
chouette Ibis
Chouette
& Hibou
Le christianisme a beaucoup dévalorisé la chouette que !'Antiquité gréco-romaine prenait plutôt en bonne part, vantant son intelligence et la sagacité de son regard. Oiseau favori d'Athéna (Minerve), elle symbolisait le discernement, les connaissances, la prudence. Mais pour les valeurs chrétiennes, vivre la nuit est signe de grand péché. Tous les animaux nocturnes, tels le loup ou le renard, voire le chat, le hérisson ou le blaireau, sont des êtres négatifs. De même sont les Juifs, qui ont préféré rester dans les ténèbres plutôt que de reconÂnaître la lumière du Sauveur: la chouette leur est associée. C'est un oiseau de très mauvais augure. Mieux vaut ne jamais l'entendre ni la rencontrer: les sorciers ne sont jamais très loin. À la fin du Moyen Age et au début de l'époque moderne, elle deviendra même une vedette du sabbat.
Ibis
Quelques oiseaux plus étranges
L'ibis des bestiaires est une cigogne immonde qui vit sur les bords du Nil «là où il se donne à la mer». Ne sachant pas nager, et refusant d'apprendre car il est obstiné et paresseux, l'ibis entre jamais dans l'eau pour pêcher des poissons vivants. Il préfère arpenter la rive toute la journée, se nourrissant de boues, de vermines, de charognes et d' œufs de couleuvre. Le bon chrétien ne doit pas faire comme l'ibis: il ne doit pas avoir peur de l'eau, qui purifie; il ne doit pas non plus manger des immondices ni s'intéresser aux parties déshonnêtes de son corps.

chauve-souris phénix
Chauve-souris
Plus inquiétante est la chauve-souris. Pour la culture médiévale, c'est un oiseau, mais un oiseau extraordinaire, qui possède un corps de souris et des oreilles de griffon, qui vole dans les airs mais ne pond pas, qui marche sur la terre mais craint l'eau. C'est une sorte de rat qui vole. Au reste, quelques auteurs la qualifient de «rat-oiseau». D'autres pensent qu'elle est aveugle comme la taupe; d'autres encore estiment qu'elle se nourrit exclusivement de poussière et de toiles d'araignée. Elle possède un sens étonnant qui lui permet de sentir le danger sans voir, ni entendre, ni toucher, ni même respirer. Mais c'est une traîtresse: quand les oiseaux et les quadrupèdes se font la guerre, elle combat tour à tour dans les deux camps, étant à la fois volante et rampante, choisissant toujours le camp où semble se porter la victoire.
Les mœurs nocturnes de la chauve-souris en font un animal totalement négatif.
Ses cris « insupporÂtables aux oreilles des honnêtes gens» sonnent comme les rires des déments. Son visage est fort laid et ressemble celui du singe, lequel se plaît à contrefaire l'homme pour mieux l’enlaidir. Aimée du diable, la chauve-souris lui prête ses ailes dépourvues de plumes pour voler la nuit et se rendre au sabbat. Comme lui, elle aime se cacher puis surgir pour mieux effrayer les hommes et les autres animaux.
Les mœurs nocturnes de la chauve-souris en font un animal totalement négatif.
Ses cris « insupporÂtables aux oreilles des honnêtes gens» sonnent comme les rires des déments. Son visage est fort laid et ressemble celui du singe, lequel se plaît à contrefaire l'homme pour mieux l’enlaidir. Aimée du diable, la chauve-souris lui prête ses ailes dépourvues de plumes pour voler la nuit et se rendre au sabbat. Comme lui, elle aime se cacher puis surgir pour mieux effrayer les hommes et les autres animaux.
Phénix
& Simorgh
Plus étonnant encore est le phénix, le plus merveilleux de tous les oiseaux. Il n'en existe qu'un seul au monde, individu de grande taille et d'une beauté incomÂparable : son cou est fait d'or fin, son poitrail a la couleur de la pourpre, ses ailes brillent comme le saphir ou l'émeraude, ses pattes ne possèdent pas de griffes mais se terminent par des rubis. Apercevoir le phénix est cependant presque imposÂsible: il sait que tout le monde cherche à le capturer, non seulement les chasseurs mais aussi les oiseaux de proie et le terrible dragon. Il se cache dans les déserts d'Arabie. Là , il vit très longtemps, cinq cents ans, mille ans, parfois plus. Quand il sent sa mort prochaine, il s'enduit le corps d'aromates, de myrrhe et d'encens, puis il se construit un bûcher, à l'endroit où frappent le plus fortement les rayons de soleil. En battant des ailes, il allume le feu et s'y couche. Il meurt peu à peu, mais au bout de trois jours et de trois nuits, il renaît de ses cendres, retrouve sa jeunesse et des ailes encore plus belles. Il s'envole alors vers une nouvelle vie.
