

















À l’échelle de l’Histoire…

ous ne connaissons pas les origines exactes dont sont issus les Magyars. Avant d’arriver en Europe, à la fin du IXe siècle, ils vivaient sur les deux versants de l’Oural. Ils se déplacèrent vers la mer
Comme certainement les magyars, les huns et les avars sont, aussi, d’origine turco-mongoles. Mais l’étroite parenté entre huns et magyars relève probablement davantage de la légende et ne s’appuie actuellement sur aucune preuve tangible.
À partir de 862, les Magyars (dès lors également désignés par le terme de Ungris : Hongrois) commencent à opérer des raids en Grande-Moravie, contre l’Empire franc et la Bulgarie. Ils servent également de mercenaires à divers peuples slaves ou à la Francie orientale.
noire pour se retrouver après le VIIe siècle à côté de tribus turques, et slaves sous la domination du khaganat Khazar, préoccupés, eux-aussi, en permanence par la recherche de meilleures conditions de subsistance.
Originaires peut-être de Sibérie, les finno-ougriens, selon certains experts se seraient défendus contre les Mongols pour finir par être dominés par eux. En décelant des ressemblances entre les langues finno-ougrienne et les langues turco-mongoles et quelques similitudes culturelles, on a abouti à une probable origine commune sans que les experts puissent se mettre d’accord sur une véritable filiation entre ces divers groupes (hongrois, finnois, lapons, Mongols, avars, bulgares, tatars ou encore turcs).
En raison des contrats très fréquents qu’ils concluent entre eux – pacifiques ou conflictuels – tout au long de leur vie de nomade, ces peuples s’influencèrent mutuellement car géographiquement ils sont avant tout très proches. Nous pouvons seulement supposer que pendant les longues migrations, la population magyare a dû s’agglomérer à plusieurs autre groupements (iraniens, turcs puis slaves).
Au IXe siècle, après avoir traversé la chaîne des Carpates pour entrer dans le bassin du moyen-Danube, leur « conquête » n’est qu’une longue série de concessions arrachées aux autochtones, en l’occurence les vallaco-roumains. En raison d’un comportement d’une rare sauvagerie, les magyars ont été désignés de Huns par ceux qu’ils ont persécutés. Le sentiment d’appartenir au groupe du célèbre conquérant Attila fera partie de l’identité sur laquelle se construira le peuple hongrois.
Pour trouver et ramener des ressources, les Magyars lancent au Xe siècle pas moins de trente-trois campagnes militaires vers l’Occident et vers Byzance qui les amènent à parcourir en tous sens l’Allemagne, les Flandres, la France, l’Italie, le Nord de la péninsule Ibérique et les Balkans.
Les hongrois furent christianisés vers l’an 1000 par décret du roi Istvan lazar Ier, appelé aussi Étienne Ier de Hongrie (futur saint Étienne de Hongrie). La plupart de la population a seulement incliné la tête pour être baptisé, cédant à la contrainte. Un décret interdit d’apportent des cadeaux aux arbres, aux sources et aux pierres comme les anciennes coutumes païennes l’exigeaient.
Il reste aujourd’hui peu de sources sur ces anciennes croyances.
Selon le modèle Sami, on imaginait le monde divisé en trois sphères : le « monde d’en haut » réservé aux Dieux, le « monde du milieu » où vivent les Hommes et le « monde d’en bas » hanté par les esprits. Au centre du monde des humains, il y a un grand arbre : Világfa, signifiant « arbre du monde » et qui traverse les trois espaces. On raconte qu’il peut porter des fruits, des pommes dorées. Son feuillage est dans le monde supérieur, et l’oiseau tortue vit au sommet. Des chamans étaient chargés d’établir des connections entre ces trois niveaux. Dans la religion primitive, la loi fondamentale était la recherche de l’harmonie du dieu Tengri par l’intermédiaire des autres dieux , des esprits , des ancêtres et de tout êtres terrestres (humains, plantes, animaux).
Le peuple hongrois a donc apporté avec lui un tengrisme d’inspiration samaritaine. Il a aussi été influencé par le christianisme et des religions syriennes pré-chrétiennes : le zoroastrisme , puis le manichéisme et le culte de Mithra .
Selon certains écrits persans, les anciens Hongrois étaient des amoureux du feu, comme les Zoroastriens.
Ils croyaient aussi que l’homme pouvaient créer des objets dans lesquels un esprit se déplaçaient, comme par exemple un bâton, une épée, etc.
Le sacrifice de l’étalon blanc (cheval), qui se trouvait déjà dans la religion védique, dans l’ancienne religion perse, chez les Scythes, se retrouve aussi chez les Hongrois.
Tengri n’étaient pas représentés à l’image de l’homme comme dans d’autres religions, mais le Soleil, le Ciel, étaient jugés dignes d’exprimer ses valeurs. Selon une croyance ancienne, la vie terrestre est née du mariage du ciel et de la terre. Tengri , le Seigneur du Ciel, a fécondé la Terre Mère et la vie sur Terre a alors commencé. Le couple divin est celui qui gouverne le monde, dans l’unité, en équilibre. Leur ennemi, l’esprit mauvais, cherche à briser cette harmonie et cet équilibre. Les esprits invisibles, bons et mauvais ont joué un rôle majeur dans la religion.
Les fantômes pouvaient être à la fois bons et malveillants, on essayait de les influencer par des sacrifices. Parmi eux, nous trouvons les esprits des ancêtres familiaux, les esprits de la nature et les esprits de la maladie. Les eaux, les lacs, les rivières, les arbres, les forêts, les montagnes, les champs, les animaux, les plantes, le vent, la pluie, divers malheurs, avaient tous leur propre esprit.
