
Panthère Tigre
Panthère
La panthère est un fauve dont les propriétés sont en tout point merveilleuses. Tout d’abord son pelage: il n’est pas uniforme mais fait de différentes couleurs, le plus souvent sept, nombre qui au Moyen Âge constitue une totalité, voire une perfection. Plusieurs bestiaires enluminés montrent une panthère merveilleuse, dont la robe n’est pas semée de taches mais d’yeux de toutes les couleurs, à l’image d’Argus, ce géant de la mythologie grecque qui possédait cent yeux répartis sur tout le corps et qui voyait tout et partout. Quelques textes consacrent un chapitre spécial au « pard » présenté comme le mâle de la panthère. Lui aussi est doté d’un pelage bigarré, mais il ne possède pas une haleine merveilleuse et n’attire pas à lui les autres animaux. Bien au contraire, c’est une bête cruelle et sanguinaire, rusée et infidèle. Il s’accouple parfois avec la lionne, femelle perpétuellement en chaleur, presque aussi lubrique que la louve, ce qui donne naissance à un animal bâtard, néfaste et redoutable, le léopard.
Tigre
et la manticore
Comme la panthère, le tigre des. Bestiaires. N’a guère de rapport avec l’animal que nous désignons ainsi. Comme elle, il présente. Un pelage fait de différentes couleurs, tantôt rayé, tantôt tacheté, tantôt semé de disques ou d’étoiles. C’est le plus rapide de tous les animaux; c’est pourquoi le plus rapide de tous les fleuves de l’Orient porte son nom: le Tigre, au bord duquel se trouve Bagdad. Certains bestiaires rapprochent du tigre la manticore, animal monstrueux qui vit aux Indes. Son corps est celui d’un tigre dont le pelage serait couleur de sang, mais son visage est celui d’un homme aux yeux bleus. C’est une bête effrayante qui aime la chair humaine. Elle court si rapidement que personne peut lui échapper. Sa gueule énorme est pourvue d’une triple rangée de dents; sa longue queue se termine par une sorte de trident et, comme celle du scorpion, peut lancer des aiguillons empoisonnés. Un tel projectile tue aussitôt celui qui en est atteint, excepté l’éléphant insensible à son venin. La voix de la manticore fait contraste avec son aspect : elle est belle et harmonieuse, semblable au son d’une flûte; elle s’en sert pour attirer les hommes, les femmes et les enfants afin de les dévorer. Quelques auteurs préfèrent consacrer à la manticore un chapitre autonome. Ils ne la dotent alors pas d’un corps de tigre mais de lion et, ce faisant, d’une abondante crinière. Son visage est celui d’un homme barbu dont les yeux ne sont pas bleus mais injecté de sang. Elle vit non pas aux Indes mais en Éthiopie.

cheval âne
Cheval
& Âne
La société féodale est une société du cheval. Du moins pour ce qui concerne la classe aristocratique. Les romans de chevalerie donnent à cet animal une image valorisée, souvent idéalisée, qui souligne les liens très forts qui unissent le seigneur ou le chevalier et sa monture.
Cheval médiéval, comme bon nombre d’animaux domestiques, est un travailleur.
Plusieurs textes associent le placenta, dont est recouvert le poulain par la jument, à des drogues et des potions que les mages et sorciers administrent aux rois afin d’avoir un fils. En orient, certains chevaux possèdent des cornes, tel Bucéphale, le cheval d’Alexandre.
Sur l’âne, les bestiaires ne vantent pas ses qualités, bien au contraire. À les en croire, l’âne est sale et négligent, paresseux, lent, entêté et stupide. C’est en outre un animal qui cache sa queue entre ses jambes, qui a peur de l’eau et qui refuse de franchir les ponts. Mais le plus souvent l’âne est moqué et pris en mauvaise part. Il symbolise l’ignorance, la paresse, l’adultère.
Cheval médiéval, comme bon nombre d’animaux domestiques, est un travailleur.
Plusieurs textes associent le placenta, dont est recouvert le poulain par la jument, à des drogues et des potions que les mages et sorciers administrent aux rois afin d’avoir un fils. En orient, certains chevaux possèdent des cornes, tel Bucéphale, le cheval d’Alexandre.
Sur l’âne, les bestiaires ne vantent pas ses qualités, bien au contraire. À les en croire, l’âne est sale et négligent, paresseux, lent, entêté et stupide. C’est en outre un animal qui cache sa queue entre ses jambes, qui a peur de l’eau et qui refuse de franchir les ponts. Mais le plus souvent l’âne est moqué et pris en mauvaise part. Il symbolise l’ignorance, la paresse, l’adultère.
Mouton
Bélier & Agneau
La plupart des bestiaires consacrent au mouton trois chapitres : un pour le bélier, un pour la brebis, un pour l’agneau. On souligne souvent combien le mouton est un animal bon, doux et placide, fournissant à l’homme de nombreux produits, dont la laine si précieuse.
Le bélier est remarquable par ses cornes. Bien que fortement enroulées, celles-ci constituent des armes redoutables dont l’animal se sert pour repousser ses ennemis.
Le bélier est remarquable par ses cornes. Bien que fortement enroulées, celles-ci constituent des armes redoutables dont l’animal se sert pour repousser ses ennemis.
