


L’aigle aux oeufs d’or (Finlande)
Luonnotar, jeune fille belle et légère, glissait dans l’azur. Depuis des années, des siècles peut-être... Fille de la Nature, elle flottait dans l’espace infini et désert avec, pour tout paysage, une immensité monotone. Peu à peu, elle sentait une grande lassitude l’envahir. Fatiguée de son existence solitaire, elle souhaitait connaître d’autres décors...
Loin, très loin, au plus profond du domaine aérien de Luonnotar, s’étendait la mer, infinie elle aussi. La jeune fille prit son élan et, descendant à vive allure des hautes sphères où elle vivait, elle se posa en pleine mer, sur la crête écumeuse des vagues. Lorsque se leva un vent violent, elle connut la tempête et erra longtemps sur les flots, ballottée comme un frêle esquif.
Puis le calme revint, et Luonnotar sentit en elle une force nouvelle : elle sut alors qu’elle attendait un fils, qui naîtrait seulement lorsqu’elle aurait préparé le monde à le recevoir.
Pendant neuf années, Luonnotar explora la vaste mer dans l’espoir d’y découvrir un rivage où s’arrêter et se reposer : en vain... Etait-elle condamnée à errer sans fin sur les flots illimités ?
Loin, très loin, au plus profond du domaine aérien de Luonnotar, s’étendait la mer, infinie elle aussi. La jeune fille prit son élan et, descendant à vive allure des hautes sphères où elle vivait, elle se posa en pleine mer, sur la crête écumeuse des vagues. Lorsque se leva un vent violent, elle connut la tempête et erra longtemps sur les flots, ballottée comme un frêle esquif.
Puis le calme revint, et Luonnotar sentit en elle une force nouvelle : elle sut alors qu’elle attendait un fils, qui naîtrait seulement lorsqu’elle aurait préparé le monde à le recevoir.
Pendant neuf années, Luonnotar explora la vaste mer dans l’espoir d’y découvrir un rivage où s’arrêter et se reposer : en vain... Etait-elle condamnée à errer sans fin sur les flots illimités ?
Elle eut froid et pleura, implorant la pitié du dieu suprême, Ukko, maître des vastes régions de l’air. Aveuglée par les larmes, elle ne vit pas l’aigle aux larges ailes qui tournoyait au-dessus de l’immensité marine. C’était une femelle en quête d’un endroit où bâtir son nid. Hélas, ce monde d’eau et de vent ne lui offrait aucun abri, et elle commença à s’éloigner en poussant des cris désolés.
Luonnotar l’entendit et, allongée sur le dos pour mieux apercevoir l’oiseau, elle éleva un genou au- dessus des flots. L’aigle fonça droit sur cet ilot providentiel et y construisit un nid où il déposa sept oeufs : les six premiers étaient d’or et le septième de fer.
L’aigle couva pendant trois jours. Luonnotar n’osait pas bouger, mais au terme du troisième jour, elle ressentit une violente brûlure au genou, et ne put s’empêcher de remuer : elle déplia sa jambe et la secoua, faisant rouler les oeufs qui se brisèrent en tombant dans les flots.
Cependant, au lieu de sombrer dans les profondeurs, les différents éléments qui composaient chacun de ces oeufs se métamorphosèrent sous le regard ébloui de Luonnotar : les coquilles brisées des oeufs d’or devinrent gigantesques ; les unes montèrent légèrement jusqu’aux plus hautes régions de l’air, où elles restèrent suspendues, formant la voûte céleste ;
Luonnotar l’entendit et, allongée sur le dos pour mieux apercevoir l’oiseau, elle éleva un genou au- dessus des flots. L’aigle fonça droit sur cet ilot providentiel et y construisit un nid où il déposa sept oeufs : les six premiers étaient d’or et le septième de fer.
L’aigle couva pendant trois jours. Luonnotar n’osait pas bouger, mais au terme du troisième jour, elle ressentit une violente brûlure au genou, et ne put s’empêcher de remuer : elle déplia sa jambe et la secoua, faisant rouler les oeufs qui se brisèrent en tombant dans les flots.
Cependant, au lieu de sombrer dans les profondeurs, les différents éléments qui composaient chacun de ces oeufs se métamorphosèrent sous le regard ébloui de Luonnotar : les coquilles brisées des oeufs d’or devinrent gigantesques ; les unes montèrent légèrement jusqu’aux plus hautes régions de l’air, où elles restèrent suspendues, formant la voûte céleste ;
les autres au contraire se rassemblèrent pour créer la Terre. Les jaunes des oeufs devinrent le Soleil, les blancs la Lune, tandis que les plus petits éclats des coquilles donnaient naissance aux étoiles et aux nuages, selon qu’ils étaient d’or ou de fer.
Pendant neuf ans, Luonnotar continua d’errer sur la vaste mer : elle pouvait désormais se distraire en contemplant le nouveau monde qui l’entourait. Pourtant elle finit par s’en lasser : en effet, la jeune Terre était plate et monotone. Le dixième été, Luonnotar décida de la sculpter pour l’embellir. Pour ce travail d’artiste, elle utilisa son corps. Là où elle étendait les bras naissait un promontoire : elle modela les rivages en les effleurant de la hanche ou en les heurtant du front. Ses pieds dessinèrent des vallées, ses mains édifièrent des îles, des écueils rocheux. Elle plongea au fond de l’abîme marin, y creusa des gouffres et des cavernes. Partout où elle posait son corps ruisselant jaillissaient des sources, des rivières. Après son départ, des lacs miroitaient au soleil. Son travail accompli, Luonnotar mit enfin au monde le fils qu’elle portait en son sein depuis tant et tant d’années : le héros Waïnämöinen, qui, le premier, défrichera et ensemencera la Terre modelée par sa mère.
Pendant neuf ans, Luonnotar continua d’errer sur la vaste mer : elle pouvait désormais se distraire en contemplant le nouveau monde qui l’entourait. Pourtant elle finit par s’en lasser : en effet, la jeune Terre était plate et monotone. Le dixième été, Luonnotar décida de la sculpter pour l’embellir. Pour ce travail d’artiste, elle utilisa son corps. Là où elle étendait les bras naissait un promontoire : elle modela les rivages en les effleurant de la hanche ou en les heurtant du front. Ses pieds dessinèrent des vallées, ses mains édifièrent des îles, des écueils rocheux. Elle plongea au fond de l’abîme marin, y creusa des gouffres et des cavernes. Partout où elle posait son corps ruisselant jaillissaient des sources, des rivières. Après son départ, des lacs miroitaient au soleil. Son travail accompli, Luonnotar mit enfin au monde le fils qu’elle portait en son sein depuis tant et tant d’années : le héros Waïnämöinen, qui, le premier, défrichera et ensemencera la Terre modelée par sa mère.
Ymir Scandinavie
A l’aube du temps, l’espace n’était qu’un abîme sans fond, stérile et désert, limité au nord par le pays des glaces et au sud par le pays du feu. Du premier, monde de nuées et de ténèbres, coulaient douze fleuves de glace. Au coeur du pays du feu naissaient au contraire des rivières d’eau chaude, qui se couvraient de givre à l’approche des régions froides avant de se figer, prisonnières de l’immensité glacée. Ainsi l’abîme originel fut-il comblé peu à peu par des masses d’eau solidifiées par le froid.
Sur cette banquise désolée, le vent du sud se mit à souffler, un vent tiède qui réchauffa la surface gelée. La glace commença à fondre, une première goutte d’eau se forma, suivie d’une deuxième, puis de beaucoup d’autres, et le miracle se produisit : animées d’un souffle mystérieux, les gouttelettes se rassemblèrent pour former le corps du géant, Ymir. Par quel prodige eut-il chaud dans cet univers glacial ? Nul ne le sait, mais il se mit à transpirer, et de la sueur qui coula sous ses aisselles, naquirent deux autres géants, un homme et une femme. Tandis qu’ils s’éveillaient lentement à la vie, de nouvelles gouttes d’eau ruisselèrent à la surface des blocs de glace, et un quatrième être vivant apparut, la vache Audumla. De ses pis gonflés coulaient quatre ruisseaux de lait, auxquels se nourrirent Ymir et ses descendants, les géants.