Hadúr appelé aussi Hadak Ura, ce qui signifie « seigneur de guerre » ou « Maître des armées » était le dieu de la guerre. Il était le troisième fils de Arany Atyácska (Cher Père d’ or) et Hajnal Anyácska (Chère Mère de l’Aube) et fut aussi le métallurgiste des dieux. Il portait une armure sacrée, et aurait forgé l’ épée de Dieu qu’Attila le Hun aurait eu en sa possession. Les Hongrois sacrifiaient des étalons blancs pour ce dieu avant une bataille.
Les fées étaient des esprits capables de se transformer. Elles apparaissaient souvent sous la forme de créatures féminines merveilleusement belles. Le souvenir de ces créatures a été préservé grâce aux contes populaires.
Une figure mythologique qui existait bien avant le christianisme était connue sous le nom de Babba. Signifiant « vieille femme », elle était à l’ origine une bonne fée qui dégénéra plus tard en devenant mauvaise. Même si elle avait des pouvoirs magiques, elle n’était pas une sorcière ( Boszorkány ). Elle pouvait résider dans les puits, les fontaines. Si les jeunes enfants s’en approchaient de trop près, elle les attirait tout au fond, à jamais.
L’apparition des dragons dans la mythologie hongroise, comme dans celle des Balkans, est essentiellement causée par un démon des intempéries, comme la grêle par exemple. On croyait qu’il y avait des dragons-serpents et dragons-poissons qui vivaient dans les marais durant sept ans. Dans la plupart des histoires sur les dragons, un sorcier que l’on appelle Taltos, s’envole pour combattre la créature dans les nuages afin de conjurer le mauvais temps.
Comme le Taltos, Garabonciàs est une sorte de sorcier mais charlatan, né avec une seule dent. Ayant acquis des pouvoirs diaboliques, dont celui de déclencher des tempêtes, on raconte que s’il frappe à la porte d’une maison, vêtu d’un manteau usé, un livre à la main, il demandera du lait ou des oeufs. Si on ne répond pas à ses exigences, Garabonciàs provoquera une tempête ou chevauchera un dragon au-dessus du village. La longue queue du dragon balaiera les toits des maisons et arrachera les arbres. Mais on peut se défendre de ses mauvais sors en sonnant les cloches ou en s’emparant du livre magique pour ainsi s’envoler.
Les magyars croyaient que l’âme du mort quittait le corps et erraient durant un mois entre le monde terrestre et l’au-delà. Pendant ce temps, il présente un danger pour les vivants, il peut retourner chez des parents, se faufiler à travers le nez et la bouche d’un individu pour finir dans son l’estomac et provoquer ainsi des maladies. Selon une croyance plus ancienne il présentait une menace pour les femmes en voulant retourner dans l’utérus, avec l’intention évidente de renaître. Dans tous les cas, ce phénomène se retrouve aussi avec les sorcières, qui dit-on aimaient s’allonger au côté d’une personne endormie pour le torturer dans ses rêves ou pour provoquer la maladie ou bien encore causer la mort. Il arrive, aussi qu’une mauvaise âme revienne sous la forme d’un être cher décédé ou d’un cauchemars dont vont aussi s’inspirer les premières croyances sur les vampires. Selon le vieux folklore hongrois, le cauchemar s’assoie sur l’homme qui dort et suce parfois son sang.
Le cerf miracle (Csodaszarvas) est une sentinelle mythique envoyée par Dieu. Il est probable que le récit du cerf miracle soit à l’origine oriental pour ensuite être associé aux récits chrétiens de Saint-Eustache et Saint-Hubert. Le cerf a été durant longtemps un symbole du ciel étoilé pour de nombreux peuples eurasiens. Selon certains récits, il aurait mille bois, mille bougies allumées au bout de chacun d’elles, deux croix dorées sur les deux flancs ou encore le soleil levant sur le front, la lune et les étoiles sur flanc. On le retrouve dans le mythe qui raconte la naissance du peuple hongrois. Deux princes et frères : Hunor et Magor, passionnés de chasse se lancent, à cheval, à la poursuite d’un cerf à travers des marécages sans fin. Après plusieurs jours d’errances, car le cerf avait disparu comme par enchantement, les deux hommes découvrent un lac dans lequel se baignaient deux jeune filles d’une extrême beauté : les descendantes du roi Dula, prince des Alains. S’apercevant de la présence des
étrangers, elle se sauvent en poussant des cris. Les deux frères se mettent à leur trousse et font d’elles leurs épouses. Les descendants du premier couple seraient les huns, ceux du second, les magyars.
Avec le cerf, l’oiseau Turul est lui aussi l’une des créatures mythologique les plus importantes pour les magyars. Les chroniques médiévales racontent l’histoire de la naissance d’Álmos, le premier grand prince magyar au IXe siècle comme suit : « sa mère enceinte avait eu la vision divine dans son rêve d’un turul, comme s’il la survolait et qu’il la fécondait. Une source sembla surgir de son ventre et de nombreux grands rois sortirent de ses reins. Ainsi la légende explique par la même occasion, l’origine du nom d’ Álmos, qui est dérivé du mot hongrois signifiant « rêve. Le Turul serait une sorte d’aigle ou de vautour mais pourrait plus vraisemblablement être un faucon royal, l’animal totem de la famille Árpád qui va incarner l’identité hongroise. Árpád fut le premier grand-prince des Magyars (au Xe siècle).




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