Pris en bonne part, le bélier est associé à la vigilance, au courage et surtout à l’énergie, à la force vitale, à la volonté et, en raison de sa vigueur sexuelles, à la fécondité. À l’époque du rut, quand deux béliers combattent, ils le font avec une grande violence et de manière aveugle, comme s’ils avaient dans la tête des vers qui leur provoquaient des démangeaisons que seul l’affrontement parvenait à calmer. Un tel combat n’est pas sans risque: le bélier perd toute sa force, son courage et sa fierté si une de ses cornes est abîmée. Pris en mauvaise part, le bélier signifie l’obstination, l’aveuglement, la colère et la jalousie.
L’agneau est aux dires des bestiaires « la plus douce de toutes les bêtes qui sont sur terre ». Il ne possède pas de cornes, ne sait pas se défendre. C’est un symbole de pureté et d’innocence. L’agneau des bestiaires est un agneau chrétien : il renvoie à Jésus-Christ. Certains auteurs rappellent que dans le Nouveau Testament le Sauveur est appelé « Agneau de Dieu » parce qu’il est la victime, chargée de nos péchés, qui s’offre à Dieu pour les expier à notre place. D’autres citent saint Jean-Baptiste venant baptiser Jésus dans l’eau du Jourdain: « voici l’agneau de Dieu ». Tous voient dans la chair de l’agneau celle du Christ souffrant; il fait écho au bélier sacrifié à la place d’Isaac dans le récit de la Genèse. Les auteurs sont en revanche plus discrets sur l’agneau de l’Apocalypse, un agneau juge et vengeur, qui se met en colère et lutte contre les forces du Mal.

cochon chien
Cochon
Les bestiaires ne donnent pas du porc domestique une image plus valorisée que celle du porc sauvage. Le porc est décrit comme une bête immonde, qui fouille constamment la terre avec son groin pour y chercher sa nourriture. Il regarde toujours vers le sol et ne lève jamais la tête vers Dieu. C’est pourquoi il est l’image de l’homme pécheur qui préfère les biens de ce monde aux trésors du ciel. Les encyclopédies de la fin du Moyen Âge sont plus nuancés. Ils voient dans le cochon un animal utile, parce qu’il fournit toutes sortes de produits, tirés de lui. C’est aussi un animal courageux.
L’attitude du Moyen Âge chrétien à l’égard du cochon est ambivalente. La Bible, en faisait une bête impure et repoussante, dans laquelle se réfugiaient les démons. La culture gréco-romaine, au contraire, le valorisait : on le sacrifiait aux dieux, on l’appréciait à table. Chez les barbares, le cochon est aussi valorisé: les mythologies celtes et germaniques le prennent toujours en bonne part; il est symbole de richesse, de fécondités, de prospérité. Le cochon médiéval est le produit de ce triple héritage. Pour les bestiaires, l’héritage biblique domine. Le porc est l’animal impur par excellence, sale et vorace.
Le porc est aussi l’un des attributs préférés du démon. Non seulement Satan prend une forme porcine pour tenter l’homme ou la femme, mais il grogne comme un goret, et comme lui, il aime à se vautrer dans l’ordure. Pour le christianisme le porc est également un des attributs du judaïsme. Par ironie d’abord, l’animal honni des Juifs devient l’une des figures symboliques servant à les désigner. Cette pratique, qui témoigne de l’anti-judaïsme médiéval, émerge au XIIIè siècle — à un moment où la chrétienté a tendance à se replier sur elle-même et à se fermer aux cultures voisines — et perdure plusieurs siècles. Une image prend peu à peu le pas sur toutes les autres : celle qui représente des enfants juifs en train d’adorer ou de téter une truie. Le porc est aussi pour les bestiaires l'attribut de certains péchés capitaux : la gloutonnerie, la luxure, la colère et même la paresse. Malgré tous ses vices, le christianisme médiéval a quelquefois réservé au porc un rôle plus valorisant: le cochon, fidèle compagnon de saint Antoine par exemple. Il se distingue du judaïsme et de l’islam, pour qui cet animal ne peut être pris en bonne part. Les médecins du Moyen Âge, à la suite de ceux de l’Antiquité, considèrent le porc comme « l’animal intérieurement le plus semblable à l’homme ». La dissection du cadavre humain étant interdite par l’Église, l’enseignement de l’anatomie humaine se fait à partir de la dissection du verrat ou de la truie.
Le porc est aussi l’un des attributs préférés du démon. Non seulement Satan prend une forme porcine pour tenter l’homme ou la femme, mais il grogne comme un goret, et comme lui, il aime à se vautrer dans l’ordure. Pour le christianisme le porc est également un des attributs du judaïsme. Par ironie d’abord, l’animal honni des Juifs devient l’une des figures symboliques servant à les désigner. Cette pratique, qui témoigne de l’anti-judaïsme médiéval, émerge au XIIIè siècle — à un moment où la chrétienté a tendance à se replier sur elle-même et à se fermer aux cultures voisines — et perdure plusieurs siècles. Une image prend peu à peu le pas sur toutes les autres : celle qui représente des enfants juifs en train d’adorer ou de téter une truie. Le porc est aussi pour les bestiaires l'attribut de certains péchés capitaux : la gloutonnerie, la luxure, la colère et même la paresse. Malgré tous ses vices, le christianisme médiéval a quelquefois réservé au porc un rôle plus valorisant: le cochon, fidèle compagnon de saint Antoine par exemple. Il se distingue du judaïsme et de l’islam, pour qui cet animal ne peut être pris en bonne part. Les médecins du Moyen Âge, à la suite de ceux de l’Antiquité, considèrent le porc comme « l’animal intérieurement le plus semblable à l’homme ». La dissection du cadavre humain étant interdite par l’Église, l’enseignement de l’anatomie humaine se fait à partir de la dissection du verrat ou de la truie.