Sur cette banquise désolée, le vent du sud se mit à souffler, un vent tiède qui réchauffa la surface gelée. La glace commença à fondre, une première goutte d’eau se forma, suivie d’une deuxième, puis de beaucoup d’autres, et le miracle se produisit : animées d’un souffle mystérieux, les gouttelettes se rassemblèrent pour former le corps du géant, Ymir. Par quel prodige eut-il chaud dans cet univers glacial ? Nul ne le sait, mais il se mit à transpirer, et de la sueur qui coula sous ses aisselles, naquirent deux autres géants, un homme et une femme. Tandis qu’ils s’éveillaient lentement à la vie, de nouvelles gouttes d’eau ruisselèrent à la surface des blocs de glace, et un quatrième être vivant apparut, la vache Audumla. De ses pis gonflés coulaient quatre ruisseaux de lait, auxquels se nourrirent Ymir et ses descendants, les géants.
Cependant la vache Audumla léchait les blocs de givre qui l’entouraient, les faisant fondre de son souffle chaud. Alors, sous sa langue râpeuse, apparurent des cheveux, puis une tête et enfin un corps entier : celui d’un cinquième être vivant, Buri.
Buri n’appartenait pas à la race des géants. Pourtant son fils épousa une de leurs filles, et de leur union naquirent les trois premiers dieux du monde scandinave : Odin, Vili et Vé.
Entre les géants et les dieux, ce fut la guerre, violente, impitoyable. Les géants y trouvèrent la mort, mais l’un d’eux réussit à prendre la fuite avec sa femme, vers les régions les plus désolées du pays du givre où ils perpétuèrent leur race.
Inerte, le corps d’Ymir gisait sur le sol, recouvrant de sa masse gigantesque l’amas chaotique des blocs de glace. Les dieux étaient bien contents de demeurer seuls maîtres de l’Univers. Mais quel Univers ! Triste, monotone, désert et glacial ! En contemplant le paysage qui les entourait, ils décidèrent de le transformer et de créer un nouveau monde.
“ Quel matériau utiliser ? ” se demandaient-ils en regardant autour d’eux : de l’eau, de la glace, encore de l’eau, encore de la glace ! Et au milieu, le corps de leur ennemi... Pourquoi pas ? Unissant leurs forces, les trois dieux soulevèrent alors la lourde masse sans vie et la lâchèrent dans l’espace où elle devint la Terre, qu’ils appelèrent la Demeure du Milieu. Du corps du géant naquirent les montagnes, les mers et les rivières. Ses cheveux prirent racine, se couvrirent de feuilles : les forêts étaient nées.
Buri n’appartenait pas à la race des géants. Pourtant son fils épousa une de leurs filles, et de leur union naquirent les trois premiers dieux du monde scandinave : Odin, Vili et Vé.
Entre les géants et les dieux, ce fut la guerre, violente, impitoyable. Les géants y trouvèrent la mort, mais l’un d’eux réussit à prendre la fuite avec sa femme, vers les régions les plus désolées du pays du givre où ils perpétuèrent leur race.
Inerte, le corps d’Ymir gisait sur le sol, recouvrant de sa masse gigantesque l’amas chaotique des blocs de glace. Les dieux étaient bien contents de demeurer seuls maîtres de l’Univers. Mais quel Univers ! Triste, monotone, désert et glacial ! En contemplant le paysage qui les entourait, ils décidèrent de le transformer et de créer un nouveau monde.
“ Quel matériau utiliser ? ” se demandaient-ils en regardant autour d’eux : de l’eau, de la glace, encore de l’eau, encore de la glace ! Et au milieu, le corps de leur ennemi... Pourquoi pas ? Unissant leurs forces, les trois dieux soulevèrent alors la lourde masse sans vie et la lâchèrent dans l’espace où elle devint la Terre, qu’ils appelèrent la Demeure du Milieu. Du corps du géant naquirent les montagnes, les mers et les rivières. Ses cheveux prirent racine, se couvrirent de feuilles : les forêts étaient nées.
Posant ensuite le crâne d’Ymir sur quatre piliers, les dieux en firent la voûte céleste : ils la décorèrent d’étincelles qui voltigeaient au-dessus du pays du feu, et dont la plus grosse devint le Soleil. Enfin, ils mirent de l’ordre dans ce nouveau monde en réglant la succession des saisons et celle des jours et des nuits.
En vérité, ils avaient bien travaillé et méritaient de se reposer et de s’amuser un peu. Dans ce but, il édifièrent un merveilleux palais céleste, aussi vaste qu’une ville, où ils organisèrent de joyeuses fêtes qui rassemblaient un grand nombre de dieux et de déesses. Leur famille s’était agrandie. De temps en temps, ils descendaient se promener sur la Terre en empruntant un arc-en-ciel qui leur servait de pont.
Longtemps, la surface de la Terre fut inhabitée. Seuls les nains, race de petits êtres pétris dans la chair même du géant Ymir, y avaient creusé des galeries où ils vivaient sans voir le Soleil, forgeant sans cesse les métaux qu’ils trouvaient. Un jour, alors qu’ils se promenaient le long d’une plage de la Terre, trois dieux découvrirent deux troncs d’arbres inertes. “ Redonnons-leur la vie ”, proposa l’un des dieux. Ils se partagèrent la tâche : Odin leur fit don du souffle vital ; Hoener leur fit cadeau de l’âme et de la raison ; le dernier, Lodur, les réchauffa et les peignit aux couleurs de la vie. Les troncs s’animèrent, respirèrent, changèrent d’aspect : ensemble, les trois dieux avaient créé le premier couple d’êtres humains.
En vérité, ils avaient bien travaillé et méritaient de se reposer et de s’amuser un peu. Dans ce but, il édifièrent un merveilleux palais céleste, aussi vaste qu’une ville, où ils organisèrent de joyeuses fêtes qui rassemblaient un grand nombre de dieux et de déesses. Leur famille s’était agrandie. De temps en temps, ils descendaient se promener sur la Terre en empruntant un arc-en-ciel qui leur servait de pont.
Longtemps, la surface de la Terre fut inhabitée. Seuls les nains, race de petits êtres pétris dans la chair même du géant Ymir, y avaient creusé des galeries où ils vivaient sans voir le Soleil, forgeant sans cesse les métaux qu’ils trouvaient. Un jour, alors qu’ils se promenaient le long d’une plage de la Terre, trois dieux découvrirent deux troncs d’arbres inertes. “ Redonnons-leur la vie ”, proposa l’un des dieux. Ils se partagèrent la tâche : Odin leur fit don du souffle vital ; Hoener leur fit cadeau de l’âme et de la raison ; le dernier, Lodur, les réchauffa et les peignit aux couleurs de la vie. Les troncs s’animèrent, respirèrent, changèrent d’aspect : ensemble, les trois dieux avaient créé le premier couple d’êtres humains.
Purusha Inde
Au commencement, l’Univers était enveloppé de ténèbres. Partout régnaient le silence et la nuit car la vie était plongée dans le sommeil. Aucun matin ne venait éclairer le monde, aucun azur n’illuminait le ciel, aucun homme ne marchait sur la terre, ni les arbres ni les animaux n’existaient.
