poisson, il invente le premier filet de pêche avec des fibres de lin. Il voit alors les Ases s'approcher, il jette le filet au feu avant de bondir dans la rivière. en voyant les cendres laissés par le filet les dieux comprirent son utilité pour pêcher les poissons et en fabriquèrent un à leur tour. Les Ases se divisent en deux groupes et remontent la rivière, finissant ainsi par capturer Loki. Thor l'attrape par la queue. Les Ases emmènent Loki dans une caverne, ainsi que ses fils Narfi (ou Nari) et Vali. Ils métamorphosent Vali en loup qui déchire son frère Narfi, et avec les boyaux de ce dernier ils attachent Loki à trois pierres. Skaði place un serpent au-dessus de lui, de manière que le venin coule sur son visage. Sigyn, la femme de Loki, recueille le venin dans une cuvette. Toutefois, lorsqu'elle vide la cuvette pleine, du venin coule sur le visage de Loki ce qui le fait se tordre de douleur et causer les tremblements de terre. Il en sera ainsi jusqu'à la fin prophétique du monde, le Ragnarök, où Loki se libèrera et mènera les géants à l'assaut contre les dieux et les hommes. Loki et son dieu opposé, Heimdall, s'entretueront pendant la bataille.
Athéna Arachnée