Chien
Le chapitre consacré au chien est, avec celui du lion, le plus long des bestiaires latins. Souvent, c’est pour le prendre en mauvaise part. Le chien est un animal impur, sale, grossier, lubrique, ingrat sinon impie. Mais c’est aussi un animal intelligent, affectueux et courageux, un agréable compagnon, parfois un ami exemplaire. Par là même sa symbolique médiévale est ambivalente, évoluant au fil du temps : plutôt négative au Moyen Âge, plutôt positive à la Renaissance.
Les hommes et les femmes du XVIè siècle recherchent comme animaux de compagnie toutes sortes de chiens, grands et petits, placides ou féroces.
Les hommes et les femmes du XVIè siècle recherchent comme animaux de compagnie toutes sortes de chiens, grands et petits, placides ou féroces.
Certes, tous les Bestiaires s’attardent à dénoncer les vices du chien, qui sont nombreux et rédhibitoires. C’est un animal dégoûtant qui se complaît dans la saleté et dans l’ordure, qui mange des charognes, bave et vomit sans cesse, puis remange ce qu’il vomit. Il symbolise l’homme pécheur qui a confessé ses péchés et qui ensuite retombe dans ses fautes avant d’en commettre de plus graves. Le chien est également une bête vorace, qui réclame sans cesse de la nourriture et n’hésite pas à se repaître du cadavre d’autres animaux. C’est enfin un être de débauche qui « toujours flaire les autres chiens par derrière aux endroits impudiques » et qui ne pense qu’à s’accoupler. Le mâle le fait volontiers avec la louve, la plus lubrique des femelles, et même quelquefois avec la tigresse, ce qui donne naissance à des monstres qui s’attaquent aux lions et aux éléphants et qui sont capables de les tuer.
Cependant, bien des bestiaires vantent aussi les qualités du chien, sa mémoire, son intelligence, sa vaillance, l’acuité de son odorat et surtout sa fidélité. Le chien garde les troupeaux, reconnaît son nom, défend son maître, ses biens et sa maison, le cherche partout quand il l’a perdu et pleure s’il le croit mort. Nos auteurs rappellent à cette occasion différents proverbes et expressions : « chien a grande mémoire »

Belette souris
Belette
La belette est au Moyen Âge un animal domestique, comme elle l’était déjà pour les Romains. Plus ou moins apprivoisée, elle vit dans la maison où elle chasse les rats et les souris. Cette proximité quotidienne ne la fait pas mieux connaître pour autant. Plusieurs bestiaires, à la suite des auteurs de l'Antiquité, rapportent qu'elle conçoit par la bouche et enfante par l'oreille; d'autres, moins nombreux, affirment le contraire: conception par l'oreille et enfantement par la bouche.
Tous s'accordent à voir en elle un ennemi des serpents, qu'elle chasse et dévore; elle s'attaque même au redoutable basilic, qui tue par son seul regard mais qui a peur de la belette: c'est vraiment une bête merveilleuse, qui nous protège du mal. C'est en outre un animal savant, qui connaît les plantes médicinales. Elle se protège elle-même du venin des vipères en mangeant une grande quantité de rue, herbe dotée de vertus multiples. Et quand un de ses petits est mordu et succombe, elle le ressuscite au moyen d'un autre végétal, une fleur rouge qu'elle va cueillir dans un bois voisin; placée dans la bouche beletteau mort, cette fleur lui redonne vie. On notera ici le lien entre la couleur rouge et la Résurrection: cette fleur, c'est le sang du Christ sur la Croix.
Tous s'accordent à voir en elle un ennemi des serpents, qu'elle chasse et dévore; elle s'attaque même au redoutable basilic, qui tue par son seul regard mais qui a peur de la belette: c'est vraiment une bête merveilleuse, qui nous protège du mal. C'est en outre un animal savant, qui connaît les plantes médicinales. Elle se protège elle-même du venin des vipères en mangeant une grande quantité de rue, herbe dotée de vertus multiples. Et quand un de ses petits est mordu et succombe, elle le ressuscite au moyen d'un autre végétal, une fleur rouge qu'elle va cueillir dans un bois voisin; placée dans la bouche beletteau mort, cette fleur lui redonne vie. On notera ici le lien entre la couleur rouge et la Résurrection: cette fleur, c'est le sang du Christ sur la Croix.
Souris
Furet - Hermine & Loutre
À la souris, parfois classée avec les vers et non pas avec les quadrupèdes, les bestiaires prêtent des propriétés tout aussi étonnantes: elle est engendrée par la pourriture de la terre; dès qu’elle boit, elle meurt. La souris recherche perpétuellement la copulation : la femelle s’accouple chaque nuit avec dix mâles différents et donne des portées pouvant atteindre trois cent petits. Un missionnaire français affirme qu’en Inde les souris font peur aux éléphants; selon lui, dans ce pays, elles sont aussi grandes que les chiens.
Pour les encyclopédistes, le furet et l’hermine ressemblant à la belette. Le premier est difficile à apprivoiser, mais il rend service en débarrassant les jardins des trop nombreux lièvres et lapins qui viennent y voler les légumes. Quand à l’hermine, qui habite dans les pays froids, elle mange les rats, les souris et les taupes. Son ventre est blanc comme la neige; seule l’extrémité de sa queue est noire: les pelletiers recherchent sa fourrure et disposent sur le blanc de petites touffes de noir; ils en font des manteaux qu’ils vendent aux princes.
