















À l’échelle de l’Histoire…

ous pré-supposons parfois de l’existence de certains mythes grâce à certaines légendes qui n’ont cessé d’évoluer au grès de leur transmission et de leurs influences.
Cette vision de la singularité absolue du basque a été très volontiers reprise et défendue par les Basques eux-mêmes. C’était un motif de fierté supplémentaire que d’être les héritiers d’une langue absolument unique, qui aurait résisté à une puissante vague migratoire, une langue forcément très ancienne.
Est-ce la situation isolée du Pays Basque qui l’aurait préservé des influences
Il est souvent difficile de distinguer légende et mythe d’origine. Il faut donc les interpréter avec prudence.
Il est couramment admis que la langue basque est très différente des autres langues d’Europe actuelle ou disparues. Les spécialistes l’ont écartée du groupe des langues indo-européennes. Les humains qui parlaient l’ancêtre du basque actuel auraient échappé à l’invasion indo-européenne. Les emprunts aux autres langues auraient été limités et tardifs.
Au XIXe siècle les savants adoptent le concept de langues indo-européennes et ils y intègrent la plupart des langues parlées entre l’Inde et l’océan atlantique. Si les langues sont apparentées, certains ont recherché une langue commune et un peuple originel. Le territoire dans lequel il aurait vécu se situerait entre les steppes de l’Asie centrale, le plateau anatolien, la Scandinavie.
L’archéologie devrait pouvoir apporter des preuves matérielles irréfutables ou du moins des traces des migrations des Indo-Européens. Or malgré les nombreuses tentatives, aucun indice sérieux n’a été trouvé.
Une partie de plus en plus nombreuse du monde académique est en train de reléguer les indo-européens au rang de mythe. Si la parenté entre les langues est avérée, elle ne suppose pas l’existence d’un peuple fondateur. Un même fond culturel, des langues très semblables peuvent s’être développées par des échanges continuels sur des vastes espaces. Cette création continue et progressive est possible dans le temps long. Elle s’est déroulée sur plusieurs milliers d’années, voire plusieurs dizaines de milliers d’années. Ainsi il n’y aurait pas un peuple distinct et une langue originelle, mais plusieurs peuples élaborant ensemble des langues très proches.
extérieures ? Les Basques seraient des survivants des temps anciens habitant des vallées inaccessibles. Cette thèse a eu beaucoup de succès. La réalité démontrée par l’histoire et l’archéologie contredit totalement ce point de vue. Le territoire entre l’ouest des Pyrénées est un des principaux lieux de passages du continent européen, depuis la dernière glaciation.
Certains chercheurs reviennent donc sur l’idée que la langue basque, qui est bien antérieure au latin, n’appartient pas aux langues indo-européennes. Quelques similitudes ont même été remarquées depuis, avec certaines langues, comme le grec par exemple. Le fait que le basque ne soit pas une langue indépendante des autres langues européennes, mais au contraire une langue (apparentée) indo-européenne ne diminue pas sa valeur. En tant que témoin toujours vivant de l’histoire ancienne des autres langues, elle en devient plus précieuse encore.
Il faudra certainement un jour abandonner le terme indo-européen trop chargé de mythe et d’erreurs pour en créer un autre dans lequel le basque pourra trouver sa place, non pas comme la mère des langues de ce vaste ensemble, mais comme une sœur aînée qui aurait conservé plus que les autres les traces d’époques reculées.
La mythologie basque
Christianisés tardivement, les Basques, qui occupaient un territoire plus vaste qu’aujourd’hui, notamment dans la péninsule ibérique, adoraient les forces naturelles comme le soleil, la lune, l’air, l’eau, les montagnes, les forêts, ceux-ci prenant formes humaines parfois. Les récits redécouverts depuis peu, longtemps transmis oralement, portent toutefois les traces d’une influence chrétienne et ne nous permettent pas de connaître les versions bien antérieures à l’occupation romaine ou de la christianisation de la région par exemple.
Le personnage principal de la mythologie basque est Mari, divinité féminine, qui représente « la nature ».