Le Seigneur de la Création se dit alors : “ Quel ennui ! Si seulement je pouvais me multiplier ! Ah ! Si dieux et démons, hommes et bêtes apparaissaient dans l’Univers ! ” Il inventa alors les eaux et posa doucement un germe sur l’océan. Il souffla dessus délicatement et le germe devint un bel oeuf d’or. Le Seigneur entra alors lui-même dans l’oeuf resplendissant comme un soleil. Le temps n’existait pas encore mais l’oeuf flotta un an entier sur les eaux. Pelotonné dans sa coquille, le Seigneur ouvrit les yeux et s’écria tout joyeux : “ Je suis le premier-né de l’Univers ! Je m’appellerai Purusha et de créerai le monde. ”
Alors la coquille se fendit par la seule magie de ces mots. Purusha en jaillit et découvrit qu’il avait mille pieds, mille bras, mille jambes, mille visages et mille yeux.
“ Nous ne serons pas de trop pour être tout ce qui a été et tout ce qui sera ! ” Il prit entre ses multiples doigts la partie supérieure de la coquille et la souleva au-dessus de ses têtes : “ Que cette partie soit le Ciel et abrite tous les dieux ! ” Et le Ciel apparut. Il prit l’autre partie de la coquille et la posa sur les eaux qui se trouvaient à ses pieds : “ Que cette partie soit la Terre ! Qu’elle flotte sur l’océan et devienne la maison des hommes et des bêtes. ” Et la Terre apparut.
Purusha souffla entre les deux mondes pour créer l’air afin que sur la Terre comme au Ciel, toutes ses créatures puissent respirer. Il ouvrit la bouche pour chanter afin de se donner du coeur à l’ouvrage. Il avait encore tant de choses à inventer.
“ Et de mon souffle, naîtra le dieu du Souffle, chantonnaient les mille bouches de Purusha. Tout naturellement, Agni sortit aussitôt de ses lèvres. “ Je suis le dieu que tu voulais, expliqua-t-il à Purusha tout étonné, je viens pour souffler sur cette Terre et t’aider à créer le monde. ”
“ Soit lui répondirent les mille voix de Purusha, tu souffleras sur la mer pour faire naître l’écume. Tu souffleras aussi dans la gorge de mes créatures pour qu’elles parlent.
Tu choisiras certaines d’entre elles et en feras les sages brahmanes pour conseiller ceux qui ne savent pas. Et lorsque les hommes seront méchants, tu souffleras sur la fumée pour faire naître le Feu. ” Il en sera ainsi ”, approuva Agni en s’inclinant avec respect. Des mille bouches sortirent aussi des troupeaux de chèvres. “ Suivez Agni et couvrez les pâturages pour tenir compagnie aux premiers hommes. ”
Lorsque la dernière chèvre fut partie, Purusha décida : “ Maintenant, je vais créer les saisons. Il y en aura autant que j’ai d’humeurs. ” Il s’allongea sur l’herbe fraîche pour contempler le Ciel et mit ses mains sous ses têtes :
“ Quand je serai triste, les feuilles des arbres rougiront et tomberont sous le vent, ce sera l’automne. ” Alors toutes les couleurs de l’automne sortirent comme un arc-en-ciel de deux cents de ses aisselles et s’accrochèrent à la surface de la Terre.
“ Quand je serai en colère, les éléments souffleront si fort que la Terre sera nue et les hommes trembleront de froid, ce sera l’hiver ” gronda Purusha. Tous les êtres et les choses de couleur grise ou noire s’enfuirent encore de deux cents autres aisselles comme une longue traînée sombre qui couvrirait la Terre.
“ Et lorsque je serai joyeux, tout refleurira, les oiseaux chanteront dans le ciel bleu, et cela s’appellera le printemps ”. Purusha tourna la tête et regarda en souriant la ribambelle d’oiseaux qui sortirent en pépiant de sous ses aisselles pour aller sautiller sur les branches de toutes les forêts du monde.
“ Quand je pleurerai d’ennui, j’enverrai la saison des pluies. ” Des millions de gouttes de sueur jaillirent alors de deux cents de ses aisselles et remontèrent tout droit pour se cacher dans les nuages.
“ Et lorsque j’aurai séché mes larmes, j’enverrai la chaleur tout réchauffer et ce sera le règne de l’été. ”
C’est alors que des fleurs odorantes apparurent sous les deux cents dernières aisselles. Purusha les coupa délicatement et souleva la surface de la Terre pour les y cacher. Il s’assit un instant car il commençait à être fatigué quand une pensée terrible lui traversa les esprits. “ Et si mes créatures s’attaquent les unes les autres ? Que ferai-je ? ” se demanda Purusha.
Purusha sentit alors comme un craquement dans les os de ses bras et un guerrier apparut, la foudre à ses côtés. “ Je te baptise Indra ” lui dit Purusha. “ Enseigne l’art de la guerre à mes créatures, qu’elles puissent se battre lorsque la parole ne leur suffira plus. Que chaque pays ait des guerriers braves et téméraires. Je te fais dieu de la guerre et maître de la foudre. ”
Lorsque la dernière chèvre fut partie, Purusha décida : “ Maintenant, je vais créer les saisons. Il y en aura autant que j’ai d’humeurs. ” Il s’allongea sur l’herbe fraîche pour contempler le Ciel et mit ses mains sous ses têtes :
“ Quand je serai triste, les feuilles des arbres rougiront et tomberont sous le vent, ce sera l’automne. ” Alors toutes les couleurs de l’automne sortirent comme un arc-en-ciel de deux cents de ses aisselles et s’accrochèrent à la surface de la Terre.
“ Quand je serai en colère, les éléments souffleront si fort que la Terre sera nue et les hommes trembleront de froid, ce sera l’hiver ” gronda Purusha. Tous les êtres et les choses de couleur grise ou noire s’enfuirent encore de deux cents autres aisselles comme une longue traînée sombre qui couvrirait la Terre.
“ Et lorsque je serai joyeux, tout refleurira, les oiseaux chanteront dans le ciel bleu, et cela s’appellera le printemps ”. Purusha tourna la tête et regarda en souriant la ribambelle d’oiseaux qui sortirent en pépiant de sous ses aisselles pour aller sautiller sur les branches de toutes les forêts du monde.
“ Quand je pleurerai d’ennui, j’enverrai la saison des pluies. ” Des millions de gouttes de sueur jaillirent alors de deux cents de ses aisselles et remontèrent tout droit pour se cacher dans les nuages.
“ Et lorsque j’aurai séché mes larmes, j’enverrai la chaleur tout réchauffer et ce sera le règne de l’été. ”
C’est alors que des fleurs odorantes apparurent sous les deux cents dernières aisselles. Purusha les coupa délicatement et souleva la surface de la Terre pour les y cacher. Il s’assit un instant car il commençait à être fatigué quand une pensée terrible lui traversa les esprits. “ Et si mes créatures s’attaquent les unes les autres ? Que ferai-je ? ” se demanda Purusha.
Purusha sentit alors comme un craquement dans les os de ses bras et un guerrier apparut, la foudre à ses côtés. “ Je te baptise Indra ” lui dit Purusha. “ Enseigne l’art de la guerre à mes créatures, qu’elles puissent se battre lorsque la parole ne leur suffira plus. Que chaque pays ait des guerriers braves et téméraires. Je te fais dieu de la guerre et maître de la foudre. ”
Le dieu des guerriers s’inclina respectueusement et dit : “ Je ferai ce que tu me commandes. ” Purusha frissonna un peu et inventa pour se consoler un animal doux et à la toison soyeuse qu’il baptisa mouton. “ Tu donneras ta fourrure pour habiller les guerriers et - ajouta-t-il un peu honteux - tu suivras toujours tes semblables car tu n’auras jamais la ruse du combat comme les guerriers d’Indra. ” Du ventre de Purusha jaillit alors l’aigreur. Il eut peur pour ses créatures. C’est de cette crainte que naquirent dans son abdomen tous les démons. Ils s’élancèrent en ricanant et coururent habiter dans les endroits les plus sombres de la Terre. “ Ils hanteront la Terre pour semer le doute dans l’esprit des hommes ”, s’attrista Purusha. Il chassa bien vite ses idées noires et réfléchit à la suite de son grand travail.