La loutre se nourrit d'herbes et de poissons, sa morsure est venimeuse, tant pour les bêtes que pour les hommes. Elle symbolise rait l'avarice parce qu'elle « amoncelle dans son terrier les poissons qu'elle a capturés, bien plus qu'elle ne peut en manger». C'est une stockeuse et une avaricieuse, comme l'écureuil, mais contrairement à lui elle sait retrouver son dépôt de nourriture. L'odeur dégagée par ses proies pourrissantes empeste tout le milieu environnant; c'est du reste ainsi qu'on la repère et qu'on peut la capturer. Car il est possible de l'apprivoiser. Certains voyageurs, ou prétendus tels, affirment qu'ils ont rencontré en Orient des loutres domestiques qui pêchaient le poisson à la place de leurs maîtres, bien plus efficacement. On les appelle « chiens de rivière ».
Pour les encyclopédistes, le furet et l’hermine ressemblant à la belette. Le premier est difficile à apprivoiser, mais il rend service en débarrassant les jardins des trop nombreux lièvres et lapins qui viennent y voler les légumes. Quand à l’hermine, qui habite dans les pays froids, elle mange les rats, les souris et les taupes. Son ventre est blanc comme la neige; seule l’extrémité de sa queue est noire: les pelletiers recherchent sa fourrure et disposent sur le blanc de petites touffes de noir; ils en font des manteaux qu’ils vendent aux princes.
La loutre se nourrit d'herbes et de poissons, sa morsure est venimeuse, tant pour les bêtes que pour les hommes. Elle symbolise rait l'avarice parce qu'elle « amoncelle dans son terrier les poissons qu'elle a capturés, bien plus qu'elle ne peut en manger». C'est une stockeuse et une avaricieuse, comme l'écureuil, mais contrairement à lui elle sait retrouver son dépôt de nourriture. L'odeur dégagée par ses proies pourrissantes empeste tout le milieu environnant; c'est du reste ainsi qu'on la repère et qu'on peut la capturer. Car il est possible de l'apprivoiser. Certains voyageurs, ou prétendus tels, affirment qu'ils ont rencontré en Orient des loutres domestiques qui pêchaient le poisson à la place de leurs maîtres, bien plus efficacement. On les appelle « chiens de rivière ».

Oiseaux aigle
Les Oiseaux
Le Moyen Âge est curieux des oiseaux. Il les aime, les observe en toute occasion, les connaît fort bien, mieux que les poissons par exemple. Mais cela n’empêche nullement les bestiaires de leur prêter des propriétés singulières, voire merveilleuses, empruntées pour une bonne part aux textes de l’Antiquité et aux traditions orientales. Dans les bestiaires, les chapitres réservés aux oiseaux sont souvent les plus nombreux. Au point de former parfois un ouvrage à part entière (aviaires).
Aigle
Dans bon nombre de cultures antiques, l'aigle était l'oiseau des dieux, notamment de Zeus puis de Jupiter. Au fil des siècles, il devient l'emblème obligé de tous les empires : romain, byzantin, carolingien, germanique, plus tard russe, autrichien, napoléonien, allemand... Ce faisant, il entre en concurrence avec le lion, son rival sur terre. Tous deux sont symboles de force, de puissance, de victoire. D'où sa présence sur de nombreux insignes du pouvoir (sceptres, globes, armoiries).
Le christianisme fait de l'aigle tantôt une image de la force, la justice, la souveraineté toute puissante de Dieu, tantôt le symbole de résurrection du Christ, comme le cerf et le phénix. Se sentant vieillir, l'aigle possède en effet la faculté de se régénérer.
Le christianisme fait de l'aigle tantôt une image de la force, la justice, la souveraineté toute puissante de Dieu, tantôt le symbole de résurrection du Christ, comme le cerf et le phénix. Se sentant vieillir, l'aigle possède en effet la faculté de se régénérer.
Pour ce faire, il commence par briser contre un rocher son bec devenu trop long et qui l'empêche de se nourrir. Puis il vole à proximité du soleil afin de brûler ses vieilles ailes et ses yeux fatigués. Enfin, ranimé par la lumière et par le feu, il se laisse tomber du haut du ciel et plonge dans une fontaine merveilleuse: il retrouve ainsi sa vigueur et sa jeunesse. Doté d'une intelliÂgence exceptionnelle et d'un regard pénétrant, en volant très haut dans le ciel, il incarne aussi une pensée supérieure et une âme hors du commun. Il sait tout, voit tout - ce qui au Moyen Âge en fait parfois un attribut de la vue. Il lit dans le cÅ“ur des hommes et connaît l’avenir. Au reste, il a parfois deux têtes, notamment en héraldique. Pour les bestiaires, l'aigle est également l'ennemi mortel du serpent - incarnant l'image du bien luttant contre le mal et représente Jean l'Evangéliste parmi les quatre figures Tétramorphes.
La symbolique médiévale de l'aigle est toutefois ambivalente. IntraiÂtable, autoritaire, parfois brutal, il fait peur à tous les autres oiseaux. C'est pourquoi, comme l'ours et comme le lion, l'aigle passe pour invincible. Certains voient dans l'aigle redoutable, doté de serres crochues, dévoreur de chair vivante et mangeur de charognes, une incarnation du diable. Pris en mauvaise part - ce qui n'est pas si fréquent -, l'aigle évoque aussi l'orgueil, un vice qui lui est propre.