Le phénix mort sur le bûcher symbolise le Christ mort sur la Croix. Tous deux nous invitent à croire à la réalité de la résurrection.
Le phénix mort sur le bûcher symbolise le Christ mort sur la Croix. Tous deux nous invitent à croire à la réalité de la résurrection.
Le Simorgh est un oiseau fabuleux de la mythologie perse.
Le Simorgh était de grande taille, puisqu'il pouvait transporter un chameau ou un éléphant, l'oiseau mythique Simorgh montre une grande animosité envers les serpents.
Dans un récit persan antique, il est dit que le Simorgh vit 1700 ans avant de plonger de lui-même dans les flammes, et dans d'autres récits plus tardifs, il est dit qu'il est immortel et possède un nid dans l'arbre du savoir.
D'après la légende persane, il est dit que cet oiseau est si vieux qu'il a déjà vu trois fois la destruction du monde. Pendant tout ce temps, le Simorgh a tellement appris qu'on pense qu'il possède le savoir de tous les âges.
La représentation du Simorgh varie beaucoup au cours du temps. Dans des œuvre, il possède le buste d'un chien, des griffes de lion, une paire d'ailes et une queue remontant verticalement en se végétalisant. À partir des invasions mongoles et de l'arrivée des influences chinoises dans l'art persan, il prend la forme d'un phénix.

Poissons monstres marins
Les Poissons
Le savoir médiéval, s'il connaît bien les oiseaux, faciles à observer et à prendre en exemple, connaît mal les poissons, créatures étranges, vivant dans un milieu hostile et n'ayant pas besoin de respirer là où tout être normalement constitué ne peut que mourir asphyxié. Ils semblent avoir pacte lié avec le diable. Le monde des eaux et celui de l'enfer sont en effet de même nature : il y fait sombre, on y suffoque, on y meurt et, même après la mort, on y subit des supplices effroyables et des peines éternelles.
La mer a longtemps effrayé les hommes du Moyen Âge. Tous ceux qui osent l’affronter sont des personnages inquiétants, à commencer par les marins que les chroniqueurs, les romanciers présentent souvent comme des êtres malfaisants. Tantôt ils abandonnent sur une île les voyageurs ou les pèlerins qu’ils transportent après les avoir dépouillés de leurs biens; tantôt ils les vendent comme esclaves à des pirates ou à des infidèles (terme péjoratif employé par les chrétiens de cette époque pour désigner tout homme n’adoptant pas leur propre religion). Grossiers, violents, cupides, lubriques et mécréants, les marin du Moyen Âge semblent avoir conclu un pacte avec l’enfer. Il faudra attendre le XVIIè siècle pour que leur image soit revalorisée.
La mer a longtemps effrayé les hommes du Moyen Âge. Tous ceux qui osent l’affronter sont des personnages inquiétants, à commencer par les marins que les chroniqueurs, les romanciers présentent souvent comme des êtres malfaisants. Tantôt ils abandonnent sur une île les voyageurs ou les pèlerins qu’ils transportent après les avoir dépouillés de leurs biens; tantôt ils les vendent comme esclaves à des pirates ou à des infidèles (terme péjoratif employé par les chrétiens de cette époque pour désigner tout homme n’adoptant pas leur propre religion). Grossiers, violents, cupides, lubriques et mécréants, les marin du Moyen Âge semblent avoir conclu un pacte avec l’enfer. Il faudra attendre le XVIIè siècle pour que leur image soit revalorisée.
Monstres marins
Sous les eaux de la mer vivent aussi des monstres redoutables, depuis l'énorme et dangereuse baleine jusqu’aux perfides et cruelles sirènes, dont le chant mélodieux attire les navigateurs pour mieux les entraîner dans les profondeurs infernales. On se souvient avec effroi de l'histoire du prophète Jonas, avalé puis recraché par une baleine. Et l'on redoute plus encore les bêtes effroyables qui, comme celle de I' Apocalypse, ont plusieurs têtes, de multiples cornes et sortent de la mer pour venir défier Dieu et tourmenter les justes. Les attaques qui viennent de la mer, comme celles des Vikings ou des pirates, comptent parmi les plus effroyables car la mer, toujours et partout, est signe de mort.
