Quadrupèdes Domestiques
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Quadrupèdes Domestiques
La zoologie médiévale n’est pas la zoologie moderne, il faut le redire. Plusieurs espèces quelque peu inattendues sont donc ici rangées dans la catégorie quadrupèdes domestiques. La distinction entre animaux indigènes et animaux exotiques n’est pas exactement la même au Moyen Âge et aujourd’hui, de même la frontière entre animaux sauvages et animaux domestiques. Depuis presque deux siècles, zoologues et naturalistes considèrent comme « domestiques » toutes espèces dont l’homme maîtrise et contrôle la reproduction. Pour la culture médiévale, il en va différemment : sont plus simplement qualifiés de « domestiques » tous les animaux qui vivent dans et autour de la maison (domus); non seulement le chien, le chat et tous les animaux de la ferme, mais aussi. Le rat, la souris, la belette, le merle, la pie, le corbeau et même le renard, grand habitué du poulailler.
Inversement, certains animaux pleinement domestiques pour nous sont plus ou moins sauvages dans la symbolique et sensibilité médiévale. Le taureau en est un parfait exemple. D’autres, comme le porc, l’âne ou la chèvre, se dédoublent : il existe une espèce domestique et une espèce sauvage. Leur nature est équivoque; leurs symboliques, ambiguë.




Lapin
et Lièvre
Le lapin est un symbole sexuel évident au Moyen Âge, associé à la lune et à la fécondité, il est considéré comme impur. Le français médiéval nommait sous les termes de connil ou connin, à la fois le lapin et le sexe féminin, un mot donc vulgaire et à double sens. Il est l’animal de Vénus et peut ainsi symboliser la luxure. Dans l’islam, le lapin est considéré comme un symbole positif de fécondité et d'abondance ; il en est de même dans le bouddhisme où il symbolise en plus la lucidité : le lapin étant un des rares mammifères à naitre avec les yeux ouverts.

Pendant au moins six mille ans, le lièvre fut un animal sacré presque partout dans le monde : dans l’ancienne Égypte, en Afrique, en Chine, au Tibet, en Inde, à Ceylan ; chez les Hottentots, les Aztèques, les Grecs, les Celtes, les germains, les Nordiques, les Britanniques, les Saxons, les Indiens d’Amérique du Nord. La première manifestation fut la déesse à tête de lièvre Un-T ou Unnu-t, en Basse Égypte. Le dieu Osiris fut, de son côté, représenté, portant une coiffe en oreilles de lièvre. Au fur et à mesure Thot, remplaça Unnu-t et devint seigneur de la lune. Le hiéroglyphe du lièvre, « Un », peut être écrit pour vouloir dire lièvre, s’élever, bondir, s’ouvrir ou soleil levant. Le mot « Un » definit donc aussi l’être et le devenir. Une représentation du dieu égyptien Osiris à Karnak est intitulée Osiris Unnefer par exemple. Nefer signifiant beau, brillant, gloire,  Osiris Un-nefer signifie donc Osiris le lièvre glorieux. Il aurait été l’assistant des âmes et le messager des dieux. De cette fonction vint une nouvelle signification : celui qui apporte l’inspiration, qui porte la lumière et qui élève la conscience. Dans l’Antiquité égyptienne, on considérait une intuition comme le message que veulent nous faire parvenir des dieux. Là encore, les qualités du lièvre conviennent parfaitement. Les intuitions bondissent dans notre conscience à l’improviste.
Au Moyen Âge, le lièvre peut parfois être considéré comme manquant cruellement de courage (ex: l’expression « couard comme le lièvre »). En 751, le pape Zacharie décréta : on doit éviter de manger du lièvre car il est lubrique, possédant des vices ignobles qui se transmettraient à l'homme s'il mangeait de cette chair impure.
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