Griffon Faucon
Griffon
Au chapitre de l'aigle, certains de nos auteurs associent celui du griffon: pour eux, il s'agit d'un oiseau. Mais d'autres voient dans cet animal une bête, un cousin du lion, et préfèrent le ranger parmi les quadrupèdes. Le griffon médiéval, comme son ancêtre antique, est en effet un hybride: il possède l'avant-corps d'un aigle et l'arrière-train d'un lion. Il est ainsi doté d'un bec crochu, de deux serres griffues, d'une grande paire d'ailes, d'une longue queue et de pattes postérieures terminées par un large pied à quatre doigts. Parfois s'ajoutent à cette anatomie composite des oreilles pointues et une petite barbe, deux particularités dont l’aigle est dépourvu. D’où vient un tel animal? D’Orient bien sûr, où Marco Polo raconte avoir vu un griffon gigantesque saisir un éléphant dans ses serres, puis prendre son envol, monter haut dans le ciel et lâcher soudain l’énorme bête qui s’est écrasé au sol. Avec les griffes de l’animal, les Indiens fabriquent des hanaps qui, comme la corne de la licorne, ont la propriété de purifier tous les liquides placés à l’intérieur. Pour beaucoup d’auteurs, les griffon est le fruit de l’accouplement d’un aigle et d’une lionne ou d’une louve. Le griffon est pratiquement invincible. C’est pourquoi Dieu lui a confié la garde des montagnes où sont abrités l’or et les pierres précieuses. C’est le gardien de tous les trésors de l’Orient.
Faucon
Les bestiaires parlent du faucon avec admiration. C'est un oiseau au plumage magnifique, rapide, courageux (il s'attaque à des proies beaucoup plus grosses que lui), intelligent, frugal, obéissant. Il s'élève ainsi jusqu'à des hauteurs où l'œil ne peut plus le suivre, mais il n'en profite pas pour s'échapper: il revient chaque fois vers son maître. S'il n'a pas capturé sa proie à la première ou à la seconde attaque,« il en éprouve grande honte, revient sur le poing et demande le capuchon pour cacher sa vergogne ».
Né au Moyen-Orient en Asie centrale, l'art de chasser avec des faucons pénètre en Occident vers le VIè siècle de notre ère. Il devient peu à peu le loisir préféré des princes et des seigneurs.
Le faucon est l’ennemi du serpent, du crapaud, du renard, du vautour, tous créatures du démon. Comme l'aigle, le faucon devenu vieux peut rendre à ses ailes la vigueur de leur jeunesse: il prend son vol, monte très haut, étend ses ailes près du soleil et les brûle; elles tombent et sont aussitôt remplacées par de nouvelles ailes, plus robustes et plus efficaces. Une telle métamorphose, cependant, ne peut s'accomplir qu'une seule fois. Ensuite, comme tous les êtres vivants, il doit accepter les infirmités de son âge.
Né au Moyen-Orient en Asie centrale, l'art de chasser avec des faucons pénètre en Occident vers le VIè siècle de notre ère. Il devient peu à peu le loisir préféré des princes et des seigneurs.
Le faucon est l’ennemi du serpent, du crapaud, du renard, du vautour, tous créatures du démon. Comme l'aigle, le faucon devenu vieux peut rendre à ses ailes la vigueur de leur jeunesse: il prend son vol, monte très haut, étend ses ailes près du soleil et les brûle; elles tombent et sont aussitôt remplacées par de nouvelles ailes, plus robustes et plus efficaces. Une telle métamorphose, cependant, ne peut s'accomplir qu'une seule fois. Ensuite, comme tous les êtres vivants, il doit accepter les infirmités de son âge.

corbeau colombe
Corbeau
Oiseau noir, célébré par toutes les mythologies, le corbeau ne cesse de se dévaloriser au fil des siècles. L'Antiquité gréco-romaine loue sa sagesse, son intelligence, sa mémoire et ses dons de prophéties. Contrairement à ce que l'on croit trop souvent, la place de l'aigle dans la mythologie nordique et dans l’emblématique germanique du haut Moyen Âge est relativement pauvre; plus pauvre que celle du corbeau ou du faucon. Mais la Bible prend le Corbeau en mauvaise part - l'épisode de l'arche de Noé en fait un animal infidèle, égoïste et charognard - et, à sa suite, le christianisme le rejette violemment. Le corbeau est en effet l'oiseau sacré des peuples païens dans une bonne partie de l'Europe du Nord: Celtes, Germains, Slaves lui rendent de nombreux cultes, que l'Église missionnaire s'efforce d'éradiquer. Mais cela n'est pas facile tant l'oiseau est vénéré. Chez les Celtes, il est l'attribut du dieu Lug. Dans le monde germaÂno-scandinave, il est au service d'Odin, dieu borgne, terrible et omnisÂcient: ses deux corbeaux, Huginn et Muginn, parcourent le monde et lui rapportent ce qu'ils ont vu. Ils savent tout, le passé et l'avenir.