La mer est donc le domaine réservé d'une faune terrifiante et fantasmée, où des espèces géantes, connues et désignées par un nom, voisinent avec des créatures hybrides, sans nom, qui empruntent leurs formes à des animaux terrestres, voire à des êtres humains, et y ajoutent des nageoires acérées, des queues gigantesques, des dents et des cornes monstrueuses. Ce bestiaire des profondeurs s'apparente à celui qui attend les damnés dans les ténèbres de l'enfer. Vivent ainsi dans les eaux, parmi les poissons, des créatures qui sont le pendant marin de celles qui vivent sur terre. Ce sont des êtres. redoutables, diaboliques, ennemis des hommes et des animaux terrestres. Parmi les principaux, ceux sur lesquels s'attardent parfois nos bestiaires, il faut citer en premier lieu le moine de mer, être hybride qui a une tête d'homme tonsuré et qui porte une sorte de capuchon monastique sur les épaules, mais dont les bras sont remplacés par des nageoires et dont le reste du corps, entièrement recouvert d'écailles, se termine par une queue de poisson. À son image se présente l'anaÂtomie d'autres créatures moitié humaines ou animales: le prêtre de mer, la nonne de mer, l'évêque de mer, le chien de mer, l'âne de mer, le porc de mer, la vache de mer, le lion de mer, le tigre de mer, l’éléphant de mer, le serpent de mer, le pou de mer, etc.
La mer est donc le domaine réservé d'une faune terrifiante et fantasmée, où des espèces géantes, connues et désignées par un nom, voisinent avec des créatures hybrides, sans nom, qui empruntent leurs formes à des animaux terrestres, voire à des êtres humains, et y ajoutent des nageoires acérées, des queues gigantesques, des dents et des cornes monstrueuses. Ce bestiaire des profondeurs s'apparente à celui qui attend les damnés dans les ténèbres de l'enfer. Vivent ainsi dans les eaux, parmi les poissons, des créatures qui sont le pendant marin de celles qui vivent sur terre. Ce sont des êtres. redoutables, diaboliques, ennemis des hommes et des animaux terrestres. Parmi les principaux, ceux sur lesquels s'attardent parfois nos bestiaires, il faut citer en premier lieu le moine de mer, être hybride qui a une tête d'homme tonsuré et qui porte une sorte de capuchon monastique sur les épaules, mais dont les bras sont remplacés par des nageoires et dont le reste du corps, entièrement recouvert d'écailles, se termine par une queue de poisson. À son image se présente l'anaÂtomie d'autres créatures moitié humaines ou animales: le prêtre de mer, la nonne de mer, l'évêque de mer, le chien de mer, l'âne de mer, le porc de mer, la vache de mer, le lion de mer, le tigre de mer, l’éléphant de mer, le serpent de mer, le pou de mer, etc.

Baleine Dauphin
Baleine
Bien que le dauphin passe pour être le roi des poissons, dans les bestiaires, le rôle-vedette est tenu par la baleine. C'est la grande merveille de la mer. Il s'agit d'un animal gigantesque dont les écailles ont la couleur du sable. Parfois, son sommeil est si long que des herbes et des arbustes finissent par pousser sur son dos. C'est pour cette raison que les marins prennent parfois son dos pour une île. Malheur à eux! Ils y abordent, ils s'y installent, ils y font du feu pour se nourrir et se réchauffer. La baleine se réveille et sent que son dos est en train de rôtir. Furieuse, elle plonge dans la profondeur des flots, entraînant avec elle les marins, le navire et tout le chargement; puis elle avale la totalité de l'équipage. Son estomac est énorme, comme le prouve l'histoire du prophète Jonas qui séjourna plusieurs jours dans le ventre d'une baleine et s'y trouva au large.
La baleine apparait ainsi comme un monstre terrifiant, semblable au Léviathan de la Bible. Sa gueule est énorme et noire à l'intéÂrieur; ses dents sont très nombreuses et acérées.
Pêcher la baleine est une activité très dangereuse, pratiquée dans les mers du Nord et dans l'Atlantique. C'est du reste plus une chasse qu'une pêche.
Mais il existe aussi un monstre tout à fait étonnant, malfaisant et dangereux; en latin on l'appelle cetus. Il est redoutable pour les marins.» Une baleine d'un type particulier, que mentionnent parfois les bestiaires, est appelée serra. C'est un monstre hybride, moitié poisson, moitié oiseau. Il possède deux grandes ailes et, sur son dos, une longue crête ornée d'aiguillons qui lui permet d'embrocher les navires, de les soulever dans les airs, de les transporter très loin du lieu où ils voulaient se rendre, puis, lorsqu'il se sent fatigué, de les laisser retomber dans les flots.
La baleine apparait ainsi comme un monstre terrifiant, semblable au Léviathan de la Bible. Sa gueule est énorme et noire à l'intéÂrieur; ses dents sont très nombreuses et acérées.
Pêcher la baleine est une activité très dangereuse, pratiquée dans les mers du Nord et dans l'Atlantique. C'est du reste plus une chasse qu'une pêche.