L’Erensuge est une Créature redoutable vivant dans les entrailles de la terre, l’Herensuge tient son nom du basque suge signifiant serpent, son corps étant celui d’un reptile dépourvu de pattes. Si on le décrit souvent comme un dragon, dans la forme il est plus proche d’un hydre gigantesque, étant doté de sept têtes, mais ayant une forme plus humanoïde que de serpent. Il possède un souffle et une respiration puissante, si bien qu’il peut aspirer ses victimes. S’il rampe, on le trouve parfois doté d’ailes et volant. On raconte dans certaines parties du Pays basque que lorsqu’une tempête approche, l’Herensuge traverse le ciel, les yeux enflammé sous forme de demi-lune, jusqu’à l’océan où il disparaît.
L’Herensuge est très important dans les mythes basque, car il serait à l’origine du monde en s’accouplant avec la déesse de la nature Mari. En tant qu’époux de la déesse, on le nomme souvent Sugaar. Leurs enfants sont la lune et le soleil et avec sa gueule il aspira la Création, la recrachant dans un torrent de lave au bout de dix jours, avant de s’endormir, parachevant la création du monde.
Suite à cela, on trouve deux histoires à son sujet. L’une d’elle raconte qu’un jour, le prince du château de Çaro parvint à l’empoisonner et lorsqu’il vola jusqu’à la mer, il s’enflamma, détruisant des hectares de la forêt des Arbailles. L’autre récit raconte qu’un jour ce dragon se réveillera et détruira tout sur son passage.
Un autre mythe mentionne qu’un jour un prince délivra un Tartalo, retenu prisonnier par son père le roi. Le Tartalo était un géant possédant seulement un œil. Le Tartaro, est souvent considéré comme un cyclope cruel, violent… et anthropophage. A l’annonce de cette nouvelle, le roi se mit en furie contre son fils. Pour échapper à la sanction paternelle, le jeune prince demanda au Tartalo de l’aide. Ce Tartalo, plutôt bienveillant et reconnaissant, lui conseilla de devenir le jardinier d’un autre roi.
Il suivit son conseil en proposant ses services dans un royaume voisin. Le prince et la fille du roi tombèrent éperdument amoureux. Mais, la princesse devaient être donnée en sacrifice à un Herensuge. Le roi promit alors la main de sa fille au tombeur du monstre. Avec l’assistance du Tartalo, le prince causa la mort du dragon et épousa la jeune princesse.
Dans la mythologie basque, il existe aussi d’autres forces naturelles comme le soleil, Egu, Eguen ou Ekhi, qui chassait les forces des ténèbres et la lune, Hil ou Ilargi, qui surgit du monde occulte, de l’obscurité et de la mort. La croix basque serait le symbole de ce soleil, la hache et les instruments de la fileuse représentaient, eux, souvent la lune.
Les laminak sont des petits êtres essentiellement féminins, dotés de pattes de canard. Ils vivent près des sources et des ruisseaux, fuient la lumière, ne sortent que la nuit, et sont des travailleurs infatigables. On leur attribue la construction de nombreux édifices bâtis en une seule nuit : maisons églises, moulins… Ces lutins autochtones se caractérisent par leur bienveillance à notre égard. Ils incarnent une forme de sagesse populaire. Si elles demandent fréquemment de l’aide aux humains, pour un accouchement ou un décès, ces créatures sont souvent déçues, trompées, voire martyrisées. Les coupables sont punis et leurs maisonnées, frappées de folie ou de maladie. Les amours entre hommes et Lamina se révèlent presque toujours impossibles. « Ces légendes symbolisent les relations entre voisins : parfois, on s’entraide; dans d’autres occasions, on se vole »
Il existe aussi des êtres intermédiaires entre hommes et dieux, les Basajaunak, « seigneurs de la forêt », velus et terriblement forts. Ils sont des sortes de génies bénéfiques qui protègent les troupeaux et qui détenaient les secrets de l’agriculture. Certaines légendes les assimilent à des enfants de l’ours et de la femme. Les Basajaunak ainsi que les « Mairiak » ou « Jentilak », des géants païens, sont considérés comme étant les bâtisseurs de dolmens et cromlechs du Pays Basque. Ces géants et leur déesse Mari auraient disparu avec l’arrivée du christianisme d’après la légende de Kixmi. N’ayant plus aujourd’hui de réelle influence, ces récits sont considérés pour beaucoup comme des contes fantastiques.




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