Le christianisme voit dans le corbeau l'image de l'homme pécheur, noirci par la boue de ses fautes, ou bien l'incarnation du démon et de toutes les forces du mal. Il est absolument interdit de manger sa chair. Il est également rappelé que le corbeau se nourrit de charognes et comment, lorsqu’il s’attaque à un cadavre, il commence par les yeux: c’est un moyen de mieux atteindre la cervelle, siège de la pensée et de l’âme. Comme le corbeau, le diable aveugle et s’empare de l'âme. Le corbeau, fier de ses plumes, s’inquiète de la pureté de sa race. Parce que ses petits naissent presque blancs, il ne les reconnaît pas pour siens tant que leur plumage n’a pas viré au noir. Le corbeau est un hypocrite qui fait semblant d’être stupide alors qu’il est plein de malice et de ruse, joue des tours aux hommes et même à des animaux plus gros que lui. Le corbeau est trop noir, trop malin, trop voleur, trop charognard, pour se transformer en une créature positive. Tout au plus lui reconnaît-on le privilège de savoir imiter parfaitement la voix humaine et d’être « la bête du monde qui nous connaît le mieux parce qu’elle nous observe du matin jusqu’au soir ». Ce qui est pour le moins inquiétant.
Colombe
Pour la culture médiévale, la colombe est l'antithèse du corbeau. Son plumage est blanc, d'un blanc immaculé, et non pas noir comme l'antre infernal. Dans l'épisode biblique du Déluge, elle revient sagement vers l'arche en portant dans son bec un rameau d'olivier: c'est un moyen d'annoncer à Noé que les eaux se sont retirées. Ce faisant, la colombe apparaît comme un oiseau de paix et d'espérance, une messagère de Dieu. Elle est presque toujours prise en bonne part. Les bestiaires détaillent les différentes parties du corps de la colombe et à associer à chacune l'une de ses innombrables vertus : pudeur, douceur, fidélité, simplicité, innocence, prudence, humilité. Ainsi elle se baigne souvent de peur de montrer un plumage souillé. En outre, l'eau est pour elle un moyen de voir arriver ses prédateurs, notamment le vautour et l'épervier. L'ombre de l'oiseau de proie portée à la surface de l'eau la prévient du danger et lui donne le temps de se mettre à l'abri. Le Saint-Esprit, symbole d’espérance revêt souvent l'apparence d'une colombe descendant sur terre et partiÂcipant au baptême de Jésus. De même, nos auteurs précisent comment après la mort, l'âme des justes s'envole vers le ciel sous la forme d'une colombe, tandis que l'âme des méchants revêt une figure hideuse, celle d'un scorpion, d'un crapaud ou d'un démon.
Le grand ennemi de la colombe n'est pas tant le vautour ou l'épervier que le dragon. En Inde, il rôde autour d'un arbre nommé peridixion où les colombes aiment venir se rafraîchir. Elles se nourrissent de son fruit, doux et sucré, et sont protégées par l'ombre de l'arbre, dont le dragon a très peur. Mais si elles s'éloignent de cet arbre et de son ombre, le dragon les dévore. C'est l'image du diable s'emparant des hommes qui se sont écartés de la foi.
La tourterelle des bestiaires est à l'image de la colombe; elle est chaste et loyale, ne donne son amour qu'une seule fois, contrairement au pigeon. Sa fidélité doit servir d'exemple aux hommes pécheurs. Non seulement la tourterelle ne commet jamais l'adultère, mais elle ne prend pas un nouveau conjoint lorsqu'elle est devenue veuve: elle pleure continuellement son amour perdu, devient indifférente au reste du monde et espère la mort pour adoucir son chagrin.

cygne coq
Cygne
Oiseau blanc, le cygne a joué un rôle important dans la mythoÂlogie gréco-romaine et dans toutes celles de l'Europe du Nord. Il réunissait en lui plusieurs thèmes symboliques qui par la suite ont séduit les auteurs et les artistes du Moyen Âge : la pureté ; le chant; la métamorphose; la mort.
Pourtant c'est un oiseau dont la Bible ne parle pas. Le cas est suffiÂsamment rare pour laisser perplexes les Pères de l'Église. Que dire d'un oiseau sur lequel les Saintes Écritures sont muettes? Rien, ou presque. Les bestiaires médiévaux ont donc dû trouver ailleurs que dans la Bible, le moyen d’en parler; chez les auteurs grecs et romains, dans les légendes slaves et scandinaves.
La propriété la plus remarquable du cygne concerne son chant. Celui-ci est doux et mélodieux. C'est l'oiseau musicien par excellence. Il est du reste, attiré par la musique: dès que quelqu'un joue du luth ou de la harpe il s’approche. Le chant du cygne est harmonieux mais il est aussi mélancolique, triste même, semblable à une plainte, spécialement lorsqu'il sent sa mort prochaine. Malade, affaibli, résigné sur son sort, le cygne entame un chant de deuil pour accompagner ses propres funérailles.
Pourtant c'est un oiseau dont la Bible ne parle pas. Le cas est suffiÂsamment rare pour laisser perplexes les Pères de l'Église. Que dire d'un oiseau sur lequel les Saintes Écritures sont muettes? Rien, ou presque. Les bestiaires médiévaux ont donc dû trouver ailleurs que dans la Bible, le moyen d’en parler; chez les auteurs grecs et romains, dans les légendes slaves et scandinaves.
La propriété la plus remarquable du cygne concerne son chant. Celui-ci est doux et mélodieux. C'est l'oiseau musicien par excellence. Il est du reste, attiré par la musique: dès que quelqu'un joue du luth ou de la harpe il s’approche. Le chant du cygne est harmonieux mais il est aussi mélancolique, triste même, semblable à une plainte, spécialement lorsqu'il sent sa mort prochaine. Malade, affaibli, résigné sur son sort, le cygne entame un chant de deuil pour accompagner ses propres funérailles.