Mais il existe aussi un monstre tout à fait étonnant, malfaisant et dangereux; en latin on l'appelle cetus. Il est redoutable pour les marins.» Une baleine d'un type particulier, que mentionnent parfois les bestiaires, est appelée serra. C'est un monstre hybride, moitié poisson, moitié oiseau. Il possède deux grandes ailes et, sur son dos, une longue crête ornée d'aiguillons qui lui permet d'embrocher les navires, de les soulever dans les airs, de les transporter très loin du lieu où ils voulaient se rendre, puis, lorsqu'il se sent fatigué, de les laisser retomber dans les flots.
Dauphin
Pour la culture médiévale, la baleine est un poisson, le plus gros des poissons. Mais ce n'est pas le roi de la faune marine: ce rôle est en général dévolu au dauphin, qui pour cette raison, dans les images, porte souvent une couronne. Au Moyen Âge, on met surtout en valeur sa rapidité, le fait qu'il ne pond pas d'œufs pour se reproduire, ainsi que son étrange anatomie : sa bouche se situe au niveau du ventre.
« Le dauphin est un grand poisson de mer qui est attiré par les voix humaines. sait fort bien remuer sa langue pour parler, et sa voix ressemble à celle d'un homme qui pleure. C'est l'être le plus rapide qui existe dans la mer, car il est capable de la franchir d'une rive à l'autre comme s'il volait.
« Le dauphin est un grand poisson de mer qui est attiré par les voix humaines. sait fort bien remuer sa langue pour parler, et sa voix ressemble à celle d'un homme qui pleure. C'est l'être le plus rapide qui existe dans la mer, car il est capable de la franchir d'une rive à l'autre comme s'il volait.

Huître Tortue
Huître
Scolopendre & Crabe
La scolopendre est un poisson venimeux qu'il ne faut pas toucher. Le capturer est du reste difficile: s'il a mordu à l'hameçon, il possède la propriété de le recracher en même temps que toutes ses entrailles pour se dégager. Puis délicatement, avec son museau, il fait le tri dans ce qu'il a vomi et réingurgite tout sauf l'hameçon. Comme la chienne et la truie, la scolopendre« retourne toujours à sa vomissure». Ainsi fait l'homme qui replonge constamment dans ses péchés. Maintes fois il croit échapper à la punition, mais la dernière fois lui sera fatale.
Pour les encyclopédies médiévales, l'huître est un poisson enfermé dans une coquille. Il s'ouvre et se ferme à volonté selon la lune. Lorsque celle-ci est ascendante, l'huître peut être fécondée par « la rosée du matin sur la mer » ou bien, plus simplement, par les rayons du soleil. Dans le premier cas, il n'existe rien de plus pur au monde, c'est pourquoi une telle fécondation donne naissance à une perle. L'huître symbolise ainsi la Vierge, qui a été fécondée par la rosée du ciel, c'est-à -dire par l'Esprit-Saint, puis a enfanté une perle, Jésus-Christ. Le pire ennemi de l'huître est le homard, créature diabolique, dotée de cornes et de pinces. Il recourt à une ruse pour la capturer vivante: ayant observé à quel moment l'huître s'ouvre, il jette une pierre dans la coquille; l'huître ne peut plus se refermer et le homard l'avale.
Quelques auteurs attribuent la même ruse au crabe, autre créature du démon: il marche à reculons, parfois· de côté, jamais droit; ainsi marchent les méchants et les vicieux. Le seul mérite du crabe est d'abriter en lui un suc efficace contre le venin des serpents: en manger un peu annule les effets du poison. Le cerf le sait bien qui, lorsqu'il a été mordu par un serpent, mange un crabe ou une écrevisse.
Pour les encyclopédies médiévales, l'huître est un poisson enfermé dans une coquille. Il s'ouvre et se ferme à volonté selon la lune. Lorsque celle-ci est ascendante, l'huître peut être fécondée par « la rosée du matin sur la mer » ou bien, plus simplement, par les rayons du soleil. Dans le premier cas, il n'existe rien de plus pur au monde, c'est pourquoi une telle fécondation donne naissance à une perle. L'huître symbolise ainsi la Vierge, qui a été fécondée par la rosée du ciel, c'est-à -dire par l'Esprit-Saint, puis a enfanté une perle, Jésus-Christ. Le pire ennemi de l'huître est le homard, créature diabolique, dotée de cornes et de pinces. Il recourt à une ruse pour la capturer vivante: ayant observé à quel moment l'huître s'ouvre, il jette une pierre dans la coquille; l'huître ne peut plus se refermer et le homard l'avale.