“ Il faut de quoi nourrir mes hommes. Je pourrais leur laisser un peu de mon corps pour assouvir leur faim. ” De ses cuisses jaillirent aussitôt mille marchands ainsi qu’autant de boeufs, de veaux, de vaches et de taureaux. “ Je vous donne des bêtes - leur expliqua Purusha - pour que vous les nourrissiez avec ce qui pousse sur la Terre et afin qu’à leur tour, elles puissent contenter votre faim.”
Il sentit alors quelque chose grouiller sous ses pieds et trouva, en les soulevant, d’autres hommes qui coupaient le bois des arbres. Il les envoya rejoindre les marchands de bétail : “ Vous continuerez à respecter la Terre - leur dit-il d’un ton sévère - afin de la remercier de vous porter. Mais je vous donne ces chevaux pour qu’ils vous aident à construire tout ce dont vous aurez besoin. ”
Purusha se sentit brusquement très fatigué car il vit qu’il avait donné toutes les parties de son corps pour que les hommes soient heureux sur Terre. Il était aussi bien triste car il doutait que les hommes gardent le souvenir de son existence et de son amour pour eux. Il sortit alors de son oeil une boule d’or, ronde et chaude, et l’accrocha très haut dans le Ciel :
“ Tu seras le Soleil, tu réchaufferas mes créatures et leur indiqueras la fin du jour en disparaissant derrière la mer. ” Puis, il réfléchit et se demanda : “ et lorsque le Soleil sera couché, qu’auront les hommes pour leur rappeler Purusha ? ” Une larme brillante et argentée coula de son autre oeil. Il la recueillit sur sa main et eut l’idée de l’accrocher sur l’autre versant du Ciel :
“ Tu seras la Lune. Parfois ronde comme le Soleil, parfois brillante comme un croissant d’argent, tu diras à mes créatures que je pense souvent à elles. ”
“ Il faut de quoi nourrir mes hommes. Je pourrais leur laisser un peu de mon corps pour assouvir leur faim. ” De ses cuisses jaillirent aussitôt mille marchands ainsi qu’autant de boeufs, de veaux, de vaches et de taureaux. “ Je vous donne des bêtes - leur expliqua Purusha - pour que vous les nourrissiez avec ce qui pousse sur la Terre et afin qu’à leur tour, elles puissent contenter votre faim.”
Il sentit alors quelque chose grouiller sous ses pieds et trouva, en les soulevant, d’autres hommes qui coupaient le bois des arbres. Il les envoya rejoindre les marchands de bétail : “ Vous continuerez à respecter la Terre - leur dit-il d’un ton sévère - afin de la remercier de vous porter. Mais je vous donne ces chevaux pour qu’ils vous aident à construire tout ce dont vous aurez besoin. ”
Purusha se sentit brusquement très fatigué car il vit qu’il avait donné toutes les parties de son corps pour que les hommes soient heureux sur Terre. Il était aussi bien triste car il doutait que les hommes gardent le souvenir de son existence et de son amour pour eux. Il sortit alors de son oeil une boule d’or, ronde et chaude, et l’accrocha très haut dans le Ciel :
“ Tu seras le Soleil, tu réchaufferas mes créatures et leur indiqueras la fin du jour en disparaissant derrière la mer. ” Puis, il réfléchit et se demanda : “ et lorsque le Soleil sera couché, qu’auront les hommes pour leur rappeler Purusha ? ” Une larme brillante et argentée coula de son autre oeil. Il la recueillit sur sa main et eut l’idée de l’accrocher sur l’autre versant du Ciel :
“ Tu seras la Lune. Parfois ronde comme le Soleil, parfois brillante comme un croissant d’argent, tu diras à mes créatures que je pense souvent à elles. ”
Géants Vietnam
Au commencement du monde, la Terre et le Ciel, étroitement unis, formaient une masse compacte. Un géant nommé Khong-Lô, d’une force colossale et d’une taille démesurée, entreprit de les séparer. Il commença par écarter le Ciel en le soulevant sur ses épaules : la masse chaotique se disloqua dans un craquement assourdissant, et le souffle puissant du géant, accéléré par l’effort, déclencha des tempêtes. Lorsqu’il se fut redressé de toute sa hauteur, Khong-Lô modela le Ciel de façon à lui donner la forme d’un bol renversé ; il creusa ensuite la surface plane de la Terre pour en extraire d’énormes
blocs de pierre avec lesquels il construisit une colonne destinée à contenir la voûte céleste. Celle- ci, en séchant, se consolida. Le géant démolit alors le pilier devenu inutile, et en jeta les morceaux autour de lui. Le sol tremblait sous le poids des rocs qui rebondissaient dans un nuage de poussière avant de se caler sur la Terre, formant les premières montagnes. D’autres roulèrent dans les carrières creusées par le géant et qui s’étaient remplies d’eau. Ainsi, naquirent les premières îles de l’océan.
blocs de pierre avec lesquels il construisit une colonne destinée à contenir la voûte céleste. Celle- ci, en séchant, se consolida. Le géant démolit alors le pilier devenu inutile, et en jeta les morceaux autour de lui. Le sol tremblait sous le poids des rocs qui rebondissaient dans un nuage de poussière avant de se caler sur la Terre, formant les premières montagnes. D’autres roulèrent dans les carrières creusées par le géant et qui s’étaient remplies d’eau. Ainsi, naquirent les premières îles de l’océan.
A peine Khong-Lô avait-il terminé son travail que surgit à ses côtés un second géant, encore plus grand que lui. C’était une femme, à laquelle il demanda tout de suite le mariage. Elle ne refusa pas, mais lui lança plusieurs défis pour le mettre à l’épreuve.
“ Construisons chacun une montagne en trois jours. Tu gagneras si la tienne est plus haute que la mienne et je t’épouserai aussitôt. ”
Le coeur empli d’espoir, Khong-Lô entassa les rocs les plus énormes qu’il pût trouver. Hélas, les trois jours écoulés, il dut se rendre à l’évidence : la montagne édifiée par la femme-géant dominait nettement la sienne. De plus, non contente d’avoir gagné, elle démolit à coups de pied l’oeuvre de son compagnon.
“ Je te donne encore une chance, lui dit-elle ensuite. Vois ce fleuve : tu devras le combler en une nuit ! ”
“ Construisons chacun une montagne en trois jours. Tu gagneras si la tienne est plus haute que la mienne et je t’épouserai aussitôt. ”
Le coeur empli d’espoir, Khong-Lô entassa les rocs les plus énormes qu’il pût trouver. Hélas, les trois jours écoulés, il dut se rendre à l’évidence : la montagne édifiée par la femme-géant dominait nettement la sienne. De plus, non contente d’avoir gagné, elle démolit à coups de pied l’oeuvre de son compagnon.
“ Je te donne encore une chance, lui dit-elle ensuite. Vois ce fleuve : tu devras le combler en une nuit ! ”
Le « plongeon », ou la boue
Malgré sa force, le géant se montrait incapable de la moindre méchanceté. Il se mit au travail, et fut bientôt sûr de sa victoire : il ne coulait plus qu’un mince filet d’eau à la place du fleuve, et l’aube était encore loin ! A ce moment pourtant, il entendit le chant du coq. “ Comment ! Déjà le jour ! Je me suis donc trompé ! ” se dit-il en arrêtant les travaux. Peu après, il découvrait avec dépit que la femme-géant avait imité le chant du coq pour l’empêcher de réussir l’épreuve. Néanmoins, après avoir encore obéi à plusieurs ordres, dont celui de déplacer des montagnes pour les aligner, Khong-Lô obtint gain de cause et épousa sa terrible compagne.