Mais le cygne n'est-il pas trop beau? Pour certains, assurément, il l'est: sous une robe blanche il abrite une chair noire; c'est un dissimulateur, un hypocrite. À la beauté extérieure correspond sa laideur intérieure, et à la symbolique positive fait place un discours plus nuancé, voire franchement hostile. Le cygne est un oiseau hautain et orgueilleux: conscient de sa beauté, il ne fraie pas avec les autres oiseaux; en outre, il n'aime pas être dérangé, dresse fièrement son cou, vit presque toujours dans l'eau mais ne s'y plonge jamais entièÂrement. C'est également un oiseau colérique et querelleur: les mâles se battent pour la possession des femelles, parfois jusqu'à la mort. Dans certains bestiaire, c’est un oiseau luxurieux.
Coq
Les bestiaires voient dans le coq un animal courageux qui défend vaillamment ses poules et n'hésite pas à affronter plus fort que lui. Mais c'est aussi un animal vaniteux, sensuel et lubrique. Sa symbolique est ambivalente. Le courage du coq était déjà célébré par les auteurs de l’Antiquité. Ceux du Moyen Âge vont plus loin et le mettent en scène luttant contre le renard, le loup et même le lion. Ce dernier du reste ne craint qu'un seul animal au monde: le coq blanc.
Le coq n'a pas que des qualités. C'est un oiseau jaloux, qui ne partage pas ses poules. D'où la fréquence des combats de coqs, toujours violents, souvent mortels, parfois humiliants. Polygame et fougueux, le coq est dans la symbolique romane l'attribut de la luxure, parfois figurée par un homme chevauchant un coq. Mais il peut aussi symboliser la fécondité ou la fertilité.
La poule, elle, est rarement prise en mauvaise part. Elle prend de ses poussins un soin extrême, les réchauffe, les nourrit, les surveille, les défend contre le milan et le renard. L'image de la poule abritant ses poussins sous ses ailes est comparée à celle du Christ sur la Croix protégeant les fidèles ou bien, plus tard, à celle de la Vierge couvrant de son manteau l'humanité souffrante.
Devenu vieux, le coq se met parfois à pondre des œufs. Si l'un d'eux est couvé par une bête venimeuse, tels le crapaud, l'aspic ou le-dragon, il en sort un être effroyable: le basilic. Sa tête, ses ailes et ses pattes sont celles d'un coq, mais son corps se termine en forme de serpent. Il peut tuer par son seul regard. Tous les animaux en ont peur, sauf la belette qui s'attaque vaillamment à lui.
Le coq n'a pas que des qualités. C'est un oiseau jaloux, qui ne partage pas ses poules. D'où la fréquence des combats de coqs, toujours violents, souvent mortels, parfois humiliants. Polygame et fougueux, le coq est dans la symbolique romane l'attribut de la luxure, parfois figurée par un homme chevauchant un coq. Mais il peut aussi symboliser la fécondité ou la fertilité.
La poule, elle, est rarement prise en mauvaise part. Elle prend de ses poussins un soin extrême, les réchauffe, les nourrit, les surveille, les défend contre le milan et le renard. L'image de la poule abritant ses poussins sous ses ailes est comparée à celle du Christ sur la Croix protégeant les fidèles ou bien, plus tard, à celle de la Vierge couvrant de son manteau l'humanité souffrante.
Devenu vieux, le coq se met parfois à pondre des œufs. Si l'un d'eux est couvé par une bête venimeuse, tels le crapaud, l'aspic ou le-dragon, il en sort un être effroyable: le basilic. Sa tête, ses ailes et ses pattes sont celles d'un coq, mais son corps se termine en forme de serpent. Il peut tuer par son seul regard. Tous les animaux en ont peur, sauf la belette qui s'attaque vaillamment à lui.

Paon perdrix
Paon
Le paon n'a pas les qualités de l'oie. Il est vaniteux et ridicule. Certes, son plumage est magnifique, de toutes les couleurs, avec beaucoup de vert et de rouge, et même plusieurs sortes de bleus.
Chez le mâle, la queue est très longue: il la gonfle et la déplie pour séduire les femelles, mais cela ne les intéresse guère. C'est pourquoi les paons se reproduisent peu. Et quand les femelles ont pondu quelques œufs, les mâles, furieux qu'elles ne répondent pas à leurs avances, vont les solliciter alors qu'elles sont en train de couver. Ce faisant, ils écrasent les œufs. Ce sont donc des oiseaux rares et recherchés. Ils le savent et, ici encore, en tirent vanité. Sur sa queue, semblable aux ailes des anges, on peut voir des cercles ressemblant à des yeux. Les Grecs qui les ont comptés en ont trouvé cent.
Chez le mâle, la queue est très longue: il la gonfle et la déplie pour séduire les femelles, mais cela ne les intéresse guère. C'est pourquoi les paons se reproduisent peu. Et quand les femelles ont pondu quelques œufs, les mâles, furieux qu'elles ne répondent pas à leurs avances, vont les solliciter alors qu'elles sont en train de couver. Ce faisant, ils écrasent les œufs. Ce sont donc des oiseaux rares et recherchés. Ils le savent et, ici encore, en tirent vanité. Sur sa queue, semblable aux ailes des anges, on peut voir des cercles ressemblant à des yeux. Les Grecs qui les ont comptés en ont trouvé cent.
Perdrix
Merle & Rossignol
- La perdrix, au contraire du paon, possède une chair exquise. Elle connaît donc différentes ruses pour échapper aux chasseurs. Ainsi, elle se couche sur le dos et se recouvre de terre: plus personne ne peut la voir. La perdrix est une bonne mère mais c'est aussi une voleuse: elle est connue pour voler les œufs des autres oiseaux. Elle les apporte dans son nid, les couve et les fait éclore; mais quelques jours après leur naissance, les oisillons comprennent à la voix que la perdrix n'est pas leur mère. Ils la frappent de leur petit bec et s'envolent vers leurs vrais parents.