Quelques auteurs attribuent la même ruse au crabe, autre créature du démon: il marche à reculons, parfois· de côté, jamais droit; ainsi marchent les méchants et les vicieux. Le seul mérite du crabe est d'abriter en lui un suc efficace contre le venin des serpents: en manger un peu annule les effets du poison. Le cerf le sait bien qui, lorsqu'il a été mordu par un serpent, mange un crabe ou une écrevisse.
Tortue de mer
& Nautile
Tout aussi merveilleux que l’huître existe le nautile ou pompile. Il est petit mais ingénieux. Son plus grand plaisir est de voguer à la surface de la mer, comme le font les bateaux. Pour ce faire, il se renverse sur le dos, transforme sa coquille en coque, puis il la vide en utilisant un conduit spécial pour rejeter l'eau qui se trouve à l'intérieur. Dans un second temps, il transforme ses nombreux tentacules en rames sauf un qui lui sert de voile et un autre de gouvernail. C'est ainsi qu'il navigue, rendant jaloux les autres coquillages qui demeurent au fond de l' eau.
La tortue de mer a fait de ses écailles une maison. Elle s'y abrite dès que survient un danger. Mais elle-même est dangereuse pour bon nombre d'animaux qui vivent dans les flots. D'une part, sa bave est venimeuse, de l'autre elle possède une mâchoire effroyable qui brise tout, même les pierres. Comme elle est très lourde, la tortue écrase les coquillages sur lesquels elle marche. Bien qu'elle soit dotée de quatre vraies pattes, elle aime nager et, les jours de beau temps, venir chauffer son dos à la surface de la mer. Mais si elle y reste trop longtemps, elle meurt. La tortue de terre est plus petite et dépourvue de venin. Aucun animal ne marche aussi lentement; elle semble paresseuse mais en fait elle a du mal à déplacer sa lourde maison. Le mâle est beaucoup plus ardent que la femelle: chaque accouplement ressemble à un viol.
La tortue de mer a fait de ses écailles une maison. Elle s'y abrite dès que survient un danger. Mais elle-même est dangereuse pour bon nombre d'animaux qui vivent dans les flots. D'une part, sa bave est venimeuse, de l'autre elle possède une mâchoire effroyable qui brise tout, même les pierres. Comme elle est très lourde, la tortue écrase les coquillages sur lesquels elle marche. Bien qu'elle soit dotée de quatre vraies pattes, elle aime nager et, les jours de beau temps, venir chauffer son dos à la surface de la mer. Mais si elle y reste trop longtemps, elle meurt. La tortue de terre est plus petite et dépourvue de venin. Aucun animal ne marche aussi lentement; elle semble paresseuse mais en fait elle a du mal à déplacer sa lourde maison. Le mâle est beaucoup plus ardent que la femelle: chaque accouplement ressemble à un viol.

Phoque Sirène
Phoque
Comme la tortue marine, le phoque peut vivre dans l'eau ou venir se reposer sur les rochers. C'est un poisson très froid dont la tête ressemble à celle d'un veau ou d'un chien. Sa peau a le pouvoir d'écarter la foudre. Le cri du phoque ressemble à un long gémisÂsement. L'entendre est de très mauvais augure: celui qui le perçoit, homme ou bête, mourra prochainement. Pourtant, les hommes du Nord chassent les phoques afin de s'emparer de sa viande, de son huile et de sa graisse. Sa bile également est très recherchée : elle a de nombreuses vertus médicinales, notamment celle de guérir les épilepÂtiques. Le phoque le sait très bien et, de même que le castor se tranche les génitoires pour échapper au chasseur, de même le phoque se vide de sa bile et de son fiel pour ne pas être capturé. Mais comme il est stupide, il le fait dans l'eau et en prive ainsi tous les hommes malades. Il n'est ni généreux ni charitable. En outre, il sent très mauvais: c'est une créature du démon.
Sirène
La sirène médiévale, contrairement à la sirène antique, est plus souvent poisson que oiseau. Elle possède un corps de femme qui descend jusqu’aux cuisses et se termine par une queue «empoisÂsonnée». La plupart de nos auteurs préfèrent donner le nom de «harpie» à la sirène oiseau: tête et buste de femme, corps d'aigle ou de vautour. Ses serres sont effroyables et peuvent broyer chacune quatre hommes à la fois. La harpie, en effet, déteste les humains. Mais si on lui donne un miroir, elle voit qu'elle ressemble aux ennemis qu'elle vient de tuer et se met à pleurer.
Les sirènes marines sont davantage séductrices.
Elles attirent les marins en haute mer. Puis elles les charment par la douceur de leur chant, s'accompagnant parfois d'une harpe, au point que les marins finissent par s'endormir. Les sirènes montent alors à bord des navires, abusent des dormeurs puis les précipitent dans les gouffres marins; certaines mangent leurs cadavres.