Malgré sa force, le géant se montrait incapable de la moindre méchanceté. Il se mit au travail, et fut bientôt sûr de sa victoire : il ne coulait plus qu’un mince filet d’eau à la place du fleuve, et l’aube était encore loin ! A ce moment pourtant, il entendit le chant du coq. “ Comment ! Déjà le jour ! Je me suis donc trompé ! ” se dit-il en arrêtant les travaux. Peu après, il découvrait avec dépit que la femme-géant avait imité le chant du coq pour l’empêcher de réussir l’épreuve. Néanmoins, après avoir encore obéi à plusieurs ordres, dont celui de déplacer des montagnes pour les aligner, Khong-Lô obtint gain de cause et épousa sa terrible compagne.
Les fils du Ciel et de la Terre (Polynésie)
Avant que ne se forme le monde, rien n’existait : ni les sons ni les odeurs, ni les formes ni les mouvements, ni la vie ni la matière. Seul existait le VIDE, illimité, imperceptible...
Combien de temps cela dura-t-il ? Nul ne peut le dire, puisque le temps lui-même n’existait pas.
Pourtant, dans cette obscurité immobile, apparut un parfum, léger d’abord, puis de plus en plus net. Il flottait dans l’espace inanimé. Il était né aux confins du Vide, dans la direction que les hommes, beaucoup plus tard, appelleraient l’Est. Puis,
toujours vers l’Est, l’obscurité se déchira, et la lumière apparut. Dans les rais de cette lumière naissaient des grains de poussière, car le mouvement et la matière étaient nés également. Le grand bouleversement qui devait conduire à la formation de l’Univers avait commencé.
Combien de temps cela dura-t-il ? Nul ne peut le dire, puisque le temps lui-même n’existait pas.
Pourtant, dans cette obscurité immobile, apparut un parfum, léger d’abord, puis de plus en plus net. Il flottait dans l’espace inanimé. Il était né aux confins du Vide, dans la direction que les hommes, beaucoup plus tard, appelleraient l’Est. Puis,
toujours vers l’Est, l’obscurité se déchira, et la lumière apparut. Dans les rais de cette lumière naissaient des grains de poussière, car le mouvement et la matière étaient nés également. Le grand bouleversement qui devait conduire à la formation de l’Univers avait commencé.
Dans cet espace cosmique encore inorganisé, chaotique, se formèrent peu à peu deux éléments : la Terre, Papa, et le Ciel, Rangi. Papa et Rangi flottaient dans l’espace, éloignés l’un de l’autre. Cependant une force irrésistible les fit se rapprocher : le Ciel était-il amoureux de la Terre ? On peut le croire, car une fois qu’ils furent réunis, Papa et Rangi se tinrent étroitement enlacés. Bientôt, au sein de l’obscurité piégée entre eux, naquirent plusieurs dieux.
En grandissant, les enfants du Ciel et de la Terre se sentirent à l’étroit entre leurs parents : ils bouillonnaient d’énergie, mais que faire, coincés entre ces deux masses qui semblaient indissociables ? Les dieux décidèrent d’agir. Tu, le plus violent, était partisan d’une solution radicale : il fallait tuer Papa et Rangi. Ses frères repoussèrent sa proposition. Tawhiri pensait avoir trouvé un moyen de quitter ses parents sans les séparer : dieu des vents, il lui serait facile de se glisser entre eux et de s’en délivrer. Mais les autres dieux ne pouvaient envisager cette solution. Il fallait tenter de séparer le Ciel de la Terre en douceur, sans les blesser. Ce fut Tane qui se chargea de l’opération. Tane, dieu des forêts, prit modèle sur les arbres dont les racines s’ancrent dans le sol tandis que leur feuillage caresse le Ciel. Prenant fermement appui, les pieds contre son père et la tête contre sa mère, il s’étira, s’étira, et réussit enfin à séparer ses parents : aussitôt la lumière pénétra dans le monde.
En grandissant, les enfants du Ciel et de la Terre se sentirent à l’étroit entre leurs parents : ils bouillonnaient d’énergie, mais que faire, coincés entre ces deux masses qui semblaient indissociables ? Les dieux décidèrent d’agir. Tu, le plus violent, était partisan d’une solution radicale : il fallait tuer Papa et Rangi. Ses frères repoussèrent sa proposition. Tawhiri pensait avoir trouvé un moyen de quitter ses parents sans les séparer : dieu des vents, il lui serait facile de se glisser entre eux et de s’en délivrer. Mais les autres dieux ne pouvaient envisager cette solution. Il fallait tenter de séparer le Ciel de la Terre en douceur, sans les blesser. Ce fut Tane qui se chargea de l’opération. Tane, dieu des forêts, prit modèle sur les arbres dont les racines s’ancrent dans le sol tandis que leur feuillage caresse le Ciel. Prenant fermement appui, les pieds contre son père et la tête contre sa mère, il s’étira, s’étira, et réussit enfin à séparer ses parents : aussitôt la lumière pénétra dans le monde.
C’était compter sans la colère du Ciel : furieux d’avoir dû quitter son épouse, il convoqua près de lui Tawhiri, le dieu des vents, et lui ordonna de semer la tempête sur la Terre où étaient demeurés ses frères. Tawhiri, que la séparation de ses parents avait contrarié, ne se fit pas prier. De son souffle puissant, il déchaîna les vents, creva les nuages : il souleva les vagues de la mer, où son frère Tangaroa s’était réfugié, brisa les arbres des forêts du dieu Tane, et inonda les terres fertiles sur lesquelles régnaient ses deux derniers frères, dieux de la végétation.
Alors ce fut la débandade. Tandis que Tane réussissait malgré la tempête à maintenir ses parents séparés, les reptiles, qui jusque-là habitaient les fonds marins, vinrent se réfugier dans les forêts. Les dieux de la végétation abandonnèrent leur domaine et se cachèrent sous le sol de la Terre. Seul, le violent Tu poursuivit la lutte contre son frère Tawhiri. De part et d’autre, le combat fut acharné. Lorsque Tu parvint enfin à maîtriser le dieu des vents, les inondations reculèrent, la tempête s’apaisa. Vaincu, Tawhiri fut condamné à demeurer en exil auprès de son père le Ciel. Tu se tourna ensuite contre ses frères qui l’avaient abandonné. A nouveau vainqueur, il relégua chacun dans son domaine, mais se réserva le droit d’exploiter les richesses de la mer, des forêts et du sol.
Maître d’un monde enfin calme et lumineux, Tu songea à parachever la Création. D’une poignée d’argile rouge, il modela Hine, la première femme, à laquelle il s’unit pour donner naissance au peuple des humains.
Alors ce fut la débandade. Tandis que Tane réussissait malgré la tempête à maintenir ses parents séparés, les reptiles, qui jusque-là habitaient les fonds marins, vinrent se réfugier dans les forêts. Les dieux de la végétation abandonnèrent leur domaine et se cachèrent sous le sol de la Terre. Seul, le violent Tu poursuivit la lutte contre son frère Tawhiri. De part et d’autre, le combat fut acharné. Lorsque Tu parvint enfin à maîtriser le dieu des vents, les inondations reculèrent, la tempête s’apaisa. Vaincu, Tawhiri fut condamné à demeurer en exil auprès de son père le Ciel. Tu se tourna ensuite contre ses frères qui l’avaient abandonné. A nouveau vainqueur, il relégua chacun dans son domaine, mais se réserva le droit d’exploiter les richesses de la mer, des forêts et du sol.
Maître d’un monde enfin calme et lumineux, Tu songea à parachever la Création. D’une poignée d’argile rouge, il modela Hine, la première femme, à laquelle il s’unit pour donner naissance au peuple des humains.