- Bien que tout noir, comme le corbeau, le merle chante merveilÂleusement. Il possède de l'or dans sa voix, comme l'indique son bec de couleur jaune. Malheureusement il ne chante bien qu'une partie de l'année, deux mois l'été ; le reste du temps son chant est rauque et discordant. On le recherche néanmoins comme oiseau de compagnie, d'une part en raison de la beauté de son chant, de l'autre parce qu'il peut être très familier. C'est un grand séducteur, un malin, un facétieux. On peut le mettre en cage mais il en souffre; mieux vaut le laisser faire son nid près de la maison: il vient quand on l'appelle. Mais attention: comme la pie, c'est un voleur, et comme le corbeau, dont il possède la grande intelligence, il connaît parfaitement l'être humain. Il observe tout, rien ne lui échappe.
- Le chant du rossignol est encore plus mélodieux que celui du merle. Pour les hommes et les femmes du Moyen Âge, c'est le plus doux à entendre de tous les chants d'oiseau. Les aviaires s'étonnent que le rossignol chante si fort alors que son corps est tout petit. C'est l'image de l'homme pieux qui malÂgré la misère de sa condition loue avec force Dieu. Notre oiseau se doit cependant d'être prudent: il est faible, fragile, soliÂtaire et désirable. Les hommes cherchent à s'en emparer pour le mettre en cage; le milan et la buse, pour en faire leur repas. Voilà pourquoi il chante plus volontiers la nuit que le jour; dès l'aube, la fin de son chant mélancolique indique aux amants que la nuit est finie et qu'ils doivent se séparer.
- Bien que tout noir, comme le corbeau, le merle chante merveilÂleusement. Il possède de l'or dans sa voix, comme l'indique son bec de couleur jaune. Malheureusement il ne chante bien qu'une partie de l'année, deux mois l'été ; le reste du temps son chant est rauque et discordant. On le recherche néanmoins comme oiseau de compagnie, d'une part en raison de la beauté de son chant, de l'autre parce qu'il peut être très familier. C'est un grand séducteur, un malin, un facétieux. On peut le mettre en cage mais il en souffre; mieux vaut le laisser faire son nid près de la maison: il vient quand on l'appelle. Mais attention: comme la pie, c'est un voleur, et comme le corbeau, dont il possède la grande intelligence, il connaît parfaitement l'être humain. Il observe tout, rien ne lui échappe.
- Le chant du rossignol est encore plus mélodieux que celui du merle. Pour les hommes et les femmes du Moyen Âge, c'est le plus doux à entendre de tous les chants d'oiseau. Les aviaires s'étonnent que le rossignol chante si fort alors que son corps est tout petit. C'est l'image de l'homme pieux qui malÂgré la misère de sa condition loue avec force Dieu. Notre oiseau se doit cependant d'être prudent: il est faible, fragile, soliÂtaire et désirable. Les hommes cherchent à s'en emparer pour le mettre en cage; le milan et la buse, pour en faire leur repas. Voilà pourquoi il chante plus volontiers la nuit que le jour; dès l'aube, la fin de son chant mélancolique indique aux amants que la nuit est finie et qu'ils doivent se séparer.

Poissons monstres marins
Les Poissons
Le savoir médiéval, s'il connaît bien les oiseaux, faciles à observer et à prendre en exemple, connaît mal les poissons, créatures étranges, vivant dans un milieu hostile et n'ayant pas besoin de respirer là où tout être normalement constitué ne peut que mourir asphyxié. Ils semblent avoir pacte lié avec le diable. Le monde des eaux et celui de l'enfer sont en effet de même nature : il y fait sombre, on y suffoque, on y meurt et, même après la mort, on y subit des supplices effroyables et des peines éternelles.
La mer a longtemps effrayé les hommes du Moyen Âge. Tous ceux qui osent l’affronter sont des personnages inquiétants, à commencer par les marins que les chroniqueurs, les romanciers présentent souvent comme des êtres malfaisants. Tantôt ils abandonnent sur une île les voyageurs ou les pèlerins qu’ils transportent après les avoir dépouillés de leurs biens; tantôt ils les vendent comme esclaves à des pirates ou à des infidèles (terme péjoratif employé par les chrétiens de cette époque pour désigner tout homme n’adoptant pas leur propre religion). Grossiers, violents, cupides, lubriques et mécréants, les marin du Moyen Âge semblent avoir conclu un pacte avec l’enfer. Il faudra attendre le XVIIè siècle pour que leur image soit revalorisée.
La mer a longtemps effrayé les hommes du Moyen Âge. Tous ceux qui osent l’affronter sont des personnages inquiétants, à commencer par les marins que les chroniqueurs, les romanciers présentent souvent comme des êtres malfaisants. Tantôt ils abandonnent sur une île les voyageurs ou les pèlerins qu’ils transportent après les avoir dépouillés de leurs biens; tantôt ils les vendent comme esclaves à des pirates ou à des infidèles (terme péjoratif employé par les chrétiens de cette époque pour désigner tout homme n’adoptant pas leur propre religion). Grossiers, violents, cupides, lubriques et mécréants, les marin du Moyen Âge semblent avoir conclu un pacte avec l’enfer. Il faudra attendre le XVIIè siècle pour que leur image soit revalorisée.
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