Les sirènes marines sont davantage séductrices.
Elles attirent les marins en haute mer. Puis elles les charment par la douceur de leur chant, s'accompagnant parfois d'une harpe, au point que les marins finissent par s'endormir. Les sirènes montent alors à bord des navires, abusent des dormeurs puis les précipitent dans les gouffres marins; certaines mangent leurs cadavres.

Carpe Saumon
Carpe
Les poissons et les animaux vivant dans l'eau douce
Sur les poissons d'eau douce, nos bestiaires sont moins bavards que sur ceux de mer. Certains sont présentés comme vertueux, d’autres comme effroyables. La truite, par exemple, fait confiance au Créateur. Elle ne couve pas elle-même ses œufs mais les donne à couver aux eaux dans lesquelles elle vit. Aussi est-ce l’eau qui les fait naître, leur donne forme et, en tendre mère de tout ce qui vit.
La carpe, au contraire, couve elle-même ses œufs. Quand la femelle sent que dans son ventre ceux-ci sont prêts pour la ponte, elle appelle le mâle qui émet une sorte de lait que sa compagne recueille dans sa bouche : c’est ainsi qu’elle fécondée. Le mâle renouvelle cette opération une seconde fois, lorsque les œufs sont pondus: c'est ainsi qu'ils peuvent éclore. La carpe pond de cette façon cinq fois par an, plus de six cent mille œufs à chaque fois.C'est un poisson très fécond que les Romains consacraient à Vénus. Mais c'est aussi un poisson soumis à la lune, astre humide et froid: quand la lune croît, le cerveau de la carpe augmente de volume; quand elle diminue, les humeurs se retirent et le poisson semble endormi. Les pêcheurs ont alors plus de chance de le capturer.
La carpe, au contraire, couve elle-même ses œufs. Quand la femelle sent que dans son ventre ceux-ci sont prêts pour la ponte, elle appelle le mâle qui émet une sorte de lait que sa compagne recueille dans sa bouche : c’est ainsi qu’elle fécondée. Le mâle renouvelle cette opération une seconde fois, lorsque les œufs sont pondus: c'est ainsi qu'ils peuvent éclore. La carpe pond de cette façon cinq fois par an, plus de six cent mille œufs à chaque fois.C'est un poisson très fécond que les Romains consacraient à Vénus. Mais c'est aussi un poisson soumis à la lune, astre humide et froid: quand la lune croît, le cerveau de la carpe augmente de volume; quand elle diminue, les humeurs se retirent et le poisson semble endormi. Les pêcheurs ont alors plus de chance de le capturer.
Saumon
Le saumon est le seigneur de la rivière : son corps est magnifique, semé d’étoiles et de croissants de lune de couleur rouge sur un fond d''or. Sur sa tête on peut apercevoir une couronne: c'est un roi. Il parcourt de grandes distances pour inspecter les rivières et s'assurer que tous les autres poissons, qui sont ses vassaux, ne courent pas un danger; il les invite à se méfier du brochet et de l'anguille. Quand le saumon sent sa vie se terminer, il mange « une certaine herbe en forme de liane» pour faire provision de force et de courage, puis il remonte la rivière qui l'a vu naître, franchit les gués et les barrages et s'en va mourir sur son lieu de naissance.

Écrevisse Grenouille
Écrevisse
Dans l'eau des lacs et des rivières on trouve des animaux qui ne sont pas des poissons. Ainsi l'écrevisse, qui dort pendant les mois d'hiver. C'est une sorte de démon des eaux, armé de cornes et de pinces, très méchant et qui marche à reculons comme tous ceux qui ne suivent pas les voies du Seigneur. Il faut la fuir et ne pas l'imiter. Ainsi également la grenouille,« ver d'eau sale et venimeux, taché sous le ventre, horrible à voir et haï de tout le monde». Elle est amie de la vipère, autre animal plein de poison, mais plus peureuse qu'elle, à la moindre alerte elle se réfugie dans l'eau ou dans la vase.
Grenouille
& Crapaud
La lâcheté de la grenouille est proverbiale, plus que celle du lièvre, lequel se réjouit qu'il existe un animal encore plus peureux que lui. Les grenouilles font beaucoup de bruit, surtout la nuit lorsque se produit l'accouplement; mais si on jette une grenouille dans la gueule d'un chien, il devient muet. Innombrables sont les recettes dans lesquelles interviennent des organes et produits tirés de la grenouille : langue, bave, venin, yeux, peau, pattes. Beaucoup ont à voir avec la sexualité. Cet animal, en effet, symbolise la luxure et est souvent un attribut de ce vice dans la sculpture romane.