Colonnes de la Terre (Inuits)
Un jour, au début des temps, les piliers qui soutenaient le Ciel s'écroulèrent. Les montagnes, les lacs, les rivières, les pierres et les arbres qui se trouvaient au ciel tombèrent alors sur la terre. C'est de cette façon que le monde fut créé. Les premiers humains sortirent de la terre. A cette époque, il n'y avait pas encore de femmes, puis il y eut une femme. D'autres vinrent ensuite. Quand une femme voulait un enfant, elle allait le cueillir dans la terre. Il y avait beaucoup de filles dans le sol mais si une femme désirait un garçon, elle devait partir très tôt, et aller très loin pour le trouver. Ensuite, elle lui faisait des vêtements et le ramenait à la maison.
Aztèques Démiurge
Le monde aztèque est le cinquième et dernier soleil de la création. Quatre mondes l’ont précédé, crées successivement par les dieux Tezcatlipoca et Quetzalcoatl, qui chacun à leur tour détruisirent la création de son adversaire.
Tezcatlipoca était un dieu protéiforme aux multiples. avatars, sa couleur est le noir, il est maitre du ciel, de la nuit, du froid et des ombres, l’inquiétant et obscur miroir-fumée, le patron des sorciers capable de lire l’avenir dans les miroirs. Redouté des guerriers, les aztèques l’appelaient aussi « celui dont nous sommes les esclaves ».
Quetzalcoatl, lui, était le serpent à plumes, une divinité associée à la direction de l’est, à la couleur blanche, à l’eau, à la fertilité, à la vie et à la résurrection, patron des calendriers et des scribes.
Lorsque Tezcatlipoca créa le premier soleil: le soleil du jaguar, le monde fut peuplé par des géants, le soleil de vent lui succéda mais fut à son tour balayé et ses habitants transformés en singes.
Tezcatlipoca était un dieu protéiforme aux multiples. avatars, sa couleur est le noir, il est maitre du ciel, de la nuit, du froid et des ombres, l’inquiétant et obscur miroir-fumée, le patron des sorciers capable de lire l’avenir dans les miroirs. Redouté des guerriers, les aztèques l’appelaient aussi « celui dont nous sommes les esclaves ».
Quetzalcoatl, lui, était le serpent à plumes, une divinité associée à la direction de l’est, à la couleur blanche, à l’eau, à la fertilité, à la vie et à la résurrection, patron des calendriers et des scribes.
Lorsque Tezcatlipoca créa le premier soleil: le soleil du jaguar, le monde fut peuplé par des géants, le soleil de vent lui succéda mais fut à son tour balayé et ses habitants transformés en singes.
Puis, soleil-pluie et soleil d'Eau se succédèrent, sous la protection du dieu Tlaloc, dieu des eaux puis de celle de son épouse, la déesse des fleuves et des lacs. Ce dernier monde ne résista pas au déluge qui s’abattit sur lui et métamorphosa les malheureux hommes qui y vivaient en poissons.
Un seul couple Tata et Nene échappa au cataclysme grâce à Tezcatlipoca qui leur conseilla de s’abriter dans un arbre creux. Il leur fournit des épis de maïs en leur recommandant de ne rien manger d’autre, mais ils désobéirent.
Sortant de leur cachette, épuisés et affamés, ils attrapèrent un beau poisson et le cuisinèrent. Horrifié par cet acte de cannibalisme, le dieu décapita les coupables et colla leurs têtes sur leurs derrières. Et c’est ainsi que naquirent les chiens.
Tezcatlipoca et Quetzalcoatl décidèrent de ne plus rivaliser pour que le monde ait une chance d’exister. Ils façonnèrent ensemble la terre à partir du corps d’un monstre gigantesque ressemblant à un crocodile, Tlaltecuhtli. Serpent à plume vola les os du dernier peuple sur Terre, en se rendant dans le monde des morts et donna vie au hommes avec un peu de son sang, bien qu'une caille les ait picoré en guise de punition.
Un seul couple Tata et Nene échappa au cataclysme grâce à Tezcatlipoca qui leur conseilla de s’abriter dans un arbre creux. Il leur fournit des épis de maïs en leur recommandant de ne rien manger d’autre, mais ils désobéirent.
Sortant de leur cachette, épuisés et affamés, ils attrapèrent un beau poisson et le cuisinèrent. Horrifié par cet acte de cannibalisme, le dieu décapita les coupables et colla leurs têtes sur leurs derrières. Et c’est ainsi que naquirent les chiens.
Tezcatlipoca et Quetzalcoatl décidèrent de ne plus rivaliser pour que le monde ait une chance d’exister. Ils façonnèrent ensemble la terre à partir du corps d’un monstre gigantesque ressemblant à un crocodile, Tlaltecuhtli. Serpent à plume vola les os du dernier peuple sur Terre, en se rendant dans le monde des morts et donna vie au hommes avec un peu de son sang, bien qu'une caille les ait picoré en guise de punition.
Tous deux avaient été horrifiés par son appétit féroce et avaient décidé qu’une telle créature ne saurait exister dans le cinquième monde. Ils se transformèrent en serpents et s’enroulèrent autour des membres de la bête, puis chacun tira de son côté et Tlaltecuhtli périt écartelé entre les deux puissances.
La création des hommes est l’oeuvre du seul serpent à plumes. Pour cela il dut se rendre au séjour des trépassés pour y voler quelques os de ceux qui avaient peuplés le quatrième monde. Furieux, Mictlantecuhtli, le dieu des morts, lui tendit un piège: il fit creuser un fossé et envoya une caille l'effrayer. Serpent à plume chuta dans le trou. La caille saccagea les os en les picorant les brisant ainsi en mille morceaux (d’où différentes statures chez les humains). Serpent à plume dut se résigner à créer les hommes à partir de ces restes et le fit venir à la vie avec un peu de son sang.
La création des hommes est l’oeuvre du seul serpent à plumes. Pour cela il dut se rendre au séjour des trépassés pour y voler quelques os de ceux qui avaient peuplés le quatrième monde. Furieux, Mictlantecuhtli, le dieu des morts, lui tendit un piège: il fit creuser un fossé et envoya une caille l'effrayer. Serpent à plume chuta dans le trou. La caille saccagea les os en les picorant les brisant ainsi en mille morceaux (d’où différentes statures chez les humains). Serpent à plume dut se résigner à créer les hommes à partir de ces restes et le fit venir à la vie avec un peu de son sang.
Hurons arbre
Pendant très longtemps le monde Huron dans la région des grands lacs et de l’actuel Canada, fut divisé en deux régions bien distinctes. La première, située de l’autre côté du ciel, ressemblait trait pour trait à la terre actuelle et était peuplée d’hommes qui auraient pu être des hurons. La seconde, placée sous le ciel, n’était qu’un vaste océan. Un arbre gigantesque, vénéré par tous, se dressait au milieu du monde supérieur. Le sol à ses pieds était tapissé de merveilleuses fleurs jaunes qui irradiaient une éclatante lumière. Personne n’avait le droit de les toucher mais, un jour que son mari était parti à la chasse, une jeune femme appelée Ataensic en cueillit quelques unes et les mangea. Elle tomba malade et l’arbre sacré se mit à dépérir.
Consultés, les sorciers déclarèrent que le remède qui pouvait les sauver tous deux se trouvait sous les racines de l’arbre, et ils allongèrent la femme sous ses immenses ramures. Ils se mirent à creuser et, soudain, un grand trou apparut qui avala et l’arbre et la jeune femme. Cette dernière traversa le ciel et tomba avec une vitesse vertigineuse vers l’océan. Elle s’y serait sûrement noyée si deux oies sauvages ou deux cygnes ne volèrent à son secours et la prirent sur leur dos.
Consultés, les sorciers déclarèrent que le remède qui pouvait les sauver tous deux se trouvait sous les racines de l’arbre, et ils allongèrent la femme sous ses immenses ramures. Ils se mirent à creuser et, soudain, un grand trou apparut qui avala et l’arbre et la jeune femme. Cette dernière traversa le ciel et tomba avec une vitesse vertigineuse vers l’océan. Elle s’y serait sûrement noyée si deux oies sauvages ou deux cygnes ne volèrent à son secours et la prirent sur leur dos.
Commençant à fatiguer, les deux oiseaux consultèrent Grande tortue qui nageait paresseusement. Elle convoqua un grand conseil et tous les animaux vivant dans ce monde accoururent.
L’arbre qui avait chuté avait emporté avec lui de la terre accrochée à ses racines et grande tortue demanda aux animaux de plonger pour essayer de la récupérer. L’arbre s’était enfoncé très profondément dans l’eau. Loutre, rat musqué, castor tentèrent de repêcher une poignée de terre mais sans succès. Crapaud plongea à son tour. Lorsqu’il refit surface, il était mort asphyxié mais dans sa bouche se trouvaient quelques précieux grains de terre.
Grande tortue ordonna à petite tortue de les répandre sur son dos, puis elle s’enfonça dans l’eau, ne laissant émerger que la surface recouverte par la terre. Elle devint la première île du monde et les oies y déposèrent Ataensic.
L’arbre qui avait chuté avait emporté avec lui de la terre accrochée à ses racines et grande tortue demanda aux animaux de plonger pour essayer de la récupérer. L’arbre s’était enfoncé très profondément dans l’eau. Loutre, rat musqué, castor tentèrent de repêcher une poignée de terre mais sans succès. Crapaud plongea à son tour. Lorsqu’il refit surface, il était mort asphyxié mais dans sa bouche se trouvaient quelques précieux grains de terre.
Grande tortue ordonna à petite tortue de les répandre sur son dos, puis elle s’enfonça dans l’eau, ne laissant émerger que la surface recouverte par la terre. Elle devint la première île du monde et les oies y déposèrent Ataensic.
Faucon le découvrit, gambadant gaiement dans les plaines infinies du ciel. Les animaux allèrent à sa rencontre pour le réprimander. La querelle s’envenima et ours se rua vers chevreuil mais ce dernier infligea de sérieuses blessures à ours avec ses bois. Des gouttes de sang tombèrent sur la terre et colorièrent les feuilles des arbres en rouge, en brun, en jaune… depuis, chaque automne, la nature se souvient de ce combat en se teintant des chaudes couleurs du premier sang versé dans le monde.
Hindouisme
Les védas déclinent sur plusieurs modes l’origine possible du monde; contées de manière souvent abstraite, elle ne prend vraiment chair qu’avec le mythe du Purusha, l’homme cosmique.
Doté de mille têtes, de mille yeux, de mille pieds, il est l’univers en devenir, l’ici et l’ailleurs, le maintenant et le toujours. Il fut sacrifié et dépecé par les divinités: les trois quarts de son corps servirent à façonner la sphère immobile, le quart restant revenant à la création vivante et matérielle.
De ce sacrifice naquirent les animaux. Vinrent ensuite la mélodie, la poésie, les formules religieuses. De sa bouche sortit le Brahmane, la caste supérieure de la société indienne; ses bras donnèrent la guerre, ses cuisses l’artisan, ses pieds le serviteur. De sa conscience naquit la lune, de son regard le soleil, de sa bouche Indra, la principale divinité et guerrier puissant et Agni, la divinité du feu et son souffle fit le vent. L’atmosphère sortit de son nombril, ses pieds engendrèrent la terre et enfin son oreille enfanta les quatre points cardinaux.
Selon les Brâhmanas, au commencement il n’y avait que de l’eau. Elle désirait engendrer et se demanda comment faire. Elle réfléchit et pria, accroissant sa chaleur interne qui se métamorphosa en oeuf d’or. Il flotta ça et là pendant une année, puis un homme, Prajâpati, maître des créatures, en sortit. Il brisa l’oeuf mais, comme il n’avait aucun endroit où il pouvait prendre appui, il dut rester dans sa coquille pendant encore un an. Puis il commença à parler, et émit un premier son qui fit paraître la terre. Un second son suivit, et le ciel fut. Un troisième son et l’éther naquit. Les trois mots prononcés par Prajâpati comptaient cinq syllabes, qui devinrent autant de saisons.
Le démiurge se leva enfin et s’en alla en chantant. De sa bouche sortirent les Dévas, les bons dieux qui prirent possession du ciel. Avec eux vint aussi la lumière. Puis il émit les Asuras, les esprits mauvais, qui prirent possession de la terre. Avec eux vint la nuit. Prajâpati pratiqua un ascétisme intense, qui généra une grande chaleur. Elle donna naissance à cinq enfants, le feu, le soleil, la lune, le vent et l’aurore. Cette dernière se transforma en une superbe nymphe. Les quatre autres entités conçurent un tel désir pour leur soeur que leur semence s’échappa de leur corps et Prajâpati la recueilli dans un récipient d’or.
Doté de mille têtes, de mille yeux, de mille pieds, il est l’univers en devenir, l’ici et l’ailleurs, le maintenant et le toujours. Il fut sacrifié et dépecé par les divinités: les trois quarts de son corps servirent à façonner la sphère immobile, le quart restant revenant à la création vivante et matérielle.
De ce sacrifice naquirent les animaux. Vinrent ensuite la mélodie, la poésie, les formules religieuses. De sa bouche sortit le Brahmane, la caste supérieure de la société indienne; ses bras donnèrent la guerre, ses cuisses l’artisan, ses pieds le serviteur. De sa conscience naquit la lune, de son regard le soleil, de sa bouche Indra, la principale divinité et guerrier puissant et Agni, la divinité du feu et son souffle fit le vent. L’atmosphère sortit de son nombril, ses pieds engendrèrent la terre et enfin son oreille enfanta les quatre points cardinaux.
Selon les Brâhmanas, au commencement il n’y avait que de l’eau. Elle désirait engendrer et se demanda comment faire. Elle réfléchit et pria, accroissant sa chaleur interne qui se métamorphosa en oeuf d’or. Il flotta ça et là pendant une année, puis un homme, Prajâpati, maître des créatures, en sortit. Il brisa l’oeuf mais, comme il n’avait aucun endroit où il pouvait prendre appui, il dut rester dans sa coquille pendant encore un an. Puis il commença à parler, et émit un premier son qui fit paraître la terre. Un second son suivit, et le ciel fut. Un troisième son et l’éther naquit. Les trois mots prononcés par Prajâpati comptaient cinq syllabes, qui devinrent autant de saisons.
Le démiurge se leva enfin et s’en alla en chantant. De sa bouche sortirent les Dévas, les bons dieux qui prirent possession du ciel. Avec eux vint aussi la lumière. Puis il émit les Asuras, les esprits mauvais, qui prirent possession de la terre. Avec eux vint la nuit. Prajâpati pratiqua un ascétisme intense, qui généra une grande chaleur. Elle donna naissance à cinq enfants, le feu, le soleil, la lune, le vent et l’aurore. Cette dernière se transforma en une superbe nymphe. Les quatre autres entités conçurent un tel désir pour leur soeur que leur semence s’échappa de leur corps et Prajâpati la recueilli dans un récipient d’or.
Elle devint le terrible Rudra, divinité à mille yeux et mille pieds, porteur de mille flèches représentant tout ce qu’il y a de plus terrible, cruel et violent dans le monde. Elle devint le terrible Rudra, divinité à mille yeux et mille pieds, porteur de mille flèches représentant tout ce qu’il y a de plus terrible, cruel et violent dans le monde.
Selon une autre version, Prajâpati tenta de s’unir avec sa fille mais cette dernière se transforma en antilope. Son père devint alors une antilope à son tour et s’unit à elle. Elle se métamorphosa encore et encore, en vache, en chèvre… mais à chaque fois Prajâpati endossa la forme mâle de chacune de ces créatures et la féconda. Ainsi sont nés les animaux.
Dans le Purânas, c’est le dieu Brahmâ qui est le créateur du monde. Chaque journée du dieu correspond à une période très longue à l’échelle humaine. Le monde est créé chaque matin et détruit chaque soir. La nuit est consacrée au repos du dieu, qui médite alors la création suivante.