Le crapaud, qui n'habite pas dans l'eau mais qui est un «cousin» de la grenouille, ne vaut pas mieux. Il hait la lumière, c'est-à -dire Dieu, recherche les endroits obscurs, vit la nuit, mange de la terre, bave, sent mauvais; distille un venin très froid qui se transforme en glace ou en gelée dès qu'on le touche.
Le crapaud est associé à quatre des sept péchés capitaux: l'avarice, la luxure, la colère et l'orgueil. Quand il se fâche, ce qui arrive souvent, il se gonfle démesurément, comme font les vaniteux. Mais s’il se gonfle trop, il crève. Juste punition. Assurément, le crapaud occupe une place de choix dans le bestiaire du diable.
Le crapaud, qui n'habite pas dans l'eau mais qui est un «cousin» de la grenouille, ne vaut pas mieux. Il hait la lumière, c'est-à -dire Dieu, recherche les endroits obscurs, vit la nuit, mange de la terre, bave, sent mauvais; distille un venin très froid qui se transforme en glace ou en gelée dès qu'on le touche.
Le crapaud est associé à quatre des sept péchés capitaux: l'avarice, la luxure, la colère et l'orgueil. Quand il se fâche, ce qui arrive souvent, il se gonfle démesurément, comme font les vaniteux. Mais s’il se gonfle trop, il crève. Juste punition. Assurément, le crapaud occupe une place de choix dans le bestiaire du diable.

Crocodile Hippopotame
Crocodile
Le crocodile est un monstre vivant dans les eaux du Nil.
Il est donc considéré comme une créature hybride, empruntant ses formes au dragon, au serpent et à différents quadrupèdes.
Les bestiaires le rangent tantôt au chapitre des poissons, tantôt à celui des serpents. Son corps en effet ressemble à celui d'un énorme lézard doté, de quatre pieds très larges et de jambes très courtes.
Tous les bestiaires racontent comment le crocodile, lorsqu'il voit un homme s'approcher de lui, ne peut s'empêcher de le saisir et de le dévorer. Mais ensuite il regrette ce qu'il a fait et pleure longuement, « tous les jours de sa vie». Mais certains auteurs soupçonnent le crocodile d'être un hypocrite et de faire semblant de pleurer alors qu'en vérité il se réjouit du bon repas qu'il a fait.
Laid, violent, glouton, hypocrite, le crocodile est également paresseux. Il peut dormir au soleil pendant plusieurs jours sans rien faire, pas même l'effort d'attraper les proies qui s'approchent, ni de refermer sa mâchoire supérieure pour croquer le petit oiseau - pluvier ou roitelet, selon les textes - qui s'est aventuré imprudemment dans sa gueule pour manger les vers et les sangsues qui s'y trouvaient. En bâillant le crocodile oublie parfois de refermer sa mâchoire et reste endormi la gueule ouverte. Mais il se peut aussi qu'il épargne cet oiseau parce qu'il lui rend service. Non seulement il le débarrasse de la vermine qui lui ronge les dents, mais il chante merveilleusement à l'intérieur de son gosier. L'hydre est son pire ennemi.
Il est donc considéré comme une créature hybride, empruntant ses formes au dragon, au serpent et à différents quadrupèdes.
Les bestiaires le rangent tantôt au chapitre des poissons, tantôt à celui des serpents. Son corps en effet ressemble à celui d'un énorme lézard doté, de quatre pieds très larges et de jambes très courtes.
Tous les bestiaires racontent comment le crocodile, lorsqu'il voit un homme s'approcher de lui, ne peut s'empêcher de le saisir et de le dévorer. Mais ensuite il regrette ce qu'il a fait et pleure longuement, « tous les jours de sa vie». Mais certains auteurs soupçonnent le crocodile d'être un hypocrite et de faire semblant de pleurer alors qu'en vérité il se réjouit du bon repas qu'il a fait.
Laid, violent, glouton, hypocrite, le crocodile est également paresseux. Il peut dormir au soleil pendant plusieurs jours sans rien faire, pas même l'effort d'attraper les proies qui s'approchent, ni de refermer sa mâchoire supérieure pour croquer le petit oiseau - pluvier ou roitelet, selon les textes - qui s'est aventuré imprudemment dans sa gueule pour manger les vers et les sangsues qui s'y trouvaient. En bâillant le crocodile oublie parfois de refermer sa mâchoire et reste endormi la gueule ouverte. Mais il se peut aussi qu'il épargne cet oiseau parce qu'il lui rend service. Non seulement il le débarrasse de la vermine qui lui ronge les dents, mais il chante merveilleusement à l'intérieur de son gosier. L'hydre est son pire ennemi.