Brahmâ et Vishnou, le dieu suprême sont interchangeables, et il n’est pas rare que la création soit attribuée au second. Chaque nuit le dieu serait couché dans les eaux, au-dessus du serpent Ananta. A l’aube, un lotus sort de son nombril et s’ouvre sur le dieu Brahmâ, qui amène de nouveaux mondes à l’existence. Fruit de sa méditation, la création s’est opérée en plusieurs étapes. Le premier produit de sa réflexion fut le règne végétal. Faite de ténèbres, confuse et immobile, cette création ne lui convient pas et il en médite alors une seconde. Apparurent alors les animaux, stupides, égoïstes, ignorants et Vishnou se remit à méditer.
Une troisième création vit le jour, absolument superbe: lumineuse, heureuse, ce fut celle des dieux. Mais ils étaient tellement satisfaits de leur sort qu’ils en devenaient inutiles et Vishnou replongea dans sa méditation.
La quatrième création fut un heureux mélange des précédents, à la fois lumineuse et sombre: ce fut celle des hommes. Entre sa naissance matinale et sa destruction crépusculaire, le monde mène une existence qui décline.
Selon une autre version, Prajâpati tenta de s’unir avec sa fille mais cette dernière se transforma en antilope. Son père devint alors une antilope à son tour et s’unit à elle. Elle se métamorphosa encore et encore, en vache, en chèvre… mais à chaque fois Prajâpati endossa la forme mâle de chacune de ces créatures et la féconda. Ainsi sont nés les animaux.
Dans le Purânas, c’est le dieu Brahmâ qui est le créateur du monde. Chaque journée du dieu correspond à une période très longue à l’échelle humaine. Le monde est créé chaque matin et détruit chaque soir. La nuit est consacrée au repos du dieu, qui médite alors la création suivante.
Brahmâ et Vishnou, le dieu suprême sont interchangeables, et il n’est pas rare que la création soit attribuée au second. Chaque nuit le dieu serait couché dans les eaux, au-dessus du serpent Ananta. A l’aube, un lotus sort de son nombril et s’ouvre sur le dieu Brahmâ, qui amène de nouveaux mondes à l’existence. Fruit de sa méditation, la création s’est opérée en plusieurs étapes. Le premier produit de sa réflexion fut le règne végétal. Faite de ténèbres, confuse et immobile, cette création ne lui convient pas et il en médite alors une seconde. Apparurent alors les animaux, stupides, égoïstes, ignorants et Vishnou se remit à méditer.
Une troisième création vit le jour, absolument superbe: lumineuse, heureuse, ce fut celle des dieux. Mais ils étaient tellement satisfaits de leur sort qu’ils en devenaient inutiles et Vishnou replongea dans sa méditation.
La quatrième création fut un heureux mélange des précédents, à la fois lumineuse et sombre: ce fut celle des hommes. Entre sa naissance matinale et sa destruction crépusculaire, le monde mène une existence qui décline.
L’âge d’or, une ère de justice, de prospérité, de bonheur laisse petit à petit place à l’âge où les hommes commencent à souffrir, à travailler, où ils deviennent mortels puis suit une ère de vices, du mal et de la corruption. Le quatrième termine le cycle sur un ensemble de catastrophes: maladies, inondations, renversement de saisons puis un nouveau cycle lui succède.
Nous sommes sous le règne du septième Manu, père de l’humanité actuelle. Il faillit périr dans un déluge provoqué par un démon qui précipita la terre dans l’eau et fut sauvé par un petit poisson. Il n’était autre que Vishnou lui-même, qui révéla à Manu la date du déluge et qui le poussa à construire un bateau grâce auquel il eut la vie sauve. Le dieu, sous la forme d’un sanglier, plongea dans les eaux et en sortit la terre. Lorsqu’elle flotta de nouveau, le dieu l’aplanit, l’orna de montagnes et la divisa en sept continents concentriques, séparés par des mers de différentes natures: mer de sel, de canne à sucre, de vin, de beurre, de lait caillé, de lait, d’eau douce… le tout est enfermé dans l’oeuf cosmique, celui d’où brahmâ lui-même est issu. Selon certains le nombre d’oeuf serait infini.
Au milieu de la terre, juste sous l’étoile polaire, se dresse le mont Meru, demeure des divinités. Ces derniers avaient perdu beaucoup de biens dans le déluge, dont leur précieuse ambroisie, le nectar qui leur conférait l’immortalité. Les démons acceptèrent d’aider leurs éternels ennemis à la récupérer. Une tortue plongea au fond de la mer de lait et sa carapace servit de socle à la montagne Mandara. Le serpent Vâsuki s’enroula autour d’elle et les dieux et démons, tirant les uns sur la tête, les autres sur la queue se mirent à battre le lait. Il en sortit une multitudes d’êtres et de choses: le médecin des dieux Dhanvantari tenant dans ses mains l’ambroisie, la belle déesse Lakshmi, que Vishnou épousa, la lune, un cheval divin, la vache d’abondance Surhabi, un éléphant royal, un arc, une conque. Les démons voulurent à leur tour goûter à l’ambroisie et une gigantesque bataille s'ensuivit… l’un des démons Râhu, voulut voler le nectar mais le soleil et la lune qui s’en aperçurent le dénoncèrent à Vshnou. Il lui trancha la tête qui vola dans le ciel, tandis que son corps se tortillant sur terre, provoqua ainsi des tremblements de terre. Depuis, la tête de Râhu essaie de dévorer le soleil ou la lune, qui ont été les auteurs de sa perte, comme en témoignent les éclipses.
Nous sommes sous le règne du septième Manu, père de l’humanité actuelle. Il faillit périr dans un déluge provoqué par un démon qui précipita la terre dans l’eau et fut sauvé par un petit poisson. Il n’était autre que Vishnou lui-même, qui révéla à Manu la date du déluge et qui le poussa à construire un bateau grâce auquel il eut la vie sauve. Le dieu, sous la forme d’un sanglier, plongea dans les eaux et en sortit la terre. Lorsqu’elle flotta de nouveau, le dieu l’aplanit, l’orna de montagnes et la divisa en sept continents concentriques, séparés par des mers de différentes natures: mer de sel, de canne à sucre, de vin, de beurre, de lait caillé, de lait, d’eau douce… le tout est enfermé dans l’oeuf cosmique, celui d’où brahmâ lui-même est issu. Selon certains le nombre d’oeuf serait infini.
Au milieu de la terre, juste sous l’étoile polaire, se dresse le mont Meru, demeure des divinités. Ces derniers avaient perdu beaucoup de biens dans le déluge, dont leur précieuse ambroisie, le nectar qui leur conférait l’immortalité. Les démons acceptèrent d’aider leurs éternels ennemis à la récupérer. Une tortue plongea au fond de la mer de lait et sa carapace servit de socle à la montagne Mandara. Le serpent Vâsuki s’enroula autour d’elle et les dieux et démons, tirant les uns sur la tête, les autres sur la queue se mirent à battre le lait. Il en sortit une multitudes d’êtres et de choses: le médecin des dieux Dhanvantari tenant dans ses mains l’ambroisie, la belle déesse Lakshmi, que Vishnou épousa, la lune, un cheval divin, la vache d’abondance Surhabi, un éléphant royal, un arc, une conque. Les démons voulurent à leur tour goûter à l’ambroisie et une gigantesque bataille s'ensuivit… l’un des démons Râhu, voulut voler le nectar mais le soleil et la lune qui s’en aperçurent le dénoncèrent à Vshnou. Il lui trancha la tête qui vola dans le ciel, tandis que son corps se tortillant sur terre, provoqua ainsi des tremblements de terre. Depuis, la tête de Râhu essaie de dévorer le soleil ou la lune, qui ont été les auteurs de sa perte, comme en témoignent les éclipses.