Hippopotame
L’hippopotame, comme le crocodile, vit dans les eaux dµ Nil. Pour quelques auteurs, c'est un énorme poisson doté de quatre pieds semblables à celui du bœuf. Pour d'autres, c'est une «manière de cheval» dont il possède la crinière et le hennissement. Pour d'autres encore, «un cochon de rivière plus gros qu'un éléphant» et qui est armé de deux dents enflammées, semblables à celles du sanglier. Pour tous, c'est un animal effrayant tellement il est lourd et gros. Il marche lentement, à reculons, pour mieux voir ses ennemis. Sa gueule est énorme, ses dents acérées, son appétit insatiable, au point que ce qu'il trouve dans l'eau ne lui suffit pas: il vient sur la rive dévaster les champs cultivés.
La Bible le nomme Béhémoth, ce qui est un des noms du démon. Rusé, il se cache sous les lotus quand il est dans l'eau, dans les blés quand il est sur la rive. Partout il guette. C'est le diable!
La Bible le nomme Béhémoth, ce qui est un des noms du démon. Rusé, il se cache sous les lotus quand il est dans l'eau, dans les blés quand il est sur la rive. Partout il guette. C'est le diable!

Serpents & Vers Basilic
Serpents & Vers
Le monde médiéval des serpents n’est pas un monde homogène. D’un bestiaire à un autre, la liste des animaux rangés sous ce nom varie grandement. D’autant qu’aux serpents proprement dits s’ajoutent la famille des lézards et des dragons. Parfois s’ajoute à cette catégorie des animaux que la zoologie médiévale ne sait pas classer : escargot, crapaud, caméléon, salamandre.
Le monde des vers (vermes) est encore plus disparate. On y trouve toutes les larves mais aussi un grand nombre d’insectes - notion qui n’émergera clairement qu’au XVIè siècle -, quelques petits rongeurs. Et des animaux totalement inattendus à cette place. Ainsi le lynx qui, pour plusieurs auteurs, est « une sorte de grand ver blanc ».
Dans les encyclopédies, il n’est pas rare que les monstres forment une catégorie à part, alors que dans les bestiaires ils sont en général dispersés parmi les quadrupèdes, les oiseaux, les poissons et les serpents. On les qualifie parfois de « merveilles » notamment celles de l’Inde ou de l’Orient. Dans certains livres qui leur sont exclusivement consacrés le nombre de monstres recensés peut être important. Il comprend non seulement des animaux comme le dragon, le griffon ou le basilic, des êtres hybrides, mi-humain mi-animaux, comme la sirène ou le centaure, mais aussi des êtres étranges, plus ou moins humains, vivant dans des pays lointains, aux confins de la terre. Certains n’ont qu’un œil au milieu du front, ou bien six doigts à chaque main et sept à chaque pied, ou encore pas de tête mais un visage aplati au milieu de la poitrine. D’autres ont d’immenses oreilles qui recouvrent la presque totalité de leur corps. D’autres sont couverts de poils et marchent à quatre pattes. D’autres encore, appelés sciapodes et vivant sous le chaud soleil d’Éthiopie, n’ont qu’un seul pied mais d’une taille si grande qu’il leur sert de parasol.
Le monde des vers (vermes) est encore plus disparate. On y trouve toutes les larves mais aussi un grand nombre d’insectes - notion qui n’émergera clairement qu’au XVIè siècle -, quelques petits rongeurs. Et des animaux totalement inattendus à cette place. Ainsi le lynx qui, pour plusieurs auteurs, est « une sorte de grand ver blanc ».
Dans les encyclopédies, il n’est pas rare que les monstres forment une catégorie à part, alors que dans les bestiaires ils sont en général dispersés parmi les quadrupèdes, les oiseaux, les poissons et les serpents. On les qualifie parfois de « merveilles » notamment celles de l’Inde ou de l’Orient. Dans certains livres qui leur sont exclusivement consacrés le nombre de monstres recensés peut être important. Il comprend non seulement des animaux comme le dragon, le griffon ou le basilic, des êtres hybrides, mi-humain mi-animaux, comme la sirène ou le centaure, mais aussi des êtres étranges, plus ou moins humains, vivant dans des pays lointains, aux confins de la terre. Certains n’ont qu’un œil au milieu du front, ou bien six doigts à chaque main et sept à chaque pied, ou encore pas de tête mais un visage aplati au milieu de la poitrine. D’autres ont d’immenses oreilles qui recouvrent la presque totalité de leur corps. D’autres sont couverts de poils et marchent à quatre pattes. D’autres encore, appelés sciapodes et vivant sous le chaud soleil d’Éthiopie, n’ont qu’un seul pied mais d’une taille si grande qu’il leur sert de parasol.
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